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« Il faut être ouvert aux occasions qui se présentent. Il faut être prêt à se lancer, … Si vous essayez diverses choses et que vous y consacrez de grands efforts, vous acquerrez une myriade de compétences qui vous seront utiles le reste de vos jours. » dit Wallin.
Il n’est pas exagéré d’affirmer que Pamela Wallin a réalisé la plupart de ses apprentissages à l’école de la vie. Depuis son premier emploi comme animatrice à la radio et tout au long de son extraordinaire carrière en journalisme, Mme Wallin (qui était encore récemment la consule générale du Canada à New York) a cru en sa capacité d’apprendre sur le tas.
« J’ai pris l’habitude de saisir les occasions professionnelles pour lesquelles j’avais peu d’expérience, soutient Mme Wallin, depuis son bureau de New York. Que ce soit pour animer une émission de radio ou pour diriger un consulat, j’ai toujours été prête à donner le meilleur de moi-même pour réussir. Cela m’a amenée à me dépasser et à stimuler mon apprentissage. »
Mme Wallin mène depuis plus de 25 ans une carrière, qualifiée de brillante par la plupart des gens, qui l’a conduite à voyager sur plusieurs continents. Après avoir décroché son premier poste en journalisme par un concours de circonstances (un ami lui a offert de remplacer, pour une semaine sur les ondes de la CBC, un animateur malade qui était à la barre d’une tribune téléphonique), elle a grimpé les échelons du monde du journalisme pour devenir l’une des intervieweuses canadiennes les plus accomplies.
Mme Wallin a travaillé comme réalisatrice pour les émissions Sunday Morning et As it Happens sur les ondes radio de la CBC, comme journaliste au bureau d’Ottawa du Toronto Star, comme coanimatrice de l’émission Canada AM, puis a été la première femme à occuper le poste de chef de bureau d’Ottawa dans l’histoire du réseau canadien de télévision. Elle a interviewé des célébrités ainsi que des premiers ministres et a reçu à ses émissions des leaders du monde. Elle a dirigé une entreprise de production prospère, reçu six doctorats honorifiques et siégé au conseil d’administration d’une douzaine de sociétés et de fondations. Elle a écrit deux livres : Speaking of Success, un recueil des points de vue exprimés par les célébrités qu’elle a interviewées au fil des ans, et Since You Asked, sa biographie, qui a été un véritable succès de librairie.
Dans toutes ses expériences, Mme Wallin s’est appuyée sur la valeur de l’autonomie dans le travail qu’elle a acquise pendant sa jeunesse dans la petite ville de Wadena, en Saskatchewan. Selon elle, la très bonne éducation qu’elle a reçue lui a insufflé de la confiance et une soif d’excellence ainsi que les valeurs de l’honnêteté et de l’importance d’entretenir d’étroites relations interpersonnelles. C’est également à cette époque que ses parents incitaient invariablement la petite Pamela à aller au-delà de sa propre image. Ils ont appris à leurs enfants que la force de caractère et le travail acharné sont de meilleurs atouts que le talent, et que la capacité de prendre des risques peut rapporter gros sur le plan professionnel.
« Avant que mon ami ne m’appelle pour m’offrir une expérience de travail à la CBC, je ne savais pas que le journalisme radio était ouvert aux femmes, se rappelle Mme Wallin. Mais j’ai accepté sur-le-champ et je ne l’ai jamais regretté. Si je n’avais pas saisi cette occasion, ma vie serait peut-être très différente aujourd’hui. »
En effet, Mme Wallin n’a jamais refusé une offre d’emploi intéressante, même si elle était terrifiée.
« Si je me voyais offrir d’aller en ondes alors que je me trouvais en coulisse, j’acceptais. Si on m’offrait d’aller travailler pour un quotidien, même si je n’avais aucune expérience de ce milieu, j’acceptais. C’est aussi ce qui s’est produit dans le cas de la télévision. J’ai toujours fonctionné de cette façon. »
Mme Wallin nous a donné récemment un exemple typique de sa capacité d’accueillir le changement et le défi. En 2004, lorsque le premier ministre Jean Chrétien lui a téléphoné pour lui offrir un poste de consule générale, Mme Wallin venait tout juste de signer un contrat avec le réseau CTV pour une saison entière. Le personnel avait été embauché et le tournage avait commencé.
