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Comparution devant le Comité permanent des ressources humaines, du développement social et de la condition des personnes handicapées au sujet de la contribution fédérale à la réduction de la pauvreté au Canada

Paul Cappon, président-directeur général

Le 18 juin 2009

Je vous remercie d’avoir invité le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA) à donner son avis sur la façon dont le gouvernement fédéral peut contribuer à réduire la pauvreté au Canada. Le CCA jouit d’une position unique pour produire, synthétiser et échanger des connaissances sur l’apprentissage en partenariat avec les gouvernements et les ONG, c’est-à-dire des études qui démontrent comment l’enseignement supérieur et l’apprentissage tout au long de la vie viennent renforcer l’« infrastructure humaine » sur laquelle s’appuient les particuliers canadiens, les familles, les communautés, les entreprises et les gouvernements du Canada pour bâtir leur sécurité financière et le bien-être de la société.

En fait, il a été démontré que l’enseignement supérieur et l'acquisition continue de nouvelles compétences peuvent offrir une certaine protection en période d’instabilité économique, comme celle que nous traversons présentement, et devenir un avantage concurrentiel en période de relative stabilité. Les Canadiens très scolarisés ont de meilleures perspectives d’emploi. Ils ont un meilleur accès à une formation structurée et à de l’aide liées à l’emploi, ont un revenu plus élevé et plus d’économies pour les aider en cas de besoin. Ils courent moins de risques de perdre leur emploi et, si cela se produit, ils demeurent sans emploi pendant de plus courtes périodes que les Canadiens peu scolarisés.

Au contraire, les Canadiens peu scolarisés ont de moins bonnes perspectives d’emploi. Ils reçoivent moins de formation en milieu de travail, ont un revenu moins élevé et peu ou pas d’économies. Ils courent plus de risques de perdre leur emploi et de demeurer sans emploi pendant de plus longues périodes que les Canadiens très scolarisés. En général, les Canadiens les moins scolarisés sont les moins résilients et sont ceux qui ont le moins de ressources pour mieux s’adapter et survivre en période de ralentissement économique. Ce sont également eux – et leurs familles – qui sont les plus susceptibles de connaître la pauvreté et d’y demeurer pendant des mois, des années ou même des générations.

Bref, l’éducation et l’apprentissage augmentent de beaucoup la résilience des Canadiens et des communautés, et les dotent des outils dont ils ont besoin pour s’adapter en période d’instabilité économique. C’est aussi simple que ça. Pourtant, c’est un grand défi d’accroître la résilience de notre pays pour assurer notre avenir. Les employeurs, les établissements d’enseignement et les gouvernements doivent travailler de façon plus coordonnée et complémentaire à l’atteinte de cet objectif. Des progrès louables ont été réalisés, mais il faut en faire plus. Nous pouvons et nous devons faire du Canada une véritable société du savoir afin que les citoyens et les entreprises puissent relever tous les défis d’un marché mondial imprévisible. Présentement, nous investissons des ressources importantes dans l’infrastructure physique pour combattre la récession de façon à renforcer les avantages concurrentiels du Canada. Il faut faire de même pour l’infrastructure humaine et former la main-d’œuvre des industries du savoir de demain.

Principaux enjeux

La demande pour des travailleurs du savoir augmente au Canada et ailleurs. Un effort concerté est donc nécessaire pour offrir aux Canadiens des possibilités d’éducation et de formation qui leur permettront de répondre à cette demande. Sans travailleurs qualifiés en quantité suffisante, les entreprises canadiennes subiront un recul et ne seront plus concurrentielles ou se tourneront vers d’autres pays pour combler leurs besoins. Nous avons la possibilité de répondre à leurs besoins en créant une réserve de ressources qualifiées au pays. Il faudra cependant faire preuve de créativité et de souplesse pour satisfaire aux exigences conflictuelles des apprenants adultes, qui ont déjà un horaire bien rempli à titre de parents, de pourvoyeurs de soins, de bénévoles et de leaders de leur communauté. Bien qu’une éducation postsecondaire soit hautement souhaitable, il n’en demeure pas moins que le milieu de travail est le principal lieu de formation, d’apprentissage et de perfectionnement des compétences pour la plupart des adultes.

