PSE 2006

Attitudes des Canadiens à l'égard de l'enseignement postsecondaire

Sommaire

Importance de l’éducation postsecondaire

La population canadienne croit majoritairement que l’éducation et le secteur postsecondaire sont déterminants pour l’avenir.

Attitudes des Canadiens à l'égard de l'enseignement postsecondaire

Communiqué
Message à nos dirigeants : Faites attention à l'éducation postsecondaire

Faits saillants du sondage

Rapport complet (PDF, 695 KB)

Sur le plan individuel, on croit fermement en l’importance—l’importance croissante—des études postsecondaires. Il est indéniable que l’éducation postsecondaire est beaucoup plus importante que dans le passé. La majorité des postes sur le marché de l’emploi exigeront une telle formation et, de fait, une légère majorité affirme que la réussite au travail et sur la scène internationale en dépend.

Les établissements postsecondaires sont également importants pour la société dans son ensemble. Les répondants admettent majoritairement qu’« une main-d’oeuvre hautement qualifiée et formée est ce dont le Canada a le plus besoin pour garantir son avenir économique » et que « l’avenir économique du Canada dépend de plus en plus de la recherche qui se déroule dans nos collèges et nos universités et des innovations qu’ils font ». Ces raisons instrumentales en ce qui a trait à l’importance de l’éducation postsecondaire incitent aussi les répondants à vouloir que le secteur de l’enseignement postsecondaire collabore étroitement avec les entreprises canadiennes. L’appui à l’endroit du secteur de l’enseignement postsecondaire ne se limite pas toutefois, à sa valeur instrumentale – que ce soit pour l’individu ou la société.

L’appui est également très fort pour l’éducation postsecondaire en soi et pour le développement de plusieurs valeurs personnelles et comportements sociaux. Le raisonnement à la base de l’aspect le plus frappant de ces réponses est la conviction profonde de l’importance d’une éducation élargie qui reçoit un appui considérable non pas pour des raisons restreintes et précises, mais plutôt en raison d’un engagement fondamental à l’égard de l’importance de l’éducation sous toutes ses formes. La population n’appuie pas une forme ou une intention éducative au détriment des autres objectifs. Fondamentalement, le consensus canadien affirme que « l’éducation est importante » tant pour l’individu que pour la société en général.

Le fait d’affirmer que l’éducation est bonne en soi et qu’elle dessert des objectifs pratiques ne suggère pas qu’il n’y a pas d’enjeux sérieux. Pour l’individu, l’importance des études collégiales ou universitaires concorde avec ses inquiétudes profondes liées à l’accès à des études postsecondaires. Si l’enseignement postsecondaire est la clé de l’avenir pour l’individu, alors les obstacles à son accessibilité doivent soulever des questions en matière d’équité.

État du secteur de l’enseignement postsecondaire

En réponse à la première question du sondage, « À quel point trouvez-vous que les universités, les cégeps et les écoles de métiers d’arts ou de technologie de votre province font un bon travail? », les Canadiens affichent un niveau élevé de satisfaction à l’égard du secteur de l’enseignement postsecondaire. Alors que 12 % ont répondu « excellent »; 53 % ont estimé que la performance est « bonne », 17 % l’ont jugée « passable », tandis que 3 % seulement l’ont qualifiée de « faible ».

La satisfaction générale à l’égard des collèges et des universités est constante pour l’ensemble des groupes démographiques et socio-économiques. Ainsi, ni le revenu familial, ni les niveaux de scolarisation, ni la présence d’une université au sein de la communauté n’ont affecté les réponses à cette question. De même, à l’exception des plus jeunes répondants qui ont une meilleure opinion du secteur de l’enseignement postsecondaire, l’âge n’a pas affecté leurs réponses. Nous observons cependant des différences significatives au niveau des régions. Les réponses par région sont présentées à la figure 1.

Fig. 1 : Évaluation de la performance des collèges et universités provinciaux par région
Figure 1

En revenant à la performance du secteur dans sept domaines précis, les répondants devaient évaluer sa performance dans chacun des sujets suivants :

  • d’offrir un enseignement de haute qualité aux étudiants;
  • de veiller à ce qu’un programme d’éducation permanente soit offert aux gens tout au long de leur vie;
  • d’effectuer des recherches de calibre international;
  • de s’assurer que les étudiants ont les compétences nécessaires pour décrocher de bons emplois;
  • de répondre aux besoins de la communauté;
  • de garantir que les étudiants admissibles sont en mesure de fréquenter le collège ou l’université s’ils le désirent;
  • de faire preuve de responsabilité et d’ouverture quant à leurs activités.

