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Chers collègues,
Au moment où nous avons lancé le CCA il y un an, j’ai fait observer qu’une chance inouïe s’offrait à l’apprentissage au Canada.
Il nous a été donné l’occasion de mettre en place une vision, une mission et un modèle d’apprentissage continu qui peut unir les Canadiens dans la réalisation d’un but commun. Il s’agit d’une initiative nationale dont le besoin se faisait cruellement sentir. En effet, sans une démarche pancanadienne soutenue, beaucoup d’apprenants n’atteindront pas leurs objectifs, non plus que les provinces ou les autorités régionales. Sans un tel cadre national, nous raterons le train de l’apprentissage est-ouest qui doit relier les Canadiens de toutes régions, de toutes générations, et de toutes langues.
Alors que nous sillonnions le pays, que nous nous efforcions de mettre au point un modèle, une structure et un mode de fonctionnement reflétant notre mission, j’ai été frappé par l’intense sentiment de possibilité que tant de gens, dans tout le Canada, éprouvent à l’égard du CCA. Le désir de réaliser ce potentiel explique le soutien solide et non démenti des membres bénévoles du conseil d’administration du CCA, lequel met en œuvre les moyens grâce auxquels nous remplirons notre mission. Deux de nos administrateurs, Marie Battiste et Minnie Grey, sont présentes à cette conférence.
Je tiens également à rendre hommage à la vision du gouvernement fédéral et en particulier du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences Canada, qui a rendu possible la création du CCA. C’est une chose de comprendre la nécessité d’un organisme national capable de donner à l’apprentissage une orientation stratégique; c’en est une autre de réaliser ce but, car un projet tel que celui-là exige des nerfs d’acier et un courage politique à plusieurs paliers.
Ma tâche ce soir consiste d’abord à énoncer la vision et le but du CCA, lesquels retiennent tant l’attention de beaucoup de Canadiens, puis d’exposer les priorités et les structures que nous avons déjà mises en place. Nous sommes très conscients du privilège que représente pour nous cette occasion de donner vie dans la pratique à la notion transformatrice d’une architecture d’apprentissage pancanadienne, grâce à un modèle unique en son genre et authentiquement canadien. Enfin, je m’assurerai que vous compreniez le rôle des centres du savoir et le processus qui a débouché sur leur création.
Demain matin, je formulerai quelques observations sur le rôle central du Centre du savoir sur l’apprentissage chez les autochtones.
Le CCA existe pour développer et diffuser les connaissances sur tous les aspects de l’apprentissage au Canada.
L’éducation et l’apprentissage se situent au cœur d’une société civile, démocratique et prospère, à la base même du bien-être individuel, de l’« apprendre à être » personnel, ainsi que du progrès économique de la cohésion sociale.
Les sociétés qui réussiront demain sont celles qui se dotent aujourd’hui des habiletés, des attitudes et des connaissances critiques – connaissance de soi et connaissance du monde – et non pas seulement chez les jeunes, mais aussi chez les très jeunes, ou encore au sein de la population active (y compris les personnes qui travaillent à domicile), et aussi parmi ceux qui ont déjà contribué leur vie active au milieu de travail.
La vision du CCA consiste à relier les Canadiens de toutes les régions dans le partage d’expériences d’apprentissage, en favorisant l’enrichissement de l’apprentissage comme valeur fondamentale d’une société distincte. D’où l’image transformatrice d’une architecture ou d’un itinéraire pancanadien qui arrimera et maintiendra notre stabilité économique et notre cohésion sociale.
De cette vision émerge une mission qui donne au CCA une orientation profonde et généralisée à deux niveaux : donner aux apprenants un soutien essentiel dans leur quête d’apprentissage continu; et souligner le caractère national d’une telle entreprise. Catalyser, faciliter, relier : tel est le rôle du CCA.
Nous allons proposer un modèle d’inclusion, de collaboration et de partenariat. Ce n’est en effet que par des partenariats avec des organismes d’apprentissage, des groupes communautaires, d’autres ONG, des gouvernements, des chercheurs, des employeurs et des apprenants que nous pourrons créer une architecture d’apprentissage pancanadienne, le lien qui nous unira tous.
Pour bâtir un tel modèle, nous devons faire fond sur l’expertise existante au plan national, et aussi sur le leadership et les aspirations des régions, ainsi que sur l’expérience accumulée des apprenants et de leurs regroupements. D’où un modèle rayonnant – dans lequel la perspective et l’analyse stratégiques sont concentrées dans les bureaux du CCA – et distribué, c’est-à-dire s’exprimant par l’intermédiaire des centres du savoir qui assurent le leadership dans leurs domaines respectifs dans chacune des régions du Canada.
