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Plus tôt ce mois-ci, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiait un rapport sur l’état général de l’enseignement postsecondaire dans 24 pays. Premier rapport international du genre, l’Examen thématique de l’enseignement supérieur (ou enseignement postsecondaire [EP] en Amérique du Nord) a été présenté au Portugal dans le cadre d’une conférence réunissant plus de 200 pédagogues, chercheurs, décideurs et économistes.
Le rapport de 750 pages – considéré par les participants à la conférence comme la « bible de l’EP » – constitue une véritable mine de renseignements sur les diverses initiatives mises en œuvre par des pays des quatre coins du globe, de la Russie à l’Australie, en passant par la Chine et le Royaume-Uni, en vue de s’attaquer aux enjeux liés à leurs universités, collèges et programmes de formation par apprentissage respectifs. Même si le Canada n’a pas participé à l’examen de l’OCDE, cela ne m’a pas empêché de manifester mon vif intérêt pour l’enseignement postsecondaire en me portant volontaire pour faire partie de l’équipe internationale qui se penchait sur l’enseignement postsecondaire en Croatie. Cette expérience s’est avérée des plus enrichissantes.
Bien que le rapport définitif ait une vaste portée, il explore principalement trois thèmes, soit les tendances mondiales en matière d’EP, les enjeux auxquels l’EP doit faire face et les recommandations pour l’élaboration de politiques en matière d’EP.
Le rapport final de l’OCDE indique que partout dans le monde on reconnaît l’importance de l’enseignement postsecondaire : entre 1991 et 2004, le nombre d’étudiants de niveau postsecondaire a pratiquement doublé, passant de 68 à 132 millions, une hausse attribuable en partie à l’augmentation de la participation des femmes, des adultes et des étudiants de divers milieux socioéconomiques et qui se traduit par une population étudiante de plus en plus hétérogène.
Mais les changements ne s’opèrent pas uniquement parmi les apprenants. Les établissements eux-mêmes connaissent d’importantes transformations : de nouveaux types d’établissements sont créés, les établissements existants diversifient leurs programmes, le nombre d’établissements privés est en hausse et de nouveaux modes d’enseignement avant-gardistes (parmi lesquels l’apprentissage virtuel) sont mis en œuvre dans un effort concerté d’adaptation aux besoins changeants des étudiants d’aujourd’hui.
Le rapport de l’OCDE révèle également que, comme les pays consacrent plus de fonds publics à l’enseignement supérieur, ils accordent une plus grande importance à la reddition de comptes et à la production de résultats qui témoignent de la pertinence des investissements. Par conséquent, un nombre croissant de pays mettent en place des systèmes officiels d’assurance de la qualité en matière d’EP.
En plus de voir se dessiner ces tendances, l’OCDE conclut qu’indépendamment de leur taille ou de leur orientation politique, tous les pays concernés par le rapport sont aux prises avec des enjeux similaires.
Le besoin de financement durable et l’amélioration de l’accès à l’éducation pour toutes les couches de la société figurent au nombre de ces difficultés. Le rapport met également en évidence la nécessité pour les établissements postsecondaires de définir des attentes claires et de trouver le moyen de formuler des objectifs qui correspondent aux perspectives socioéconomiques plus larges de leur pays.
La mise en œuvre de systèmes d’EP cohérents constitue un enjeu majeur à l’échelle mondiale et permettrait l’intégration de l’assurance de la qualité et la formulation d’objectifs nationaux.
Le rapport se conclut par une série de recommandations pour l’élaboration de politiques fondées sur les initiatives ayant cours dans les pays étudiés et constituant une source d’inspiration opportune pour nous tous.
Parmi ces recommandations, mentionnons d’abord et avant tout l’importance pour les pays d’adopter une vision stratégique en matière d’enseignement supérieur. Afin de s’assurer que cette vision se traduit par des actions concrètes, l’OCDE suggère qu’elle fasse l’objet d’un vaste processus de consultation. Perçue comme un élément clé de toute stratégie nationale, la consultation permettrait d’atteindre un consensus, de formuler des objectifs pertinents et de favoriser l’engagement de tous les paliers de gouvernement.
Le rapport souligne également que l’accès à des ressources et des données fiables est essentiel à l’élaboration de politiques effectives. Malgré le bien-fondé des recommandations du rapport, les auteurs sont vigilants et évitons de proposer une solution unique pour tous. Pour reprendre les mots prononcés par la directrice de l’Éducation de l’OCDE lors du discours de clôture : « Il n’existe aucune solution unique. Chaque pays doit trouver une approche guidée par ses propres objectifs et adaptée à ses besoins. »
L’OCDE devrait se féliciter d’avoir initié et mené à terme ce que moi-même et nombre d’autres personnes considérons comme un rapport historique en matière d’enseignement postsecondaire. Tant par sa portée que ses objectifs, il constitue une référence pour toute personne préoccupée par l’avenir de l’enseignement supérieur ainsi que pour les pays qui sauront l’utiliser à bon escient.
De plus, il est rassurant de voir le rapport valider le travail du CCA dans le domaine de l’enseignement postsecondaire à l’échelle internationale. Les recommandations du rapport reflètent notre demande récemment de disposer de données plus précises et fiables sur l’enseignement postsecondaire, un élément essentiel pour prendre les décisions avisées qui s’imposent afin d’orienter l’ensemble du secteur dans la bonne voie. Mais surtout ces recommandations appuient celle du CCA qui recommande une stratégie pancanadienne pour permettre de fixer des buts et des objectifs communs à l’intention de nos universités, nos collèges et nos formations par apprentissage.
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