Corporate Reports

Évaluation formative : Annexe B

Perspectives du PDG sur le rôle unique au Canada du CCA

Dr. Paul Cappon
M. Paul Cappon, PhD.

Lorsque le CCA a été établi à la suite du Sommet national sur l’innovation et l’apprentissage en novembre 2002, il a été annoncé, en réponse au consensus général, que l’organisme devait occuper sur la scène canadienne une place unique en matière de politique et de programmatique. Un large éventail d’organismes et de particuliers étaient d’avis qu’un effort stratégique pancanadien était essentiel dans le contexte des impératifs sociaux et économiques d’une société du savoir, effort qui n’avait pas encore été déployé par les institutions existantes au pays.

Par conséquent, en élaborant le modèle, la structure et les activités du CCA, ses dirigeants ont tenu compte d’une série de questions connexes : Quelle est la démarche qu’aucun organisme n’a encore entreprise et n’envisagera probablement jamais? Comment le CCA peut‑il créer de la valeur dans un milieu qui s’est avéré et s’avère encore problématique parce que les institutions et les gouvernements existants ne sont pas en mesure d’assumer une responsabilité entière à l’échelle pancanadienne? Comment le CCA peut-il utiliser son caractère particulier dans ce milieu pour agir en tant qu’instrument d’habilitation à l’apprentissage continu?

  • L'évaluation sommative

  • Remarques du CCA sur l’évaluation sommative

  • Contribution du CCA à l’apprentissage au Canada

  • Les 10 projets en lice du CCA

  • Proposition du CCA pour les cinq années à venir

  • Évaluation sommative (PDF, 279 KB)
  • Il est ressorti de ces questions que l’évaluation du succès du CCA devra, au bout du compte, indiquer dans quelle mesure l’organisme aura fait une différence marquée. Par exemple, le CCA accomplit-il des choses importantes qui, sans lui, ne seraient pas réalisées? Ces choses sont-elles essentielles à l’avenir de l’apprentissage au Canada et, de façon plus globale, à l’avenir d’une société canadienne distincte?

    À partir de ces réflexions, et considérant son avenir, la CCA se demande : « Y a-t-il d’autres mesures que nous devrions mettre en place pour optimiser ce rôle particulier visant à faire une différence, à ajouter de la valeur et à apporter une contribution singulière à l’apprentissage pancanadien? »

    À sa première réunion avec le conseil d’administration du CCA en octobre 2004, le PDG a cerné, à sa propre intention et à celle du conseil d’administration, huit questions dont les réponses devaient concorder avec l’opinion selon laquelle le CCA doit créer de la valeur en faisant des contributions qu’aucune autre institution au Canada ne pourrait apporter. Les réponses à ces huit questions stratégiques ont aidé à définir le profil de l’organisme et à augmenter ses chances de contribuer de façon significative à l’apprentissage continu. En énonçant dans les lignes qui suivent les questions et un résumé des réponses, le CCA montre comment son profil découle directement des concepts et des principes conformes à la position et au caractère qui lui sont propres.

     

    Question 1 : Quelles sont la vision et la portée du CCA?

    Réponse : Le CCA sert de catalyseur et de déclencheur de l’apprentissage continu au Canada. À ce titre, il fournit au public des renseignements probants qui justifient la prise en considération des questions relatives à l’apprentissage, sans toutefois imposer de politiques ni élaborer de programmes d’enseignement, car ces aspects relèvent déjà des gouvernements, des employeurs, des syndicats, des parents et des collectivités.

    Cependant, le CCA a la responsabilité d’aider à créer un milieu qui tiendra compte des répercussions de ses documents d’appui sur les politiques et la programmation, tâche dont il s’acquitte en mobilisant l’expertise et le leadership de la société civile. Il part du principe qu’un leadership pancanadien en matière de politiques et de programmes relatifs à l’apprentissage dans un contexte pédagogique aussi étendu que celui du Canada émanera autant de la société civile que du gouvernement.

    Un deuxième attribut de la vision du CCA porte sur l’établissement d’un lien pancanadien entre les citoyens grâce à une valorisation générale de l’apprentissage. Des liens intergénérationnels, interethniques et géographiques établis entre les Canadiens au moyen de l’apprentissage favoriseront grandement l’émergence d’un sentiment de distinction nationale.