Le CCA n’évalue pas directement la pauvreté. Il examine plutôt comment l’apprentissage tout au long de la vie peut améliorer la stabilité économique en réduisant le nombre de périodes de chômage, en augmentant les possibilités de revenus et d’emploi et en contribuant à l’amélioration de la qualité de vie et de la santé de tous les Canadiens. Le CCA peut contribuer à établir qui est le plus susceptible de connaître la pauvreté et à déterminer pourquoi ces personnes sont à risque. Peu importe la façon de mesurer la pauvreté, quatre principaux groupes de Canadiens vulnérables ressortent : les travailleurs peu qualifiés, les jeunes, les nouveaux immigrants et les travailleurs âgés.

En ce qui a trait aux travailleurs peu qualifiés, les études menées par le CCA indiquent que la littératie et la numératie comptent parmi les principaux déterminants de l’inégalité économique. En d’autres mots, les compétences créent des gagnants et des perdants sur le plan économique, car les employeurs sélectionnent et récompensent les travailleurs qualifiés, tandis que les autres sont laissés pour compte. Pourtant, neuf millions d’adultes canadiens n’ont pas un niveau de littératie suffisant pour vivre et travailler au sein de la société moderne. Ces travailleurs peu qualifiés arrivent difficilement à trouver un bon emploi, et leur santé et leur qualité de vie en souffrent. En période de récession, de nombreux travailleurs et leurs familles en subissent les conséquences : salaires bas, chômage, pauvreté, dépendance à l’aide sociale et exclusion sociale. Les pertes d’emploi en période de récession ont des effets durables : les travailleurs licenciés à la fin des années 1980 et au début des années 1990 touchaient des salaires de 18 % à 35 % inférieurs cinq ans après leur licenciement, ce qui montre bien que la reprise économique se déroule rarement au même rythme pour une personne que pour les marchés.

Les jeunes Canadiens sont particulièrement vulnérables aux conséquences d’un ralentissement économique. Comme ils ne possèdent pas d’expérience de travail, il est difficile pour eux de décrocher un premier emploi, surtout lorsqu’ils se mesurent à des candidats plus mûrs, mieux qualifiés et plus expérimentés qu’eux. Leur expérience du marché du travail étant inégale et intermittente, ils risquent d’entrer dans un cercle vicieux, leur manque de qualifications ne leur procurant que des emplois mal rémunérés, duquel il est difficile d’échapper.

Les travailleurs âgés sont particulièrement vulnérables au cycle du chômage chronique et de l’insécurité financière. Beaucoup d’entre eux étaient peu qualifiés lorsqu’ils sont entrés sur le marché du travail, et tout indique que leurs compétences se sont détériorées ou ne sont plus adaptées aux besoins actuels du marché du travail. Étant donné la menace de discrimination fondée sur l’âge en milieu de travail, les travailleurs âgés qui doivent suivre une nouvelle formation et perfectionner leurs compétences pour demeurer dans la course ont tout un défi à relever.

Malgré l’urgent besoin de tenir à jour et de perfectionner les compétences au cours de la vie professionnelle, nos études révèlent un nombre inquiétant de « non-apprenants à long terme ». Que ce soit par manque d’intérêt ou d’obstacles à la participation, ces 2,2 millions de travailleurs, ou 16 % de la population active, n’ont suivi aucune formation officielle liée à l’emploi au cours des quatre années précédant 2002 et n’avaient pas vraiment l’intention de participer à une formation dans les trois années suivantes. Fait à souligner, plus de la moitié possédaient uniquement un diplôme d’études secondaires.

Tous ces facteurs de risque sont aggravés par l’accroissement du nombre de travailleurs contractuels, temporaires et autonomes qui n’ont pas droit à l’aide gouvernementale, comme l’assurance-emploi, qui doit servir de filet de sécurité lorsque le chèque de paie fait défaut.

L’enseignement supérieur et la formation protègent plus adéquatement ces groupes des conséquences possibles d’un ralentissement économique. Les études menées par le CCA indiquent que les Canadiens qui apprennent de façon continue sont plus aptes à réfléchir, à créer et à résoudre les problèmes auxquels ils font face à titre de participants à l’économie mondiale. Cette capacité aide également les entreprises canadiennes à s’adapter et à se démarquer plus prestement sur les marchés internationaux, puisque le niveau de compétences des travailleurs dicte le rythme de l’innovation technique et organisationnelle ainsi que de processus, duquel dépend la croissance de la productivité. Des employés qui travaillent plus intelligemment, qui font preuve d’innovation et qui offrent une meilleure productivité exercent un effet d’entraînement sur l’entreprise. Des entreprises solides et en mesure de s’adapter forment à leur tour une économie solide et en mesure de s’adapter, ce qui contribue à la prospérité à long terme du Canada.

