State of Learning in Canada

État de l'apprentissage au Canada :
Pas le temps de s'illusionner

Chapitre 2 : Apprentissage chez les jeunes enfants

Ressources associées au rapport

Si l’apprentissage est un parcours de toute une vie, les premiers petits pas sont sans doute les plus cruciaux.

Un nombre croissant d’ouvrages de recherche révèlent que les expériences des enfants et le milieu dans lequel ils vivent pendant les cinq premières années de leur vie auront une incidence durable sur leur réussite ultérieure à l’école, au travail et dans de nombreux aspects d’une vie longue et saine.

C’est pourquoi l’apprentissage chez les jeunes enfants est une préoccupation clé du Conseil canadien sur l’apprentissage. Le chapitre 1 du premier rapport sur l’État de l’apprentissage au Canada porte sur les questions touchant les plus jeunes citoyens du pays, depuis l’environnement prénatal jusqu’à l’âge de la scolarité.

Le rapport étudie des comptes rendus de recherche sur l’apprentissage et le développement des jeunes enfants, y compris les facteurs qui influent sur la santé, l’apprentissage, le développement social et les soins qu’on leur procure.

Le rapport conclut que bien que la plupart des enfants canadiens naissent en bonne santé et jouissent d’un bon développement, de nombreux autres n’ont pas cette chance. En fait, un enfant sur quatre commence la 1re année avec des troubles d’apprentissage ou du comportement qui pourraient nuire à son succès scolaire futur et à sa réussite dans la vie en général. Par ailleurs, certains enfants sont beaucoup plus défavorisés que d’autres. Ces injustices doivent être redressées si le Canada veut maintenir un niveau satisfaisant de bien-être social et de prospérité économique.

Le Canada compte plus de 2 millions d’enfants de moins de six ans. Toutefois, plus la population vieillit, plus la proportion d’enfants décline, passant de 9 % en 1975 à 6 % en 2005.

De même, de nombreux aspects du développement des jeunes enfants sont encore inconnus et inexplorés. Ces lacunes dans nos connaissances augmentent le risque que le Canada ne reconnaisse pas des défis nouveaux ou manque de ressources pour les relever.

Les données qui se sont dégagées des recherches ont été divisées en six grands indicateurs de l’apprentissage chez les enfants d’âge préscolaire :

Poids à la naissance – Les bébés qui pèsent moins de 2,5 kg (5,5 livres) à la naissance présentent des risques plus élevés de souffrir d’un retard dans leur apprentissage et leur développement. Six pour cent des bébés canadiens naissent avec une insuffisance pondérale, taux qui demeure constant depuis 25 ans. La fréquence de l’insuffisance de poids à la naissance au Canada est légèrement inférieure à la moyenne enregistrée dans les pays membres de l’OCDE.

Développement physique et mouvement – Près de 90 % des enfants canadiens de quatre et cinq ans présentent une motricité fine et globale égale ou supérieure à la moyenne. Bien que les garçons et les filles se ressemblent au chapitre de la force, de la maîtrise et de la coordination des mouvements des gros muscles, plus de garçons (14 %) que de filles (9 %) souffrent d’un retard de motricité fine, le genre de maîtrise requise pour tenir un crayon et tourner les pages d’un livre.

Développement cognitif – Le développement cognitif comporte des processus mentaux comme la réflexion, le raisonnement et le calcul. Chaque enfant se développe à un rythme différent, mais le développement cognitif s’opère ordinairement par étapes distinctes.

La plupart des enfants canadiens affichent un niveau moyen ou avancé de développement cognitif. Cependant, 21 % des enfants de quatre et cinq ans provenant de familles à faible revenu présentaient un retard de développement dans un test de copie et de compréhension de symboles tels que des lettres et des mots, contre 13 % des enfants issus d’autres milieux. Dans un test sur la connaissance des nombres, 26 % des enfants de l’âge de la maternelle issus de familles à faible revenu accusaient un retard du développement, comparativement à 14 % des autres enfants.

