L’enseignement postsecondaire au Canada : Des stratégies pour réussir

Rapport 2007

Sommaire : Partie I, chapitre 2

Innovation, création du savoir et transfert des connaissances

La création du savoir et le transfert des connaissances jouent un rôle catalyseur important dans une économie productive et une société prospère. Au Canada, de nombreux secteurs participent à la R-D, mais celui de l’EP représente le principal acteur dans ce domaine. De tous les pays membres de l’OCDE, le Canada est l’un de ceux qui dépendent le plus des établissements postsecondaires pour la R-D.

Figure 2.2.1  Intensité des activités de R-D dans les 20 principaux pays de l’OCDE, ratio DIRD-PIB, 2005


Source : OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie 2006, 2e publication

Parmi les tendances positives récentes, mentionnons les suivantes :

  • Au cours des 10 dernières années, les fonds consacrés à la R-D universitaire au Canada ont connu une croissance deux fois plus marquée que ceux consacrés à la R-D dans le secteur privé.
  • Le personnel de recherche du Canada a augmenté de 38 % entre 1994 et 2004.
  • La comparaison des résultats du Canada et des États-Unis au chapitre de la commercialisation semble indiquer que les universités canadiennes affichent un rendement comparable à celui de leurs homologues américaines en matière de divulgations d’inventions, d’options de licences et de création d’entreprises dérivées.

Cependant, des tendances inquiétantes se maintiennent :

  • En 2005, le Canada se classait 15e parmi les 39 pays membres de l’OCDE au chapitre des dépenses brutes de R-D en pourcentage du PIB, rang qu’il occupait en 2001.
  • Une étude sur le nombre de grades techniques décernés par 11 pays membres de l’OCDE a révélé que le Canada se classe au dixième rang pour ce qui est du pourcentage de grades décernés en science et en génie par rapport au nombre total de grades et neuvième sur le plan des doctorats en science et en génie, malgré le taux de scolarisation élevé de sa population.
  • Même si elles affichent un rendement similaire à celui de leurs homologues américaines en matière d’options de licences, les universités canadiennes génèrent des revenus de licences deux fois inférieurs à ceux des établissements américains pour des investissements comparables.
  • Le Canada n’est pas doté d’un organisme indépendant, qui représente les établissements postsecondaires et leurs services de recherche, chargé d’évaluer les retombées économiques et sociales du savoir produit par les établissements postsecondaires.

Ce que signifie cette information

Dans certaines régions du Canada, une bonne part de la R-D est menée exclusivement dans les établissements postsecondaires. En raison de la dépendance relativement grande du Canada envers ces établissements en matière de R-D, la politique relative à leur fonction en R-D revêt donc une importance plus élevée que dans les pays partenaires de l’OCDE.

Il faut donc s’assurer que le Canada possède un nombre suffisant de travailleurs hautement qualifiés en mesure de répondre à ses besoins économiques et technologiques, puisque l’on sait que la R-D a des répercussions directes sur la productivité et le niveau de vie au pays. De plus, des doutes planent sur la capacité du Canada à remplacer les professeurs qui prendront leur retraite dans un proche avenir.

Les décideurs auraient intérêt à se pencher sur les éventuels obstacles auxquels font face les chercheurs canadiens qui tentent de faire breveter leurs résultats de recherche ou d’obtenir une licence sur leur savoir. Par exemple, ces obstacles ont-ils un lien quelconque avec le fait que les universités canadiennes ont tendance à investir dans les jeunes entreprises, une initiative beaucoup plus risquée que de chercher à toucher des revenus de licences?

Le Canada pourrait renforcer ses activités de R-D :

  • en se fixant un ensemble d’objectifs nationaux en ce qui a trait aux dépenses en R-D;
  • en mandatant un organisme indépendant pour évaluer les retombées économiques et sociales du savoir produit par les établissements postsecondaires.

» Partie I en entier (PDF, 2.4 MB)

 

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