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« J’ai la conviction qu’il n’y a pas de limites à l’apprentissage, explique Gregory Charles. J’ai l’impression qu’il n’y a rien que je n’arriverai pas à comprendre. »
Cela pourra surprendre les innombrables admirateurs du chanteur et artiste Gregory Charles, mais ce dernier veut que cela se sache : il conserve en permanence une encyclopédie dans sa salle de bains, chez lui à Montréal. Cet emplacement incongru fait souvent rire ses amis, mais pour Gregory Charles, c’est du sérieux. En fait, l’anecdote illustre à merveille la conviction du populaire artiste que l’apprentissage tout au long de la vie ne connaît pas de limites.
« On peut se remplir le crâne à tout moment, affirmait-il récemment après un spectacle. Je me dis que plutôt que de ne rien faire dans la salle de bains, aussi bien apprendre quelque chose. »
Voilà un principe que Gregory Charles prend à cœur. À 40 ans, « Super Gregory », comme on l’appelle au Québec, est une véritable locomotive : chanteur, compositeur, danseur, acteur, animateur d’entrevues, directeur de chorale... il est même diplômé en droit! Dès l’an prochain, il compte transmettre une partie de son savoir en ouvrant sa propre école privée à Laval, une banlieue dynamique située au nord de Montréal.
« J’ai la conviction qu’il n’y a pas de limites à l’apprentissage, explique-t-il. J’ai l’impression qu’il n’y a rien que je n’arriverais pas à comprendre. »
Enfant unique né d’un père trinidadien et d’une mère canadienne-française de Drummondville, au Québec, Charles attribue sa passion pour l’apprentissage à sa mère professeure de piano. Lorsque Gregory était petit, sa mère stimulait sa curiosité naturelle à l’aide d’une foule de jeux d’apprentissage de son invention. Il se souvient qu’elle collait sur le réfrigérateur le nom d’un pays qu’elle avait inscrit en grosses lettres au pochoir. Le petit Gregory prononçait alors le nom : « Malawi. » Puis il demandait invariablement : « C’est où, le Malawi? » Sa mère le lui indiquait sur une carte géographique.
Gregory Charles s’est toujours distingué par sa polyvalence. Dès l’âge de sept ans, ce prodige du piano classique a participé à des concours de piano à Paris, au Mexique et à New York. À titre de membre d’une chorale montréalaise fameuse, il montrait également d’extraordinaires aptitudes pour le chant. Il était âgé de 16 ans lorsque son directeur de chorale lui a proposé de servir de tuteur à une chorale d’enfants à Laval. Gregory Charles ne s’estimait pas prêt à relever ce défi, mais son directeur de chorale n’était pas de cet avis. « Bien, lui a-t-il dit. Je leur dirai que tu seras là. »
Aujourd’hui, Gregory Charles dirige toujours une chorale qui compte certains des chanteurs qu’il a formés deux décennies plus tôt. Le chant choral a pris une telle importance dans sa vie et son attachement à Laval est si grand qu’il a fondé le Mondial Choral, premier festival choral en importance en Amérique du Nord. Se déroulant chaque année à Laval depuis 2005, le Mondial Choral Loto-Quebec attire près de 12 000 participants et un demi-million de spectateurs. Les concerts se donnent dans de grandes salles, des théâtres intimes, de vastes parcs et de remarquables églises. « Le chant choral est l’activité de loisir la plus populaire qui soit, affirme Gregory Charles tandis qu’il savoure un moment de détente, vêtu d’une chemise taupe à manches longues et d’un pantalon noir et arborant les lunettes à monture noire qui sont sa marque de commerce. Il attire plus de participants que le tennis ou le golf. C’est ce que j’appelle un “art citoyen”. »
Lorsqu’on demande à Gregory Charles d’où lui vient sa passion pour l’apprentissage tout au long de la vie, il répond que c’est sa mère, professeur de piano, qui stimula la curiosité du jeune Gregory à l’aide d’une foule de jeux d’apprentissage.