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    Question 2 : Quelles sont les principales activités du CCA correspondant à la mission susmentionnée?

    Réponse :

    1. Surveillance et comptes rendus : Pour que la population canadienne intervienne dans le dossier de l’apprentissage continu, il lui faut connaître les forces et les faiblesses de notre pays dans les domaines clés. Aucun autre organisme n’a actuellement pour mandat de surveiller l’évolution du dossier de l’apprentissage et de publier des rapports indépendants à l’intention du public comme est en mesure de le faire et le fait le CCA.

    2. Mobilisation de la recherche et du savoir : Pour que la population canadienne améliore les résultats de l’apprentissage à l’échelle nationale décrits par le CCA, il lui faut être adéquatement renseignée sur les préoccupations clés relatives à l’apprentissage et connaître les modèles et les pratiques qui fonctionnent bien au Canada et à l’étranger, ainsi que les conditions dans lesquelles ceux-ci sont transférables. Chaque projet de recherche appuyé par le CCA doit être dirigé de façon stratégique pour pouvoir faire une véritable différence chez les apprenants qui mettront en pratique les connaissances nouvellement acquises. Aucun autre organisme au Canada n’en a la capacité.

    3. Échange des connaissances : Pour que la population canadienne puisse se prononcer sur les effets signalés de l’apprentissage et se sensibiliser aux modèles et aux pratiques prometteurs, ce savoir doit être diffusé. L’échange des connaissances doit se faire à l’échelle nationale, de sorte qu’il donne lieu à l’élaboration de solutions nationales. D’autres organismes et les gouvernements ont pour mandat de favoriser un échange intensif des connaissances à l’échelle régionale et provinciale relativement à l’enseignement magistral, mais leur capacité est très limitée pour assurer en matière d’apprentissage un échange des connaissances pancanadien qui soit durable.

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    Question 3 : L’apprentissage est un phénomène très vaste. Comment le CCA compte-t-il mettre l’accent uniquement sur les effets de l’apprentissage pouvant être analysés et surveillés à l’échelle nationale?

    Réponse : C’est par son approche nationale et indépendante à l’égard des effets de l’apprentissage, là où ceux-ci renvoient à l’apprentissage dans son sens le plus large en termes de continuité et d’envergure, que le CCA se distingue. Le CCA classera les principales questions relatives à l’apprentissage en groupes ou unités pouvant être analysés, ce qui lui permettra d’en tirer de véritables conclusions et leçons, et de se concentrer sur les effets et les résultats et non sur les commentaires ou le processus. Par ailleurs, il reconnaîtra l’interaction complexe des différents aspects de l’apprentissage dans l’ensemble du pays et pour toutes les tranches d’âge.

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    Question 4 : Si le CCA se voit attribuer une très petite portion des fonds publics affectés à l’apprentissage pour ses activités de recherche, de surveillance, de rédaction de rapports et d’échange des connaissances, comment pourra-t-il couvrir une sphère d’intérêt et d’activité aussi vaste?

    Réponse : Le CCA se distingue par sa portée nationale et son caractère indépendant. En raison des ressources limitées et de l’angle stratégique de sa mission, il doit mettre l’accent sur les questions pancanadiennes les plus importantes en matière d’apprentissage, lesquelles correspondront souvent aux pires faiblesses du Canada dans ce domaine. Le CCA doit également accorder une attention particulière aux domaines de l’apprentissage qui autrement ne feraient l’objet d’aucun rapport, d’aucune analyse et donc d’aucune amélioration; il doit faire ce qui, sans lui, serait probablement laissé pour compte ou négligé.

    Pour chacun des segments ou thèmes de ses activités, le CCA doit en outre faire preuve de stratégie, choisissant pour ses travaux les questions qui requièrent le plus l’attention et l’intervention du public – les domaines où une amélioration influerait de façon nettement positive sur la société canadienne. Le CCA n’interviendra toutefois pas dans les questions et les domaines pouvant être abordés à l’échelle nationale par d’autres organismes.

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    Question 5 : Quels sont les domaines clés ou les principales faiblesses dans l’apprentissage pancanadien sur lesquels le CCA devrait concentrer ses efforts?

    Réponse : Les cinq domaines prioritaires cernés par le CCA sont considérés par les pays industrialisés membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques comme étant de nouveaux déterminants de la société et de l’économie du savoir ou encore (dans le cas de l’apprentissage chez les autochtones) constituent des faiblesses qui ont marqué, dans le passé, les efforts du Canada en matière d’apprentissage.

