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Je vous souhaite la plus cordiale des bienvenues à ce déjeuner informel et je vous remercie de votre présence ce midi.
Si nous pouvons nous permettre de parler de traditions dans le cas d’un organisme aussi jeune que le Conseil canadien sur l’apprentissage, je dirais que nous avons déjà une belle tradition: celle de réunir des leaders communautaires dans les villes et régions où nous tenons les rencontres du Conseil d’administration du CCA. Faisant partie de cette tradition aussi, Robert Giroux est encombré à chaque fois par la tâche de me présenter pour la énième fois, un sort malheureux qu’il accepte quand même avec beaucoup de bonne humeur et de grâce.
La dernière fois que nous avons tenu une réunion du Conseil d’administration à Montréal, c’était en 2005. À ce moment-là, j’ai évoqué le nom du chef du mouvement saint simonien en France au 19ième siècle, Prosper Enfantin, qui a déclaré:
« Une société ne peut vivre sans idéal. L’idéal est le tremplin de l’homme. Son absence conduit à l’étouffement de la société ».
Voici depuis cinq ans maintenant que le Conseil canadien sur l’apprentissage, lui, est porteur d’un idéal: celui qui affirme que c’est par la collaboration dans le domaine de l’apprentissage que nous réussirons davantage à lier les groupes et populations disparates qui composent notre société. Celui aussi qui place l’apprentissage formel, informel et non-formel au premier plan—au cœur—des préoccupations de l’ensemble de la société. C’est le moteur de la prospérité; c’est le garant de la cohésion sociale; c’est la base de l’épanouissement de l’individu.
N’est-ce pas Sophocle qui a dit : « Vis et apprends ! » ? Dans les quatre ans qui se sont écoulés depuis la réunion précédente de notre Conseil d’administration à Montréal, je crois que la compréhension par les populations à travers le Québec et le Canada du rôle central de l’apprentissage dans le devenir des sociétés a beaucoup progressé.
Une autre vérité, un autre adage : « Plus vous en faites, plus vous pouvez en faire. Plus l’occasion d’apprendre est facile d’accès, plus les résultats seront importants ». Dans ce contexte, le CCA est le seul organisme pancanadien indépendant qui fournit des analyses et des renseignements permettant au Canada de faire le suivi de ses progrès au chapitre de l’apprentissage, un facteur essentiel pour améliorer notre qualité de vie et notre capacité concurrentielle à l’échelle mondiale. Vous trouverez dans les trousses d’information sur le CCA des renseignements détaillés sur les façons dont le CCA s’acquitte de cette tâche complexe de mesurer et d’analyser ce progrès, ainsi que les lacunes et les obstacles.
Sans vouloir dégager dans mes brèves réflexions les points forts et les inconvénients du Canada dans les différents aspects de l’apprentissage, je répondrai bien volontiers à toute question sur notre rendement et nos défis majeurs.
De plus en plus, le CCA appuie également les efforts dans ce sens de nos partenaires en Europe, à l’OCDE et en Amérique du Sud. L’Indice composite de l’apprentissage, qui a été conçu au Canada, a inspiré sur son modèle le European Lifelong Learning Index (ELLI), qui sera lancé cet année en Europe, et qui sera adapté également par l’OCDE. Notre livre récent, fruit d’une collaboration entre l’OCDE, l’UNESCO et la Conférence de Montréal, et qui relie les défis de l’éducation et de la formation avec l’impératif de la durabilité, a été lancé la semaine dernière au Canada au Forum Économique International des Amériques ici à Montréal et en mars en Europe, à l’Ambassade du Canada à Paris.
On observe un grand nombre de transformations dans le monde, et ces changements se produisent à un rythme qui peut sembler inquiétant pour bon nombre d’entre nous. Mais certains défis sont de bon augure, notamment le fait qu’on compte de plus en plus sur l’énergie humaine, et de moins en moins sur l’énergie à base de carbone. Dans ce sens, le CCA répond à un besoin : assurer le perfectionnement des habitants du Canada, qu’ils soient nés ici ou arrivés tout récemment.
Le CCA fournit des données qui permettent aux apprenants et aux apprenants potentiels ainsi qu’aux éducateurs, aux employeurs et aux gouvernements de prendre des décisions éclairées. Le CCA n’apporte pas qu’une contribution à court terme; ses travaux visent à garantir un avantage durable à long terme.
