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Préparé par le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les jeunes enfants
Il y a actuellement au Canada plus de deux millions d’enfants de moins de six ans. Les mères des deux tiers de ces enfants travaillent.
Selon les derniers chiffres de Statistique Canada sur les mères qui travaillent, les femmes ayant des enfants de moins de trois ans participent à la population active en nombre sans cesse croissant (passant de 28 % en 1976 à 63 % en 2003). Le pourcentage de femmes ayant des enfants de trois à cinq ans et occupant un emploi rémunéré en 2003 était encore plus élevé : 69 %.[1]
La majorité de ces mères qui travaillent dépendent des services de garde, soit à titre informel, par exemple lorsque les enfants sont confiés à des grands-parents ou à une gardienne ou encore à un parent, un ami ou à une personne rémunérée travaillant de chez elle, soit à titre formel, dans une garderie en installation ou en milieu familial régi où le personnel dispense des services à la fois de garde et éducatifs.
Les dernières données de Statistique Canada sur les services de garde, parues le 5 avril 2006 (voir le Quotidien) montrent qu’en 2002-2003, 54 % des enfants âgés de six mois à cinq ans étaient confiés, selon des modalités diverses, à des personnes autres que leurs parents. Il s’agit d’une augmentation de 12 points de pourcentage en huit ans seulement, par rapport aux données de 1994-1995.
Les services de garde sont désormais un facteur important dans la manière dont beaucoup d’enfants canadiens vivent, apprennent et se développent.
Les récentes études sur les effets des expériences de garde chez les très jeunes enfants ont principalement porté sur :
Les résultats révèlent que les services de garde présentent à la fois des avantages et des inconvénients, mais il existe un solide consensus selon lequel même si les parents continuent d’exercer la plus forte influence sur la vie de leurs enfants, les soins dispensés par des personnes autres que les parents peuvent également avoir un impact significatif.[2]
« Les résultats de plusieurs études démontrent que la qualité compte dans les services de garde. Il s’agit même de l’une des conclusions les plus probantes de la psychologie du développement. Les enfants qui reçoivent des services de garde de qualité peuvent obtenir des notes plus élevées dans les tests du rendement et du langage et présenter de meilleures habiletés sociales et moins de problèmes de comportement [que les enfants qui reçoivent des services de moindre qualité]. » —[McCartney
La nature de cet impact—positif ou négatif—dépend largement de la qualité des services de garde. Par exemple, des éléments laissent à croire que certains très jeunes enfants (jusqu’à deux ans) ont plus de chances de présenter un attachement réduit à leur mère[3] ou des problèmes de comportement (agressivité, désobéissance)[4] plus ils passent de temps en service de garde. Ces résultats sont toutefois influencés par divers facteurs, dont le tempérament des enfants et la qualité des soins qu’ils reçoivent de leurs parents au foyer.[5] Les résultats varient également en fonction de la qualité des services : plus celle-ci est élevée et moindres sont les désavantages, quel que soit le nombre d’heures que l’enfant passe en garde et quel que soit le type de service fourni (en milieu familial ou en installation par exemple).[6]
À l’heure actuelle, c’est la situation familiale d’un enfant qui détermine en large part si celui-ci reçoit des services de garde de qualité. Les familles aux revenus plus élevés et qui peuvent compter sur des réseaux sociaux plus étendus et des ressources affectives plus importantes recourent généralement à des services de meilleure qualité.[7] Les parents plus pauvres se contentent le plus souvent de services de garde de moindre qualité, vraisemblablement faute de moyens pour acquitter le coût plus élevé des services de meilleure qualité, ou encore parce qu’il n’existe pas de services de qualité dans leur région[8] , mais certaines recherches montrent que les enfants issus de familles aux revenus modestes tirent un avantage encore plus important des services de garde de qualité. Ceux-ci peuvent même protéger les enfants des effets indésirables que vivre dans des familles à risque ou des foyers défavorisés pourrait occasionner.[9]
D’autres chercheurs ont toutefois démontré que les services de garde de qualité ont une importance égale pour tous les enfants, issus de milieux favorisés ou défavorisés[10] , et que de tels services peuvent promouvoir, encore une fois chez tous les enfants, des relations plus positives et coopératives avec les adultes, une amélioration de la relation entre mère et enfant, une réduction des problèmes de comportement et une amélioration des interactions avec les autres enfants.[11] En outre, même abstraction faite des différences de milieu familial, un enfant qui reçoit des services de garde de qualité à l’âge préscolaire démontrera plus tard des habiletés cognitives et sociales plus poussées.[12]
« Les services de garde de qualité, sous forme de soins attentifs et stimulants, sont associés à un meilleur développement cognitif et du langage, des relations positives avec les pairs, l’obéissance aux adultes, moins de problèmes de comportement, et une meilleure relation mère-enfant. » —[Owen
Parmi les autres conclusions importantes des chercheurs :
Toutefois, seulement le tiers environ des garderies et le tiers des services de garde en milieu familial régis au Canada offrent véritablement des services de qualité, susceptibles de favoriser le développement social, du langage et cognitif chez les enfants.[16]
Les enfants peuvent recevoir des services de garde de qualité dans tout milieu : au foyer, dans un centre de garde ou dans un milieu familial d’accueil.[17] Les services de garde de qualité commencent par la protection de la santé et de la sécurité de l’enfant, mais offrent beaucoup plus encore : une expérience qui favorise activement le développement de l’enfant. Les chercheurs[18] ont constaté les caractéristiques fondamentales suivantes des services de garde de qualité.