    L’éducation formelle (de la maternelle à la fin du secondaire et au niveau postsecondaire) n’a pas été retenue comme étant une faiblesse de l’apprentissage au Canada et constitue en fait le domaine où les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi que leurs organismes collectifs consacrent le plus d’efforts. C’est pourquoi le CCA n’y accorde pas une grande importance dans ses travaux. Toutefois, le CCA doit publier des rapports sur les effets de l’apprentissage dans ce domaine, ce qui constitue une partie essentielle de ses activités de surveillance. En fait, un tel rapport indépendant évaluant la mesure dans laquelle sont atteints les objectifs nationaux en matière d’éducation formelle représente une importante valeur ajoutée pour le CCA.

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    Question 6 : Le Canada est le pays présentant, en matière d’éducation, le modèle d’autorité le plus disséminé au monde. Que devrait faire le CCA à cet égard conformément à son mandat national en matière d’apprentissage?

    Réponse : Le CCA doit trouver un juste équilibre entre les avantages d’un modèle d’éducation disséminé et la centralisation de sa responsabilité pour l’utilisation optimale des fonds publics et l’amélioration marquée de l’apprentissage au Canada. Plusieurs mécanismes doivent être utilisés pour que cet équilibre soit atteint.

    Premièrement, la création et le soutien de centres du savoir (CS) nationaux dirigés par chacune des cinq régions du Canada permettent une utilisation optimale de l’intérêt, de l’expertise et de l’engagement régionaux en matière d’apprentissage. Chaque CS est assorti d’un degré d’autonomie approprié pour l’établissement de communautés nationales d’intérêt rattachées à l’un des cinq thèmes clés de l’apprentissage définis par le CCA, mais la responsabilité financière est centralisée. Chaque CS étant dirigé en fonction de processus à la fois régionaux et nationaux, ce modèle – en établissant des politiques et en adoptant des pratiques – optimise la possibilité que les Canadiens réagissent aux renseignements fournis par le CCA. Par conséquent, ce dernier évite le danger de devenir un simple « laboratoire de pensée ». Au contraire, son soutien aux CS agit comme agent déclencheur de changements et de progrès sans qu’il n’exerce un contrôle centralisé superflu.

    Deuxièmement, bien qu’elles soient appuyées par l’expertise des cinq CS du CCA, les activités de recherche, de surveillance et de publication de rapports sont gérées de façon centralisée, ce qui permet d’uniformiser l’accentuation, les analyses et les rapports. En outre, cette formule permet de mettre en place un processus national d’examen par les pairs pour toutes les recherches appuyées par le CCA.

    Troisièmement, le modèle permet au CCA d’établir un lien entre ses thèmes d’apprentissage dans les CS en définissant des questions de portée générale qui rejoignent les cinq CS et tous les aspects de l’apprentissage. Ces questions sont les suivantes : la culture, les sexes, l’apprentissage virtuel, la littératie et l’apprentissage dans les milieux minoritaires francophones.

    L’équilibre créatif établi par le CCA est propre au Canada. Grâce à lui, un modèle d’enseignement décentralisé peut devenir un avantage dans l’étude nationale visant l’établissement d’orientations pour une culture d’apprentissage canadienne distincte.

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    Question 7 : Comment le CCA compte-t-il gérer les questions d’ordre politique que soulèveront inévitablement son établissement et sa réussite?

    Réponse : Les dirigeants du CCA ont toujours été pleinement conscients de la dynamique politique entourant le dossier de l’éducation au Canada. Plutôt que d’essayer de la changer, le CCA se concentre sur sa mission et son mandat, et particulièrement sur la tâche consistant à valoriser un milieu problématique. Les principaux éléments de la réaction du CCA à la dynamique politique sont les suivants :

    1. Le CCA tente d’éviter les chevauchements avec le travail qui se fait à l’échelle provinciale et territoriale et se concentre sur le milieu national, lequel requiert une analyse et un rassemblement de documentation par la source indépendante que l’organisme représente.

    2. Le CCA n’est pas un organisme qui prescrit des politiques ou administre des programmes, tâches qui relèvent des provinces et des territoires.

