Accueil > Rapports > État de l'apprentissage virtuel
Ressources
Dans son rapport État de l’apprentissage virtuel au Canada de 2009, le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA) présente de puissants outils d’apprentissage virtuel que les éducateurs d’aujourd’hui intègrent à leurs activités en classe.
L’un de ces outils est le logiciel d’alphabétisation en ligne ABRACADABRA (A Balanced Reading Approach for Canadians Designed to Achieve Best Results for All), qui permet aux élèves de la maternelle à la deuxième année d’acquérir des compétences spécifiques comme la lecture et l’écoute d’histoires, ainsi que d’épeler et d’entendre des mots par le truchement d’Internet. Le logiciel comprend des ressources destinées aux enseignants, dont une fonction de suivi des progrès des élèves. Le but ultime de l’outil est de permettre à ces enfants de lire d’eux-mêmes. Les résultats initiaux sont prometteurs : une étude menée en 2006 auprès d’élèves de première année a permis d’observer une amélioration notable de certaines compétences clés en matière de littératie comme la correspondance entre une lettre et un son, les variations phonologiques, la compréhension de la lecture et la compréhension auditive. ABRACADABRA donne également de bons résultats chez les élèves atteints de troubles de l’attention. « Ce qui rend cet outil d’apprentissage révolutionnaire, c’est qu’il est fondé sur des données probantes et qu’il a été minutieusement validé », explique Philip Abrami, directeur du Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CEAP) de l’Université Concordia qui a conçu le logiciel. Il s’appuie sur des recherches de pointe en matière d’apprentissage, de développement du cerveau et de littératie durant la petite enfance.
« Qui plus est, il est offert sans frais », ajoute M. Abrami.
Des enseignants du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et du Manitoba utilisent ABRACADABRA, ce qui donne lieu à 6 700 visites d’élèves chaque mois. Le CEAP organise des séances de formation à l’intention des enseignants trois fois l’an et prévoit poursuivre le déploiement d’ABRACADABRA dans l’ensemble du pays. Le logiciel est également accessible à l’étranger. Par exemple, l’Université Charles Darwin de l’Australie est en train de l’adapter à l’intention des enfants aborigènes.
De nos jours, les élèves de la maternelle à la 12e année sont beaucoup plus rompus aux technologies que leurs parents. En fait, ces enfants nés après l’invention de l’ordinateur portatif aiment mieux manier le clavier que le stylo. Déjà, en 2000, 82 % des parents canadiens affirmaient que leurs enfants d’âge scolaire utilisaient Internet, selon Statistique Canada.
À la maison, à l’école et dans leur quartier, les élèves du primaire et du secondaire sont constamment entourés d’appareils reliés à Internet, de téléphones cellulaires, d’iPod, de jeux électroniques et de programmes évolués, de sites Web de réseautage social et de divertissements sur demande.
Cette dépendance technologique est d’autant plus marquée que le Canada est doté de l’une des meilleures infrastructures de télécommunications du monde. Les quelque 5,3 millions d’élèves de la maternelle à la 12e année ont aujourd’hui accès à plus d’un million d’ordinateurs dans les écoles canadiennes, soit un ratio beaucoup plus élevé que la moyenne des pays industrialisés. Dans les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), on compte en moyenne un ordinateur pour 13 élèves.
Les conseils scolaires de partout au Canada intègrent des cours en ligne à leurs programmes d’études. En 2004, 36 % des écoles secondaires et 3 % des écoles primaires offraient ce genre de programmes, et ces proportions ne font qu’augmenter. Comme le CCA l’indique dans son rapport État de l’apprentissage virtuel au Canada, les initiatives d’apprentissage virtuel mises de l’avant par les provinces couvrent toute une gamme de ressources multimédias et de cours interactifs de grande qualité offrant une rétroaction et une évaluation personnalisées. Les enseignants de même que les élèves de l’école intermédiaire et secondaire peuvent choisir à quel moment, à quel endroit et à quel rythme doit se dérouler l’apprentissage. Les élèves qui vivent en milieu rural sont plus nombreux que ceux vivant en milieu urbain à suivre des cours en ligne, puisque l’enseignement à distance diminue l’éloignement par un simple clic de souris.
Il ne faut pas oublier que l’apprentissage virtuel est une trousse d’outils numériques, pas une méthode pédagogique. D’autres études sont nécessaires pour mieux comprendre le lien entre l’apprentissage virtuel et les pratiques d’enseignement de même que l’interdépendance des littératies numérique et traditionnelle. Si on a recours aux technologies numériques dans le but d’améliorer les compétences traditionnelles, il semble que le contraire est également vrai : des études montrent que de bonnes compétences en lecture et en résolution de problèmes, par exemple, sont essentielles à la littératie numérique.
La compréhension de documents écrits, les connaissances en mathématiques et la littératie en science facilitent l’exploitation optimale des outils logiciels complexes et des connaissances pointues électroniquement accessibles. Cependant, la capacité de consulter des problèmes mathématiques complexes en ligne n’équivaut pas à apprendre à les résoudre.
Comme le souligne le CCA, les résultats des études existantes offrent une variété de points de vue et de conclusions sur l’efficacité de l’apprentissage virtuel. Des sondages sur la satisfaction des élèves indiquent que l’apprentissage virtuel améliore la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage. Quant aux éducateurs les plus enthousiastes, ils se réjouissent du rôle complémentaire de l’apprentissage virtuel en classe. Mais bien que les investissements massifs dans les technologies de l’éducation se poursuivent, rien n’indique que la seule présence d’ordinateurs en classe suffise à améliorer la réussite scolaire ou à motiver les élèves.
Pour exploiter pleinement le potentiel de l’apprentissage virtuel au Canada, d’autres études doivent permettre de mieux comprendre la « fracture numérique ». Les ordinateurs domestiques sont devenus une ressource éducative commune; or les élèves issus de familles mieux nanties sont plus susceptibles d’y avoir accès. Les parents jouissant d’un revenu et d’un niveau de scolarité élevés considèrent en général les ordinateurs domestiques comme une forme de capital culturel essentielle. Leurs enfants sont plus susceptibles que leurs camarades d’avoir une attitude positive face à l’ordinateur et de profiter des avantages que celui-ci confère sur le plan de l’éducation et des revenus à long terme. Les débats se poursuivent donc sur la capacité de l’ordinateur d’atténuer ou d’amplifier les inégalités socio-économiques.
Comme l’indique le rapport du CCA, beaucoup d’autres pays ont mis en œuvre de vastes stratégies d’apprentissage virtuel et ont fait de l’apprentissage numérique une priorité nationale. En revanche, le Canada ne s’est doté d’aucun cadre cohérent visant à définir le développement de l’apprentissage virtuel. Des efforts coordonnés de la part de tous les intervenants au pays de même que des études empiriques et longitudinales sont nécessaires pour réaliser le vaste potentiel de l’apprentissage virtuel.
Haut de page