« Quand le premier ministre m’a offert ce poste, je ne savais pas réellement ce que cela supposait d’être consule générale. Mais avant même qu’il ne termine sa phrase, je savais que j’allais accepter. » Cette décision a provoqué d’importantes répercussions. Mme Wallin devait se libérer de son contrat avec CTV et veiller à ce que son personnel ait du travail malgré l’annulation de l’émission.
« L’essentiel, c’est qu’il faut être ouvert aux occasions qui se présentent. Il faut être prêt à se lancer, souligne-t-elle. Si vous vous dites : “Voilà, je suis agriculteur ou enseignant ou journaliste ou consul général et je le demeurerai toute ma vie”, vous vous fermez à certaines occasions d’apprentissage déterminantes. Si vous essayez diverses choses et que vous y consacrez de grands efforts, vous acquerrez une myriade de compétences qui vous seront utiles le reste de vos jours. »
Il arrive à Mme Wallin d’être elle-même surprise par le bien-fondé de sa démarche. Par exemple, elle ne s’attendait pas à ce que son expérience en journalisme lui soit utile dans le cadre de ses fonctions diplomatiques. Comme journaliste, elle avait appris quelques règles fondamentales : toujours faire ses devoirs, ne jamais se lancer dans une situation sans y être préparée et faire en sorte d’en savoir davantage sur la personne à rencontrer ou à interviewer que cette dernière n’en sait à propos d’elle-même.
« J’ai appris à réunir les bonnes personnes aux bons endroits pour susciter les bonnes discussions. Ce sont les rudiments du journalisme, du moins, selon mon approche. Et ces compétences sont exactement celles que j’ai été amenée à mettre en application à titre de consule générale. » Mme Wallin soutient qu’une connaissance approfondie, presque journalistique des points sensibles des Américains a occupé une place essentielle dans son travail dans le contexte de l’après-11 septembre. « Les événements du 11 septembre ont modifié le caractère des Américains. Leur façon d’être a changé du tout au tout. Nous, Canadiens, devons savoir ce qu’il en est. »
Les nombreux voyages que Mme Wallin a effectués dans le cadre de sa carrière journalistique lui ont appris comment se débrouiller à l’étranger. C’est là un acquis qui lui sera précieux toute sa vie.
« Dernièrement, lors d’un voyage à Shanghai, j’ai décidé d’explorer la ville en faisant appel aux services d’un chauffeur. Je n’ai pu en trouver un qui parlait anglais. Lorsque je suis montée dans la voiture, je ne me suis pas dit “Impossible de communiquer avec cet homme”. Nous avons réussi à discuter. Je parlais anglais, et lui, mandarin. Nous avons réussi à nous comprendre. »
Mme Wallin affirme que sa capacité à gérer des situations sociales inhabituelles provient d’expériences vécues dans des lieux et des contextes inconnus. « Les voyages nous apprennent qu’il y a bel et bien des différences entre les gens, mais que ces dernières ne sont pas insurmontables. L’autre est simplement différent; on peut apprendre à y faire face. »
En voyageant, Mme Wallin a également pris conscience de toute la chance qu’elle a d’être Canadienne.
« Quand on se rend dans un pays déchiré par la guerre civile ou dans un camp de réfugiés où des gens sont affamés ou mourants, les problèmes du Canada nous apparaissent sous un autre jour. Nous avons le luxe de débattre la constitution, l’accord de libre-échange et les ententes fédérales-provinciales. Ce type de prise de conscience m’a amenée à entrevoir mes propres responsabilités par rapport au monde. »
Même si Mme Wallin a connu de nombreux succès, toutes ses décisions audacieuses n’ont pas entraîné des résultats dont elle tire une grande fierté. Elle n’est pas très satisfaite de son autobiographie Since You Asked, mais elle ne regrette pas de l’avoir écrite.
« J’ai rendu compte des événements dans l’ordre chronologique parce que c’est ce qui me semblait le plus approprié à l’époque, mais le résultat n’a pas été heureux. Par contre, si un jour j’en écris le deuxième tome, je me souviendrai de ma première expérience et je ferai mieux. J’en ai tiré un apprentissage. J’apprends en faisant. »
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