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Apprentissage tout au long de la vie : le parcours universitaire de Sir John Daniel

2 octobre 2008

Dans le milieu universitaire, le nom de Sir John Daniel est souvent synonyme d’apprentissage tout au long de la vie. Au cours de sa carrière qui s’étend sur près de cinq décennies, il a été Sous-directeur général pour l’éducation à l’UNESCO et a occupé divers postes dans plus d’une demi-douzaine d’universités au Canada et en Europe (dont celui de recteur de l’Université Laurentienne). Il est l’actuel président-directeur général de Commonwealth of Learning, un organisme de Vancouver qui fait la promotion de la technologie comme moyen d’accès à l’éducation dans les pays en développement.
 
L’engagement indéfectible envers l’amélioration de l’état de l’apprentissage partout sur la planète, en particulier dans le domaine de l’apprentissage ouvert et à distance, de ce Britannique d’origine lui a valu 30 doctorats honorifiques, bourses de recherche et postes de professeur accordés par des universités et des associations professionnelles de 16 pays. Il a en outre été sacré chevalier par la Reine Elizabeth II en 1994.

Malgré la réputation dont il jouit dans les hautes sphères de l’enseignement supérieur, M. Daniel reconnaît volontiers qu’on ne peut tout apprendre à l’université. À son avis, le simple fait de faire preuve de curiosité et d’imagination et de se montrer ouvert aux possibilités d’apprentissage permet d’augmenter de beaucoup notre bagage de connaissances.

« Je ne peux imaginer ma vie sans apprentissage, car je suis plutôt curieux de nature, explique-t-il. Je crois qu’il est utile de connaître les fondements théoriques d’une discipline avant de s’y attaquer. »

Monsieur Daniel, qui n’est pas avare d’anecdotes, ne se fait pas prier pour dire que sa perspective de l’apprentissage repose autant sur ses expériences comme apprenant tout au long de la vie que sur ses expériences comme professeur et ses titres de compétences. En fait, son ouverture aux nouvelles idées est en grande partie responsable d’une importante réorientation professionnelle qui s’est révélée déterminante pour le reste de sa vie adulte.

Pendant sa jeunesse en Angleterre, M. Daniel avait pour objectif de devenir ingénieur en métallurgie et de se consacrer à l’enseignement de la métallurgie au niveau postsecondaire. Il a bel et bien obtenu son diplôme, mais la vie l’a détourné de la voie de l’enseignement.

L’apprentissage ouvert et à distance

L’apprentissage ouvert et à distance fait tomber des obstacles comme les cours préalables à l’université, la distance et d’autres problèmes qui surviennent lorsque les étudiants ne peuvent suivre les cours aux heures habituelles.

« C’est une façon d’améliorer l’accès aux études, explique M. Daniel. Les universités ouvertes et qui offrent un enseignement à distance rejoignent les personnes qui, pour une foule de raisons, seraient autrement incapables d’obtenir un diplôme d’études postsecondaires. »

Après avoir obtenu un baccalauréat à l’Université d’Oxford et un doctorat en génie métallurgique à l’Université de Paris à la fin des années 1960, M. Daniel a accepté un poste de professeur à l’ Université of Montreal qui lui a été offert de façon inopinée. À un certain moment, le jeune professeur a compris qu’il devait mieux connaître la taxonomie (ou l’étude des principes de base) de l’éducation afin de faire son travail de façon efficace.

Il s’est donc inscrit au programme de maîtrise en technologie de l’éducation à l’Université Sir George Williams (devenue par la suite l’Université Concordia) et a effectué un stage à l’Open University, le seul établissement d’enseignement supérieur du Royaume Uni voué à l’apprentissage à distance. L’expérience qu’il a vécue pendant son stage a mené à sa conversion.

« J’ai été abasourdi par ce que j’ai vu. On pouvait sentir toute la puissance de l’engagement et de l’idéalisme qui régnait dans cette université, car elle desservait des personnes qui, pour différentes raisons, ne pouvaient fréquenter une université conventionnelle. »

Lors de son passage à l’Open University, M. Daniel a appris comment les technologies de l’enseignement – comme les médias non traditionnels – pouvaient faciliter l’accès des étudiants à l’information et à la matière, un concept qui était réellement à l’avant-garde à l’époque.

« J’ai compris que cette idée représentait l’avenir de l’apprentissage, et je voulais prendre part à cette révolution. »

Peu après son retour à Montréal au début des années 1970, M. Daniel a entendu parler d’un groupe d’éducateurs enthousiastes qui s’affairaient à créer Télé-université, le pendant québécois de l’Open University. Il a accepté sur-le-champ le poste de directeur des études de cette toute nouvelle université, une décision qu’il n’a jamais regrettée.

« Le programme de maîtrise qui devait m’aider dans mes fonctions de professeur de génie métallurgique m’a mené vers un tout autre domaine. Si je ne m’y étais pas inscrit, ma vie serait bien différente aujourd’hui. »

D’une certaine façon, la réputation que s’est forgée M. Daniel à titre d’innovateur dans le domaine de l’éducation est secondaire. Il insiste sur le fait qu’il n’a jamais cru en un cheminement professionnel tracé d’avance et visant à atteindre une série de buts ambitieux. Au contraire, sa réussite dépend en grande partie de son intérêt général pour l’apprentissage tout au long de la vie et à son ouverture aux occasions qui se présentent à lui, même si elles ne font par précisément « avancer » sa carrière.

Son parcours en témoigne : il a quitté un poste de professeur à l’Université de Montréal, un établissement très respecté, pour un poste à la Télé Université, un projet aussi intrigant qu’expérimental; il a laissé derrière lui l’effervescence et le confort de sa vie à Montréal pour devenir recteur de l’Université Laurentienne, située dans la ville minière de Sudbury, dans le Nord de l’Ontario; tout récemment, il a démissionné de ses fonctions à l’UNESCO pour prendre les commandes de Commonwealth of Learning, un tout petit organisme par comparaison à l’organisation mondiale.

« Chaque fois que j’ai quitté un emploi pour un autre, mes collègues de travail ont cru que j’étais fou. Le fait de quitter des postes bien établis pour suivre des idées nouvelles et farfelues était perçu comme bizarre et aucunement axé sur la carrière, mais je ne regrette aucune de mes décisions. En réalité, les occasions se sont présentées de fil en aiguille parce que je me suis montré ouvert aux nouvelles possibilités et à l’apprentissage tout au long de la vie. »

D’ailleurs, Daniel se fait un devoir de suivre des cours dans toutes les universités où il travaille, car il croit que c’est la meilleure façon de voir si un établissement d’enseignement supérieur fonctionne bien.

Les cours qu’il a suivis lui ont procuré un avantage indéniable, car les technologies de l’éducation et l’apprentissage à distance ont orienté l’ensemble de son cheminement professionnel.

Lorsqu’il est entré à l’UNESCO, par exemple, il aurait pu apprendre assez rapidement les fondements du développement international simplement en baignant dans ce milieu. Il a plutôt opté pour un cours à l’Open University afin de connaître les principaux auteurs et les grands courants de ce domaine.

Comme il le dit si bien, « il est extrêmement avantageux de prendre des mesures pour officialiser un apprentissage, peu importe en quoi consiste cet apprentissage. » Il est facile de deviner que M. Daniel a une vision très proactive de l’apprentissage. Il a d’ailleurs fait sienne la devise de l’Open University, « apprendre pour vivre ».

« Il ne faut pas se contenter de vivre sa vie en espérant apprendre quelque chose en cours de route. Il faut se montrer proactif, structurer notre apprentissage et bien l’assimiler. »

 

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