L’enseignement postsecondaire au Canada : Des stratégies pour réussir

Rapport 2007

Sommaire : Partie I, chapitre 6

Accès des groupes sous-représentés

Le Canada doit continuer à améliorer l’accès à l’EP des étudiants qualifiés des groupes sous-représentés, notamment ceux issus de familles à faible revenu, les étudiants handicapés, les hommes, les immigrants, les adultes âgés et les Autochtones.

Des progrès ont été réalisés chez certains groupes sous-représentés. Par exemple, les taux d’accession et de participation des Autochtones n’ont cessé de croître depuis 1986, mais demeurent toutefois nettement inférieurs aux taux des Canadiens non autochtones.

Le réseau collégial au pays semble jouer un rôle d’égalisateur. Les étudiants fréquentant des collèges proviennent de façon proportionnelle de familles de tous les niveaux de revenu tandis que les universités au Canada affichent un nombre très inférieur d’étudiants issus de familles à faible revenu.

Figure 6.4.2  Taux de participation aux études postsecondaires, collégiales et universitaires des 18 à 21 ans, par quartile de revenu familial

Source : Rahman A., J. Situ et V. Jimmo, Participation aux études postsecondaires : résultats de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu, Statistique Canada, no au catalogue 81 595 MIF, no 036, 2005.

Le Canada doit relever de nombreux défis avant de pouvoir assurer un accès égal à l’EP.

  • Le recensement de 2001 témoignait d’une amélioration quant à la rétention des jeunes autochtones, mais aussi que ceux-ci sont beaucoup plus susceptibles que les jeunes non autochtones d’abandonner leurs études secondaires.
  • Le recensement de 2001 montre une augmentation considérable de la participation des Autochtones à l’EP au cours des 15 dernières années. Il reste néanmoins que le taux de participation des Autochtones est de loin inférieur à la moyenne canadienne.
  • Les données les plus récentes disponibles sur les jeunes des milieux ruraux indiquent que le taux de décrochage dans les villages et les agglomérations rurales du Canada est environ deux fois plus élevé que celui des régions métropolitaines.
  • Le pourcentage de jeunes qui ne fréquentent pas l’école et n’ont pas de diplôme d’études secondaires supérieures place le Canada au 11e rang des 27 pays membres de l’OCDE qui ont fourni des données en 2004.
  • Le nombre d’hommes âgés de 20 à 24 ans n’ayant pas terminé leurs études secondaires, qui ne sont actuellement pas aux études et qui sont sans emploi dépasse largement celui des femmes dans la même situation.
  • Des données indiquent que les jeunes issus de familles dont le revenu est de plus de 75 000 $ sont presque deux fois plus susceptibles de fréquenter l’université que ceux dont le revenu familial est de moins de 25 000 $.
  • Les effectifs universitaires chez les hommes et les femmes ont atteint des sommets inégalés, mais les étudiantes représentent maintenant environ 58 % des effectifs au baccalauréat, tandis que les hommes forment désormais un groupe sous-représenté. En 2004, 61 % des grades de premier cycle furent décernés aux femmes.
  • La proportion d’immigrants titulaires d’un certificat professionnel a chuté de 9,7 % en 1996 à 4,7 % en 2005.

Ce que signifie cette information

L’accès à l’EP représente un enjeu important pour les apprenants des groupes sous-représentés en raison des nombreux obstacles qu’ils doivent surmonter pour poursuivre des études postsecondaires. Malgré certains progrès, des inégalités persistent : le taux élevé d’abandon des études secondaires chez les jeunes Autochtones, l’écart entre les sexes dans les taux de participation et de diplomation et l’accès restreint à l’université des étudiants issus de familles à faible revenu.

Même si un plus grand nombre d’Autochtones fréquentent un établissement postsecondaire que par le passé, leur taux de participation est encore très inférieur à la moyenne canadienne. De nombreux étudiants autochtones disent faire face à des obstacles d’accès à l’EP de nature financière, scolaire et motivationnelle.

En ce qui concerne l’écart entre les sexes, le Canada a remplacé un problème par un autre. Les femmes, qui constituaient une minorité dans les établissements d’enseignement il y a peu de temps, représentent désormais la majorité, tandis que les hommes forment maintenant un groupe sous-représenté. Le Canada doit comprendre pourquoi cet écart ne cesse de s’accentuer.

Les Canadiens, qu’ils soient nés ici ou non, doivent être en mesure de se servir de leurs acquis pour le travail ou pour poursuivre leurs études. En l’absence d’une approche pancanadienne de reconnaissance des titres de compétences, l’évaluation et la reconnaissance des acquis revêtent une importance particulière pour le Canada.

Partie I en entier (PDF, 2.4 MB)

 

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