Accueil > Rapports > Carnet du savoir
Article en entier
Plus...
Les nouvelles du CCA dans votre boîte de courriel : la Voie de l'apprentissage
Des données laissant entendre qu’un grand nombre de Canadiens en âge de travailler présentaient des niveaux de littératie insuffisants ont donné lieu à l’amélioration des pratiques de littératie chez les enfants, les jeunes et les adultes. Au sein des collectivités autochtones, le besoin d’amélioration est particulièrement criant.
En 2003, des Canadiens ont participé à l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA). Les résultats de l’EIACA étaient classés sur une échelle à cinq niveaux, dont le niveau 3 constituait le niveau requis « pour faire face aux demandes grandissantes de compétences dans une économie axée sur le savoir et l’information »[1]. Les compétences se situant au niveau 3 ou au-delà sont associées à un certain nombre de résultats positifs, notamment une bonne santé, la réussite économique, la participation civique et des occasions d’apprentissages tout au long de la vie.
Dans le groupe des 16 à 65 ans, 42 % des Canadiens n’atteignent pas ce seuil; chez les Autochtones, ce pourcentage est encore plus élevé. Dans les régions urbaines du Manitoba et de la Saskatchewan, ainsi qu’au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, la proportion d’adultes autochtones dont les compétences en littératie sont inférieures au niveau 3 est au moins de 16 points de pourcentage plus élevée que celle que l’on observe chez les adultes de la population non autochtone (voir figure 1).*
Source : Statistique Canada, EIACA 2003.
* Il faut toutefois rappeler que l’EIACA n’est menée qu’en anglais et en français seulement; elle n’était disponible en aucune langue autochtone. Ceci est particulièrement important pour les Inuits du Nunavut, par exemple, dont 65 % de la population adulte âgée de plus de 15 ans s’exprime surtout en inuktitut à la maison.
Il existe peu de données sur la littératie au sein des populations autochtones, mais dans le cadre de l’Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes de 2003, des données ont été recueillies auprès d’un nombre suffisant d’Autochtones vivant en milieu urbain au Manitoba et en Saskatchewan ou dans certaines collectivités des territoires pour qu’on puisse répondre à certaines questions fondamentales sur le niveau de littératie de ces populations.
Pour l’ensemble des Canadiens, des compétences faibles en littératie sont associées à de piètres résultats sur le marché du travail. Par exemple, chez les Canadiens en âge de travailler, 77 % de ceux dont le niveau de littératie se situe au moins au niveau 3 ont un emploi, contre 66 % chez ceux dont le niveau de littératie est inférieur à ce seuil. Entre ceux qui ont de fortes compétences en littératie et ceux dont les compétences en littératie sont insuffisantes, l’écart en matière d’emploi se creuse encore davantage au sein de la population autochtone. Ainsi, en Saskatchewan, chez les Premières nations résidant en région urbaine, 65 % de ceux qui se situent au moins au niveau 3 ont un emploi, contre seulement 31 % chez ceux qui se trouvent sous ce seuil (voir figure 2).
L’éducation contribue au renforcement des compétences en littératie autant dans les collectivités autochtones que dans les collectivités non autochtones : au sein des deux groupes, les personnes qui ont un niveau de scolarité élevé possèdent généralement de solides compétences en littératie. Comme l’illustre la figure 3, l’éducation réduit l’écart entre les adultes autochtones et non autochtones en matière de littératie. Chez les Métis résidant en région urbaine au Manitoba, l’éducation élimine complètement cet écart.
Certaines expériences négatives en matière d’éducation et de piètres résultats éducationnels contribuent à amplifier l’écart entre les groupes autochtones et non autochtones. Par exemple, au Canada en 2006, alors que 15 % des adultes non autochtones (âgés de 25 à 64 ans) ne possèdent pas le diplôme d’études secondaires, plus d’un adulte autochtone sur trois (34 %) ne possèdent ni d'un diplôme d’études secondaires ni d'un grade[2]. Un certain nombre de raisons expliquent les faibles résultats éducationnels observables chez les populations autochtones du Canada. Au nombre des obstacles à la réussite soulevés par les étudiants et les éducateurs autochtones, on compte la discrimination, un certain climat d’insensibilité régnant dans les établissements à l’égard de la culture autochtone[3] et la connaissance insuffisante de l’approche autochtone de l’apprentissage[4]. D’autres obstacles, comme un manque de préparation au milieu scolaire[5], l’absentéisme et la mobilité[6], freinent la réussite pour tous les étudiants, peu importe leurs origines.
Pour améliorer les compétences en littératie au sein des collectivités autochtones du Canada, il est essentiel de s’attaquer aux défis avec lesquels les étudiants autochtones doivent composer sur le plan de l’éducation. Différentes approches offrent des réponses à ces défis.
La plupart des professeurs savent repérer les troubles de la parole et du langage, la pauvreté du vocabulaire, les problèmes de phonétique ou de phonématique et divers autres obstacles à l’acquisition de la littératie chez les jeunes. Si ces problèmes sont pris en main dès que l’enfant commence l’école, les souffrances et les difficultés ultérieures s’en trouveront atténuées[26]. L’enseignement systématique de la littératie s’est révélé efficace dans l’amélioration des niveaux de littératie des étudiants dont le rendement initial était faible[27],[28].
