Accueil > Rapports > État de l'apprentissage au Canada
Les Canadiens reconnaissent la valeur qu'ajoute l’apprentissage et la formation des adultes sur le plan personnel, social et économique. L’apprentissage tout au long de la vie est un élément essentiel d’une démocratie dynamique.
Ressources associées au rapport
C’est aussi notre meilleure protection contre un avenir incertain découlant des défis posés par une mondialisation croissante, et notamment par les progrès rapides des nouvelles technologies et les exigences d’innovation et de hausse de la productivité.
Pourtant, malgré le niveau d’instruction élevé enregistré au Canada, près de la moitié des Canadiens n’ont pas les compétences nécessaires pour être des membres productifs de la société complexe d’aujourd’hui. En 2002, un tiers seulement des Canadiens adultes ont participé à des activités d’apprentissage ou de formation sous une forme ou une autre, et ce taux de participation stagne depuis dix ans.
Entre-temps, les employeurs canadiens recherchent de plus en plus des travailleurs qui ont des compétences plus poussées et polyvalentes. Même ceux qui possèdent peu de qualifications doivent de plus en plus apprendre à se servir des nouvelles technologies et perfectionner leurs compétences, ou risquer de devenir marginalisés.
C’est sur les lieux de travail que s’effectue l’essentiel de l’apprentissage et de la formation chez les adultes. En 2002, le quart de la main-d’oeuvre adulte a bénéficié, au Canada, d’une formation financée par l’employeur. Mais les possibilités d’une telle formation au Canada sont au mieux inégales, accusant un sérieux retard par rapport à d’autres pays.
De nombreux obstacles — institutionnels, conjoncturels, psychologiques et scolaires ou éducatifs — empêchent les employés et employeurs canadiens de participer pleinement à l’apprentissage et la formation. Environ un tiers des Canadiens ont dit avoir été incapables de suivre la formation liée à l’emploi qu’ils désiraient ou dont ils avaient besoin en raison d’obstacles. La plupart ont cité un manque de temps et d’argent ainsi que des responsabilités familiales, mais ces facteurs peuvent cacher d’autres raisons comme un faible niveau de littératie ou l’absence de reconnaissance des connaissances acquises antérieurement.
L’absence d’engagement semble être un obstacle considérable pour 2,2 millions de Canadiens, dont plusieurs sont des hommes de 45 ans et plus. Plus de la moitié (56 %) d’entre eux n’ont pas fait d’études postsecondaires. Ces non-participants chroniques n’ont participé à aucune formation formelle liée à l’emploi depuis quatre ans et n’ont pas l’intention d’en suivre une au cours des trois années à venir.
Nous n’avons pas de données suffisantes sur les besoins en apprentissage et en formation de ce groupe. Mais nous savons que l’absence de motivation ou d’intérêt de ses membres, conjuguée à un faible niveau de littératie chez les employés occupant des postes peu ou moyennement spécialisés, réduit selon toute probabilité leur désir de suivre des activités d’apprentissage formelles.
Le manque d’intérêt constitue aussi un obstacle pour de nombreux employeurs, en particulier pour les petites et moyennes entreprises, qui peuvent ne pas reconnaître les avantages économiques de la formation, une augmentation de la productivité et de l’innovation par exemple, et qui ne disposent pas des renseignements voulus au sujet des programmes existants, des modes de prestation offerts et des incitatifs financiers.
Si nous voulons éviter toute une série de maux sociaux et économiques, nous devons agir dès maintenant. La baisse de la productivité, l’absence d’innovation, les pénuries de main-d’oeuvre, le déclin de la prospérité et une diminution de la qualité de vie font planer des menaces réelles sur notre avenir en tant que nation.
L’apathie n’est simplement pas de mise. Nous devons instituer une culture de l’apprentissage au Canada qui saura libérer le potentiel chez tous les Canadiens.
Il est manifeste que les stratégies actuelles de formation des adultes, qui mettent l’accent sur l’apprentissage et la formation des jeunes adultes, limitent la capacité du Canada à créer une culture d’apprentissage et à mobiliser le plein potentiel de notre main-d’oeuvre.
