Accueil > Rapports > Enseignement postsecondaire > L'EP de 2008-2009
De nos jours, les diplômés du secondaire ont le choix parmi un éventail impressionnant de carrières. Mais comment peuvent-ils s’assurer de faire le bon choix et surtout, de suivre le parcours scolaire qui leur convient?
Ottawa (Ontario) — Chaque année au mois de juin, plus de 300 000 adolescents canadiens au regard fatigué s’interrogent après leur examen de fin d’année du secondaire et réalisent qu’ils devront bientôt prendre la décision la plus importante de leur courte vie.
Plusieurs d’entre eux ont déjà fait des recherches, posé les bonnes questions aux bonnes personnes et se sont bien préparés à entreprendre leurs études en fonction de leur choix de carrière. Cependant, des milliers d’autres jeunes demeurent perplexes, même paralysés devant la panoplie de choix qui s’offrent à eux.
Le dernier rapport du Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA) concernant l’état de l’enseignement postsecondaire au Canada (EP) souligne l’importance de l’enseignement postsecondaire pour réussir dans les pays industrialisés du monde moderne. Il met également l’accent sur le processus de prise de décision complexe auquel de nombreux diplômés du secondaire doivent faire face de nos jours. Quel choix de carrière me convient? À quel établissement postsecondaire (une université, un collège, une école polytechnique ou un centre d’apprentissage privé) dois-je m’inscrire pour exercer cette profession?
Troy Ireland connaît très bien ce processus.
Plein d’assurance et de détermination, Troy s’est inscrit à l’Université Carleton il y a deux ans tout juste après avoir reçu son diplôme d’études secondaires. Il avait choisi de s’orienter vers les sciences humaines. Mais très vite, l’élève qui avait prononcé le discours d’adieu a découvert que les études classiques n’étaient pas faites pour lui. Après avoir passé environ un an à papillonner d’une majeure à l’autre, il a décidé de prendre une pause. Laissant ses manuels scolaires de côté pour revêtir une ceinture à outils, Troy a commencé à travailler pour son beau-père, un entrepreneur en construction à son compte.
« J’aime faire ce travail à temps partiel, mais je ne me vois pas le faire à temps plein », affirme le jeune adulte de 19 ans. Pendant ses temps libres, il navigue sur Internet à la recherche d’une source d’inspiration. Il avoue que la multitude de carrières et de données sur l’enseignement postsecondaire qui sont à sa portée ne l’aide pas à prendre une décision.
Troy vise actuellement une carrière en théâtre et examine scrupuleusement les nombreux choix d’études postsecondaires pour trouver le bon programme. Il a récemment abandonné l’idée de s’inscrire dans un court programme de beaux-arts auprès d’un collège privé, où les frais de scolarité s’élevaient à 15 000 $ par année. En effet, les options au niveau postsecondaire sont multiples et variées, et plusieurs jeunes pourraient tirer avantage de l’aide des éducateurs, des établissements, des entreprises, des associations professionnelles et de métiers ainsi que des institutions gouvernementales.
Accès à l’information
Comme Troy l’a découvert, Internet est une véritable mine de renseignements sur les carrières. Les établissements postsecondaires offrent pour la plupart des sites Web contenant toute l’information dont un futur étudiant a besoin.
Sur le site de Ressources humaines et Développement des compétences Canada, le gouvernement fédéral publie régulièrement des données sur près de 30 000 titres de postes répartis en 520 groupes professionnels. Il fournit également les perspectives d’emploi pour chaque profession et les préalables pour œuvrer dans chaque domaine. Les gouvernements provinciaux et territoriaux offrent aussi des sites d’information sur les carrières, communément appelés réseau info-Emploi.
« Ces sites contiennent énormément d’information, mais l’organisation de ces données laisse à désirer », affirme Alison Green, conseillère en orientation professionnelle dans une école secondaire d’une banlieue de l’Ontario. Cette dernière présente aux élèves des « techniques d’orientation » spécialisées afin de les aider à naviguer parmi les ressources virtuelles illimitées qui leur sont accessibles.
Certains étudiants nagent en pleine confusion par rapport à cette multitude de ressources et adoptent une approche plus traditionnelle.
Déterminé à entreprendre une carrière dans le domaine des affaires, Yuxuan Gan a choisi de recueillir la plupart des renseignements sur les options en matière d’études postsecondaires auprès d’amis plus âgés. Pour lui, le moment décisif en ce qui concerne ce choix de carrière est survenu lorsque son professeur de commerce lui a suggéré d’assister à une réunion de comptables agréés.
« Je suis allé à la conférence [des comptables agréés] et j’ai appris que cette carrière était bien différente de ce que les gens croient », a affirmé l’adolescent de 17 ans, plein d’enthousiasme. L’Alberta est une province qui reconnaît l’importance de ce processus exploratoire, qui constitue une occasion pour les jeunes de mieux envisager leur avenir. À cette fin, les éducateurs et les entreprises favorisent les interactions entre le milieu de travail et la salle de classe de plusieurs façons.
Par exemple, le Registered Apprenticeship Program permet aux étudiants d’être rémunérés tout en apprenant. En choisissant parmi 50 métiers différents variant de réparateur d’appareils ménagers à soudeur, ils peuvent obtenir un salaire, des crédits d’études secondaires et accumuler des heures d’apprentissage. Le Career and Technology Studies program de l’Alberta permet également aux étudiants de choisir parmi 22 types de profession, notamment celles liées à différents secteurs comme l’agriculture, l’esthétique, les technologies des communications, la foresterie, l’alimentation ou le tourisme.
Faciliter la transition
Au Canada, le Partenariat en éducation, un consortium formé d’entreprises, d’établissements d’enseignement, d’institutions gouvernementales, de syndicats, de décideurs et d’organismes communautaires instaure plusieurs programmes pour aider les étudiants à faire le grand saut de la salle de classe au marché du travail.
Préoccupée par la pénurie de main-d’œuvre, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) encourage ces initiatives. En fait, elle affirme que quatre postes non occupés sur dix feront partie de la catégorie des professions spécialisées et techniques, surtout du côté des métiers. Peu d’étudiants le savent, mais à titre d’exemple, le Canada connaît actuellement une grande pénurie de chefs de train.
« Il n’est pas toujours nécessaire d’obtenir un diplôme universitaire pour occuper un emploi gratifiant et assurer sa subsistance de même que celle de sa famille », affirme Danielle Smith, directrice de la FCEI des affaires provinciales de l’Alberta.
Pour Alison Green, il est rassurant de rencontrer des étudiants motivés et préoccupés par leur carrière comme Yuxuan et Troy. En effet, elle s’inquiète davantage pour certains autres étudiants.
« Le problème, c’est que les jeunes qui font appel aux programmes de soutien aux élèves sont souvent ceux qui n’ont pas vraiment besoin d’aide. Ceux qui en ont réellement besoin ne frappent jamais à ma porte. »
En fin de compte, elle affirme que certains des étudiants qui ont à cœur de bâtir leur avenir ont parfois juste besoin d’un coup de pouce sur le plan humain, comme d’une discussion avec un adulte de confiance.
« Souvent, il s’agit seulement de démystifier le processus de choix de carrière », dit-elle. « Il faut montrer aux étudiants comment certaines personnes ont fait pour réussir dans leur carrière. En les aidant à voir ce dont ils sont capables et ce qu’ils doivent faire pour aller de l’avant, ils arriveront à faire un choix de carrière judicieux. »
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