PSE 2006

L'enseignement postsecondaire au Canada
Un bilan positif – Un avenir incertain

Faits saillants du chapitre 7

Possibilité d’accès pour les Canadiens

Ressources associées au rapport

  • Communiqué de presse
  • Constatations clés
  • Faits saillants des chapitres
  • Fiche d’information

  • Rapport en entier (PDF, 3 MB)
  • Sommaire du rapport (PDF, 744 KB)

  • Appui à l’égard du rapport
  • Le Canada se classe invariablement parmi les trois premiers pays de l’OCDE au plan du taux de participation, du niveau de scolarité et de l’investissement en enseignement postsecondaire (EP) en pourcentage du PIB, traduisant ainsi le fait que l’éducation supérieure est relativement accessible au Canada.

    Au Canada, à l’instar d’autres pays, les taux de participation ont connu un accroissement constant depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette tendance est attribuable à divers facteurs. La demande en enseignement supérieur et en compétences spécialisées augmente de manière significative. En réponse à ce phénomène, les gouvernements fédéral et provinciaux ont introduit des politiques visant à faciliter l’accès à ces programmes, et ont alors instauré diverses mesures dont : l’aide financière aux étudiants (s’adressant à la population étudiante générale aussi bien qu’à des groupes spécifiques); la construction d’établissements d’enseignement à l’extérieur des grandes agglomérations urbaines; l’augmentation de la capacité dans les établissements existants; et l’établissement de programmes préparatoires à l’intention des étudiants inscrits à l’enseignement postsecondaire (notamment des programmes d’acquisition de compétences littéraires et des programmes de transition). Les progrès technologiques permettent également d’offrir aux Canadiens une panoplie de solutions novatrices et évoluées en matière d’enseignement postsecondaire, peu importe où ils habitent.

    Population en âge de travailler ayant une formation postsecondaire

    Or, en dépit de ces progrès, nombreux sont ceux qui ont de sérieuses réserves au sujet de l’accès à l’EP et de la souplesse de ses programmes, et de sa capacité à répondre véritablement à leurs besoins. Ceci est particulièrement le cas d’adultes en âge de travailler, de membres de groupes sous-représentés, et de personnes vivant en milieu rural ou en région éloignée. Aussi, sans un élargissement de l’accès à l’EP au Canada, il deviendra de plus en plus difficile de remplacer la main-d’oeuvre vieillissante, et l’écart continuera à subsister entre les quelque 70 % des emplois nécessitant des compétences postsecondaires et la proportion de Canadiens en âge de travailler possédant de telles compétences. Si l’on veut être en mesure de répondre à la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée au Canada, il est essentiel d’assurer un accès équitable aux occasions d’apprentissage et d’imprégner au système la souplesse nécessaire afin qu’il puisse accueillir les apprenants de tous les milieux et de tout âge.

    Afin de maintenir le niveau de vie élevé et la qualité de vie des Canadiens durant le XXIe siècle, le pays doit accélérer et coordonner, à l’échelle nationale, des activités et des initiatives visant à accroître l’accès à l’EP et mettre au point des indices de mesure permettant de jauger les progrès à cet égard. Par exemple, il y a lieu d’améliorer la coordination à l’échelle nationale, des programmes de formation à distance et d’apprentissage virtuel. Le Canada était pourtant un chef de file de l’apprentissage virtuel à ses débuts, mais il a négligé de consentir les investissements nécessaires afin d’assurer la coordination et le perfectionnement des programmes dans l’ensemble du pays.

    Le Canada ne dispose pas non plus d’un régime normalisé de transfert des crédits entre les établissements d’enseignement postsecondaire, tant à l’intérieur d’une même province que d’une province à l’autre. Le fait que les étudiants ne peuvent souvent pas obtenir la pleine reconnaissance de leurs études complétées dans un établissement lorsqu’ils sont admis à un autre établissement constitue un important obstacle à la mobilité des étudiants, et peut entraîner des coûts indus et des inefficiences tant pour les apprenants que pour les établissements d’enseignement postsecondaire dans leur ensemble. Afin d’assurer un suivi de la mobilité des étudiants, le Canada devrait instaurer un système national d’identifiants des étudiants, permettant de recueillir et de consigner des données au sujet du cheminement des étudiants dans le système d’enseignement postsecondaire.

    Le Canada pourrait également bénéficier de pratiques normalisées en matière d’évaluation et de reconnaissance des acquis. Certains établissements d’enseignement postsecondaire, surtout au niveau universitaire, tardent à adopter des normes d’admission plus souples permettant de reconnaître les apprentissages informels et issus de l’expérience de vie. Un régime normalisé d’évaluation de l’apprentissage serait des plus utiles, notamment afin d’encourager les adultes à poursuivre une formation continue, car on reconnaîtrait ainsi les apprentissages acquis dans le cadre de la formation en milieu de travail, de programmes informels et de leur vécu, tout comme les apprentissages acquis durant leurs études suivies dans un cadre plus formel.

    Répartition des jeunes de 20 à 24 ans, selon la situation d'éducation (2002)

    L’absence de données à jour, en particulier en ce qui concerne les établissements d’études collégiales, constitue un autre défi. Il est important d’analyser régulièrement ces données; or, elles ne l’ont pas été depuis l’an 2000 en raison d’une pénurie de ressources. Cela permettrait pourtant de dresser un portrait plus global des contraintes à l’accès aux études postsecondaires. Le Canada devra obtenir de telles données ainsi que d’autres informations aussi pertinentes et courantes relativement à chacun des établissements d’enseignement postsecondaire, si le pays veut participer pleinement aux exercices de comparaison de ses étudiants à l’échelle internationale, notamment à ceux administrés par l’OCDE. Sans de telles données, toute comparaison à l’échelle internationale est rapidement périmée et de peu d’utilité.

    Enfin, le Canada devrait mettre en place des indices de mesure à l’échelle nationale de la capacité des établissements respectifs, dans le cadre d’une planification efficace et efficiente des besoins futurs. L’analyse de la demande anticipée de la part d’étudiants par rapport à la capacité des établissements contribuerait notamment à vérifier s’il existe des obstacles ou encore des disparités au niveau des appariements.

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