Un rapport adultes–enfants élevé. Moins d’enfants sont confiés à un adulte et mieux ceux-ci sont pris en charge. Un rapport adultes-enfants élevé est
Les soins attentifs tiennent compte des besoins physiques et affectifs de l’enfant (alimentation, sommeil, attention…) et de ses limites (combien de nouvelles expériences il peut assimiler à un moment donné).
Les soins attentifs répondent aux besoins et aux signaux (verbaux ou non) de l’enfant et aident celui-ci à développer progressivement sa tolérance de la stimulation et des nouvelles expériences. L’enfant n’est pas stimulé à l’excès ni forcé à assimiler plus qu’il n’est prêt à le faire.
Des petits groupes. En petits groupes, les enfants coopèrent davantage, sont moins hostiles et se comportent mieux qu’au sein de plus gros groupes. Les enfants parlent et jouent davantage avec les autres enfants dans les groupes plus restreints, et obtiennent des notes plus élevées dans les tests d’habiletés sociales et de lecture.
Formation/études postsecondaires. Les éducateurs titulaires de diplômes collégiaux ou de grades universitaires en éducation de la petite enfance répondent mieux aux besoins des enfants qui leur sont confiés. Leur formation les aide à animer, à l’intention des enfants dont ils s’occupent, des activités à la fois stimulantes et appropriées pour le niveau de développement des enfants. Ceux-ci obtiennent souvent des notes plus élevées que les autres enfants du même âge dans les tests normalisés de développement du langage.
Une relation positive entre l’éducateur et l’enfant. Lorsque les éducateurs passent beaucoup de temps avec les enfants, qu’ils sont sensibles et attentifs à leurs besoins et qu’ils s’intéressent activement à eux et les encouragent à parler, les enfants :
Des espaces bien définis. Les enfants s’épanouissent dans les milieux où il existe des limites claires entre les espaces consacrés au groupe et ceux destinés aux activités, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Les espaces bien définis suscitent des interactions positives entre enfants et entre les adultes et les enfants, et encouragent les enfants à passer davantage de temps à explorer leur environnement.
« Les éducateurs en installation sont plus susceptibles d’animer des activités appropriées pour le développement des enfants lorsqu’ils ont reçu une formation reliée aux enfants, qu’ils travaillent dans un milieu où le rapport adultes-enfants est avantageux, qu’ils prennent en charge un petit groupe d’enfants, et qu’ils sont satisfaits de leur emploi. Les groupes plus importants dans l’accueil en milieu familial sont associés aux éducateurs qui animent moins d’activités individuelles pour les enfants. » (Doherty)
Des programmes bien structurés et planifiés. Les enfants apprécient la routine et se plaisent à suivre un horaire quotidien familier. Ceux qui fréquentent un service de garde où sont organisées des activités convenant à leur âge, parmi lesquelles ils peuvent choisir celles qui leur plaisent, obtiennent des notes plus élevées dans les tests cognitifs et du langage et montrent un degré plus élevé de créativité. En revanche, les enfants qui sont invités à accomplir des tâches qui ne conviennent pas à leur âge ou leur stade de développement ont des chances de présenter des niveaux de stress plus élevés.