Des investissements importants dans l’éducation et la formation – de la part des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, des établissements d’enseignement, des employeurs et des employés – renforcent visiblement l’infrastructure humaine sur laquelle repose l’avenir de toute la population canadienne. Plus précisément, l’éducation postsecondaire, l’éducation des adultes et la formation en milieu de travail contribuent à protéger les travailleurs des soubresauts du marché de l’emploi et des difficultés financières. Sur le plan des politiques sociales, des mesures peuvent être prises pour anticiper et prévenir la pauvreté, plutôt que de simplement y réagir.

Comment bâtir l’infrastructure humaine?

Comment faut-il s’y prendre pour renforcer l’infrastructure humaine afin de réduire la pauvreté? Que faut-il faire pour parvenir à des résultats? Les matériaux, dans ce cas, sont davantage « des contributions et des actions » que « des briques et du mortier ». Les 10 contributions présentées ci-dessous sont des moyens que le gouvernement peut prendre pour contribuer à la réduction de la pauvreté au Canada, tandis que les huit actions sont des gestes concrets que le gouvernement peut poser pour atteindre cet objectif.

En tant que dirigeant du pays, le gouvernement du Canada est bien positionné pour contribuer grandement à la réduction de la pauvreté au Canada. Bien que des mesures soient déjà prises en ce sens, il est possible de faire beaucoup plus, comme en témoignent les considérations et les actions ci-dessous.

Les 10 contributions

Le gouvernement du Canada peut :

1. Mieux faire connaître les avantages de l’apprentissage tout au long de la vie.

Le CCA y contribue grâce à l’Indice composite de l’apprentissage, qui mesure les conditions d’apprentissage dans la société canadienne et qui établit des comparaisons avec d’autres pays. Les constatations d’un rapport publié au Royaume‑Uni en 2008, intitulé The Impact of Lifelong Learning on Poverty Reduction, s’appliquent particulièrement bien au contexte canadien :

  • Le niveau de scolarité a une réelle importance : l’influence de l’apprentissage sur l'emploi constitue un outil essentiel à la réduction de la pauvreté.
  • L’augmentation du revenu des travailleurs est un effet direct de l’apprentissage et de la formation continus.
  • Éduquer les adultes en les aidant à améliorer leur littératie financière et faciliter l’accès aux fonds publics sont des moyens de combler l’écart constaté dans les services financiers offerts aux familles à faible revenu.
  • L’apprentissage chez les adultes, surtout sur la littératie en santé et la numératie, contribue grandement à la santé des personnes.
2. Inciter les employeurs à offrir davantage de possibilités d’apprentissage pour réduire la pauvreté à long terme.

Lors de sa comparution dans le cadre des audiences du Comité consacrées à l’employabilité, le CCA avait fait état de cinq principes fondamentaux, essentiels selon lui à la réussite des initiatives de formation en milieu de travail :

  • Adoption d’une approche globale, fondée sur un ensemble de pratiques confirmées et éprouvées
  • Cofinancement et coresponsabilité
  • Action concertée des partenaires
  • Concentration sur l’utilité des investissements et des efforts déployés
  • Validation des réalisations individuelles par l’agrément ou d’autres formes de reconnaissance
3. Accroître la sensibilisation à l’importance de l’évaluation et de la reconnaissance des acquis.

L’évaluation et la reconnaissance des acquis (ERA) couvrent toutes les formes d’apprentissage structuré et non structuré auxquelles les Canadiens ont pris part et qui sont rarement prises en considération dans les critères d’emploi et de formation, mais qui devraient l’être. Selon le rapport La reconnaissance des travailleurs intellectuels : Les avantages économiques d’une meilleure appréciation de l’apprentissage et des titres de compétences au Canada, publié par le Conference Board du Canada en 2001, une meilleure reconnaissance des acquis entraînerait pour les Canadiens une hausse de revenu se situant entre 4,1 et 5,9 milliards de dollars annuellement. Par ailleurs, plus de 540 000 Canadiens pourraient gagner de 8 000 $ à 12 000 $ de plus en moyenne, ce qui ferait une réelle différence pour ceux vivant sous le seuil de la pauvreté. En collaboration avec le PLA Centre, le CCA a dressé un inventaire des initiatives provinciales dans le rapport Réaliser notre potentiel : Plan d’action pour l’évaluation et la reconnaissance des acquis (ÉRA) au Canada. Le projet a montré que ces initiatives n’ont pas d’équivalents au niveau fédéral.

