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Merci de m’avoir donné cette occasion de participer à une tribune sur l’interface entre la recherche et les politiques. Je félicite les organisateurs de la Conférence sur la recherche en matière de politiques autochtones d’avoir pris l’initiative d’un si vaste dialogue sur le but important que constitue l’expansion de notre compréhension de déterminants sociaux, économiques et démographiques du bien-être des communautés autochtones.
Pendant cette allocution, je m’intéresserai en particulier à trois points :
Tout d’abord, l’importance d’utiliser des éléments objectifs solides pour l’établissement des politiques. Les recherches répondent à cette définition, mais il en existe d’autres.
En second lieu, je voudrais évoquer l’importance de l’apprentissage pour la communauté autochtone. Je soutiendrai que même si une approche intégrée a son utilité, nous devons rester sensibles aux besoins spécifiques des communautés des Premières Nations, inuites et métisses, ainsi qu’aux défis différents que doivent relever les communautés autochtones dans les milieux urbains et ruraux.
Troisièmement, je vais décrire les mesures prises par le CCA pour combler les lacunes en matière de connaissances pour réunir les éléments d’information objectifs, et plus spécifiquement, la manière dont nous nous y sommes pris pour créer un Centre du savoir sur l’apprentissage des autochtones, dont les détails seront annoncés tout à l’heure.
Permettez-moi d’abord de commencer par avancer l’hypothèse que de bonnes décisions se prennent sur la base de solides éléments objectifs. Mais les éléments d’information objectifs ne se limitent pas à la recherche. Ils peuvent provenir de nombreuses sources : non seulement de recherches universitaires, mais encore du savoir traditionnel et des pratiques exemplaires; non seulement des universités et des organismes gouvernementaux, mais encore du sein des communautés autochtones.
Recueillir des éléments objectifs n’est que l’un des éléments de l’équation. L’acte d’échanger les connaissances acquises est tout aussi important que celui de les réunir.
Les efforts en vue de réunir des éléments d’information objectifs doivent dépasser les milieux des chercheurs, des responsables politiques et des universitaires, et englober les groupes communautaires et les personnes qui seront affectés par les politiques. Ce fait est devenu apparent dans plusieurs domaines de politiques autochtones. Les décideurs en matière environnementale, par exemple, se fondent sur la sagesse communautaire et les observations anecdotiques, en plus des recherches empiriques, en vue d’évaluer l’impact à long terme du changement.
Mais le corollaire est également vrai : les éléments d’information réunis doivent être tout aussi accessibles et pertinents pour les personnes affectées que pour les experts qui s’en servent pour élaborer les politiques. Ceci contribue à faire participer à la prise de décisions ceux qui seront les plus affectés par les politiques élaborées. Dans les milieux de l’apprentissage, nous parlons d’éducation fondée sur la demande, ou sur les besoins des apprenants. Plus les communautés autochtones pourront réunir d’éléments d’information objectifs, et plus ils seront habilités pour choisir leur avenir.
En insistant à ce point sur l’importance de faire participer les personnes ou les communautés affectées, je n’escamote pas la nécessité d’une recherche académique rigoureuse. Nous devons continuer de compter sur l’examen par les pairs pour contrôler la qualité et la méthodologie. Mais nous ne devons pas aboutir à créer des îlots d’excellence universitaire dans des océans d’indifférence communautaire.
Je soutiens que les données sont importantes. C’est en mesurant les progrès que l’on améliore le rendement : ce qui se mesure est souvent ce qui se fait. Toutefois, nous devons également recueillir des éléments d’information au-delà de ce que les données empiriques nous procurent. Nous devons trouver des moyens d’utiliser les éléments d’information qualitatifs et narratifs qui nous racontent le vécu des individus et des communautés.
Enfin, je tiens à souligner que nous devons adopter une approche pancanadienne pour réunir et échanger les éléments d’information objectifs. Non seulement devons-nous recueillir des éléments d’information et des données dans tout le pays, mais nous devons encore les partager à l’échelle nationale afin de permettre aux communautés de tout le pays d’adopter des pratiques qui donneront les résultats voulus.
Mon second thème porte sur l’importance de l’apprentissage pour les peuples autochtones.
En novembre dernier, lorsque le CCA recherchait des conseils et un consensus sur la création de son Centre du savoir sur l’apprentissage chez les autochtones, nous avons organisé à Ottawa un dialogue auquel la majorité des participants étaient autochtones. Nous nous sommes entendus dire que pour les peuples autochtones, l’apprentissage dépasse de loin l’enseignement à l’école, ou encore le fait d’acquérir les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail. L’apprentissage est une activité intégrée qui met en jeu tous les aspects d’une personne, nos êtres spirituel, intellectuel, affectif et physique.
