State of E-Learning

L’apprentissage virtuel chez les élèves présentant un handicap

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Les élèves vivant avec un handicap doivent depuis toujours surmonter de nombreux obstacles pour accéder à l’enseignement postsecondaire et réussir leurs études.

Toutefois, grâce aux progrès réalisés en matière d’apprentissage virtuel, ces élèves profitent maintenant d’avancées technologiques qui offrent un accès interactif complet à du matériel textuel, audio et vidéo – partout et en tout temps, par le truchement d’Internet. En effet, une étude menée en 2009 et publiée dans le Journal of Postsecondary Education and Disability indique que les étudiants vivant avec un handicap qui fréquentent une université commencent à présenter des taux de maintien aux études et de diplomation aussi élevés que les étudiants sans aucun handicap.

Les technologies d’apprentissage virtuel permettent de multiplier les possibilités d’apprentissage des étudiants vivant avec un handicap, comme le souligne le Conseil canadien sur l’apprentissage dans son rapport État de l’apprentissage virtuel au Canada. Celui-ci examine l’état actuel de l’apprentissage virtuel au pays et ailleurs dans le monde.

À l’Université Carleton, par exemple, environ 6 % des 25 000 étudiants à temps plein et à temps partiel ont des incapacités. Or leurs taux de réussite des cours sont comparables à ceux du reste des effectifs. Selon Larry McCloskey, directeur du Centre Paul Menton de l’Université Carleton pour étudiants handicapés, le tutorat individuel offert par les coordonnateurs du centre aide les étudiants à apprivoiser l’informatique et à adapter l’apprentissage virtuel à leurs besoins (étudiants aux prises avec des difficultés motrices, psychologiques, d’apprentissage et qui ont une déficience auditive ou visuelle). Les coordonnateurs soutiennent ainsi les étudiants dans l’acquisition des aptitudes et des stratégies d’apprentissage en évaluant leurs besoins en aménagements en milieu scolaire et en y répondant, facilitant ainsi l’adaptation de l’étudiant à l’environnement physique de l’université et aux exigences des cours. Le Centre Paul Menton peut également faire passer des tests aux étudiants dans sa salle d’examen équipée de technologies d’assistance.

Les technologies d’apprentissage à l’Université Carleton sont surtout utilisées pour résoudre les problèmes d’accessibilité afin que les étudiants vivant avec un handicap puissent apprendre de façon traditionnelle, à l’instar de leurs camarades de classe. Pour faciliter l’accès d’un étudiant avec une déficience auditive ou visuelle à des imprimés, le coordonnateur Jason Goveas peut personnaliser la copie numérique d’un texte pour des logiciels différents. Les programmes de lecture d’écran comportent une voix de synthèse qui prononce le texte à voix haute et décrit les images au moyen d’un code intégré. Ces programmes peuvent également lire et décrire des sites Web. Pour les étudiants ayant des troubles d’apprentissage, catégorie générale regroupant les incapacités visuelles, auditives ou de traitement conceptuel de l’information, d’autres programmes lisent à voix haute et affichent le texte afin que les étudiants puissent suivre au fur et à mesure.

Mais les défis demeurent nombreux en matière d’accès au matériel dont ont besoin les étudiants. « La grande difficulté, c’est de parvenir à convaincre les éditeurs de fournir les textes en format électronique, explique Jason Goveas. Le marché des manuels est restreint et ils sont vite périmés. Certains éditeurs hésitent donc à émettre une version électronique, surtout si elle doit paraître en même temps que le livre ». Il ajoute que les éditeurs craignent que la copie électronique ne soit piratée et de perdre ainsi des revenus.

De temps à autre, Jason Goveas consulte la W. Ross Macdonald School (WRMS) pour étudiants ayant une déficience visuelle, aveugles et sourds et aveugles. Située à Brantford, en Ontario, la WRMS procède actuellement à l’établissement d’un dépôt de textes numérisés (activité subventionnée par le gouvernement de l’Ontario). Toutefois, si la WRMS ne possède pas de copie numérique d’un livre ou ne peut en obtenir une de l’éditeur, elle détache les pages du livre et les numérise une à une, puis fait parvenir le tout par courriel au client : une procédure coûteuse qui gruge beaucoup de temps.

Un projet pilote dont le lancement est prévu en 2009 pourrait résoudre ce problème. Pour beaucoup gagner en efficacité, l’éditeur fournira les copies électroniques à un seul établissement, en l’occurrence la WRMS, chaque fois qu’un établissement scolaire fera une demande en ce sens. Dans le cadre du projet pilote, les étudiants obtiendraient rapidement le matériel de cours dont ils ont besoin en format accessible, ce qui est essentiel puisque, comme le souligne Jason Goveas, les semestres d’études ne durent que 12 semaines.

Une autre amélioration importante dans l’apprentissage virtuel chez les étudiants présentant un handicap est la mise en œuvre imminente de la norme d’accessibilité de l’information et des communications, établie par la Loi de 2005 sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario (LAPHO). Selon Larry McCloskey, cette loi vise à faire de l’Ontario le premier État au monde à lever les obstacles auxquels se heurtent les personnes handicapées. En effet, en 2011, tous les organismes publics (y compris les établissements d’enseignement) devront répondre aux besoins des personnes ayant des incapacités en fournissant en temps opportun le matériel publié dans les formats demandés.

« Un étudiant ayant une déficience visuelle peut avoir besoin d’un livre enregistré sur bande ou sur CD, un autre un livre pouvant être lu à partir d’un ordinateur ou en braille. Un autre encore peut demander un livre imprimé en gros caractères ou dans une autre police », précise Larry McCloskey en tentant d’expliquer toute la difficulté de répondre aux besoins individuels de chaque étudiant. « La LAPHO vise essentiellement à donner le choix à chaque personne et à y répondre en temps opportun. Nul besoin de convertir des bibliothèques en entier au cas où quelqu’un demanderait un titre en particulier. L’important, c’est de pouvoir garantir que nous pouvons produire d’ici 24 heures le format demandé. »

En plus des efforts déployés par les établissements d’enseignement, des centres de ressources en ligne, comme le programme The Inclusive Learning Exchange (TILE), sont mis sur pied un peu partout au pays pour accroître l’accès à l’apprentissage virtuel chez les étudiants vivant avec un handicap. Le programme TILE intègre les avancées en technologie large bande d’apprentissage virtuel pour créer un dépôt d’environnements d’apprentissage interactifs capables de se transformer pour répondre aux besoins de chaque apprenant. TILE fournit des logiciels d’accessibilité sur différents types de supports pour les élèves ayant des incapacités, qu’ils soient aux études élémentaires, secondaires ou postsecondaires, étudient en milieu de travail ou saisissent l’une ou l’autre des occasions d’apprentissage tout au long de la vie.

 

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