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Mes parents venaient de réserves différentes, mais les deux avaient leur culture. J’ai donc été élevé dans un esprit d’apprentissage traditionnel. Je baignais dans la culture et la langue des Cris des plaines. La culture et la langue sont interconnectées et la vision du monde vient des ancêtres.
– Citation de l’aîné F (information codée)Séance de dialogue, du 26 au 29 mars 2008
L'Aboriginal Education Research Centre de l'Université de la Saskatchewan, l'Office of the Treaty Commissioner, le ministère de l'Éducation Saskatchewan et le Saskatchewan Indian Cultural Centre ont accueilli des aînés de partout en Saskatchewan, du 26 au 29 mars 2008, chez la Première nation Makwa Sahgaiehcan, pour une séance de dialogue ayant pour thème « Cultiver l'esprit de l'apprentissage ».
Cette séance était une occasion pour les aînés d'exprimer dans leur propre langue comment ils conçoivent le concept d'apprentissage dans des contextes culturels qui permettent aux apprenants autochtones d'acquérir les connaissances, les compétences, les attitudes et les valeurs qui favoriseront l'apprentissage tout au long de la vie. Des « témoins participants » ont répondu par écrit à des questions de recherche sur le sens à donner, selon eux, aux enseignements des aînés.
L'événement comme la recherche portaient sur l'expérience du processus d'apprentissage.Certains des concepts fondamentaux dont ont fait part les aînés étaient les suivants :
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Les aînés ont reconnu la réalité des expériences positives et négatives qui ont une incidence sur l'esprit de l'apprentissage, mais ont insisté surtout sur la capacité d'un individu à faire les bons choix quel que soit son âge ou son stade d'apprentissage. Ils revenaient constamment sur l'importance pour l'individu d'être profondément ancré dans la culture et la tradition pour réussir une bonne vie. Une série de capsules vidéo et le rapport final sont accessibles sur le site de l'Aboriginal Education Research Centre, au www.aerc.usask.ca.
On a demandé à des témoins participants d'écouter les enseignements des aînés tout au long de l'événement, de réagir à ce qu'ils avaient entendu et de répondre aux questions suivantes dans un journal. Un exemple des réponses qui ont été fournies accompagne chacune des questions.
Plusieurs des aînés ont parlé de l'importance du respect, mais sans traiter des « activités » permettant d'acquérir cette valeur et sans lui donner une connotation négative ou en faire une discussion complexe. Ils semblaient plutôt tenter de transmettre leur compréhension du respect par les récits et la réflexion, en venant témoigner de la façon dont en parlaient leurs grands-parents et les autres membres des communautés des Premières Nations avec qui ils avaient été en relation. Je crois que c'était l'un des éléments clés d'un parcours d'apprentissage réussi. (Témoin participant A)
Je comprends que l'esprit de l'apprentissage est un don du Créateur et qu'il fait partie de notre être. Il est présent dès la conception et la naissance et il se situe dans le coeur et l'âme. C'est un concept holistique qui se caractérise par une combinaison de forces, de dons et de capacités liés à l'apprentissage, qui sont renforcés par les interrelations avec la culture, la langue, la tradition, la communauté, le moi et le monde naturel. (Témoin participant B)
Les enseignements que nous avons reçus ont été transmis par la tradition orale et par des expériences pratiques. Les rôles sexuels étaient clairement définis concernant ce que nous 7 avions besoin d'apprendre. Ces rôles nous étaient attribués parce que nos types de survie étaient différents. Nous vivions de la terre, cueillant des baies et des racines, et les hommes chassaient l'orignal, le cerf et du petit gibier pour notre subsistance. Les femmes étaient responsables des tâches ménagères et on enseignait aux enfants à prendre soin les uns des autres. (Témoin participant C)
Personnellement, j'ai besoin de me trouver au milieu de gens qui respectent le monde naturel pour sa beauté inhérente, sa puissance et sa capacité de nous maintenir en vie. Il me faut être avec des gens capables de prodiguer un enseignement subtil sans se mettre en colère ou critiquer… Être retiré du monde naturel, c'est comme être envoyé en prison. Il manque une énergie et une influence très puissantes. Pendant de nombreuses années, j'ai refusé de reconnaître les expériences spirituelles, et j'ai même cessé de participer à la plupart des cérémonies traditionnelles des Premières nations. J'ai fait ce choix parce que je n'avais pas de mentor que j'aurais pu consulter régulièrement et que je ne savais que faire de ces expériences… Je pense que les jeunes ont besoin d'entretenir des relations avec le monde naturel et avec des guides spirituels qui peuvent les aider à comprendre le monde qui les entoure alors qu'ils grandissent. (Témoin participant A)
… Je crois que les enseignements des aînés auraient pu avoir un effet sur moi en me permettant de mieux comprendre et apprécier mon rôle d'apprenant et la place qui me revient dans le monde qui m'entoure, ainsi que ma responsabilité relativement à cette vision du monde. (Témoin participant B)
Elle a ramené des souvenirs très intenses de ma mère décédée, qui était la chef de notre famille. Sa force intérieure et le respect qu'elle manifestait envers chacun nous ont aidés à grandir. Chemin faisant, elle nous a également appris la prière et la méditation. L'atelier m'a beaucoup touché, c'était une expérience positive. (Témoin participant C)
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