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Afin de s’attaquer au problème de la littératie au Canada, il est essentiel de comprendre qui sont les adultes aux prises avec ce problème et pourquoi ils ne demandent pas d’aide. Lire l’avenir nous apprend, par exemple, que de nombreux adultes ayant un faible niveau de littératie ont une attitude négative vis‑à‑vis de l’informatique. Cette information ne peut que conduire les décideurs et les éducateurs à concevoir des programmes de littératie en fonction des besoins et des intérêts précis de ces adultes en matière d’apprentissage.
Grâce à la gamme de connaissances et d’outils toujours plus complète dont nous disposons et qui, comme le rapport Lire l’avenir, nous aident à mieux cerner les problèmes de littératie au Canada et les personnes qui en souffrent, nous devrions être en mesure de progresser.
Aujourd’hui, près de la moitié des adultes canadiens connaissent des problèmes de littératie. Voici quelques‑uns des constats que dresse Lire l’avenir en ce qui concerne les Canadiens aux prises avec un faible niveau de littératie :
Des hommes et des femmes de tous âges et aux bagages culturels les plus divers souffrent d’un faible niveau de littératie, et ce, au sein de tous les groupes de la population. Il peut s’agir de jeunes adultes ou de personnes âgées, de travailleurs ou de chômeurs ou encore de personnes avec ou sans enfants, de langue maternelle anglaise, française ou autre.
S’appuyant sur les données de Statistique Canada, Lire l’avenir permet de mieux cerner qui sont ces adultes en les répartissant en six groupes, eux mêmes divisés en 10 sous groupes et fondés sur la langue maternelle, le niveau de littératie et divers critères semblables.
Anglophone A1 (Niveau supérieur 1) • Adultes de langue maternelle anglaise • Nés au Canada • Susceptibles de souffrir de problèmes de lecture
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Le groupe anglophone A1 compte environ 240 000 adultes canadiens. Il s’agit de personnes nées au Canada, de langue maternelle anglaise. Pratiquement tous les adultes du groupe A1 sont des hommes. La plupart a moins de 35 ans.
Plus de la moitié des adultes du groupe A1 (53 %) n’a pas terminé ses études secondaires. La majorité a un emploi et juge sa maîtrise de la lecture adaptée à celui‑ci. La plupart a une attitude positive vis‑à‑vis de l’informatique.
Ces adultes ont une maîtrise de la lecture très limitée. Leur vocabulaire est restreint, et ils maîtrisent mal l’orthographe. Leur vocabulaire leur permet de s’adonner aux activités de base de la vie quotidienne, comme faire les courses ou regarder la télévision. Par contre, leur aptitude à la lecture de mots réels ou de pseudo‑mots, évaluée dans le cadre de l’Enquête internationale sur les compétences en lecture (EICL), est équivalente à celle d’élèves de deuxième à quatrième année. Elle est si faible qu’il semble qu’en réalité, beaucoup d’entre eux aient divers degrés de difficultés en lecture.
Anglophone A2 (Niveau faible 1) • Adultes de langue maternelle autre que le français ou l’anglais • Majoritairement immigrants
Ce groupe compte environ 379 000 adultes. Bien que ceux‑ci ne soient pas de langue maternelle anglaise, ils sont rangés dans le groupe « anglophone » parce qu’ils ont subi les tests dans cette langue. Ils devront parfaire leur apprentissage de la littératie en anglais.
La majorité de ces adultes est née à l’étranger et appartient aux tranches d’âge supérieures. Beaucoup n’ont bénéficié d’aucun enseignement formel ou presque dans leur langue maternelle.
La majorité des adultes du groupe A2 estime sa maîtrise de la lecture adaptée à son emploi. Ils occupent dans la plupart des cas des postes de premier échelon dans le secteur tertiaire, qui n’exigent pas de niveau de littératie élevé en anglais (ou en français). Leur attitude vis‑à‑vis de l’informatique est légèrement moins positive que celle des adultes du groupe A1.
Anglophone B1 (Niveau moyen 1) • Adultes de langue maternelle anglaise • Nés en majorité au Canada • Susceptibles de souffrir de problèmes de lecture
Le groupe anglophone B1 compte environ 48 000 adultes. La majorité est née au Canada et est de langue maternelle anglaise. La plupart des membres de ce groupe appartient aux tranches d’âge inférieures; le tiers est âgé de 16 à 25 ans.
La majorité de ces adultes a terminé ses études secondaires, mais sans poursuivre d’études postsecondaires. Seuls 23 % ont un emploi.
Ce groupe compte environ 430 000 adultes, soit considérablement plus que le groupe B1. La plupart de ses membres est de langue maternelle autre que l’anglais et est née à l’étranger. Près des trois quarts ont plus de 46 ans.
La majorité des adultes du groupe B2 a obtenu son diplôme d’études secondaires ou du moins fréquenté un établissement d’enseignement secondaire. Contrairement aux adultes du groupe B1, la plupart (82 %) a un emploi. La plus grande partie estime sa maîtrise de la lecture adaptée à son emploi.
Constitué d’environ 1 914 000 adultes, le groupe C est le deuxième groupe d’adultes en importance affichant un niveau de littératie inférieur à 3. Contrairement aux groupes anglophones A et B, il ne comporte aucun sous‑groupe. La plupart des adultes du groupe C (73 %) sont nés au Canada et sont de langue maternelle anglaise. Ils se répartissent de manière relativement équilibrée parmi les diverses tranches d’âge.
