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La principale histoire répétée à propos des Premières nations est un récit de pertes et d’autodestruction; une histoire qui entremêle pauvreté, désespoir, taux de suicide élevé, taux de natalité élevé, surreprésentation en accueil familial, incarcération, itinérance, difficultés d’apprentissage, mauvaise santé et taux élevés de maladies évitables. C’est aussi une histoire de langues oubliées, de perte du sens de l’histoire, de perte d’identité, de perte de compétences parentales, de disparition de la communication et de liens intergénérationnels, d'espoir oublié, voire même de lutte et de conflit.
Mais il existe aussi une autre histoire, celle-ci méconnue : celle des Premières nations et des communautés métis et inuits qui raconte comment les gens préservent leurs valeurs et les cérémonies qui leur enseignent comment s’occuper de la terre, des rivières et des océans, comment prendre soin d’eux-mêmes et d’autrui, comment prendre soin de leurs ancêtres et de leurs descendants. Plusieurs membres de ces communautés travaillent incessamment, avec vaillance et sans toucher d’argent pour revitaliser et conserver leurs langues et une connaissance approfondie de leur culture et de l’écologie.
Écoutez cet exposé en ligne » Tisser des liens : améliorer la réussite scolaire chez les étudiants autochtones (PDF en anglais, 869 KB)
Pour les Premières nations, les Métis et les Inuits il existe aussi en éducation une dichotomie : le pouvoir de détruire et le pouvoir de revitaliser et de créer. Trop souvent, l’éducation, en tant qu’institution, a servi à déconnecter les peuples autochtones du pays de leurs terres, leur gagne-pain, leurs langues et leurs ancêtres. Pour plusieurs jeunes des Premières nations, métis et inuits, l’abandon des études constitue donc une forme de résistance et un choix de survie. Pour d’autres, c’est l’exclusion : ils sont mis à l’écart par un système qui refuse d’accommoder leurs besoins humains et leurs besoins en apprentissage. Les Premières nations, les Métis et les Inuits, comme toute autre société humaine, avaient et ont toujours, leur propre système d’enseignement et d’apprentissage pour qu’ils puissent prendre soin d’eux-mêmes, de leurs terres, de leurs ancêtres et laisser un monde pour vivre à leurs descendants. Le temps est venu de collaborer ensemble afin de vivre l’éducation comme force positive qui crée, construit et reconstruit.
Ma présentation explorera les mécanismes qui favorisent l’apprentissage chez les apprenants inuits, des Premières nations et métis en faisant le bilan des commentaires que j’ai recueillis auprès des apprenants de tous âges concernant leurs besoins en matière d’apprentissage, de même que les besoins que doivent combler les enseignants, les parents et les membres de la communauté. Au cours de cette présentation, je dresserai un bilan des leçons pouvant être tirées de la sagesse qu’ont les anciens et les éducateurs autochtones en matière d’éducation et de son rôle dans le développement d’un être humain. Enfin, j'examinerai ce que l’expérience de partenariats entre communautés et institutions peut contribuer à l’apprentissage, aux initiatives éducatives et aux relations collaboratives chez les étudiants autochtones.
Madame Lorna Williams est membre de la Première Nation Lil’wat de Mount Currie en Colombie-Britannique. Titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la connaissance et l’apprentissage chez les Autochtones, elle est professeure adjointe en éducation autochtone et en linguistique, et directrice du programme d’éducation autochtone à l’Université de Victoria. Avant de se joindre à l’Université de Victoria, Lorna a œuvré au sein du ministère de l’Éducation à titre de directrice du programme sur l’amélioration de l’enseignement autochtone pendant trois ans où elle a dirigé la recherche, l’élaboration et la mise en œuvre de politiques dans tous les secteurs de l’éducation pour les étudiants autochtones. Précédemment elle a travaillé à titre de spécialiste en éducation des Premières nations pour le Conseil scolaire de Vancouver. Lorna est une militante engagée, travaillant avec les communautés autochtones afin d’améliorer les taux de réussite des apprenants autochtones et d’enseigner la culture, le patrimoine, les traditions et l’histoire des Premières nations à tous les étudiants. Elle a obtenu son doctorat en éducation à l’Université du Tennessee. Sa recherche vise le perfectionnement de l’enseignant et l’apprentissage collaboratif.
Lorna a codirigé une série de vidéos intitulée First Nations: The Circle Unbroken. Elle a écrit des livres pour enfants, des guides pédagogiques et a développé le programme de langue Lil’wat pour l’enseignement de la lecture et de l’écriture de cette langue qui n’était qu’orale jusqu’en 1973. Elle a organisé et formé des enseignants travaillant tant dans que hors du système scolaire public avec des applications fondées sur la théorie de la modifiabilité cognitive structurale et de l’apprentissage par médiation de Feuerstein.
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