Le point de vue autochtone est reflété dans des notions qui deviennent plus influentes dans beaucoup de pays développés et en développement dans le monde entier. Dans son rapport de 1996 à l’UNESCO, Jacques Delors décrivait quatre piliers de l’apprentissage qui permettraient à chacun de parvenir à son plein potentiel :
Cette approche de l’apprentissage trouve un écho dans les approches traditionnelles des peuples autochtones. C’est là l’une des raisons pour lesquelles nous avons beaucoup à gagner en approfondissant notre compréhension et notre appréciation des cultures d’apprentissage des peuples autochtones.
La jeunesse relative des communautés autochtones doit être considérée comme une source de promesse pour l’avenir. Puisque la population autochtone est si jeune, en améliorant les approches de l’apprentissage dans les communautés autochtones, nous ouvrirons la voie de la réussite aux générations à venir.
Mais il y a aussi des défis : la vérificatrice générale, Sheila Fraser, affirme que si les tendances actuelles se poursuivent, les taux d’achèvement du secondaire, qui tournent autour de 41 pour cent chez les autochtones, n’atteindraient le taux national canadien, soit près de 70 pour cent, que dans 28 ans. Mais je crois qu’il existe une volonté nouvelle de faire ce qui doit être fait pour appuyer des résultats d’apprentissage renforcés pour les peuples autochtones. L’accord de Kelowna, par exemple, cible l’année 2016 pour combler l’écart dans le taux de diplomation du secondaire, c’est-à-dire 10 ans plutôt que les 28 ans prédits par la vérificatrice générale. Le nouveau gouvernement fédéral a annoncé son intention de déposer un projet de loi sur l’éducation des Premières Nations, et de collaborer avec les peuples autochtones pour renforcer les résultats aux plans économique et éducatif.
Malheureusement, les connaissances sur l’apprentissage, le développement, le savoir et le langage des peuples autochtones sont insuffisantes, car une grande partie des recherches comportait jusqu’ici sur leur « incapacité ». Il est nécessaire de recueillir davantage d’éléments d’information sur le potentiel qu’offrent les communautés autochtones pour influencer les transformations positives dans leur propre société et dans la société canadienne. Les programmes d’études qui sont offerts aux autochtones ne reconnaissent pas la nécessité d’un contenu et des perspectives autochtones.
Certains des défis d’apprentissage que doivent relever les Premières Nations, les Inuits et les Métis sont communs, mais d’autres sont spécifiques à chaque culture. Dans le cadre du développement de notre Centre du savoir sur l’apprentissage chez les autochtones, le Conseil canadien sur l’apprentissage a commandé des études préparées par des représentants de chaque communauté. Le rapport sur les Inuits, par exemple, reconnaissait la nécessité d’une approche de l’éducation spécifique aux Inuits qui porterait sur les problématiques comme l’histoire, le changement social rapide, les conditions économiques et l’isolement géographique. Les peuples métis, par contraste, se sentent remis en question alors qu’ils tâchent de préserver leur culture malgré qu’ils sont scolarisés dans le système public.
Mesurer et recueillir des éléments d’information objectifs n’a pas pour but de nous attarder sur les éléments négatifs, mais plutôt de repérer les pratiques qui donnent de bons résultats et de mesurer les progrès. Nous devons adopter une approche fondée sur les éléments objectifs qui nous permettra de réunir des informations nécessaires pour prendre à l’égard de l’apprentissage autochtone des décisions qui déboucheront sur les résultats voulus. C’est là que le Conseil canadien sur l’apprentissage peut apporter une contribution importante.
À l’occasion de notre dialogue national sur l’apprentissage chez les autochtones au mois de novembre, des apprenants et des éducateurs autochtones nous ont fait part de quelques pratiques exemplaires. Permettez-moi de relater certains des éléments que nous avons entendus.
Le Red Crow College est un collège communautaire indépendant sur le territoire de la Première Nation Kainah (les Gens-du-Sang) dans le sud de l’Alberta. Fondé en 1986, il s’agit d’un centre d’éducation des adultes qui offre aux étudiants de la tribu des Gens-du-Sang des possibilités de formation et d’éducation. Le programme, qui consistait initialement en deux cours du secondaire, un cours de l’Université de Lethbridge et un élément d’initiation à l’étude, s’est développé depuis 18 ans jusqu’au point où le Red Crow College est devenu un établissement postsecondaire à part entière, proposant des programmes menant à des diplômes et des grades en partenariat avec l’Université de Calgary et l’Université de Lethbridge. Le recyclage des adultes, la formation continue et l’éducation communautaire demeurent des éléments critiques du programme d’études. Le collège a également joué un rôle clé dans la fondation du First Nations Adult and Higher Education Consortium of Canada, avec sept autres établissements d’enseignement supérieur des adultes des Premières Nations.