Mes études de médecine avec spécialisation en santé communautaire et épidémiologie ont suscité chez moi un intérêt indéfectible à l’égard de l’histoire des maladies et des tentatives de l’humanité pour les prévenir ou les contrôler. L’épidémie de grippe de 1918 1919 a tué des dizaines de millions de personnes. À l’époque, on disposait de peu de ressources pour étudier les dynamiques qui influent sur la propagation des maladies de même que les moyens de la freiner. Si les pays avaient disposé d’un plus grand nombre de ressources et de moyens d’intervenir de façon structurée, l’issue de cette pandémie aurait été nettement moins dévastatrice. Souvenons-nous de la crise du SRAS en 2003. Il a alors été impératif d’investir des sommes considérables en très peu de temps pour prévenir la propagation à grande échelle de la maladie au Canada.
Notre société déploie des efforts louables pour comprendre l’origine des maladies transmissibles et des maladies chroniques. Nous investissons dans des organismes comme l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), qui recueille de l’information sur les services de soins de santé et la santé de la population dans son ensemble. Pourquoi? Parce que la compréhension d’un phénomène repose essentiellement sur le fait de disposer d’information et d’analyse. Or, pour pouvoir effectuer le suivi d’un phénomène et le maîtriser, il est fondamental de le comprendre. Et une bonne compréhension des données ne peut être obtenue que si l’on tient compte de tous les éléments opposés ou divergents qui pèsent dans la balance.
Aujourd’hui, il est impensable de ne pas investir dans la production, l’analyse et le suivi; nous aurions trop à perdre, même en temps d’insécurité financière.
L’apprentissage et les soins de santé diffèrent sur de nombreux plans, mais ils sont tout aussi importants pour l’avenir des sociétés. Dans les deux cas, le fait de disposer de données permettant de dégager de l’information pertinente et des analyses indépendantes est essentiel pour progresser et obtenir des résultats. Voilà pourquoi le Canada ne peut se permettre de NE PAS continuer d’investir dans l’apprentissage tout au long de la vie.
De nombreux pays de l’OCDE se sont donné pour objectif de faire de l’apprentissage un moyen d’établir un avantage concurrentiel. Plusieurs ont déjà créé des programmes nationaux visant à recueillir et à diffuser de l’information sur l’apprentissage, qui permettra d’améliorer la qualité de vie de leurs citoyens.
À l’heure de l’économie et de la société du savoir, la prospérité est l’apanage des pays et des communautés dotées d’une culture de l’apprentissage, qui encourage les gens à continuer d’apprendre et de parfaire leurs compétences tout au long de la vie.
Or, l’apprentissage tout au long de la vie ne se limite pas à l’enseignement structuré. En plus de se dérouler en classe, il s’acquiert tout autant à la maison, au travail ou au sein de la communauté. En sollicitant la création du Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA), de nombreuses organisations nationales et régionales ont voulu se doter d’un catalyseur d’apprentissage tout au long de la vie.
Ces organisations sentaient aussi le besoin d’un organisme indépendant apte à mieux informer les Canadiens des progrès de l’apprentissage au pays, du rendement du Canada dans ce domaine par rapport aux autres pays développés, ainsi que des moyens à mettre en œuvre dans les communautés, les écoles, les foyers et les milieux de travail pour multiplier les possibilités d’apprentissage offertes et garantir ainsi la prospérité du Canada de même que l’avenir de ses citoyens et de ses communautés.
Le CCA évalue annuellement les points forts et les lacunes de l’enseignement postsecondaire au Canada. Il travaille à renforcer l’enseignement et la formation en milieu de travail et permet aux parents canadiens d’exprimer leurs préoccupations en réalisant régulièrement des enquêtes sur les attitudes des Canadiens à l’égard de questions telles que les devoirs ou le tutorat.
Le Canada affronte actuellement des turbulences économiques, ce qui met les compétences de ses citoyens au premier plan – le type d'apprentissage dont le soutien constitue justement la raison d’être du CCA. Par son action, le CCA contribue à faire en sorte que les compétences des Canadiens correspondent mieux aux besoins des employeurs.
Notre principal message en ce moment de turbulence économique ? C’est l’investissement dans le capital humain qui permettra de bâtir des sociétés prospères qui se démarqueront des autres. Les économies qui s’appuieront sur de solides systèmes d’apprentissage seront celles qui s’en tireront le mieux en temps de vaches maigres, comme en temps de vaches grasses. Le CCA est un moyen essentiel pour le Canada de mesurer ses progrès au chapitre de l’apprentissage et de dégager des données qui permettront de prendre des mesures à court et à long terme pour soutenir notre croissance économique et assurer la pérennité de notre tissu social.
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