Accueil > Rapports > Enseignement postsecondaire > L'EP en 2006
Ressources associées au rapport
Jadis, on entreprenait une carrière sitôt les études secondaires ou postsecondaires terminées, puis ensuite on se rendait jusqu’à la retraite avec ce même bagage scolaire. Or, de nos jours, la réalité est plus complexe et exige que l’on mette à jour nos compétences et nos connaissances de manière continue, un processus que l’on appelle communément « l’apprentissage tout au long de la vie ». Souvent, la mise à niveau de ses compétences aux fins du marché de l’emploi n’est pas la seule motivation à cet égard. Bon nombre de Canadiens poursuivent des études supérieures ou une formation afin de s’épanouir au plan personnel et de rester à la page dans ce monde en constante évolution.
Au cours de la dernière décennie, les travailleurs Canadiens se sont montrés de plus en plus sensibles à la nécessité de parfaire leur éducation et leur formation tout au long de leur vie adulte. En 2003, 50 % des Canadiens d’âge adulte ont suivi un cours ou une formation quelconque, comparativement à 35 % au cours de la décennie précédente. [1]
L’éducation des adultes n’a pas toujours été l’une des principales missions des établissements d’enseignement postsecondaire, sauf en ce qui concerne les établissements de formation professionnelle. Historiquement, la majorité des participants à l’EP ont été, et continuent d’être, des jeunes passant directement des études secondaires ou de CEGEP à un collège communautaire ou une université. Cependant, à la faveur de la demande sans cesse croissante au niveau de l’acquisition d’une nouvelle formation et de la mise à jour des compétences, les établissements d’enseignement postsecondaire pourraient, voire devraient assumer un rôle encore plus important au niveau de l’apprentissage continu des adultes. Alors que 70 % des nouveaux emplois nécessitent l’acquisition de compétences de niveau postsecondaire et que près de 9 millions de Canadiens en âge de travailler ont besoin d’acquérir des compétences de littératie et de numéracie qui sont un prérequis à la participation entière à l’économie, les établissements d’enseignement postsecondaire seront dorénavant de plus en plus sollicités pour satisfaire les besoins d’apprentissage tout au long de la vie d’apprenants sortant du moule traditionnel.
L’apprentissage tout au long de la vie constitue l’une des plus importantes failles en matière d’enseignement postsecondaire au Canada. Nous devons relever un certain nombre de défis avant que les Canadiens soient pleinement en mesure de bénéficier des occasions qui se présentent grâce à l’éducation et à la formation des adultes :
Pour relever ces défis, les gouvernements du Canada, les établissements d’enseignement postsecondaire, les entreprises et les syndicats doivent collaborer en vue de formuler des solutions qui, en bout de compte, feront augmenter le nombre de travailleurs qualifiés au Canada et assureront la disponibilité d’une main-d’oeuvre possédant l’ensemble des compétences requises. De tels partenariats pourraient faire en sorte, par exemple, d’accroître l’offre de la formation en milieu de travail ainsi que la participation des établissements postsecondaires dans la prestation des programmes d’éducation des adultes.
Il faudrait également prévoir la mise en place de nouveaux investissements et l’ajout de programmes de soutien afin d’assurer une transition plus harmonieuse à l’EP des personnes aux prises avec des difficultés de littératie. Selon les résultats des recherches réalisées à ce sujet, l’impact des investissements en littératie et en alphabétisation est trois fois plus important, au plan de l’augmentation de la productivité, que les investissements en immobilisations. De surcroît, les pays affichant des notes de littératie de 1 % plus élevées que la moyenne jouissent d’un taux de productivité de la main-d’oeuvre de 2,5 % plus élevé en moyenne, et d’un PIB par habitant de 1,5 % plus élevé. [2]
Il existe des preuves à l’effet que les compétences en littératie ont tendance à s’éroder au fil des ans, un sérieux problème pour le Canada compte tenu du vieillissement de sa population et de l’évolution constante des besoins en milieu de travail et au plan de l’économie. Il importe donc de porter une attention particulière aux besoins d’apprentissage des personnes à faible littératie qui ne sont pas actifs dans le marché du travail et des nouveaux arrivants, lesquels n’ont pas toujours accès à une formation en milieu de travail. La formation devrait être rendue plus accessible à ceux qui en ont le plus besoin, puisque les personnes jouissant d’une scolarité plus élevée sont aussi ceux qui participent présentement le plus à des programmes d’éducation des adultes.
Enfin, les gouvernements du Canada, les employeurs et les établissements d’enseignement postsecondaire seraient bien avisés d’étudier et d’adopter les approches à l’égard de l’apprentissage tout au long de la vie que d’autres pays ont déjà intégré à leurs pratiques. Par exemple, en 2001, le gouvernement britannique a institué le programme Foundation Degrees, qui offre un cheminement par le biais de la formation professionnelle vers l’enseignement supérieur. Le gouvernement français a formalisé le mécanisme de reconnaissance et de validation de l’expérience de vie et des apprentissages antérieurs d’un individu en vue de l’obtention d’un diplôme. Également, en 2004, les gouvernements fédéral et des états de la fédération allemande ont entériné une stratégie conjointe d’apprentissage tout au long de la vie, laquelle guidera la concertation de leurs actions dans les domaines de l’éducation et de la formation des adultes. Tous ces exemples sont autant de modèles pouvant inspirer les actions du Canada dans ces domaines.
[1] Statistique Canada et OCDE (2005). Apprentissage et réussite : Premiers résultats de l’Enquête sur la littératie et les compétences des adultes, Ottawa - Paris.
[2] Coulombe, S., Tremblay, J.F., et Marchand, S. (2004). Performance en littératie, capital humain et croissance dans quatorze pays de l'OCDE. Statistique Canada, numéro de catalogue 89-552-MIE.
Haut de page