En Saskatchewan, le Gabriel Dumont Institute of Métis Studies and Applied Research est le seul établissement d’enseignement en son genre au Canada qui est la propriété de la communauté métisse. L’institut est responsable de la conception, de l’élaboration et de la mise en œuvre des programmes métis au niveau postsecondaire. L’institut Gabriel Dumont propose par exemple des programmes de formation des enseignants pour les autochtones en milieu urbain de la Saskatchewan, dans trois centres urbains : Prince Albert, Saskatoon et Regina. L’institut est affilié à l’Université de Saskatchewan et à l’Université de Regina. Dans le cadre de l’institut, le Dumont Technical Institute propose des programmes techniques et professionnels comme l’éducation de base pour adultes et la formation professionnelle dans divers domaines. Jusqu’ici, plus de 700 personnes ont achevé les programmes du Gabriel Dumont Institute.
Enfin, nous avons entendu le témoignage d’un étudiant inuit qui est inscrit en troisième année à l’Université Trent à Peterborough et qui a évoqué le « choc éducatif » qui l’attendait pendant sa première année d’étude. Ses cours du secondaire ne lui avaient pas conféré les aptitudes nécessaires pour suivre le rythme de travail exigé. Après trois mois seulement, il avait quitté l’université pour achever une année supplémentaire au secondaire à Peterborough avant de reprendre ses études supérieures. Voilà un exemple d’un cas où le système éducatif n’a pas bien servi l’apprenant. Cet étudiant considère que les écoles du Nunavut doivent fournir une base plus solide en lecture et en écriture et proposer des programmes d’école d’été aux élèves qui désirent entreprendre des études supérieures.
Voici quelques exemples seulement du savoir et des conseils qui ont été partagés à cette occasion. Comment pouvons-nous assurer que cette expérience et ce savoir – et ceux de milliers d’autres apprenants autochtones engagés et déterminés – sont pris en compte dans le processus décisionnel? Il s’agit de l’un des défis que le Conseil canadien sur l’apprentissage s’efforcera de relever.
Permettez-moi de décrire le contexte du conseil. Beaucoup d’entre vous se rappelleront qu’il y a plusieurs années, le gouvernement fédéral avait mené une consultation sur l’innovation au plan national. Il s’agissait de poser la question : « De quoi le Canada a-t-il besoin pour réussir dans la société et l’économie du savoir? ». Les Canadiens de tous les milieux ont répondu en grand nombre : « Nous avons besoin d’une population hautement formée ».
Le gouvernement a réagi à plusieurs niveaux différents. L’une de ses réponses a consisté à créer le Conseil canadien sur l’apprentissage comme véhicule pour proposer une perspective stratégique et pancanadienne sur l’apprentissage. Notre organisation est bâtie sur un modèle de collaboration, d’inclusion et de partenariat. Nous favorisons les partenariats entre les organismes du secteur de l’apprentissage, les groupes communautaires, les organisations non gouvernementales, les gouvernements et les chercheurs.
Notre mandat commence seulement, mais je puis déjà vous annoncer que tous nos partenaires dans ce projet partagent la même passion. Nous sommes tous décidés à tracer un itinéraire pancanadien d’apprentissage tout au long de la vie. Nous adoptons une approche intégrée des questions d’apprentissage, en faisant participer toute la communauté des parties prenantes, y compris les utilisateurs. Ainsi, nous réunissons des éléments d’information concrets qui aident les responsables politiques, les praticiens et les apprenants.
Le conseil a identifié cinq domaines clés de l’apprentissage qui exigent une attention urgente. Nous voulons les aborder d’un point de vue pancanadien, et nous avons donc créé cinq centres du savoir implantés dans les régions. Ces centres sont chargés de créer un réseau national d’experts dans chaque domaine d’apprentissage spécifique. Un centre du savoir comporte trois domaines fonctionnels : suivi et rapports, échange de connaissances, et recherche et mobilisation des connaissances. Il met en jeu un réseau de praticiens, de chercheurs et d’autres partenaires.
Notre Centre du savoir sur l’apprentissage chez les adultes est implanté dans le Canada atlantique, car cette région a remporté beaucoup de succès dans la création d’un éventail de programmes de littératie et de recyclage qui répondent aux défis que bon nombre d’adultes doivent relever. Le Québec a investi dans les programmes d’apprentissage pour les jeunes enfants depuis de nombreuses années et des experts de renommée mondiale sur l’apprentissage chez les jeunes enfants y travaillent. Il n’est donc pas étonnant que notre Centre du savoir sur l’apprentissage chez les jeunes enfants soit situé au Québec. C’est pour des raisons semblables que nous avons implanté notre Centre du savoir sur l’apprentissage en milieu de travail en Ontario et notre Centre du savoir sur la santé et l’apprentissage dans la région Colombie-Britannique–Yukon.