Les recherches ont démontré que les parents peuvent jouer un rôle important, non seulement sur ce que leurs enfants apprennent, mais également sur leur façon d’aborder l’apprentissage tout au long de leur vie. Les personnes dont les parents les ont sensibilisées à la littératie émergente à un très jeune âge ont tendance à être plus instruites et à afficher un niveau de littératie plus élevé.
L’article Comment les parents favorisent-ils les débuts de la littératie de la série Carnet du savoir de février 2006 examine plus en détail la question de la littératie émergente et suggère aux parents des façons de la nourrir.
L’une des méthodes les plus connues consiste à lire aux enfants de façon régulière. Les autres suggestions comprennent :
Chaque été, Gregory Charles dirige également un camp musical pour les enfants âgés de huit à 14 ans. Il recrute des campeurs capables de chanter, danser, jouer des instruments de musique… ou tout cela à la fois, comme lui-même à cet âge. Son expérience de travail auprès des jeunes remonte à loin. Pendant 10 ans, il a fait du tutorat auprès de décrocheurs dans un centre communautaire de Saint-Henri, quartier ouvrier du sud-ouest de Montréal. Il a également animé Les Débrouillards, une populaire émission de télévision scientifique s’adressant aux enfants, de 1989 à 2002, à Radio-Canada. Les jeunes sont souvent surpris d’apprendre que le musicien qu’ils admirent et l’animateur qui les guidait dans la conduite d’expériences scientifiques à la télévision lorsqu’ils étaient préadolescents sont une seule et même personne!
Gregory Charles compare l’enseignement à une machine de jeu de billard électronique : toute l’énergie et le mouvement se concentrent dans la propulsion vers l’avant, mais le rebond est faible. « Le travail de l’enseignant consiste à relancer [la boule] encore et encore », dit-il.
Gregory Charles lui-même va de l’avant avec deux nouveaux projets. Il prévoit présenter sur scène une version améliorée de Noir et blanc, le spectacle-cabaret qu’il a créé en 2002. La première moitié du spectacle est un sketch autobiographique tout en chanson et en danse. Dans la seconde moitié, le chanteur et son orchestre interprètent les demandes spéciales du public. Gregory Charles a donné plus de 80 représentations de Noir et blanc : à Laval, au Centre Bell de Montréal, à l’Elgin & Winter Garden Theatre Centre de Toronto et au Beacon Theatre de New York. Malheureusement, à la fin de l’année 2005, il s’est brisé un coude en tombant de scène durant une représentation et a dû être opéré. Les médecins n’étaient pas optimistes quant à ses chances de pouvoir rejouer du piano. Pendant sa réadaptation, il s’est mis à l’écriture de chansons. De ces efforts est né l’album à succès I Think of You. Aujourd’hui, Gregory Charles est impatient d’étoffer Noir et blanc et de le présenter de nouveau sur scène en 2010.
Son autre projet a été mis en veilleuse pendant des décennies. Gregory Charles confie que lorsqu’il était enfant, il rêvait de diriger un jour sa propre école. Il se plaisait à imaginer les cours qu’il offrirait et le système de notation qu’il utiliserait. Tout indique qu’il s’apprête à faire de ce rêve d’enfance une réalité. En septembre 2009, Gregory Charles ouvrira à Laval une école privée destinée aux garçons et aux filles qui excellent à la fois en arts et en sports. Même si ce projet s’ajoute à son horaire surchargé, il savoure le défi à l’avance.
Ralentira-t-il un jour? En guise de réponse, il raconte une autre anecdote à propos de sa mère. Cette dernière lui répétait souvent, lorsqu’il était jeune, que le pire mot de la langue française – mais aussi le plus trompeur – était « satisfaction ».
Cela s’explique, selon Gregory Charles, quand on examine l’étymologie du mot dont il est issu, « satisfaire » : en latin, satis signifie « assez » et facere « faire ». « Comment est-ce possible, demande-t-il, qu’en faire assez puisse nous satisfaire? »
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