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Plusieurs années auparavant, Melinda avait abandonné son baccalauréat en musique à mi parcours pour des raisons financières. Ne pouvant toujours pas se permettre de reprendre ses études universitaires à temps plein, elle a donc exploré les possibilités offertes par l’Université Athabasca (UA), établissement d’enseignement postsecondaire essentiellement virtuel offrant en ligne 150 cours de premier cycle et de cycles supérieurs. Inscrite à temps partiel, Melinda suit actuellement trois cours par semestre.
Le rapport État de l’apprentissage virtuel au Canada du Conseil canadien sur l’apprentissage souligne l’approche de l’UA. Il examine l’état actuel de l’apprentissage virtuel au Canada et ailleurs dans le monde.
L’UA a été établie en 1970 à Edmonton à titre d’établissement public traditionnel. Mais, très vite, son mandat s’est étendu à l’exploration de nouvelles façons d’offrir un enseignement postsecondaire aux personnes ne disposant pas des ressources financières pour faire des études supérieures, n’ayant pas terminé leurs études secondaires ou habitant en région éloignée. Parmi les premières à utiliser l’informatique pour offrir des cours en ligne, l’UA est maintenant une université ouverte offrant surtout des cours à distance.
En 1984, l’UA, devenue trop grande pour ses installations à Edmonton, a élu domicile à 145 kilomètres au nord, dans la petite ville d’Athabasca. Des campus satellites ont aussi vu le jour à St-Albert, Edmonton et Calgary, où des cours ainsi que des services de mentorat et de soutien sont offerts sur place. Les programmes en ligne attirent toutefois 80 % des étudiants.
Aujourd’hui, l’UA est une institution pleinement accréditée et reconnue internationalement à laquelle plus de 37 000 étudiants au Canada et dans 84 autres pays sont inscrits.
Toute personne de plus de 16 ans disposant d’un ordinateur et d’une connexion Internet peut s’inscrire à l’établissement ouvert qu’est l’UA. Les cours personnalisés permettent aux étudiants d’apprendre à leur propre rythme, et le matériel de classe ainsi que les travaux pratiques sont appuyés de services de soutien en ligne, d’assistance technique et de services de bibliothèque. L’université a recours à une gamme complète de modèles d’apprentissage à distance, dont des activités multimédias en ligne, des logiciels spécialisés et la vidéoconférence.
Selon Jim Macleod, directeur des relations avec les anciens de l’UA, « très peu de nos étudiants pourraient entreprendre des études universitaires sans un établissement d’enseignement virtuel comme Athabasca ». En fait, la souplesse est l’élément qui sous tend chacune des forces fondamentales de l’apprentissage virtuel à distance. Elle permet, par exemple, à Melinda Smith et à ses camarades de cyberclasse de poursuivre leurs études en tout temps, quels que soient leurs horaires de travail, leurs obligations familiales ou religieuses, leurs jours de congé, leurs moyens de transport et les conditions météo.
Comme 80 % des étudiants de l’UA, Melinda Smith doit travailler pour subvenir à ses besoins pendant ses études. Grâce aux crédits d’études postsecondaires qu’elle a récemment obtenus, elle a décroché un poste de caissière dans une banque près de chez elle. Elle terminera son baccalauréat en anthropologie en décembre 2009 et prévoit faire sa maîtrise à l’UA dans l’espoir d’être admise au doctorat à l’Université de l’Alberta et peut-être même, un jour, d’exploiter un petit musée.
Près des trois quarts (74 %) des diplômés de programmes d’apprentissage virtuel à distance de l’UA sont les premiers dans leur famille à obtenir un diplôme universitaire. Et même si les étudiants de l’UA habitent dans divers pays, plus de la moitié, ainsi que leur famille, font le voyage jusqu’à Athabasca pour participer aux cérémonies de collation des grades, diffusées en direct sur le site Web de l’université afin que puissent participer en ligne toute la promotion.
« Le sentiment de réussite qui brille dans les yeux des étudiants et la fierté des parents et des enfants à la collation des grades en disent long sur le rôle essentiel que joue un enseignement ouvert et à distance, » affirme Jim Macleod.
État de l’apprentissage virtuel au Canada présente plusieurs autres programmes d’enseignement postsecondaire virtuel, notamment :
En 2001, le Conseil des ministres de l’Éducation du Canada (CMEC) et Industrie Canada ont créé un comité consultatif qui a produit le rapport L’Évolution de l’apprentissage en ligne dans les collèges et les universités : Un défi pancanadien. Dans son rapport, le comité propose un plan d’action axé sur la réalisation d’objectifs pancanadiens très importants, dont une expansion considérable de l’apprentissage virtuel dans l’enseignement postsecondaire pour répondre aux besoins en apprentissage des Canadiens – en particulier ceux qui sont mal desservis par les établissements traditionnels. Parmi les solutions proposées, on recommandait de placer les étudiants au centre de leur propre apprentissage, chose que l’apprentissage virtuel facilite. Malgré une certaine expansion de l’apprentissage virtuel dans l’enseignement postsecondaire partout au Canada au cours des dernières années, la réponse au plan d’action ambitieux proposé en 2001, à l’échelle pancanadienne, a été mitigée. D’autres pays, comme l’Australie et les États-Unis, s’appliquent déjà à mettre en œuvre des stratégies nationales d’apprentissage virtuel beaucoup plus dynamiques que celles mises de l’avant par le Canada. En effet, 20 % des étudiants aux études supérieures aux États Unis ont suivi au moins un cours en ligne (de telles données ne sont pas disponibles pour le Canada).
Pour évaluer les répercussions de l’apprentissage virtuel sur l’enseignement postsecondaire, les programmes d’études et les effectifs, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a sondé en 2005 les pratiques de 19 établissements d’enseignement postsecondaires dans 13 pays membres. Les résultats du sondage indiquent que le Canada tarde à intégrer d’importants modules en ligne à ses programmes d’études supérieures.
Comme le recommande État de l’apprentissage virtuel au Canada, le Canada et le secteur de l’enseignement postsecondaire devraient revoir le plan d’action proposé en 2001 afin de permettre aux apprenants de tirer profit de l’apprentissage virtuel.
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