Les réponses à ces questions sont représentées à la figure 2.

Fig. 2 : Performance des collèges et université par domaine
Figure 2

Cette figure démontre nettement que l’éducation de qualité vient au premier rang : en effet, près de 80 % des répondants pensent que les universités et les collèges font un « bon » ou un « excellent » travail dans ce domaine en « offrant un enseignement de haute qualité aux étudiants ». Leur performance dans les autres domaines est également bonne – la majorité des répondants estiment que leur travail est « bon » ou « excellent » dans chacun des sept domaines évalués. Dans l’ensemble, le secteur est très bien coté dans les domaines associés à ses fonctions de recherche et d’éducation. Les évaluations les moins positives portent sur deux domaines faisant référence à des notions moins concrètes soit : « répondre aux besoins de la communauté » et « faire preuve de responsabilité et d’ouverture ».

Une fonction centrale du secteur « s’assurer que les étudiants admissibles sont en mesure de fréquenter le collège ou l’université s’ils le désirent » a, elle aussi, obtenu une évaluation plus basse.

Étonnamment, les réponses à toutes ces questions sont constantes dans tous les groupes démographiques et régionaux. Il faut noter cependant deux exceptions importantes.

La première : le Québec est différent. En effet, les Québécois sont plus enclins que les autres à accorder des évaluations plus élevées pour l’accessibilité, la réactivité et la pertinence. Qu’il s’agisse d’assurer l’accès aux étudiants admissibles, de faire preuve d’ouverture et de responsabilité, de répondre aux besoins de la communauté ou de favoriser l’acquisition de compétences professionnelles, le secteur de l’enseignement postsecondaire au Québec est plus hautement coté que n’importe où ailleurs au pays. Les Québécois sont généralement plus positifs à l’égard de l’enseignement postsecondaire, comme l’illustre bien la figure 1.

Les étudiants à temps partiel forment un groupe intéressant. Ils sont nettement plus sceptiques que leurs homologues à temps plein. Leurs opinions diffèrent aussi notablement sur l’accès à des études postsecondaires et sur la pertinence de leurs études par rapport au marché de l’emploi.

Impact local des collèges et des universités

Les établissements postsecondaires affectent tant les individus que la société dans son ensemble, et ont aussi une incidence réelle sur leurs communautés locales. Dans les centres urbains de moindre importance, le collège ou l’université peut constituer une partie essentielle de la vie culturelle et éducationnelle de la communauté. De solides majorités de répondants admettent que leurs institutions font de leurs communautés un meilleur endroit pour vivre et qu’elles font un bon travail en matière d’engagement dans la communauté.

Tableau 1 : Évaluation de la performance des universités et des collèges – Échelon provincial et local
Tableau 1

Contrairement aux résidents des très grands centres urbains qui donnent une cote un peu moins élevée, les résidents des communautés plus petites sont enclins à attribuer des évaluations plus fortes aux collèges et aux universités.

Ce tableau révèle le rôle important que jouent ces établissements au chapitre du soutien apporté aux collectivités locales en étant une ressource pour l’économie locale et en desservant les étudiants locaux. Cela crée des liens solides et cordiaux.

Accès à une éducation postsecondaire

Sur la question de l’accès à des études postsecondaires, le sondage confirme la portée du secteur de l’enseignement postsecondaire et sa proximité pour la plupart des Canadiens. Le tableau 2 révèle la présence prépondérante des institutions postsecondaires, qu’ils soient des campus principaux ou des satellites d’établissements existants.

Tableau 2 : Présence des collèges et des universités
Tableau 2

Malgré la proximité des collèges et des universités pour la plupart des gens, une majorité de répondants estiment que l’accès à des études postsecondaires n’est pas assuré. Seulement une minorité de répondants (37 %) affirme que « dans [leur] province, la grande majorité des gens qui sont admissibles au cégep ou à l’université ont l’occasion d’y aller ». Par contre, une majorité (59 %) d’entre eux croit « qu’il y a beaucoup de gens admissibles qui n’ont pas la chance d’y aller ».

Qui donc a moins accès à une éducation postsecondaire?

Lorsque nous avons interrogé les participants sur les possibilités pour divers types d’étudiants d’avoir une éducation postsecondaire, un seul groupe se démarquait, les étudiants admissibles issus de familles à faible revenu. Trois Canadiens sur quatre (76 %) affirment que ces étudiants ont beaucoup moins (35 %) ou un peu moins (41 %) de possibilités.