Engagement des parents. Lorsque les éducateurs et les parents entretiennent de bons rapports, marqués par le respect mutuel et la communication, et que les parents sont engagés dans la prise en charge de leurs enfants, les éducateurs sont mieux à même de s’entendre avec les enfants, et ceux-ci avec leurs camarades.
Les chercheurs démontrent clairement l’importance des services de garde de qualité pour le développement intellectuel, du langage et social chez les jeunes enfants, ainsi que les éléments essentiels pour la prestation de services de garde de qualité. Voici la liste de ces éléments.
Des éducateurs bien formés et bien éduqués qui reçoivent une juste rémunération.
Les exigences de formation varient d’un endroit à l’autre au Canada pour le personnel des services de garde régis (en installation). La plupart des provinces exigent que certains éducateurs au moins soient titulaires d’un diplôme délivré à l’issue d’un programme postsecondaire d’un ou deux ans. Aucune province n’exige que tous les éducateurs possèdent un titre de qualification en éducation de la petite enfance, mais certaines s’efforcent à présent de relever le degré d’instruction du personnel. Terre-Neuve-et-Labrador, par exemple, a commencé en 2002 à encourager les intervenantes en services de garde à améliorer leur formation, en proposant une prime à l’éducation à ceux qui obtiendraient un certificat (programme d’un an) ou un diplôme (programme de deux ans). Le Québec subventionne les éducateurs en fonctions qui s’inscrivent à un cours collégial.[19]
En Suède, par contraste, où la prise en charge des jeunes enfants s’inscrit dans le système éducatif, les enfants sont confiés soit à des enseignants du préscolaire titulaires de grades universitaires conférés à l’issue d’un programme de trois ans, soit à des éducateurs qui ont suivi un programme professionnel de trois ans.[20]
Mais si la formation est essentielle, elle ne suffit pas. Les études ont démontré que la qualité du travail de garde dépend aussi de salaires intéressants.[21] Une juste rémunération est reliée à une plus grande satisfaction et à un meilleur rendement au travail, en particulier en ce qui a trait aux relations attentives et
« L’étude You Bet I Care! a permis de constater que dans les centres et les milieux familiaux régis observés, les enfants étaient presque toujours pris en charge par des adultes chaleureux et disponibles qui protégeaient leur santé et leur sécurité. Toutefois, le tiers seulement des centres et le tiers des milieux familiaux offraient aux enfants les types d’expériences dont les recherches ont démontré qu’elles favorisent le développement social, du langage et cognitif des enfants. » (Doherty, Friendly, Beach)
En Nouvelle-Zélande, les enseignants des programmes de maternelle de demi-journée pour les enfants de trois et quatre ans touchent le même salaire que les enseignants du primaire; ceux des centres de garde et de développement de la petite enfance qui offrent des programmes à plein temps sont actuellement moins bien payés que les enseignants de la maternelle, mais l’écart sera en partie comblé d’ici 2007.[23]
Au début des années 1990, l’Ontario est devenue la seule province canadienne où les services de garde sont visés par les lois provinciales sur l’équité salariale. Des subventions ont été spécifiquement prévues pour relever les salaires jusqu’à des niveaux établis. Au cours des huit dernières années, cinq autres provinces canadiennes ont réservé des fonds à l’amélioration des salaires du personnel des services de garde.[24] Le Québec est la seule province qui suit une grille salariale uniforme pour les éducateurs.
Suffisamment de places en garderie et suffisamment d’éducateurs pour assurer un rapport adultes-enfants élevé et un nombre peu élevé d’enfants par groupe.
Actuellement, il n’existe pas suffisamment de places en garderie au Canada—en particulier de places régies dont les chercheurs ont montré qu’elles offrent une meilleure qualité—pour accueillir tous les enfants qui ont besoin des services. Le nombre d’éducateurs est très insuffisant pour assurer le rapport adultes-enfants élevé et le nombre peu élevé d’enfants par groupe indispensables pour offrir à tous les enfants amplement de temps et d’attention.
Seulement 15,5 % des enfants canadiens qui ont besoin de garde trouvent des places régies,[25] par comparaison à près de 64 % en Nouvelle-Zélande.[26]
Le Québec est la seule province canadienne qui se soit dotée d’un réseau très développé de programmes de garde, et aussi celle où il existe le plus grand nombre de places régies. Environ 40 % des enfants d’âge préscolaire (jusqu’à cinq ans) avaient accès aux services de garde régis au Québec en 2004.[27]
Les centres de garde au Québec doivent obligatoirement compter un adulte pour huit enfants de 18 mois à quatre ans, et un adulte pour dix enfants de quatre ou cinq ans. Dans les services en milieu familial, au maximum six enfants peuvent être accueillis à la fois. Les rapports éducateurs-enfants sont semblables d’une province à l’autre dans le reste du Canada pour les services en installation, mais varient considérablement pour les services en milieu familial—certaines provinces autorisent la prise en charge de 12 enfants par un seul adulte.[28]
Des services de garde abordables pour tous les parents.
