State of Learning in Canada

État de l’apprentissage au Canada : Vers un avenir axé sur l’apprentissage

Juillet 2008

Aperçu

Ressources associées au rapport

L’apprentissage et l’infinité de ses dimensions sont au coeur même du potentiel humain. Il favorise la capacité de chacun à penser, à créer, à résoudre des problèmes et à visualiser, ainsi qu’il nous permet de mener la vie que nous souhaitons pour nous-même et pour nos enfants.

L’apprentissage est un processus qui commence dès la petite enfance et se poursuit à l’âge adulte. L’apprentissage a lieu dans tous les contextes de l’entreprise humaine — à la maison, au travail et au sein de la communauté.

L’État de l’apprentissage au Canada : Vers un avenir axé sur l’apprentissage, publié en juillet 2008, donne un aperçu de la mesure dans laquelle les Canadiens disposent des outils pour répondre aux besoins de demain.

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Des études montrent bien que l’apprentissage et la formation sont plus essentiels que jamais. L’évolution démographique des effectifs, les avancées rapides en technologie et les pressions croissantes liées à la concurrence dans le monde transforment non seulement notre société, mais également notre vision de la nature et du but de l’apprentissage.

Dans un marché de plus en plus mondialisé, de nouvelles connaissances sont acquises à une cadence jusqu’ici inégalée. Bien que la plupart des Canadiens reçoivent une éducation structurée de base solide, bon nombre d’entre eux n’acquièrent pas des compétences suffisantes pour réussir dans un environnement de plus en plus complexe au futur incertain. Les employeurs sont à la recherche d’employés possédant un éventail de capacités raffinées allant au-delà des compétences de base exigées pour l’emploi. Ces capacités incluent entre autres l’aptitude à la prise de décision et la résolution de problème, le travail en équipe et des liens interpersonnels efficaces, l’entrepreneuriat, le leadership, des connaissances en technologie de l’information et des communications (TIC), des habiletés à communiquer efficacement et le désir d’apprendre.

Bien que le Canada se classe au premier rang des pays de l’OCDE avec la plus grande proportion d’adultes âgés de 25 à 64 ans détenant un diplôme d’études collégiales, universitaires ou professionnelles, un quart des adultes canadiens ne possède qu’un diplôme d’études secondaires ou aucun diplôme. Neuf millions d’adultes âgés entre 16 et 65 ans n’ont pas les compétences de base jugées essentielles dans l’économie et la société actuelle. Les récentes projections laissent d’ailleurs entendre qu’au cours des 10 prochaines années, la situation ne s’améliorera pas. La perspective des pénuries de main-d’œuvre et de personnes qualifiées en raison de la retraite des enfants du baby-boom combinée au faible taux de fécondité persistant et les jeunes qui sont moins nombreux à se joindre au marché du travail, l’apprentissage tout au long de la vie revêt alors une importance encore plus grande que jamais.

Comme le présent rapport sur l’État de l’apprentissage le souligne, on ne peut plus considérer l’objectif de l’éducation et de l’apprentissage comme étant d’abord et avant tout l’étape de préparation des jeunes au marché du travail. Ni se borner à compartimenter les stades de l’existence sans tenir compte des carrefours critiques où se croisent les âges et les étapes de la vie. L’apprentissage n’est pas un projet à limite fixée dans le temps; il s’agit plutôt d’un processus continuel et individuel.

Au cours d’une vie, l’apprentissage emprunte des chemins aussi complexes, imprévisibles et non linéaires que la personne elle‑même. Et la réussite ou l’échec à une étape peut avoir des répercussions à long terme.

Sommaire du rapport

Le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA), reconnaît le besoin de créer une société d’apprentissage au sein de laquelle les individus puissent développer leur potentiel et contribuer pleinement dans leur communauté. Ce rapport présente une approche à long terme en mettant en relief les liens et les associations qui se forment tout au long de la vie ainsi que les différentes trajectoires d’apprentissage empruntées au cours de chaque stade de l’existence et entre les différents stades.