Chacun des centres du savoir assumera un certain degré de responsabilité pancanadienne à l’égard d’un aspect vital de l’apprentissage, d’un thème critique pour notre développement individuel, social et culturel, et que notre pays n’a pas encore suffisamment développé. Chaque centre du savoir joue un rôle de leadership pancanadien, dans un esprit de collaboration et d’inclusion, pleinement conforme à l’esprit et à la mission de l’ensemble du CCA.
Je reviendrai dans un instant à la fonction et au financement des centres du savoir. Permettez-moi d’abord de décrire les principales activités du CCA, afin de situer le rôle des centres du savoir.
En tâchant de résumer la mission du CCA sous forme d’outils pancanadiens qui feront une réelle différence au plan de l’apprentissage, nous avons dégagé trois grandes lignes d’action. En premier lieu, nous avons une mission unique qui consiste à informer les Canadiens de l’état et des progrès de l’apprentissage au Canada. En second lieu, nous souhaitons promouvoir une culture d’apprentissage pancanadienne, de concert avec tous nos partenaires. Troisièmement, nous désirons encourager et faciliter l’échange des connaissances parmi tous ceux qui participent aux progrès de l’apprentissage dans tout le pays.
La tâche qui nous anime consiste à partager des informations en vue de parvenir à des résultats, c.-à-d. réunir des éléments objectifs à l’appui de la prise de décisions éclairées. Le CCA vise à créer un réseau d’apprentissage qui dépasse les chercheurs, les responsables politiques et les universitaires. Nous nous engageons à veiller à ce que notre travail soit aussi accessible et pertinent pour l’ensemble des Canadiens qu’il le sera pour les experts en apprentissage.
Toutes les propositions de recherche feront l’objet d’un examen par les pairs au plan de la qualité et de la méthodologie, ainsi que de la pertinence. Cependant, notre Conseil s’adresse aux apprenants et non seulement aux chercheurs et nos grilles d’examen par les pairs seront donc constituées par des spécialistes représentant l’ensemble de l’éventail de l’apprentissage.
Nous ne cherchons pas à créer des îlots d’excellence académique perdus dans des océans d’indifférence communautaire. Or, le secteur de l’éducation propose de nombreuses sources de soutien pour la recherche de base. Notre but consiste à soutenir des recherches pertinentes et de grande qualité, ainsi que des mécanismes d’échange des connaissances qui donneront les résultats voulus.
C’est pourquoi toutes les recherches que le CCA soutiendra devront faire l’objet de partenariats entre chercheurs, ONG et divers paliers de gouvernement; ils devront également comporter une stratégie explicite de mobilisation des connaissances. Autrement dit, les propositions devront démontrer dans quelle mesure les connaissances recueillies feront une différence pour les apprenants. C’est également pourquoi nous prévoyons que certaines recherches seront animées par des groupes communautaires, les chercheurs jouant un rôle consultatif plutôt que de direction.
Notre action est fondée sur l’hypothèse qu’il vaut la peine de connaître nos progrès et nos résultats au plan national. Un suivi local ou provincial identifiera des solutions de nature locale ou provinciale, et bien souvent sera infructueux. Les dossiers de l’éducation sont difficiles à contenir dans les frontières d’une province. Une analyse pancanadienne nous orientera vers des approches canadiennes aux défis qui transcendent les frontières des provinces ou même des pays, des approches qui enrichiront notre sentiment d’unité et notre résolution de progresser vers un but commun.
Nous croyons que c’est en mesurant les progrès que l’on jette les bases d’un meilleur rendement. Nous mettrons au point un ensemble d’indicateurs et de repères qui nous permettront de nous juger et de juger de nos progrès dans tous les domaines de l’apprentissage que nous aurons choisis. Nous allons également mettre au point un indice composite de l’apprentissage, qui représentera, de façon très générale, les résultats que les Canadiens obtiennent en matière d’apprentissage. Il importe de noter que cet indice ne se concentrera PAS uniquement sur notre capacité productive, mais englobera également d’autres domaines de l’existence, y compris apprendre à savoir, apprendre à être ou l’apprentissage personnel, et apprendre à vivre ensemble ou la cohésion sociale. Dans ce but, nous devons identifier les bons indicateurs et saisir les données appropriées. Pour y réussir, nous devons travailler en partenariat avec les responsables politiques et les praticiens, avec des personnes comme vous, ici réunies, en vue d’élaborer des indicateurs et de publier les résultats en matière d’apprentissage chez les autochtones.
Nous savons aussi que le récit des progrès en apprentissage ne peut être emprisonné dans les statistiques. Nous devrons trouver des moyens de décrire l’état de l’apprentissage dans certains domaines de manière qualitative et narrative, en utilisant des méthodes au fondement empirique, en évoquant des expériences individuelles et communautaires. Cet aspect de notre travail sera particulièrement utile dans le domaine de l’apprentissage chez les autochtones.