Les études démontrent que les services de garde de qualité peuvent contribuer à compenser les désavantages économiques pour un enfant, notamment en l’aidant à se préparer à apprendre une fois entré à l’école.
« Les résultats de l’ÉLDEQÉtude longitudinale du développement des enfants du Québec] indiquent que les enfants qui provenaient de familles moins favorisées sur le plan socioéconomique étaient moins nombreux que les autres à fréquenter un milieu de garde. De plus, on constate que, quand ces enfants fréquentent un milieu de garde, celui-ci est le plus souvent de moindre qualité que les milieux fréquentés par les enfants de familles plus favorisées. Cela semble relié aux types de milieux auxquels un bon nombre de ces enfants ont plus facilement accès, c’est-à-dire les garderies à but lucratif et les milieux familiaux, dont la qualité varie de façon marquée selon les caractéristiques matérielles et sociales des quartiers où ils sont situés. » (Japel, Tremblay, Côté)
En Suède, en France et dans les autres pays où les services de garde font partie intégrante du système éducatif, tous les enfants ont automatiquement la possibilité d’en bénéficier, sans distinction de revenu.
Dans certaines provinces canadiennes autre qu’au Québec, les parents à revenus modestes peuvent demander une subvention pour compenser en partie les coûts de garde, mais tous les autres parents doivent acquitter l’intégralité des frais. Dans ces provinces, les frais payés par les parents constituent normalement jusqu’à 80 % des coûts de garde, le reste provenant essentiellement des gouvernements sous forme de subventions aux intervenantes en services de garde. Toutefois, tous les parents canadiens qui travaillent ou étudient peuvent réclamer une déduction d’impôt à concurrence d’un maximum de 7 000 $ par an pour chaque enfant de moins de sept ans. Par ailleurs, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il lancera une nouvelle initiative, la Prestation universelle pour la garde d’enfants, selon laquelle les familles recevront un versement de 100 $ par mois par enfant de moins de six ans à partir du mois de juillet 2006.
Au Québec, le gouvernement provincial verse un financement de base pour les places de garde (environ 83 % des coûts de fonctionnement) et tous les parents paient des frais identiques de 7 $ par jour. La situation est semblable en Nouvelle-Zélande, où l’État finance jusqu’à 85 % des coûts de fonctionnement de base des programmes pour la petite enfance, et les parents paient des frais minimes. Les programmes comblent la différence, le cas échéant, grâce à des collectes de fonds.[29]
Le rôle des pouvoirs publics.
Les services de garde sont souvent associés à une prestation informelle beaucoup plus qu’à un volet de l’éducation. Au Canada, la responsabilité des très jeunes enfants est en général morcelée entre divers ministères responsables de questions comme la santé, la condition féminine et le développement des enfants ou des familles. Les ministères de l’Éducation, aux niveaux provinciaux ou territoriaux, n’ont pas ou guère de compétences à l’égard des programmes destinés aux enfants d’âge préscolaire.
Or, les experts sont aujourd’hui unanimes à considérer que la garde d’enfants peut jouer un rôle vital dans l’apprentissage précoce, contribuant à une plus grande réussite sociale et scolaire par la suite.
« Un programme préscolaire de qualité universel d’un an en Californie coûterait 4 300 $ par enfant et procurerait à la société californienne des avantages valant 11 400 $, soit un bénéfice net de 7 000 $ par enfant ou 2,62 $ par dollar investi. » (Koroly, Bigelow)
Du point de vue économique, plusieurs récentes analyses des coûts-avantages ont révélé que même si les services de garde de qualité ne procuraient que des avantages réduits à modérés, ceux-ci seraient néanmoins suffisamment importants pour justifier la réglementation et le soutien financier des services de garde par l’État.[30] Une étude menée en Californie en 2005 sur les coûts-avantages de l’éducation préscolaire universelle, et en particulier sur les avantages pour les enfants défavorisés, démontre que les services de garde de qualité peuvent accroître la persévérance scolaire chez les participants, lesquels sont également appelés par la suite à gagner des revenus plus élevés et à commettre moins de délits.[31]
Grâce à la réglementation, les gouvernements peuvent établir des normes et assurer un niveau uniforme de qualité pour tous les services de garde, par exemple en exigeant que les intervenantes en services de garde se conforment à des normes minimum de formation et d’éducation, et en astreignant les centres de garde à des normes de base (rapport éducateurs-enfants, nombre d’enfants dans les groupes, gamme d’activités disponibles).