La réduction des contrecoups de l’absentéisme et de la mobilité des étudiants favorise également la réussite des étudiants autochtones. L’absentéisme et la mobilité des étudiants sont d’importants obstacles à la réussite scolaire[29]. Les étudiants autochtones sont parmi les étudiants qui s’absentent le plus souvent et qui changent le plus souvent d’école[30]. Par une plus grande attention à l’engagement familial, on peut contribuer à résoudre le problème de l’absentéisme en sollicitant le soutien des parents. Un Carnet du savoir précédent, « Des élèves qui déménagent : Comment atténuer les retombées de la mobilité chez les élèves autochtones », contient des suggestions de solutions pour répondre aux besoins des étudiants qui changent d’école : élaborer des stratégies de réussite au moment de l’admission, de la transition et de l’intégration; transmettre l’information sur les élèves; mettre la souplesse au service des besoins des apprenants.
Tandis que les systèmes d’éducation de partout au pays s’efforcent de répondre aux besoins des étudiants autochtones, de nombreux groupes autochtones ont exprimé le désir de créer leurs propres mesures d’évolution et de réussite en matière d’apprentissage et d’éducation, au lieu de tenter de se conformer à des normes qui ne leur conviennent pas nécessairement. « Il n’existe pas de solution unique qui convienne à tous; il y a plusieurs types d’apprenants, plusieurs types d’apprentissage et plusieurs façons de démontrer ses réalisations. Il nous faut améliorer la recherche et nos données, sinon nous ne saurons pas où nous en sommes, ni où nous voulons aller et si nous approchons du but. »[31]
En collaboration avec le Conseil canadien sur l’apprentissage, des membres des Premières nations, des collectivités inuites et des collectivités métisses ont conçu trois modèles d’apprentissage tout au long de la vie pouvant servir de cadre pour évaluer les progrès des Autochtones en matière d’apprentissage tout au long de la vie[32]. Des initiatives ultérieures menées en continu s’attacheront à définir les indicateurs appropriés au moyen desquels il conviendra d’appliquer les modèles.
La faible littératie constitue l’une des nombreuses difficultés auxquelles se heurtent actuellement les collectivités autochtones. La résolution des problèmes qui sont à l’origine d’une littératie insuffisante permet de surmonter nombre de ces difficultés. « Quand des méthodes traditionnelles d’enseignement et d’apprentissage sont utilisées pour les Autochtones et par les Autochtones, la littératie en vient à favoriser une identification positive et nous permet de tisser des liens avec la terre, la langue, nos familles, nos collectivités, et nos ancêtres »[33].
[1] Statistique Canada. Miser sur nos compétences : Résultats canadiens de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes, 2003, Ottawa, 2003, no 89-617-XIE au catalogue, p. 56.
[2] Statistique Canada. Portrait de la scolarité au Canada, Recensement de 2006, Ottawa, 2008, no 97-560-X
[3] Malatest, R. A. & Associates ltée. La population autochtone et l’éducation postsecondaire – Ce que les enseignants ont appris], Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire, Montréal, 2004. Document consulté le 29 juillet 2008.
[4] Aikenhead, G. S. « Toward a First Nations cross-cultural science and technology curriculum », Science Education, vol. 81, 1997, p. 217-238.
[5] Huffman, L. C., S. L. Mehlinger et A. S. Kerivan. « Risk factors for academic and behavioral problems at the beginning of school »] dans L. C. Huffman (dir.), Off to a Good Start, FPG Child Development Center de l’Université de la Caroline du Nord, Chapel Hill, Caroline du Nord, 2000. Document consulté le 29 juillet 2008.
[6] Aman, C. et C. Ungerleider. « Changements d’école chez les élèves autochtones entre la maternelle et la 12e année en Colombie-Britannique »], Horizons, vol. 10, no 1, 2008, p. 31-33. Document consulté le 29 juillet 2008.
[7] Corson, D. « Community Based Education for Indigenous Cultures », Language Culture and Curriculum, vol. 11, 1998, p. 3.
[8] Fan, X. et M. Chen. « Parental involvement and students academic achievement: A meta-analysis », ]Educational Psychology Review], vol. 13, no 1, 2001, p. 1-22.
[9] Epstein, J. L. et S. L. Dauber. « School programs and teacher practices of parent involvement in inner-city elementary and middle schools », The Elementary School Journal, vol. 91, no 3, numéro special, Educational Partnerships: Home-School Community, 1991, p. 289-305.
[10] Comer, J. P., School power, The Free Press, New York, 1980.
[11] Holm, A. et W. Holm, « Rock Point: A Navajo way to go to school: A valediction », dans C. Cazden et C. Snow (dir.), English Plus: Issues in Bilingual Education, Sage, Newbury Park, 1990, p. 170-184.
[12] Eccles, J. S. et R. D. Harold. « Parent-school involvement during the early adolescent years », Teachers College Record, vol. 94, no 3, 1993, p. 568-587.
