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Communiqué de presse
Rapport entier (PDF, 2.3 MB)
Ce qu’on nous a dit : Réflexions de la tournée sur le leg du CCA
Dans son rapport final aux Canadiens, le CCA révèle que le Canada glisse plus bas sur la courbe d’apprentissage internationale. Nous prenons du recul face aux pays et aux économies qui nous font concurrence. La principale cause de cette situation troublante s’explique par le fait que nos gouvernements n’ont pas collaboré à l’élaboration des politiques requises et n’ont pas su faire preuve du leadership collectif nécessaire sur le plan politique.
L’approche qu’il faut adopter est volontaire et coopérative, tout en demeurant respectueuse des responsabilités provinciales et territoriales. Mais elle exige l’élaboration de politiques et de mesures claires à l’échelle du pays.
L’établissement d’un conseil des ministres sur l’apprentissage fédéral, provincial et territorial est le point de départ de la direction proposée. De plus, des objectifs nationaux concrets et mesurables doivent être développés pour chaque stade de l’apprentissage, comme il est décrit dans le présent rapport, des surveillants permanents et indépendants pour comparer les résultats canadiens en matière d’apprentissage aux objectifs établis; des comités consultatifs permanents, comprenant des éducateurs et des membres de la société, à consulter sur les objectifs nationaux requis et sur les moyens d’atteindre ces objectifs.
Grâce au CCA, les Canadiens ont eu la possibilité d’établir une vision, un énoncé de mission ainsi qu’un modèle de l’apprentissage permanent. Ils ont ainsi pu se rallier autour d’un objectif commun. Cette initiative nationale était grandement nécessaire. Bien que le CCA fermera au printemps 2012, ce besoin persiste quand même.
En l’absence d’une approche pancanadienne soutenue, beaucoup d'apprenants n'atteindront pas leurs objectifs. Le Canada doit se doter d’un cadre d’apprentissage national pour assurer la réussite de ses régions, ses provinces et ses territoires. Sans un tel cadre national, le train de l’apprentissage est-ouest qui devrait relier les Canadiens de toutes les régions, les générations et les langues continuera de faire défaut.
La vision au coeur du CCA était de relier les Canadiens en leur permettant de partager des expériences d’apprentissage tout en favorisant la mise en valeur du savoir comme valeur fondamentale d’une société canadienne distincte. Cette vision était axée directement sur l’image transformatrice de la construction d’une « architecture de l’apprentissage » pancanadienne qui permettrait de maintenir et d’améliorer notre stabilité économique et notre cohésion sociale. Le CCA doit fermer ses portes, mais sa vision persiste.
Le rapport final résume l’état de l’apprentissage à chaque étape de la vie des Canadiens.
Notre analyse de l’apprentissage durant la petite enfance (APE) fait ressortir un paradoxe tissé au travers chacun des stades d’apprentissage de notre pays : d’énormes écarts entre ce que les Canadiens prétendent croire et les programmes et les pratiques auxquels ils ont accès dans la réalité. Ces écarts s’expliquent par les relations dysfonctionnelles entre les gouvernements et, conséquemment, par l’absence d’objectifs nationaux.
Pour ce qui est de l’APE, malgré que les Canadiens soient très conscients de son importance cruciale tout au long de la vie de leurs enfants, les dépenses publiques que le Canada consacre à l’APE comptent parmi les moins élevées de tous les pays industrialisés.
Le Canada a fait preuve de nombreuses forces et accomplissements en matière d’apprentissage de la maternelle à la fin du secondaire. Le caractère inclusif et égalitaire de nos systèmes scolaires est un trait particulièrement intéressant comparativement aux systèmes de nos homologues membres de l’OCDE.
Grâce à ces avantages, les élèves canadiens obtiennent régulièrement un rendement supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE dans les tests standardisés internationaux.
Il s’avère toutefois que ce rendement au Canada baisse non seulement en termes absolus mais également relativement à celui atteint dans d’autres économies. En l’absence d’un plan d’études pancanadien pour les années de la maternelle à la 12e—y compris les objectifs d’apprentissage interprovinciaux conjoints fondés sur les normes internationales—, les résultats des élèves canadiens de la maternelle à la 12e année continueront de baisser dans les tests internationaux.