Environ le tiers a effectué des études postsecondaires qui ont ou non mené à l’obtention d’un diplôme. Par ailleurs, 28 % ont effectué des études secondaires, mais 38 % ne les ont pas terminées. La plupart de ces adultes ont un emploi. Ceux qui sont nés à l’étranger sont plus susceptibles d’occuper un emploi (80 %) que ceux nés au Canada (55 %). La majorité juge sa maîtrise de la lecture adaptée à son emploi.
Un peu plus de la moitié du groupe affiche une attitude négative vis‑à‑vis de l’informatique.
Constitué d’environ 3 161 000 adultes, le groupe anglophone D est le plus important des groupes anglophones d’adultes affichant un niveau de littératie inférieur à 3. La plupart de ses membres est née au au Canada et est de langue maternelle anglaise. La majorité a moins de 45 ans, ce qui fait du groupe D le plus « jeune » de tous. Le groupe compte grosso modo autant d’hommes que de femmes, répartis de manière uniforme parmi l’ensemble des tranches d’âge.
Plus du tiers (39 %) des membres du groupe ont effectué des études secondaires, qu’ils aient ou non obtenu leur diplôme. La majorité a tout au plus terminé ses études secondaires. Les deux tiers ont un emploi. Comme dans le cas du groupe C, les immigrants (82 %) sont plus susceptibles d’occuper un emploi que les personnes nées au Canada (60 %). L’attitude de ce groupe vis‑à‑vis de l’informatique est très négative. La majorité de ses membres juge sa maîtrise de la lecture adaptée à son emploi.
La plupart des adultes du groupe D possèdent les principales aptitudes à la lecture nécessaires pour devenir des apprenants efficaces et autonomes tout au long de leur vie.
Francophone A1 (Niveau moyen 1) • Adultes en majorité de langue maternelle française • Nés en majorité au Canada • Susceptibles de souffrir de problèmes de lecture
Le groupe francophone A compte 103 000 adultes. La très vaste majorité d’entre eux se dit de langue maternelle française (87 000 personnes, soit 85 %, immigrants compris). Les 16 000 autres (groupe A2) sont de langue maternelle autre que le français. L’échantillonnage étudié est trop restreint pour dégager des caractéristiques justifiant le partage du groupe A en deux sousgroupes, comme dans le cas des groupes anglophones. Seules les personnes de langue maternelle française peuvent être caractérisées avec précision. Quatre‑vingt‑dix pour cent des adultes du groupe A1 sont nés au Canada. La majorité a plus de 46 ans.
Les membres de ce groupe affichent de très faibles niveaux de scolarité; 71 % n’ont pas terminé leurs études secondaires.
Près des deux tiers (65 %) des membres du groupe A1 ont un emploi. La majorité a une attitude très positive vis‑à‑vis de l’informatique et estime sa maîtrise de la lecture adaptée à son emploi.
Francophone B1 (Niveau supérieur 1) • Adultes en majorité de langue maternelle française • Nés au Canada • Susceptibles de souffrir de problèmes de lecture
Le groupe francophone B compte plus de 137 000 adultes. À l’instar des membres du groupe francophone A, la majorité est de langue maternelle française. Les 34 000 autres adultes (B2) sont de langue maternelle autre que le français, L’échantillonnage étudié est trop restreint pour dégager des caractéristiques justifiant le partage du groupe B en deux sous-groupes. Un seul groupe (B1, comptant 103 000 adultes) peut être caractérisé avec précision. Tous les adultes du groupe B1 sont nés au Canada. Les deux tiers ont plus de 46 ans. En outre, 40 % des adultes du groupe B1 ont des enfants à la maison.
Les membres de ce groupe affichent de très faibles niveaux de scolarité; 91 % n’ont pas terminé leurs études secondaires. À peine plus de la moitié (53 %) du groupe a un emploi. La majorité juge sa maîtrise de la lecture adaptée à son emploi. Ce groupe affiche une attitude très négative vis‑à‑vis de l’informatique.
Francophone C (Niveau inférieur 2) • Adultes majoritairement de langue maternelle française • Nés en majorité du Canada
Le groupe C compte 522 000 adultes. Il s’agit du deuxième groupe francophone en importance.
La majorité de ses membres (89 %) est de langue maternelle française. Le groupe C se compose majoritairement de personnes de plus de 46 ans (53 %) et compte légèrement plus d’hommes que de femmes. Plus d’un tiers de ses membres (35 %) a des enfants à la maison.
Les adultes du groupe C affichent de très faibles niveaux de scolarité. En effet, 85 % ont tout au plus effectué des études secondaires, et 67 % ne les ont pas terminées. Plus de la moitié (55 %) a un emploi. Dans l’ensemble, ces adultes ont une attitude très négative vis‑à‑vis de l’informatique et estiment que leur maîtrise de la lecture est adaptée à leur emploi.
Le groupe D est le groupe francophone le plus important. Il compte 1 158 000 adultes, soit 60 % des adultes affichant un niveau de littératie inférieur à 3 et ayant besoin de poursuivre leur apprentissage en français.
La majorité des adultes du groupe D (98 %) est de langue maternelle française. La plupart (98 %) est née au Canada. Le groupe compte en gros autant d’hommes que de femmes. La plupart de ses membres (61 %) a plus de 46 ans, et un peu moins du tiers (31 %) a des enfants à la maison.
Les membres du groupe D qui sont de langue maternelle française affichent des niveaux de scolarité relativement faibles. Si 40 % d’entre eux ont effectué des études postsecondaires, 37 % n’ont pas terminé leurs études secondaires. Par ailleurs, 67 % ont un emploi. Un peu plus de la moitié des adultes de ce groupe affiche une attitude négative vis‑à‑vis de l’informatique et juge sa maîtrise de la lecture adaptée à son emploi.
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