Un rapport annuel présentera les grands indicateurs et récits du CCA, dans un format maniable, afin d’illustrer l’état de l’apprentissage au Canada. Ce rapport proposera des aperçus sur ce que nous savons, sur ce que nous ne savons pas, et sur les prochaines étapes de notre action.
Suivre et publier les progrès ne se limite pas à faire paraître des résultats d’enquêtes ou à signaler des résultats à long terme. Il s’agit aussi de collaborer avec les communautés, les praticiens, et les responsables politiques afin de les aider à repérer, à réunir et à évaluer des données authentiquement utilisables en vue d’interpréter les résultats dans le sens de l’amélioration et d’aider le grand public à comprendre le contexte, la complexité et le contenu des rapports. Ceci nous mène naturellement à notre mission d’échange de connaissances.
La connaissance ne débouche sur le changement qu’en présence de mécanismes facilitateurs qui favorisent des relations continues entre chercheurs, responsables politiques, praticiens et collectivités. Des données sans contexte n’ont qu’un impact très réduit.
Nous nous sommes attelés à la tâche de créer une communauté d’apprentissage nationale. Le CCA étudiera les communautés et les programmes de tout le pays et du monde entier afin de repérer les stratégies d’apprentissage novatrices qui donnent des résultats significatifs. La découverte de pratiques prometteuses ou de modèles d’apprentissage facilement transférables constitue un élément clé dans l’élaboration de démarches qui donneront de meilleurs résultats d’apprentissage pour les années à venir. Mais il ne suffit pas de repérer les pratiques : le CCA contribuera à bâtir des réseaux qui pourront aider à les mettre en œuvre efficacement.
Nous avons certes besoin de pratiques fondées sur les faits, mais aussi de faits fondés sur la pratique, c.-à-d. des données objectives réunies au sujet de ce que nous devons savoir.
Le CCA a identifié cinq domaines d’apprentissage clés qui exigent notre attention d’urgence. Pour veiller à ce que ces questions soient abordées au plan pancanadien, le CCA crée cinq centres du savoir implantés dans toutes les régions du Canada, et chargés d’étudier ces thèmes. Les centres seront responsables de la création d’un réseau pancanadien d’experts et d’une communauté d’intérêts dans chaque domaine spécifique, et conseilleront le CCA quant aux priorités en matière de recherche, de mobilisation des connaissances, de suivi et de rapports, et d’échange des connaissances pour chaque domaine.
Chacun des centres jouera un rôle d’expertise et d’action au plan pancanadien, et chacun sera invité à exercer un leadership pancanadien, dans un esprit de collaboration et d’inclusion, conformément à l’esprit et à la mission du CCA.
Vous êtes venus aujourd’hui et demain pour nous aider à développer notre cinquième et dernier centre du savoir, le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les autochtones du CCA. Toute mon équipe et moi-même sommes présents ce soir et nous attendons avec plaisir de collaborer avec vous, d’ici un jour et demi, pour développer les éléments et les priorités d’un centre du savoir qui fera une différence dans le domaine de l’apprentissage chez les autochtones.
Je tiens à signaler la présence des anciens qui sont parmi nous. Votre sagesse et vos conseils seront très appréciés.
Enfin, je tiens à remercier plusieurs personnes dont le travail infatigable en coulisse a permis que cet événement ait lieu :
Marlene Brandt-Castellano qui a non seulement présidé la conférence, mais encore joué un rôle clé dans l’élaboration de l’ordre du jour, et qui a prodigué ses conseils à nombreuses reprises en tant que membre du groupe d’orientation des autochtones du CCA.
Les membres du groupe d’orientation : Johanne Archibald et Deanna Nyce de la Colombie-Britannique; Vivian Ayounman de l’Alberta; Marie Battiste, Harry Lafond, Rita Bouvier et John Biss de la Saskatchewan; Stan Wilson du Manitoba; Laura Horton de l’Ontario; Valeri Pilgrim, Natan Obed, Karla Williamson et Tracy Brown de l’ITK ici même à Ottawa.
Tous n’ont pas ménagé au CCA leurs conseils et leurs orientations de grande valeur, tout particulièrement dans la rédaction du document de réflexion sur les principes, les valeurs et les directives. J’espère que vous avez tous pu prendre connaissance de ce document marquant. Bon nombre des personnes que j’ai nommées sont parmi nous aujourd’hui et animeront les séances en petits groupes demain.
M. Daryl Rock et Mme Sheena Powell, du Secrétariat du CCA, ont consacré beaucoup de travail à l’organisation logistique pour assurer que votre participation à cet événement soit à la fois productive et agréable.
Enfin, je vous remercie tous et chacun d’avoir accepté de participer à cette conférence de développement. Le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les autochtones offre une occasion de définir et d’améliorer l’apprentissage chez les autochtones au Canada. Sa réussite sera notablement accrue par votre participation active à cet événement.
Merci de votre attention.
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