Le Canada ne s’est doté d’aucun système d’études postsecondaires national. Le terme « système » laisse entendre la cohésion, la planification stratégique et cohérente sur l’ensemble des régions, ainsi que des objectifs et des buts communs, et les politiques nécessaires pour atteindre ces objectifs. Tous ces éléments sont absents du contexte canadien.
Par conséqent, bien que la demande soit forte pour les études postsecondaires, que les dépenses et les taux de participation soient élevés et que le Canada dispose d’éducateurs compétents à tous les niveaux, le Canada perd du terrain face à d’autres pays sur le plan de l’enseignement postsecondaire (EP).
L’écart entre la performance du Canada et celle de ses concurrents a l’effet d’un important rallentissement sur notre productivité, nos innovations et notre accès à une qualité éprouvée. Sans que ne se produise la revitalisation de ce secteur, la capacité du Canada de maintenir de hauts niveaux de vie est remise en question.
Comme première étape de la revitalisation de l’EP, il faut établir un organisme national permanent qui fasse des recherches et établisse les objectifs de l’EP comme principale initiative du développement d’une stratégie élargie en la matière, à l’échelle pancanadienne. Cet organisme collaborerait en partenariat avec le conseil des ministres sur l’apprentissage fédéral, provincial et territorial.
Le risque que pose l’incohérence dans l’EP à l’innovation et à la productivité du Canada est largement exacerbé par un mauvais rendement dans l’apprentissage chez les adultes et en milieu de travail. Parmi d’autres importants défauts, nous remarquons que l’offre et la participation aux possibilités d’améliorer les compétences sont plus faibles au Canada que dans d’autres pays industrialisés. Par ailleurs, les taux de littératie chez les adultes associés à la productivité et à la participation active dans une société du savoir sont également faibles. Le nombre de Canadiens tombant sous la norme exigée augmentera au cours des 20 prochaines années.
Par son inaction en matière d’apprentissage chez les adultes, le Canada a perdu une décennie, depuis qu’à sa demande en 2002, l’OCDE a présenté son Examen thématique de l’apprentissage des adultes pour le Canada.
Les critiques de l’OCDE à l’époque sont toujours valides une décennie plus tard. L’organisme signalait alors que les adultes canadiens passaient outre aux possibilités d’apprentissage en raison d’un manque de cohésion et de planification entre les paliers fédéral et provinciaux du gouvernement ainsi qu’entre le secteur privé et public.
Il n’est pas étonnant que le Canada n’ait pas pris de dispositions face à ces recommandations de l’OCDE qui sont encore pertinentes et valides aujourd’hui. Il n’existe au Canada aucun locus de politiques et de mise en oeuvre ayant reçu le mandat et le pouvoir de le faire.
Les peuples autochtones du Canada comprennent depuis longtemps l’importance du rôle que joue l’apprentissage dans l’épanouissement des collectivités. Malgré d’importantes différences sur les plans culturel et historique, les Premières nations, les Inuits et les Métis ont une vision commune de l’apprentissage comme étant un processus holistique qui dure toute la vie.
Le CCA, en collaboration avec les organisations autochtones, a développé un nouveau cadre intégrant des éléments communs aux modèles d’apprentissage privilégiés par les Premières nations, les Métis et les Inuits, tout en assurant la cohérence avec les indicateurs utilisés dans d’autres contextes par le CCA pour évaluer les progrès en matière d’éducation.
La méthodologie du CCA privilégiait l’évaluation quantitative et transparente des résultats, tout en appuyant la mesure des résultats en milieu autochtone au moyen d’indicateurs d’apprentissage plus larges ou différents. Nous croyons que cette approche optimise la reddition de comptes et la transparence tout en reconnaissant les caractéristiques uniques de l’apprentissage chez les Autochtones.
Le Canada glisse plus bas le long de la courbe de l’apprentissage internationale.
Il n’est toutefois pas trop tard. Il est encore possible, même en l’absence du CCA, de prendre les mesures nécessaires malgré notre secteur de l’éducation radicalement décentralisé. Dans les enquêtes du CCA sur les attitudes des Canadiens à l'égard de l’apprentissage, les Canadiens indiquent croire que l’apprentissage est l’unique facteur exerçant une influence positive sur la réussite tant individuelle que collective.
Alors que le CCA ferme ses portes, nous incitons les Canadiens de relever le défi.
Une série de conférences sera présentée dans les provinces de l’est au cours des prochains mois.
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