4. Favoriser la reconnaissance de l’apprentissage non structuré.

Pour bon nombre d’adultes, l’apprentissage structuré s’inscrit dans le cadre du travail. En mars dernier, le gouvernement britannique a lancé une révolution de l’apprentissage (The Learning Revolution) pour multiplier et diversifier les possibilités d’apprentissage non structuré chez les adultes. Ce faisant, il reconnaît qu’en plus de favoriser l’acquisition de compétences liées au travail, l’apprentissage non structuré contribue sensiblement à la santé et au mieux‑être des communautés en renforçant la confiance et la résilience des particuliers concernés, un important tremplin vers une formation plus poussée et un avenir prospère. Le rapport État de l’apprentissage au Canada : Vers un avenir axé sur l’apprentissage, publié annuellement par le CCA, favorise la reconnaissance de l’apprentissage non structuré de façon durable.

5. Inciter les syndicats à dialoguer davantage avec les employeurs pour mieux cerner les besoins en matière de formation.

À titre de chefs de file sur le marché du travail, les syndicats orientent les fonctionnaires et les formations liées à l’emploi; proposent des cours, des activités et des ateliers; créent des lieux de formation; et établissent des partenariats avec des collèges afin d’étendre l’éventail des programmes offerts pour actualiser les compétences et les qualifications des travailleurs.

6. Favoriser un système souple permettant aux adultes d’accéder aux occasions d’apprentissage.

Dans son Examen thématique de l’apprentissage des adultes, l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) indique que les systèmes d’apprentissage chez les adultes au Canada manquent d’organisation, de cohérence et d’accessibilité.

7. Favoriser la collaboration entre intervenants (forums, réseautage, partage des coûts, activités d’évaluation, etc.) et instaurer les mécanismes qui rendent cette collaboration possible.

En raison des changements économiques et sociaux à l’échelle mondiale, il est important que les décideurs canadiens et du monde entier accordent une place prépondérante à l’apprentissage et à la formation. Les intervenants doivent collaborer avec les gouvernements pour veiller à ce que le Canada se dote d’une main-d’œuvre qualifiée, souple et capable d’innover et d’évoluer pour répondre aux exigences du marché mondial. Il faut cependant mettre en place les structures nécessaires pour que cette collaboration s’installe de façon durable. Nous serons ainsi en mesure d’échanger des données, d’étudier des pratiques exemplaires et novatrices et d’instaurer des points de repère en commun qui permettent d’évaluer les progrès dans chaque province et territoire au fil du temps.

8. Favoriser une culture de l’apprentissage en milieu de travail en faisant connaître les bienfaits de l’apprentissage, grâce à des mesures d’encouragement à la formation, en aidant les employeurs dans l’évaluation des compétences et en cernant les besoins et les ressources en matière de formation.

Selon l’universitaire Richard Florida, la clé de la productivité est le perfectionnement du capital humain, et non l’investissement dans les technologies, les taux d’imposition ou l’équipement [1]. Les pays comme les entreprises doivent investir dans l’apprentissage continu, l’actualisation des compétences et la formation chez les adultes pour demeurer concurrentiels, améliorer leur rendement et accroître leur productivité.

9. Cibler les couches de la société les moins qualifiées grâce à des investissements et à des initiatives en matière d’éducation des jeunes enfants et en stimulant à la hausse les niveaux de littératie, de numératie et de compétences liées aux technologies de l’information chez les adultes et les jeunes les moins qualifiés.

Comme il a été mentionné précédemment, quelque neuf millions de Canadiens ont un niveau de littératie insuffisant, notamment en matière de finances, pour réussir au sein de l’économie et de la société actuelles. En effet, un nombre croissant de Canadiens font des choix financiers qui les placent en situation précaire : entre 1982 et 2005, le taux d’épargne individuel est passé de 20,2 % à 1,6 %, et le taux d’endettement des ménages a bondi de 0,55 $ à 1,16 $ pour chaque dollar du revenu disponible. L’apprentissage a des retombées intergénérationnelles : les adultes influent sur l’attitude de leurs enfants à l’égard de l’apprentissage, de l’acquisition des compétences, de l’éducation, de la sécurité financière et des perspectives. Le degré de préparation des enfants à l’apprentissage et leur réussite au début de leur parcours scolaire sont étroitement liés à la participation des parents, à leur niveau de scolarité et à leur attitude envers l’apprentissage. Au Canada, un enfant sur quatre ne possède pas les compétences nécessaires lorsqu’il entre en première année, une statistique qui préfigure les faibles taux de littératie chez les adultes et d’obtention du diplôme d’études secondaires (près du quart des adultes canadiens possèdent uniquement une scolarité de niveau secondaire). Plus les parents et les grands-parents auront accès à des possibilités d’apprentissage, plus ils seront susceptibles d’influencer leurs enfants au sein du principal milieu d’apprentissage, c’est-à-dire leur foyer.