Les Canadiens ne croient pas que la situation financière personnelle doit être un obstacle à une éducation postsecondaire. Une écrasante majorité (92 %) se dit entièrement d’accord (42 %) ou d’accord (50 %) avec l’énoncé suivant : « Nous ne devrions pas permettre que le coût d’une éducation postsecondaire empêche des étudiants admissibles et motivés d’en obtenir une ». Cet énoncé tiré d’une suite de 23 affirmations, obtient l’appui le plus fort et arrive sur un pied d’égalité avec un autre.

La logique générale de cet enjeu est claire. L’accès aux étudiants admissibles est important et les contraintes financières ne doivent pas empêcher les étudiants d’obtenir une éducation postsecondaire. Cependant, l’opinion est divisée quant à savoir si presque tous les étudiants ont ou non accès à des prêts ou à une aide financière afin de payer leur éducation. Enfin, on s’entend généralement pour dire (80 %) que la dette étudiante est trop lourde, ce qui sous-entend que même si l’éducation est accessible pour certains grâce à des prêts, le fardeau de ces prêts peut avoir un effet paralysant.

De plus, on note une corrélation significative entre la croyance que de nombreux étudiants admissibles n’ont pas la possibilité de faire des études postsecondaires et la cote « faible » attribuée au secteur de l’enseignement postsecondaire.

Mais pourquoi les questions d’accessibilité semblent-elles influencer les évaluations générales du secteur de l’enseignement postsecondaire?

La population canadienne croit d’une part que l’éducation postsecondaire est très importante et, d’autre part, que de nombreux étudiants admissibles n’ont pas l’occasion de faire ce genre d’études. Dans une culture où l’égalité des chances est un principe fondamental, il n’est pas étonnant que cette différence soit une source de préoccupation.

Coût d’une éducation postsecondaire

Concernant le coût d’une éducation postsecondaire, on constate qu’en dépit de leur méconnaissance du financement actuel des institutions postsecondaires, les répondants affirment que les gouvernements doivent payer plus et les étudiants, moins. La population canadienne dit que les gouvernements doivent investir plus (75 %) que moins (17 %) dans l’enseignement postsecondaire, et que les gouvernements obtiennent un bon rapport qualité-prix (51 % d’accord, 31 % pas d’accord) pour l’argent investi.

Dans l’ensemble, on constate qu’il existe bien une inquiétude généralisée voulant que les restrictions financières n’empêchent pas les étudiants admissibles de fréquenter un établissement postsecondaire. Nous savons aussi que les frais de scolarité sont surestimés, particulièrement par ceux qui n’ont pas les moyens de poursuivre leurs études postsecondaires. Enfin, bien qu’il existe une certaine connaissance et un certain optimisme quant à la possibilité pour les étudiants d’obtenir des prêts et de l’aide financière pour payer leurs études, on s’entend presque unanimement pour dire que ces prêts sont, pour eux, une dette trop lourde à porter.

Aspects prioritaires à améliorer

Examinons les évaluations actuelles que les répondants ont données sur la performance des établissements postsecondaires et les aspects prioritaires qu’elles doivent améliorer au cours des prochaines années. Nous avons demandé aux répondants de classer quatre aspects prioritaires à améliorer au cours des prochaines années :

  • améliorer l’accès pour que davantage de personnes qui désirent poursuivre leur scolarité puissent le faire;
  • améliorer l’enseignement en classe pour les étudiants;
  • améliorer la recherche et l’innovation qu’ils font;
  • améliorer l’accès aux étudiants adultes et à l’éducation permanente.

La première priorité est incontestable : les répondants veulent une meilleure accessibilité afin qu’un plus grand nombre de personnes qui veulent poursuivre des études postsecondaires puissent aller au collège ou à l’université. L’accès élargi est, pour la majorité des répondants, la priorité principale.

Tableau 3 : Étude comparative des évaluations de la performance par domaine et des aspects prioritaires à améliorer
Tableau 3

Lorsqu’on compare les aspects prioritaires à améliorer avec les évaluations de la performance actuelle du secteur postsecondaire dans des domaines analogues, dans le tableau 3, on peut voir le pourcentage de répondants qui ont accordé la cote « bonne » ou « excellente » relativement à la performance, ainsi que le pourcentage de ceux qui ont identifié des domaines analogues comme aspect prioritaire principal à améliorer.

Ce tableau montre l’importance d’assurer un accès élargi et de faciliter l’accès aux étudiants admissibles. On constate aussi que l’enseignement en classe obtient la plus haute note pour l’évaluation de la performance actuelle, mais qu’il précède les deux autres domaines comme priorité principale. Ce secteur est bien coté présentement, mais il ne faut pas qu’il se détériore. Ce n’est cependant pas la priorité future principale.

 

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