Le cinquième centre du savoir s’intéressera à l’apprentissage chez les autochtones et il sera situé dans la région qui inclut les provinces des Prairies, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest. Comme je l’ai déclaré tout à l’heure, la première étape dans la création de ce Centre du savoir a consisté à commander un rapport de base sur l’état de l’apprentissage chez les autochtones, rédigé par les peuples autochtones. Nous avons ensuite entamé un dialogue approfondi avec la communauté autochtone. Parmi les critères clés d’évaluation des propositions, nous tenions par-dessus tout à ce que le consortium du centre du savoir représente les trois peuples autochtones – Premières Nations, Métis et Inuits – et soit animé par les autochtones.
Le Centre du savoir facilitera les relations et l’échange de connaissances entre les chercheurs, les responsables politiques, les praticiens et les apprenants. Il identifiera les priorités de recherche, de suivi et de rapports et animera des activités qui permettront à tous les membres de la communauté d’apprentissage autochtone de bénéficier des éléments d’information les plus actuels et les pratiques exemplaires réunis dans tout le Canada et dans le monde entier.
Je suis ravi de vous donner une avant-première de l’annonce officielle qui sera faite la semaine prochaine. Le CCA a reçu six excellentes propositions originales pour l’animation du Centre, émanant de consortiums largement représentatifs reflétant tous les aspects de l’apprentissage chez les autochtones. La décision a été difficile, si difficile en fait que nous avons choisi deux organisations pour animer conjointement le consortium : le First Nations Adult Higher Education Consortium, et le Aboriginal Education Research Centre de l’Université de la Saskatchewan. Nous avons décidé que l’étendue et l’envergure de la composition des consortiums incluant plus de 50 organismes, l’approche originale de l’échange de connaissances et la solide compréhension du rôle d’un centre du savoir du CCA que possèdent ces deux organismes assureraient le leadership le plus fort possible pour le travail du CCA dans le domaine de l’apprentissage chez les autochtones.
Mme Vivian Ayoungman, directrice générale du First Nations Adult Higher Education Consortium, et Mme Marie Battiste, directrice générale du Aboriginal Education Research Centre, sont parmi nous aujourd’hui, et je souhaite prendre un moment pour les saluer.
Le FNAHEC est constitué des dix collèges et centres de formation des adultes membres dans l’ouest du Canada. Le but du FNAHEC consiste à dispenser une éducation pour les adultes et un enseignement supérieur de qualité, entièrement contrôlés par les Premières Nations. Le FNAHEC est un organisme à but non lucratif qui a pour but de favoriser la réussite des Premières Nations par l’éducation.
Le Aboriginal Education Resource Centre, hébergé au College of Education de l’Université de la Saskatchewan, se consacre à mener des recherches éthiques et appropriées pour relever le défi de trouver une nouvelle base pour les programmes d’études et l’instruction des élèves autochtones, en tirant parti des succès actuels.
Le CCA souhaite que le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les autochtones devienne le principal réseau au Canada pour recueillir et diffuser les éléments d’information relatifs à l’apprentissage chez les autochtones. Au cours des quelques semaines à venir, de concert avec Mme Ayoungman et Mme Battiste et les membres du consortium, nous allons élaborer un plan d’affaires intégré et un plan de travail détaillé pour l’année à venir. Je suis convaincu que beaucoup d’entre vous ici présents participeront aux activités du Centre du savoir et j’ai hâte de collaborer avec vous.
Mesdames et messieurs, le Conseil canadien sur l’apprentissage désire contribuer à de meilleures opportunités et de meilleurs résultats d’apprentissage chez les peuples autochtones. Nous savons que cet objectif ne pourra être atteint que par la participation des peuples autochtones dans l’élaboration des solutions. Je suis convaincu que le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les autochtones sera pour vous tous une ressource utile. Il réunira et partagera les éléments d’information et non seulement des recherches; il identifiera des approches constructives pour mesurer les progrès en apprentissage au sein de la population autochtone; et il repérera les domaines où il est nécessaire de réunir davantage d’information.
Nous adoptons des moyens pratiques pour parvenir à un changement réel. Nous voulons nous assurer que les éléments d’information que nous réunissons sont mis entre les mains de ceux qui peuvent les utiliser, sous une forme qui leur permet de les utiliser. Notre approche est collaborative – comme un ancien Mi’kmaq déclarait un jour : « Les racines d’un arbre se tiennent la main sous la terre ». L’arbre tire sa force de ses racines, tout comme nos centres du savoir tirent leur force de ceux qui les constituent.
J’ai hâte de travailler avec vous pour parvenir à ces objectifs.
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