Chacun des quatre chapitres présentent un aperçu de l’état de l’apprentissage des Canadiens à différentes étapes de leur vie. Les chapitres sont précédés d’une section réservée à l’explication de la mise à jour des indicateurs dont faisait l’objet le rapport de 2007.

Ce que nous avons appris depuis 2007

Le rapport initial du CCA sur l’état de l’apprentissage publié en janvier 2007, a brossé un tableau de l’apprentissage au Canada en adoptant une approche à long terme pour mesurer les progrès des Canadiens en matière d’apprentissage.  

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Grâce à une série d’indicateurs détaillés, le rapport État de l’apprentissage au Canada : Pas le temps de s’illusionner a examiné un grand nombre des facteurs qui favorisent l’apprentissage tout au long de la vie dans cinq grands domaines : l’apprentissage chez les jeunes enfants, l’apprentissage à l’école, l’enseignement postsecondaire, l’apprentissage chez les adultes, l’apprentissage chez les Autochtones.

Pour y faire suite, la section intitulée Ce que nous avons appris depuis 2007 est insérée dans le rapport 2008. Elle offre une mise à jour des indicateurs et donne une vue d’ensemble plus poussée sur les progrès réalisés au Canada en matière d’apprentissage grâce aux données récemment publiées ou analysées. Ces informations actuelles et pertinentes nous permettent de continuer à surveiller les progrès réalisés au Canada au chapitre de l’apprentissage, de poursuivre nos efforts pour établir des objectifs d’apprentissage clairs et de cerner les domaines où il conviendrait d’agir.

Chapitre 1 : L’apprentissage pendant la petite enfance

L’apprentissage durant les cinq premières années de notre vie influe grandement sur le bien-être dont nous jouirons plus tard et le nombre de nos réussites à l’école, au travail et dans la communauté, plus encore que l’apprentissage à n’importe quel autre stade de la vie.

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C’est la période durant laquelle les jeunes apprenants acquièrent des attitudes concernant l’importance et le but d’apprendre, les préparant pour l’apprentissage tout au long de leur vie, dans toutes les facettes de la vie. En conséquence, les investissements consacrés à l’apprentissage en bas âge engendrent les plus grandes répercussions sociales et économiques. Toutefois, malgré l’importance reconnue de l’apprentissage pendant la petite enfance, des études montrent que 25 % des enfants canadiens qui commencent l’école, présentent des lacunes en matière des compétences de base essentielles qui leur permettent d’acquérir un niveau adéquat de littératie et de numératie. Ces recherches montrent également qu’un enfant sur quatre qui commence la première année présente des difficultés d’apprentissage ou des troubles du comportement qui peuvent influencer son succès futur à l’école.

Ce manque de préparation à l’école peut déclencher une réaction à la chaîne apte de durer toute la vie, pendant laquelle l’enfant qui est à plus grand risque d’éprouver des difficultés sociales et scolaires est aussi plus à risque de décrocher au secondaire, d’éprouver de la difficulté à trouver un emploi, être moins bien rémunéré et avoir une moins bonne santé. Ce parcours constitue une énorme perte de potentiel humain.

Bien que les caractéristiques des parents et de la famille jouent certes un rôle primordial dans le modelage des capacités et des comportements de l’enfant envers l’apprentissage, tous les milieux d’apprentissage auxquels il est exposé en bas âge, à la maison et dans la communauté, peuvent également influer fortement sur ses capacités d’apprentissage à long terme. Selon la recherche, un milieu stimulant et enrichissant favoriserait un meilleur développement du corps, des aptitudes sociales, des fonctions cognitives et du langage.

