Speeches

L’assemblée publique dans le cadre du Congrès national du Centre du savoir sur l’apprentissage chez les Autochtones

Paul Cappon, Président-directeur général, CCA

Le 1 mars 2008
Vancouver, Colombie-Britannique

Salutations en salish

Je vous remercie de vous joindre à nous dans le cadre de cette assemblée publique. Il semblerait que vous ayez eu une Conférence nationale extrêmement productive, stimulante et enrichissante au cours des deux derniers jours.
 
Il m’est particulièrement agréable de voir nos partenaires aussi nombreux ici aujourd’hui. Je sais que nombre d’entre vous représentent les organisations membres du consortium du Centre du savoir sur l’apprentissage chez les Autochtones. Vous êtes le fer de lance de notre travail dans le domaine de l’apprentissage chez les Autochtones, et je suis ravi de constater que le nombre de partenaires ne cesse de croître.
 
Le CCA traverse une période à la fois passionnante et exigeante. Passionnante, parce que les grains que nous avons semés au cours des trois dernières années portent leurs fruits. Exigeante, car nous réalisons plus clairement aujourd’hui qu’au début toute l’ampleur de la tâche à accomplir. Manifestement, nos cinq centres du savoir sont reconnus comme faisant partie intégrante du CCA et sont essentiels à la réalisation de notre mandat. Ce mandat ne se résume pas à surveiller l’état de l’apprentissage au Canada et à en informer les Canadiens; il consiste également à mettre au point et à échanger des approches efficaces, et à accroître les compétences des individus, des organisations et des communautés. Le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les Autochtones a déjà apporté une importante contribution à tous les aspects de notre mandat.

Lorsque des étudiants en histoire et en sociologie du Canada commenceront à écrire l’histoire du Conseil canadien sur l’apprentissage, ils se pencheront sur ses nombreuses réalisations de la première heure. Bien entendu, ils évoqueront l’apport du CCA à notre compréhension de l’importance d’avoir une approche nationale en matière d’enseignement postsecondaire. Ils mentionneront nos recherches établissant un lien entre, d’une part, la formation en milieu de travail et la littératie chez les adultes et, d’autre part, le succès personnel, de même que la productivité et la prospérité de notre pays. Ils souligneront de quelle façon notre outil innovateur, l’Index composite de l’apprentissage, a contribué à l’introduction de communautés d’apprentissage au Canada et a servi de modèle en Europe.

Cependant, lorsque je pense au travail qui a été accompli par le CCA au cours de son premier mandat, je crois que son legs le plus important consiste peut-être en ses réalisations visant à soutenir l’apprentissage chez les Autochtones, grâce au travail du Centre du savoir sur l’apprentissage chez les Autochtones.

L’un des plus grands succès du CCA est la création de trois modèles holistiques d’apprentissage tout au long de la vie pour les Premières nations, les Inuits et les Métis. Ce projet, annoncé en novembre 2007, constitue un parfait exemple de la synergie existant entre les différentes composantes du CCA. Il illustre le pouvoir de la collaboration entre divers groupes, organismes, ministères de l’Éducation et, surtout, les communautés autochtones elles-mêmes. La capacité du CCA d’arriver à un tel résultat est attribuable, dans une large mesure, aux efforts du centre, qui s’est employé dès le départ à adopter une approche inclusive, respectueuse et holistique dans son travail avec les apprenants, les communautés et les organisations. Et surtout, il a soutenu une vision optimiste de l’avenir, et ce, malgré les nombreux obstacles et difficultés systémiques avec lesquels doivent composer de nombreux apprenants autochtones. Nous devons tirer une très grande fierté de cette réalisation. Marie Battiste, Vivian Ayoungman, Rita Bouvier, Geneviève Fox, Maria Wilson.

Depuis des décennies, les Autochtones invoquent la nécessité de disposer de modèles d’apprentissage qui respectent leur culture, leurs valeurs et leur vision de la vie. À juste titre, les Autochtones rejettent un modèle d’enseignement qui repose sur les faiblesses et qui leur rappelle constamment, par l’intermédiaire de statistiques classiques, tout ce qui ne marche pas. Après tout, n’apprenons-nous pas davantage de nos réussites que de nos échecs? Ne tirons-nous pas plus de savoir de ce qui nous est cher?