10. Reconnaître que les chômeurs ne sont pas les seules personnes vulnérables.

En 2002, quelque 622 000 travailleurs canadiens vivaient dans la pauvreté.

 

Les huit actions

En plus de reconnaître l’importance de son rôle en matière de réduction de la pauvreté, le gouvernement du Canada peut prendre les mesures suivantes pour favoriser l’enseignement supérieur, la formation en milieu de travail et l’apprentissage tout au long de la vie et renforcer les mesures énoncées dans Le plan d’action économique du Canada :

1. Accroître les investissements stratégiques dans l’infrastructure humaine du Canada pour égaler le niveau actuel d’investissements fédéraux dans l’infrastructure physique.
2. Offrir des incitatifs financiers ­– comme des subventions, des fonds nationaux et sectoriels consacrés à la formation, des prêts, des crédits d’impôt et des déductions fiscales – pour encourager les entreprises à offrir de la formation, et les particuliers, à participer aux activités d’apprentissage chez les adultes.
3. Offrir une aide non financière ciblée aux employeurs sous forme de services d’information, de consultation et de référence; de systèmes nationaux de reconnaissance, d’accréditation et de certification, notamment en matière de reconnaissance des acquis; de soutien des pratiques novatrices en matière de formation; de partage et de diffusion des pratiques exemplaires.
4. Appuyer et favoriser la création de programmes d’éducation et de formation ciblés, novateurs et accessibles afin de réduire les inégalités sociales chez les groupes à risque, par exemple des programmes de littératie de base et d’actualisation des compétences pour les travailleurs âgés.
5. Assurer une meilleure correspondance entre les compétences de la main‑d’œuvre et les besoins du marché du travail, notamment en proposant des possibilités d’apprentissage et d’acquisition de nouvelles compétences couplées à des programmes de réorientation professionnelle et à d’autres mesures.
6. Aider les particuliers, les entreprises et les organisations intéressées à prendre de meilleures décisions en rendant l’information sur le marché du travail accessible par l’entremise des services d’orientation et de soutien en matière d’enseignement postsecondaire et d’apprentissage chez les adultes.
7. Financer la recherche visant à déterminer les méthodes d’apprentissage chez les adultes qui favorisent le plus la résilience des travailleurs et des entreprises canadiennes et permettent de combattre la pauvreté. La recherche ainsi menée permettra d’établir des normes, de mesurer les progrès et d’en faire rapport, et de créer une base de données fiable sur laquelle pourront s’appuyer les politiques, les programmes et les services destinés aux travailleurs et aux entreprises canadiennes.
8. Créer des politiques visionnaires et fondées sur des données probantes qui permettront aux travailleurs et aux entreprises canadiennes de se positionner comme chefs de file mondiaux dans les industries traditionnelles et non traditionnelles, en particulier dans les technologies et les économies vertes, et les services environnementaux.

Conclusions

Le CCA estime que la meilleure approche en matière de réduction de la pauvreté consiste à doter les travailleurs canadiens des compétences dont ils ont besoin pour assurer leur polyvalence et leur capacité concurrentielle ainsi que celles de leur famille, de leur employeur et de leur pays. Les investissements visant à nourrir notre propre potentiel (notre infrastructure humaine) offrent des avantages aussi importants et probablement plus durables que les investissements dans les routes, les édifices et l’équipement. En misant sur le capital intellectuel, les compétences et les savoirs tacites des Canadiens, les investissements dans l’accroissement de la capacité et de la productivité des travailleurs produiront un rendement sur l’investissement beaucoup plus rapide et important que les investissements dans l’infrastructure physique. Ce type de mesures de relance économique sont réellement celles qui produisent les retombées les plus importantes, les plus rapides et les plus durables pour tous, car l’enseignement supérieur et la formation favorisent la santé physique, sociale, financière et économique du Canada et des Canadiens.

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Gregg, Allan. « Productivity isn’t just a talking point », The Globe and Mail, 16 mars 2007. [Accessible à http://www.thelavinagency.com/articles_covers/Gregg/gregg-globe-mar07.pdf] (consulté le 2 mars 2009).

 

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