La plupart des familles canadiennes font appel à des services de garde, qu’ils soient structurés ou non. En 2004–2005, 51 % des enfants de moins de six ans étaient confiés à des personnes autres que les parents, soit une diminution par rapport à 54 % en 2002–2003. La qualité du service de garde peut influer sur le développement physique et moteur, social et émotionnel et linguistique et cognitif de l’enfant, chacun de ces aspects ouvrant la voie à l’apprentissage à l’âge scolaire. Un service de garde de meilleure qualité, quel qu’en soit le type, est lié à des meilleurs résultats scolaires des enfants sur les tests de langue et de connaissances, des habiletés sociales plus développées, et moins de difficultés du comportement. Malgré tout, le service de garde comme élément précurseur essentiel à l’apprentissage en milieu scolaire est trop souvent sous-estimé ou ignoré.

Toutefois, les parents et le milieu familial représentent le pivot dans la vie des enfants, peu importe le type de service de garde que ces derniers fréquentent. De nombreuses études suggèrent que les caractéristiques de la famille et des parents sont d’importants signes annonciateurs en matière d’apprentissage. Par conséquent, la combinaison de solides liens familiaux positifs, un ferme engagement de la part des parents et un service de garde de grande qualité peuvent compenser les risques associés à un faible revenu, l’absence de ressources familiales et un faible niveau de scolarisation des parents. Une communauté cohésive, riche en ressources et en services de soutien peut aussi agir comme facteur de protection.

Chapitre 2 : L’apprentissage pendant les années du primaire et du secondaire

S’établissant comme un pont entre petite enfance et âge adulte, entre dépendance et indépendance, les années du primaire et du secondaire représentent un stade de la vie d’une importance capitale.

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L’apprentissage pendant la petite enfance prépare le terrain pour l’apprentissage pendant les années scolaires qui, à son tour, a des répercussions sur le cheminement des jeunes adultes vers les études postsecondaires et le marché du travail. L’effet cumulatif détermine dans quelle mesure ces jeunes deviendront des citoyens adultes à part entière capables de contribuer au mieux-être de leur famille, de la communauté et de la société.

De bons résultats en mathématiques, en résolution de problèmes, en compréhension de lecture et dans d’autres compétences à un jeune âge représentent un bon indicateur prévisionnel des résultats futurs. Les élèves qui réussissent bien dans ces domaines sont également plus susceptibles de poursuivre des études postsecondaires et de participer à l’économie du savoir. Comme c’est le cas pour les années de la petite enfance, la famille et le milieu familial jouent également un rôle clé dans un apprentissage réussi. Les enfants de parents qui lisent, qui ont une attitude positive envers l’éducation, qui cherchent à parfaire leurs compétences et leurs connaissances au cours de leur vie et qui participent à la vie de leur communauté sont plus susceptibles de mieux réussir à l’école, de poursuivre leurs études et de devenir des membres actifs de la communauté.

Les enfants et les jeunes qui débutent sans ces bases solides que sont le milieu familial et une éducation structurée risquent d’éprouver plus de difficultés à accéder aux études postsecondaires ou au marché du travail et d’être moins bien préparés pour tirer parti des possibilités d’apprentissage qui se présenteront plus tard. Les élèves qui n’ont pas la capacité pour apprendre efficacement tout au long de leur vie s’exposent à la marginalisation sur les plans économique et social. L’évolution technologique rapide, les pressions croissantes liées à la concurrence et les nouveaux systèmes de travail exigent chez les travailleurs un ensemble de compétences polyvalents mieux développé comme la résolution des problèmes, la communication, la prise de décisions, le travail d’équipe, le leadership, l’entrepreneuriat et l’adaptabilité. L’acquisition de ces compétences requiert l’adoption d’une nouvelle perspective de l’apprentissage qui aille plus loin que l’apprentissage structuré.

La recherche révèle que l’apprentissage informel contribue considérablement à la réussite plus tard dans la vie. Le milieu familial, le marché du travail, les organisations communautaires (religieuses et culturelles) sont des milieux clés pour favoriser l’acquisition de nouvelles compétences et le renforcement des fondations solides établies pendant les années consacrées aux études. Préparer les enfants et les jeunes à la vie adulte exige une stratégie d’apprentissage efficace qui cible tout autant les occasions d’apprentissage informel offertes dans ces milieux que les études dans des établissements scolaires.