Dans bon nombre de pays évolués et développés (Suède, France, Danemark, Nouvelle-Zélande…), les pouvoirs publics ont assumé la responsabilité de la garde des jeunes enfants, considérée comme un rôle approprié pour l’État, et créé un réseau de services de garde en milieu communautaire entièrement régi et universel ou quasi-universel. En Nouvelle-Zélande, par exemple, tous les programmes de garde d’enfants d’âge préscolaire sont administrés de manière centralisée par le ministère fédéral de l’Éducation, parallèlement aux programmes primaires, secondaires et postsecondaires et sur un pied d’égalité avec ceux-ci. Afin d’assurer l’uniformité et la qualité des services, le ministère de l’Éducation fournit des subventions de fonctionnement directes, élabore les programmes d’études, assure la formation des éducateurs et procède régulièrement à l’évaluation des programmes.[32]
Par contraste, chaque province canadienne procède différemment pour la surveillance et la réglementation des services de garde et d’éducation des jeunes enfants.
Depuis quelques années, cinq provinces canadiennes (Terre-Neuve-et-Labrador, le Québec, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba) ont pris des mesures pour resserrer la réglementation des services de garde, et améliorer la qualité de ceux-ci, en instaurant ou en renforçant des exigences de formation pour les éducateurs de la petite enfance en installation et en milieu familial. Pendant la même période, toutefois, deux provinces ont
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Les services de garde d’enfants sont essentiels pour les parents qui travaillent. Ils permettent aux femmes d’occuper des emplois et de faire des études, ce qui contribue à l’économie canadienne tout en renforçant la sécurité économique de leurs familles. Mais même les parents qui peuvent prendre leurs enfants en charge eux-mêmes à plein temps ont parfois besoin d’aide ou considèrent qu’il est avantageux pour leurs enfants de jouer et d’apprendre avec des camarades, et se mettent donc eux aussi à la recherche de services de garde.
Mais les parents ne doivent pas se contenter de n’importe quel service.
Les chercheurs ont démontré que la qualité des services de garde joue un rôle de premier plan, puisqu’elle donne la plus forte impulsion au développement positif des enfants, à l’apprentissage précoce et à la préparation à apprendre. En outre, des services de garde de qualité peuvent servir de soutien à la famille, qui reçoit des renseignements précieux et actuels sur la santé, le développement et la nutrition des enfants ainsi que sur la préparation à l’école et leur contribution à celle-ci. Ils peuvent aider les familles—et tout particulièrement les familles à risque—à créer au foyer un milieu qui peut davantage soutenir et sécuriser leurs enfants.
[1] Statistique Canada. Femmes au Canada : une mise à jour du chapitre sur le travail. Ottawa, Ontario : Statistique Canada; 2003. No catalogue 89F0133XIE. Disponible à : http://www.statcan.ca/. Consulté le 20 mars 2006.
[2] Ahnert L, Lamb ME. Services à la petite enfance et impacts sur les jeunes enfants (2 à 5 ans). In : Tremblay RE, Barr RG, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants en ligne]. Montréal, Québec : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants; 2004 : 1–6. Disponible à : http://www.excellence-jeunesenfants.ca/ (PDF). Consulté le 20 mars 2006.
[3] NICHD Early Child Care Research Network. The effects of child care on infant mother attachment security: Results of the NICHD study of early child care. Child Development 1997; 68(5): 860–879.
[4] McCartney K. Recherches actuelles sur les effets des services à la petite enfance. In : Tremblay RE, Barr RG, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants en ligne]. Montréal, Québec : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants; 2004: 1–5. Disponible à : http://www.excellence-jeunesenfants.ca/ (PDF). Consulté le 20 mars 2006.
[5] Owen MT. Les services à la petite enfance et le développement des jeunes enfants (0-2 ans). In : Tremblay RE, Barr RG, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants en ligne]. Montréal, Québec : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants; 2003: 1–6. Disponible à : http://www.excellence-jeunesenfants.ca/ (PDF). Consulté le 20 mars 2006.