Acquisition du langage et des compétences en communication – La majorité des enfants canadiens qui ont été évalués depuis 1994–1995 ont obtenu un rendement moyen ou élevé en vocabulaire réceptif, soit la capacité de comprendre des mots à l’oral. Toutefois, plus de 25 % des enfants de quatre et cinq ans issus de familles à faible revenu sont considérés comme étant en retard dans l’acquisition du vocabulaire, comparativement à 11 % des autres enfants.

L’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes révèle que près de 90 % des enfants de quatre et cinq ans possèdent des compétences en communication dans la moyenne ou au-dessus de la moyenne. Cependant, plus de garçons (14 %) que de filles (8 %) se classent dans la catégorie « retard dans l’acquisition du langage ».

L’enquête met également en évidence que les parents ou d’autres adultes font quotidiennement la lecture à une proportion croissante d’enfants d’âge préscolaire (67 % en 2002–2003 par rapport à 56 % en 1994–1995). Cependant, on ne fait régulièrement la lecture qu’à 58 % des enfants issus de familles à faible revenu, contre 69 % chez les autres enfants.

Développement affectif et social – La création de liens d’attachement à ses parents et à d’autres adultes importants, la maîtrise de ses émotions et l’intégration à des groupes de pairs sont autant d’éléments importants du développement.

Chez les tout-petits, les garçons sont plus nombreux (16 %) que les filles (13 %) à faire preuve d’agressivité physique, tandis que les filles sont plus susceptibles d’afficher des comportements agressifs indirects (p. ex., isoler une autre personne et se venger). Toutefois, la proportion globale d’enfants d’âge préscolaire qui présentent des niveaux élevés d’agressivité indirecte a diminué, passant de 11 % en 1994–1995 à 7 % en 2002–2003.

Éducation et soins de la petite enfance – En 2002–2003, plus de la moitié des enfants canadiens (53 %) âgés de six mois à cinq ans étaient confiés, selon des modalités diverses, à des personnes autres que leurs parents. Quarante trois pour cent des enfants canadiens de six ans et moins prenaient part à des activités organisées telles que des groupes de jeux, des programmes de stimulation précoce et des cours pour parents et enfants.

En 2004, le Canada a affecté 0,25 % de son produit intérieur brut (PIB) à des services à la petite enfance, y compris des services de garde, destinés aux enfants de six ans et moins, le niveau le plus faible parmi 14 pays de l’OCDE. Les pays scandinaves, à l’inverse, ont consacré à ces services une part huit fois plus grande de son PIB.

Que faire?

Bien qu’une foule de renseignements sur l’apprentissage chez les jeunes enfants sont recueillis à l’échelle régionale et provinciale, ces données ne dressent pas un tableau pancanadien complet. Elles ne nous révèlent pas non plus tout ce que nous devons savoir, y compris comment le Canada se compare à d’autres pays.

Pour combler ces lacunes, le Centre du savoir sur l’apprentissage chez les jeunes enfants du Conseil canadien sur l’apprentissage intensifiera ses efforts pour surveiller l’état de l’apprentissage précoce au Canada et en rendre compte.

Par exemple, bien que de nombreux indicateurs de l’apprentissage chez les jeunes enfants soient évalués juste avant l’âge scolaire, le Centre du savoir, un consortium d’organismes dirigé par le Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants de l’Université de Montréal, encouragera l’utilisation d’indicateurs additionnels du développement de l’enfant, depuis avant la naissance jusqu’à l’âge de quatre ans. Le Centre examinera également le milieu dans lequel les enfants grandissent, y compris les ressources et les services qui sont à la disposition des familles.

Au début de 2007, le CCA prévoit publier le premier d’une série de rapports détaillés sur l’apprentissage chez les jeunes enfants. Le Conseil a l’intention d’ajouter des données en matière de développement de la petite enfance à son Indice composite de l’apprentissage.


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