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Le nombre d'adultes canadiens qui ne sont parvenus qu'à un faible niveau de littératie reste trop élevé.
Selon la récente Enquête sur la littératie et les compétences des adultes (ELCA) réalisée par l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et Statistique Canada, 42 % des Canadiens adultes possèdent une littératie inférieure au niveau nécessaire pour réussir dans la société et l'économie d'aujourd'hui.
Fait tout aussi troublant, la littératie chez les adultes n'a pas notablement progressé depuis la dernière enquête semblable menée il y a dix ans, malgré que tous les paliers de gouvernement aient consacré d'importantes ressources à son amélioration. Les entreprises et les gouvernements ont tellement parlé de l'importance de l'« apprentissage continu », de l'« apprentissage à vie », de l'« apprentissage dans tous les domaines de la vie », du « recyclage », de la « formation en milieu de travail » et des « habiletés essentielles » que l'on en était venu à croire que la littératie chez les adultes avait beaucoup progressé depuis dix ans. Or, ce n'est pas le cas. Le pourcentage de Canadiens à chaque niveau de capacité de lecture de textes suivis n'a pratiquement pas changé entre 1994 et 2003.
Cette étude suscite deux questions : les notes sont faibles – et après? Et puis, vu que les résultats ne se sont pas améliorés depuis dix ans, quelles NOUVELLES mesures pouvons-nous prendre pour améliorer la littératie chez les adultes au cours des dix prochaines années?
Devons-nous nous inquiéter outre mesure de la faiblesse des notes de littératie? Beaucoup de gens pensent que non.
Les habiletés de communication visuelles et auditives semblent souvent remplacer la communication par textes suivis à l'ère des technologies de l'information. En outre, le PIB par habitant du Canada reste concurrentiel avec celui des autres pays développés – cela ne signifie-t-il pas que nous avons déjà toutes les ressources humaines spécialisées dont nous avons besoin? Enfin, ce soi-disant déficit ne finira-t-il pas par se corriger lui-même grâce à l'amélioration progressive de la littératie chez les Canadiens autochtones et chez les immigrants et leurs enfants, et avec la participation accrue à l'enseignement postsecondaire?
En examinant de près l'impact de la faible capacité de lecture de textes suivis, nous constatons qu'il est peu sage d'en sous-estimer l'importance.
La faible littératie a une logique inexorable. L'ELCA montre que plus la base éducative est solide, plus le niveau initial et permanent de littératie est élevé. Inversement, les futurs décrocheurs du secondaire obtiennent déjà, au moment de leur arrivée sur le marché du travail, des notes inférieures au niveau 3 de l'ELCA, considéré comme le strict minimum pour s'adapter dans l'économie de l'information. Pour un complément d'information, consultez la description complète des différents niveaux.
Le cercle vicieux continue. Les personnes possédant un faible niveau de littératie éprouvent davantage de difficultés à trouver un emploi. Celles qui y parviennent ont beaucoup plus de chances de gagner moins d'argent et ont donc moins de chances de recevoir une formation financée par leur employeur ce qui leur permettrait de rehausser leurs compétencesi.(OECD, 2005)
L'économie et au-delà. La littératie tout comme les aptitudes de calcul est associée à la réussite individuelle et collective dans de nombreux domainesii. Selon Statistique Canada, une augmentation de 1 % de la note moyenne de capacités de lecture, d'écriture et de calcul ferait augmenter le PIB par habitant, de façon permanente, de 1,5 %.iii Un degré élevé de littératie est également relié à une société plus inclusive, une plus grande mobilité et une plus grande souplesse de la main-d'œuvre, des communautés plus sûres, une espérance de vie plus longue, et un accroissement de la participation civique et de l'engagement des citoyens.iv
Et après? Les données sont claires : la faible littératie chez les adultes a des répercussions importantes sur les individus, l'économie et la société.
Les gouvernements ont consenti des investissements considérables depuis dix ans, mais ces initiatives n'ont pas débouché sur l'amélioration des résultats entre 1994 et 2004.
Quelles autres perspectives sur la littératie chez les adultes pourraient nous éclairer? L'ELCA compare les taux de littératie au Canada et en Norvège; cette comparaison laisse entrevoir des pistes d'amélioration intéressantes. Pourquoi les Norvégiens obtiennent-ils de meilleurs résultats et comment pouvons-nous reproduire leur réussite?
Vu le vieillissement de la population dans tous les pays développés, la capacité de conserver une littératie plus élevée conférera un avantage concurrentiel énorme. En Norvège, même les adultes qui n'ont pas fait d'études postsecondaires conservent leur littératie jusqu'à l'âge de 50 ans environ. L'âge équivalent au Canada est de 40 ans.
Dans beaucoup de pays, les employeurs offrent davantage de formation et d'éducation qu'au Canada. Selon Regards sur l'éducation 2005, le plus récent rapport annuel de l'OCDE sur l'éducation, 40 % des Suédois, 39 % des Danois, 37 % des Américains et 36 % des Finnois ont reçu une éducation ou une formation continue non-formelle, reliée au travail, comparé à 25 % seulement des Canadiensv. La dernière ELCA signalait que 55 % des Norvégiens qui avaient participé à l'éducation et à la formation des adultes recevaient un soutien financier de leurs employeurs, par comparaison à 40 % au Canadavi. D'ailleurs, le faible niveau d'éducation et de formation offertes par les employeurs est reflété dans le faible niveau général de participation à l'éducation et à la formation des adultesvii.
Comme nous le disions plus tôt, l'étude ELCA démontre que la faible littératie ouvre un cercle vicieux : les travailleurs qui ont le plus besoin de rehausser leur littératie ont le moins de chances de se voir offrir une formation au travailviii. Moins les employés utilisent leurs aptitudes de lecture, d'écriture et de calcul au travail, moins ils ont de chances de participer à l'éducation et à la formation assistées par l'employeur. Leurs aptitudes de lecture, d'écriture et de calcul continuent ainsi de décliner, rendant leur progression sans cesse plus difficile.
Les niveaux de littératie des adultes au Canada sont faibles par rapport aux pays comparables et ne s'améliorent pas au fil du temps. Cet état de choses entraîne des conséquences négatives pour les individus et la société et les démarches actuelles ont peu de chance de remédier à la situation. Quelles leçons ou conclusions pouvons-nous tirer afin d'éclairer les politiques et les pratiques au Canada?
Plusieurs initiatives positives sont déjà en cours pour relever le défi de la littératie des adultes au Canada.
Ces efforts, parmi d'autres, devront progresser rapidement du constat de nos lacunes et de leurs conséquences à la détermination des voies à suivre pour progresser. Nous pourrons y parvenir en tirant des leçons de l'expérience des modèles et pratiques éprouvés au Canada et à l'étranger et en assurant une meilleure coordination des initiatives canadiennes en matière d'apprentissage des adultes.
Le Carnet du savoir continuera d'examiner le défi de la littératie chez les adultes dans des numéros ultérieurs, qui porteront notablement sur la formation reliée au travail et les moyens d'améliorer la capacité des communautés de rehausser la littératie chez les adultes.
Aboriginal people in Canada are sharply under-represented in science and engineering occupations; more can be done to increase the relevance of learning and engagement of Aboriginal students in science and technology. Les peuples autochtones du Canada sont largement sous-représentés dans les professions liées aux sciences et au génie. Nous pourrions en faire davantage pour inciter les jeunes autochtones à considérer les domaines des sciences et de la technologie comme un choix d’études et de carrière pertinent.