Chapitre 3 : L’apprentissage au-delà du secondaire

C’est entre 18 et 27 ans que les jeunes adultes gagnent en indépendance par rapport à leur famille et prennent leurs premières grandes décisions d’adultes, notamment celles relatives à la poursuite de leurs études, à l’entrée sur le marché du travail et au choix d’un mode de vie.

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Ces expériences et ces choix sont enracinés dans les années d’apprentissage qui définissent dans une large mesure l’orientation que prendra leur vie à l’âge adulte. Selon les recherches, les jeunes adultes choisiraient de faire des études postsecondaires en raison d’un bon nombre de facteurs : une expérience positive de leur fréquentation obligatoire de l’école, le revenu familial, une connaissance des études postsecondaires, un niveau adéquat de littératie, leur sexe, leur origine ethnique, de l’expérience sur le marché de travail et la participation à des activités communautaires. La transition de l’école au marché du travail exige plus de temps et devient plus complexe, les programmes postsecondaires, les choix de carrières et les exigences en matière de compétences se multipliant. Même si le Canada reconnaît l’importance d’une transition en douceur, il n’a pas encore adopté de stratégie école-marché du travail globale qui cerne l’éventail des possibilités d’apprentissage et relie de manière efficace les études postsecondaires au marché du travail.

De nombreuses études démontrent les avantages socio-économiques de poursuivre ses études. Une main-d’oeuvre qualifiée est synonyme de productivité, d’innovation et de croissance économique ainsi que de communautés fortes d’un engagement civique plus poussé et d’une meilleure cohésion sociale. Les avantages individuels sont notamment des salaires plus élevés et une plus grande satisfaction au travail, des périodes de chômage réduites, une meilleure santé et une qualité de vie accrue.

Chapitre 4 : L’apprentissage à l’âge adulte

Comme le souligne le présent rapport, la valeur et la contribution de l’apprentissage sont manifestes à toute étape de la vie, et l’apprentissage à l’âge adulte ne fait pas exception.

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L’apprentissage continu influe sur la rémunération, la satisfaction au travail, la participation sur le plan politique, la santé et le bien-être. Il augmente également la productivité économique du Canada et lui procure des avantages concurrentiels. La recherche menée sur chaque stade de l’existence révèle que l’apprentissage engendre l’apprentissage. Plus importantes encore que les avantages économiques et personnels sont les contributions sociales. Les adultes sont des modèles qui exercent une grande influence, comme apprenants et citoyens engagés, sur leurs enfants, leurs collègues de travail et leur communauté. Par conséquent, l’apprentissage à l’âge adulte contribue à augmenter le capital social et à favoriser une cohésion sociale.

Les endroits où l’apprentissage est favorisé au cours de l’âge adulte ainsi que les modes d’apprentissage sont respectivement variés et complexes. Selon la recherche, bien que les études en bonne et due forme soient essentielles, l’apprentissage informel fort répandu au travail, à la maison et dans la communauté est tout aussi important. Il permet d’améliorer les compétences techniques et d’acquérir des connaissances spécialisées ainsi que les compétences générales de plus en plus nécessaires dans le monde du travail d’aujourd’hui. Pourtant, les gouvernements et les employeurs ne reconnaissent pas l’apprentissage informel et toute l’importance de sa contribution.

On doit également accorder une reconnaissance accrue des acquis des adultes en matière d’occasions d’apprentissage et d’expériences. Au Canada, comme dans de nombreux autres pays, les politiques d’évaluation et de reconnaissances des acquis (ERA) et les mécanismes de soutien connexes sont beaucoup plus répandus au niveau collégial qu’à l’université ou au secondaire. Leur mise en oeuvre et leur application semblent aussi être plus courantes dans certains domaines, notamment dans les sciences de la santé (diététique, sciences infirmières, pharmacie, optométrie), les services sociaux (éducation des jeunes enfants, travail social) et les études commerciales.

 

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