L’enseignement postsecondaire au Canada : Des stratégies pour réussir

Rapport 2007

Sommaire : Partie I, chapitre 1

Une main-d’oeuvre qualifiée et polyvalente

Entre 2005 et 2015, près de 70 % des 1,7 million de nouveaux emplois prévus au Canada devraient appartenir au domaine de la gestion ou aux professions qui nécessitent généralement une formation postsecondaire (université, collège ou formation d’apprenti). Cette réalité, conjuguée à d’autres facteurs (transférabilité limitée des titres de compétences dans les métiers, faible niveau d’obtention de diplôme chez les apprentis, émergence de marchés de travail régionaux, vieillissement de la population active, baisse des effectifs masculins aux études postsecondaires), annonce une pénurie de travailleurs compétents. Il est primordial que le secteur de l’EP au Canada soit en mesure de relever ces défis.

Tableau 1.4.1  Possibilités d’emploi selon le niveau de compétence, 2006–2016


1 TCAM : taux de croissance annuel moyen.
2 TAMR : taux annuel moyen de retraite, soit le ratio du niveau des retraites au niveau de l’emploi pour chaque année de prévisions.
3 Les niveaux de compétence sont fondés sur la matrice CNP 2001, qui groupe les professions selon le niveau d’éducation et la formation normalement requis. Source : Lapointe, M., et coll. Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie, 2006–2015, 2006, p. 56.

Certains signes sont prometteurs :

  • Depuis 1990, le pourcentage de titulaires de baccalauréat dans la population a presque doublé.
  • Le pourcentage de titulaires de maîtrise ou de doctorat chez les 15 ans et plus est passé de 3,3 % en 1990 à 6 % en 2006.

Pourtant, les données les plus récentes indiquent qu’il y a place à l’amélioration :

  • De 1991 à 2004, le nombre d’inscrits aux programmes de formation d’apprentis s’est accru de 38,8 %. Cette augmentation ne s’est toutefois pas reflétée dans les taux d’obtention de diplôme au cours de la même période, malgré une pénurie de main-d’oeuvre dans certains métiers spécialisés.
  • Seuls 13 % des métiers spécialisés au pays portent le Sceau rouge, ce qui veut dire que près de neuf certificats sur 10 ne sont pas reconnus dans une autre province que celle où ils ont été obtenus.
  • Les taux de chômage chez les titulaires d’un diplôme universitaire sont beaucoup plus faibles que chez les personnes moins qualifiées. Au cours des 15 dernières années, les taux de chômage chez les personnes qui n’ont pas terminé leurs études secondaires étaient trois fois plus élevés que chez les titulaires d’un diplôme universitaire.
  •  Le quart des titulaires d’un diplôme universitaire gagnent moins qu’un diplômé du secondaire.

Ce que signifie cette information

Même si le Canada peut prétendre que son profil en EP est positif, il doit rivaliser avec des pays qui font des efforts concertés pour améliorer le rendement de l’EP ainsi que ses retombées. Il y a seulement 30 ans, les étudiants nord-américains représentaient plus du tiers des étudiants postsecondaires dans le monde. Aujourd’hui, les étudiants du Canada et des États-Unis ne forment plus que le sixième des effectifs.

L’ère de l’information battant son plein, le secteur de l’EP au Canada doit prêter attention aux virages démographiques, sociaux et économiques qui en résultent et prendre les mesures qui s’imposent. La demande de plus en plus criante d’une main-d’oeuvre polyvalente, par exemple, montre toute l’importance d’établir des liens plus solides entre le marché du travail et les établissements postsecondaires au Canada.

Par conséquent, le secteur de l’EP au Canada doit être plus réceptif aux besoins des apprenants non traditionnels, notamment les adultes âgés, les nouveaux immigrants, les personnes handicapées et les Autochtones. Cette nécessité s’accentuera si la conjoncture économique est moins favorable et que les décrocheurs postsecondaires rejoignent les rangs des chômeurs. Une inaction devant les besoins des apprenants non traditionnels pourrait entraîner des lacunes au chapitre des compétences sur le marché du travail, surtout dans le secteur des métiers, étant donné les faibles taux d’obtention de diplôme chez les apprentis et le manque de systèmes coordonnés de transfert de crédits.

Le Canada doit aussi se pencher sur les raisons pour lesquelles un si grand nombre de titulaires de diplôme d’études postsecondaires ont un revenu inférieur à ce qu’il devrait être et déterminer si leurs compétences sont sous-utilisées, ce qui nuirait aux gains de productivité dans l’ensemble du pays.

» Partie I en entier (PDF, 2.4 MB)

 

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