[13] St. Denis, V. et E. Hampton, Literature Review on Racism and the Effects on Aboriginal Education], document préparé à l’intention du Groupe de travail national sur l’éducation d’Affaires indiennes et du Nord Canada, Ottawa, Ontario, 2002, p. 49. Document consulté le 29 juillet 2008.
[14] Riley, T. et C. Ungerleider. « Pre-service Teachers’ Discriminatory Judgments », Alberta Journal of Educational Research, à venir.
[15] Ambler, M. « Without racism Indian students could be both Indian and students », Tribal College Journal, vol. 8, no 4, 1997, p. 8-11.
[16] British Columbia Human Rights Commission. Barriers to equal education for Aboriginal learners: A review of the literature, Vancouver, Colombie-Britannique, 2001.
[17] Aikenhead, G. S. « Toward a First Nations cross-cultural science and technology curriculum ».
[18] Marton, F., D. Watkins et C. Tang. « Discontinuities and continuities in the experience of learning: An interview study of high-school students in Hong Kong », Learning and Instruction, vol. 7, no 1, 1997, p. 21-48.
[19] Mugler, F. et R. Landbeck. « Learning, memorisation and understanding among distance learners in the South Pacific », Learning and Instruction, vol. 10, no 2, 2000, p. 179-202.
[20] Allen, N. J. et F. E. Crawley. « Voices from the bridge: World view conflicts of Kickapoo students of science », Journal of Research in Science Teaching, vol. 35, 1998, p. 111-132.
[21] Guider, J. « Why are so many Aboriginal children not achieving in school? », Aboriginal Child at School, vol. 19, no 2, 1991, p. 42-53.
[22] McInerney, D. M. « Key determinants of motivation of non-traditional Aboriginal students in school settings: Recommendations for educational change », Australian Journal of Education, vol. 35, no 2, 1991, p. 154-174.
[23] Doige, L. « Literacy in Aboriginal Education: An Historical Perspective », Canadian Journal of Native Education, 2001, vol. 25, p. 120 et 127.
[24] Ministère de l’Apprentissage de la Saskatchewan, Building Partnerships: First Nations and Métis Peoples and the Provincial Education System, 2003.
[25] Ministère de l’Apprentissage de la Saskatchewan, Indian and Metis Education Policy from Kindergarten to Grade 12, 1995.
[26] Farstrup, A. E. et S. J. Samuals (dir.). What research has to say about reading instruction (troisième édition), Delaware, International Reading Association, 2002.
[27] Baker, S., R. Gersten et D. S. Lee. « Direct instruction: A behavior theory model for comprehensive educational intervention with the disadvantaged », dans S. Bijon (dir.), Contributions of Behavior Modification in Education, Hilldale, New Jersey, 2002, p. 1-106.
[28] Pressley, M. et V. Woloshyn. Cognitive strategies instruction that really improves children’s academic performance. Second edition, Brookline Books, Cambridge, Massachussetts, 1995.
[29] Hotton, J., K. Monk et S. Pitman. Students Move 2: Best Practice Approaches and Case Studies from Australian Schools, 2004. Document consulté le 29 juillet 2008.
[30] Aman, C. Exploring the influence of school and community relationships on the performance of Aboriginal students in British Columbia public schools, thèse de doctorat non publiée, Université de la Colombie-Britannique, 2006.
[31] Society for the Advancement of Excellence in Education. Moving Forward in Aboriginal Education: Proceedings of a national Policy Roundtable, 2005. Document consulté le 29 juillet 2008.
[32] Conseil canadien sur l’apprentissage. Redéfinir le mode d’évaluation de la réussite de l’apprentissage chez les Premières nations, les Inuits et les Métis, Ottawa, 2007. Document consulté le 29 juillet 2008.
[33] Cordoba, T. Aboriginal Literacy and Education: A Wholistic Perspective that Embraces Intergenerational Knowledge, 2006. Document consulté le 20 juillet 2008.
More than 600,000 Canadian children began their school careers earlier this month. The first day of school is a milestone for children and their parents, one to which most look with anticipation and excitement. For some, the first day of school brings anxiety about whether children beginning school are ready to learn. Plus de 600 000 enfants canadiens ont entrepris leur cheminement scolaire plus tôt ce mois-ci. Le premier jour d’école, dans la plupart des cas attendu avec impatience, est un événement mémorable pour les enfants et leurs parents. Certains parents se demandent avec angoisse si leur enfant, au moment de franchir pour la première fois le seuil de l’école, est prêt à apprendre.
More than 600,000 Canadian children began their school careers earlier this month. The first day of school is a milestone for children and their parents, one to which most look with anticipation and excitement. For some, the first day of school brings anxiety about whether children beginning school are ready to learn.
Plus de 600 000 enfants canadiens ont entrepris leur cheminement scolaire plus tôt ce mois-ci. Le premier jour d’école, dans la plupart des cas attendu avec impatience, est un événement mémorable pour les enfants et leurs parents. Certains parents se demandent avec angoisse si leur enfant, au moment de franchir pour la première fois le seuil de l’école, est prêt à apprendre.