[6] NICHD Early Child Care Research Network. Early child care and children’s development in the primary grades: follow-up results from the NICHD Study of Early Child Care. American Educational Research Journal 2005; 42: 537–570.
[7] Shonkoff JP, Phillips DA, eds. From neurons to neighborhoods: The science of early childhood development. Washington, DC : National Academy Press; 2000.
[8] Japel C, Tremblay RE, Côté S. La qualité, ça compte! Résultats de l’étude longitudinale du développement des enfants du Québec. IRPP Choix 2005; 11(5).
[9] Peisner-Feinberg ES. Services à la petite enfance et impacts sur le développement des jeunes enfants. In : Tremblay RE, Barr RG, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants en ligne]. Montréal, Québec : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants; 2004 : 1–7. Disponible à : http://www.excellence-jeunesenfants.ca/ (PDF). Consulté le 20 mars 2006.
[10] NICHD Early Child Care Research Network. The interaction of child care and family risk in relation to child development at 24 and 36 months. Applied Developmental Science 2000; 6(3) : 144–156.
[11] Owen.
[12] Peisner-Feinberg.
[13] Doherty G, Friendly M, Beach J. Examen thématique de l’éducation et l’accueil des jeunes enfants de l’OCDE Document de base sur le Canada. 2003. Disponible à : http://www.dsc.gc.ca (PDF). Consulté le 17 avril 2006.
[14] NICHD Early Child Care Research Network. Early child care and children’s development prior to school entry: Results from the NICHD Study of Early Child Care. American Educational Research Journal 2002; 39(1) : 133–164.
[15] Japel, Tremblay, Côté.
[16] Doherty, Friendly, Beach.
[17] Howes C. L’impact des services à la petite enfance sur les jeunes enfants (0–2 ans). In : Tremblay RE, Barr RG, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants en ligne]. Montréal, Québec : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants; 2003 : 1–4. Disponible à : http://www.excellence-jeunesenfants.ca/ (PDF). Consulté le 20 mars 2006.
[18] La liste et la description des éléments des services de garde de qualité est adaptée de Doherty G. Éléments de qualité. Échanges sur la recherche au Canada : À l'appui des enfants et des familles. Ottawa : Fédération canadienne des services de garde à l'enfance; 1999, vol 1.
[19] Doherty, Friendly, Beach.
[20] Andersson B-E. Les services à la petite enfance et leurs impacts sur les enfants de 0 à 2 ans. Commentaires sur les articles de Belsky, Howes, et Owens. In : Tremblay RE, Barr RG, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants en ligne]. Montréal, Québec : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants; 2003 : 1–4. Disponible à : http://www.excellence-jeunesenfants.ca (PDF). Consulté le 21 mars 2006.
[21] Barnett WS. Better teachers, better preschools: Student achievement linked to teacher qualifications. New Brunswick, NJ : NIEER; 2003. Numéro 2.
[22] Doherty G. Éléments de qualité. Échanges sur la recherche au Canada : À l'appui des enfants et des familles. Ottawa : Fédération canadienne des services de garde à l'enfance. Ottawa : Fédération canadienne des services de garde à l'enfance; 1999, 1.
[23] Goelman H. Nine lessons on early childcare we can learn from New Zealand. Canadian Centre for Policy Alternatives, novembre 2004. Disponible à : http://www.policyalternatives.ca. Consulté le 20 mars 2006.
[24] Doherty, Friendly, Beach.
[25] Friendly M, Beach J. Early Childhood Education and Care in Canada, 2004, Childcare Resource and Research Unit, University of Toronto, mars 2005.
[26] Ibid.
[27] Ibid.
[28] Japel, Tremblay, Côté.
[29] Goelman.
[30] Barnett WS. Services à la petite enfance et impacts sur ceux de deux à cinq ans. Commentaires sur les articles de McCartney, Peisner-Feinberg, et Anhert et Lamb. In : Tremblay RE, Barr RG, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants en ligne]. Montréal, Québec : Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants; 2004 : 1–5. Disponible à : http://www.excellence-jeunesenfants.ca/ (PDF). Consulté le 20 mars 2006.
[31] Karoly L, Bigelow J. The Economics of Investing in Universal Preschool in California, RAND : 2005.
[32] Goelman.
[33] Doherty, Friendly, Beach.