Les Autochtones aspirent et ont droit autant à un apprentissage qui tient compte des cultures et des valeurs autochtones qu’au savoir occidental classique. En reconnaissant l’importance et la valeur des deux approches, les modèles d’apprentissage holistiques démontrent qu’il est bel et bien possible de tirer le meilleur de l’ensemble des traditions et systèmes de savoir à la disposition des apprenants. Outre l'affirmation de l'identité, la spécificité culturelle et linguistique favorise également l'apprentissage.

L’apprentissage peut se comparer à un tabouret à trois pieds. L’un des pieds représente l’apprentissage structuré ou dans un cadre scolaire; les deux autres pieds représentent la communauté et la maison. Un tabouret à trois pieds pourra se tenir en équilibre sur n’importe quelle surface, à condition que ses pieds soient de longueurs égales. Le système d’éducation, la communauté et la maison constituent des partenaires égaux dans le processus d’apprentissage.

Que cela signifie-t-il pour l’apprentissage chez les Autochtones? Ce principe indique que nous devons conjuguer les indicateurs classiques d’enseignement à l’école à des paramètres tenant compte de l’apprentissage réalisé à la maison, dans la communauté et au contact de la terre. Des travaux récents visant à définir le succès de l’apprentissage chez les Autochtones nous ont permis de conclure que, malgré leurs différences culturelles, historiques et géographiques, les Premières nations, les Inuits et les Métis partagent une vision commune de l'apprentissage; pour eux, il s’agit d’un processus holistique et volontaire qui dure toute la vie. Cette vision suppose des valeurs et des principes communs qui déterminent la façon dont les apprenants se perçoivent par rapport au reste du monde et constituent le fondement de l’apprentissage.

Nous avons été enchantés lorsque les cinq organismes autochtones pancanadiens et de nombreux autres partenaires ont accepté de collaborer avec le CCA et le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les Autochtones dans le but d’élaborer des modèles holistiques d’apprentissage tout au long de la vie. Je suis persuadé que cette collaboration a permis d’établir une approche qui ouvrira la voie à des changements concrets. Ces modèles concilient les conceptions occidentales de l’apprentissage et de l’éducation avec les valeurs et les traditions culturelles des Autochtones. Lorsque tant les apprenants que les dirigeants ont appuyé ces modèles, nous avons compris que nous venions d’établir les bases du succès. Ce travail constituera un projet de longue haleine pour le CCA, le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les Autochtones, les organisations autochtones pancanadiennes, ainsi que les établissements se consacrant aux besoins et aux aspirations en matière d’apprentissage des Premières nations, des Inuits et des Métis.

 Le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les Autochtones doit sa réussite à son solide réseau de partenaires et aux membres du consortium. L’élaboration de notre plan stratégique et la détermination de priorités thématiques ont servi de base à l’organisation de votre travail. Ces éléments ont également servi à décrire et à partager les fruits de ce travail avec les autres. Je suis conscient qu’il reste encore beaucoup à faire, mais j’espère que le dialogue entamé dans le cadre de cette assemblée publique vous offrira les éléments de connaissance nécessaires pour progresser dans la réalisation de votre travail.

La Conférence nationale et la présente assemblée publique visent toutes deux à célébrer le fruit de notre collaboration et à planifier les prochaines étapes. Nous sommes maintenant en mesure de collaborer à des initiatives qui s’appuieront sur ce que nous avons appris au cours des derniers mois. Je suis encouragé par ce que nous avons accompli en partenariat, mais la réalisation la plus gratifiante entre toutes réside peut-être dans la façon dont nos recherches, nos conclusions et notre approche ont été adoptées par les différentes communautés au Canada. Lorsque nos enfants regarderont plus tard le travail que nous avons accompli, c’est la mesure dans laquelle nos connaissances auront été appliquées qui constituera à leurs yeux notre legs le plus important.

Je me réjouis à l’idée d’entendre les résultats de cette assemblée publique. Merci.

[Mot de la fin en Salish]

 

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