L’enseignement postsecondaire au Canada : Des stratégies pour réussir

Rapport 2007

Sommaire : Partie I, chapitre 4

Un enseignement postsecondaire de qualité

Si le taux de financement par étudiant était l’unique facteur d’évaluation de la qualité, le Canada et les États-Unis arriveraient en tête du classement. Toutefois, l’excellence est tributaire de nombreux autres facteurs, et les Canadiens méritent d’avoir une idée claire du niveau de qualité dans leur secteur de l’EP.

Un autre élément vient renforcer la complexité de la situation : en raison de la multiplication des établissements postsecondaires privés et des collèges décernant des diplômes, les employeurs trouvent difficile d’évaluer les titres de compétences des postulants et leur employabilité.

La plupart des pays développés se sont dotés d’un organisme national responsable de l’assurance de la qualité ou de l’agrément des établissements postsecondaires. Le Canada est l’un des rares pays dans le monde à ne pas l’avoir fait.

Les autres défis que pose la qualité de l’EP au Canada :

  • Malgré une légère baisse du ratio professeurétudiants à temps plein de 2003–2004 à 2004– 2005 (de 19,8 à 19,6), celui-ci se situe encore au-dessus du ratio de 15,6 enregistré en 1993– 1994, ce qui est susceptible de limiter l’expérience d’apprentissage des étudiants.

Figure 4.3.1  Ratio professeur-étudiants à temps plein, Canada


Source : Statistique Canada, Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP), 2004–2005.

  • En 2004-2005, près de la moitié des professeurs à temps plein étaient âgés d’au moins 50 ans.
  • Le secteur de l’EP est d’une complexité croissante en raison de l’émergence de collèges universitaires et d’établissements privés décernant des diplômes. Peu de données sont disponibles sur ces établissements en situation évolutive.
  • Des mesures de protection des apprenants sont nécessaires pour assurer la reconnaissance de leurs titres de compétences.
  • Une étude sur le maintien et la diminution des effectifs étudiants menée par la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire a révélé que de 20 à 25 % des étudiants inscrits en première année n’entameront pas la deuxième année de leur programme, tandis que de 20 à 30 % abandonneront leurs études au cours des années suivantes.
  • Le Canada ne dispose d’aucun mécanisme de suivi des étudiants (et des investissements publics dans leur formation) qui abandonnent leurs études postsecondaires. Par exemple, il n’existe pas de données à l’échelle nationale sur les décrocheurs et les étudiants qui changent de programmes ou d’établissement ou encore qui passent d’une université à un collège.

Ce que signifie cette information
Sans organisme d’assurance de la qualité pour l’EP ni mécanisme de suivi de l’apprentissage et d’accès à l’emploi des Canadiens, il sera difficile d’évaluer dans quelle mesure le secteur produit les résultats escomptés compte tenu des investissements considérables engagés par les gouvernements et les apprenants.

 L’obligation de rendre des comptes et d’optimiser les ressources est renforcée par la complexité et la mondialisation du secteur de l’EP, l’enseignement et l’apprentissage tenant de moins en moins compte des frontières. Dans un tel contexte, il est de plus en plus nécessaire de mettre en place des mécanismes nationaux d’assurance de la qualité.

Partie I en entier (PDF, 2.4 MB)

 

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