Selon des études menées dans de nombreux pays, il existe un lien entre un accroissement de l’apprentissage et de la formation chez les adultes et une hausse concrète de la productivité des entreprises et du bien-être social et personnel. La suppression des obstacles à la participation des adultes à l’apprentissage et à la formation est donc la responsabilité de tous.
À la lumière des conclusions du présent rapport, le CCA recommande que le Canada relève ce défi en adoptant cinq grandes initiatives, chacune d’entre elles contenant un « groupe » de recommandations connexes :
Au Canada, le système actuel d’apprentissage et de formation des adultes varie selon les provinces et territoires et est impossible à maintenir à long terme. Nous devons définir une stratégie détaillée de l’apprentissage et de la formation des adultes qui s’appuie sur des pratiques exemplaires et supprime les obstacles qui empêchent les employés et les employeurs de s’engager plus à fond dans des activités d’apprentissage et de formation.
Plusieurs mesures permettant d’élargir notre vision de l’apprentissage et d’accroître les possibilités de formation pour les Canadiens sont décrites ci-dessous.
La formation des adultes allie l’apprentissage formel à l’apprentissage informel, et c’est ce « mariage » qui, au bout du compte, permet aux Canadiens de préserver les compétences et les connaissances dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées et vivre une vie productive. Pourtant, les avantages que présente l’apprentissage informel ne sont pas reconnus.
Dans une culture de l’apprentissage solide, les adultes pourront choisir librement comment, quand et où ils participeront à des activités d’apprentissage qui répondent aux exigences de leur travail et à leurs besoins personnels.
Le Canada ne possède pas de système cohérent permettant d’évaluer et de reconnaître les qualifications, les compétences et les connaissances acquises antérieurement, l’apprentissage informel ou les titres de compétence étrangers (professionnels et scolaires).
Nous avons une base solide de collaboration entre partenaires dont nous pouvons tirer parti, mais des améliorations s’imposent.
Les employeurs n’investissent pas assez dans l’apprentissage et la formation en milieu de travail.
Beaucoup ne sont pas conscients des avantages économiques qui en découlent. Ils se heurtent aussi à des contraintes de temps et de moyens financiers, et ne disposent pas des données voulues sur l’évaluation des besoins en formation, l’apprentissage acquis antérieurement et l’apprentissage informel, les programmes et les modes de prestation offerts.
De nombreux employeurs ne voient pas la nécessité de fournir une formation élémentaire à leurs employés peu qualifiés.
3.1 Cibler les PME Par rapport aux grandes entreprises, les PME se heurtent à un plus grand nombre d’obstacles lorsqu’il s’agit d’offrir des occasions d’apprentissage et de formation en milieu de travail. La collaboration avec de grandes entreprises pourrait aider les PME à réduire les coûts de ces programmes. Nous devons mettre sur pied, au Canada, un consortium pour la formation qui permettrait de mettre en commun les ressources.
3.1 Cibler les PME
Par rapport aux grandes entreprises, les PME se heurtent à un plus grand nombre d’obstacles lorsqu’il s’agit d’offrir des occasions d’apprentissage et de formation en milieu de travail. La collaboration avec de grandes entreprises pourrait aider les PME à réduire les coûts de ces programmes.
Malheureusement, ce sont ceux qui ont le plus besoin de perfectionner leurs compétences qui ont le moins accès aux ressources. Le perfectionnement des compétences non seulement permet d’améliorer le rendement au travail, mais il contribue également au milieu d’apprentissage des enfants des travailleurs. C’est un investissement dans la prochaine génération de travailleurs.
Nous devons recueillir des données sur :
Les suggestions suivantes s’inspirent de la discussion en table ronde tenue sur la formation des adultes et l’apprentissage tout au long de la vie qui s’est déroulée à Halifax en novembre 2006 à l’instigation des Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques et du Centre du savoir sur l’apprentissage chez les adultes.
Haut de page