    3. Le CCA croit que la plus importante évaluation de sa valeur ajoutée et de son rôle unique à l’échelle nationale sera faite par les habitants du Canada, de toutes les provinces et de tous les territoires, et qu’il a l’obligation de faire bénéficier chaque résident dans chaque région du pays de cette valeur ajoutée.

    4. Le CCA a la responsabilité d’aider individuellement les provinces et les territoires, de même que les ministères et les organismes du gouvernement fédéral, les municipalités, le secteur privé et les collectivités, en fournissant de la documentation et des analyses qui les aideront à déterminer les mesures politiques à prendre pour résoudre les questions liées à l’apprentissage. Par exemple, par ses compétences et son point de vue indépendant, le CCA peut faire une grande différence pour les villes qui souhaitent devenir des communautés d’apprentissage ou pour les provinces qui sont aux prises avec des questions de nature politique.

      C’est pourquoi, à la demande des provinces, le CCA appuie les démarches des provinces et des territoires en matière d’apprentissage au moyen d’une importante série d’activités qui relèvent de sa mission et de son mandat.

    5. Le CCA a toujours souhaité appuyer les initiatives pancanadiennes en matière d’apprentissage mises de l’avant par le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada, le Forum des ministres du marché du travail, le Conseil de la fédération et divers autres organismes interprovinciaux, et continuera à le faire.

    6. Dans l’ensemble de son travail à l’échelle nationale, le CCA ne s’attaque pas aux problèmes relatifs à l’attribution des rôles et des responsabilités, convaincu de pouvoir atteindre tous ses objectifs en laissant aux instances provinciales et fédérales le soin de régler ces questions. Le CCA s’intéresse avant tout aux besoins et aux objectifs du pays ainsi qu’aux moyens précis par lesquels ceux-ci seront comblés, et non au partage des responsabilités entre les instances gouvernementales en cause.

    7. Le CCA est d’avis que l’apprentissage est une responsabilité partagée qui revient en partie aux gouvernements, en partie aux parents, aux éducateurs, aux employeurs, aux syndicats, aux municipalités, aux collectivités et ainsi de suite. Chacune de ces entités jugera de l’utilité du travail du CCA en la matière.

      Le CCA n’est pas habilité à tenter d’enrayer les réactions à ses activités. Il n’a pas de pouvoir sur ces réactions et ne se tient pas responsable de leur éventuel estompement à mesure que son niveau d’activité augmentera et que son profil se précisera. Le CCA s’évaluera en fonction de l’atteinte de ses objectifs énoncés.

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    Question 8 : De quelle façon le CCA formera-t-il une équipe et une structure qui optimiseront ses chances de réaliser sa mission et son mandat?

    Réponse : Le CCA doit mettre sur pied une structure et une équipe qui refléteront entièrement ses principes et ses principaux intérêts et devront comprendre les éléments suivants :

    1. Traduisant sa quête d’équilibre entre la centralisation des responsabilités, d’une part, et la direction et l’engagement dans les régions, d’autre part, le CCA ne dirigera pas ses activités à partir d’un bureau central à Ottawa. Il établira des fonctions essentielles dans la capitale nationale, mais aura également dans l’Ouest (à Vancouver) un bureau d’importance égale dont les activités seront différentes, mais complémentaires. Le CCA donnera l’exemple en utilisant le modèle de gestion à distance et partagée qu’il favorise pour l’apprentissage.

    2. Le CCA ne créera pas une structure organisationnelle très étendue. Il fonctionnera efficacement et stratégiquement. L’établissement de cinq centres du savoir régionaux, chacun doté de sa propre direction et de son propre personnel de coordination, optimisera l’engagement et répartira l’exercice du leadership et des responsabilités du CCA dans tout le pays.

    3. Les bureaux centraux du CCA à Vancouver et à Ottawa concentreront leurs efforts sur les principales réalisations attendues, dont chacune ajoutera clairement de la valeur. La nature de ces produits sera annoncée au préalable. Le personnel du CCA sera constitué de représentants des secteurs public et privé qui auront à cœur de livrer ces produits dans les délais prévus.

    4. Le personnel du CCA fournira une expertise précise dans l’une des activités constituantes du CCA. Collectivement, les membres du personnel s’engageront à réaliser la mission et le mandat du CCA et à poursuivre sa formule de collaboration pancanadienne inclusive en vue de permettre le progrès vers une société canadienne du savoir distincte.  

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