Accueil > Rapports > Examens systématiques
Chaque année, plus de trois millions d’immigrants entrent légalement dans les pays de l’OCDE dans le but d’améliorer leur sort et de vivre avec leur famille dans un environnement plus sécuritaire. Aux prises avec des taux de naissance en déclin et des populations actives vieillissantes, les pays d’accueil doivent s’assurer que les immigrants prêts à tout recommencer en quête d’un meilleur niveau de vie réussissent la transition sans difficulté. Malgré tout, il existe bien des défis.
Alors que les immigrants recherchaient autrefois un statut temporaire ou de travailleur invité, les gens immigrent désormais dans l’intention de rester et d’installer leurs familles. Dans cette nouvelle optique, il ressort le besoin d’analyser et d’adapter les résultats escomptés des politiques d’immigration. On doit désormais prendre en considération l’intégration sociale et économique. Les pays d’accueil doivent changer leur approche « d’importation de main-d’œuvre » à une « importation de personnes ».
Plusieurs chercheurs en matière de politiques d’immigration ont attiré l’attention sur la différence qui existe souvent entre les contextes nationaux et locaux. Les spécialistes déclarent que l’intégration est, par définition, un processus holistique. Il est impossible d’obtenir une véritable intégration si ou lorsque les politiques socioéconomiques sont incompatibles. Il en est de même lorsque les politiques nationales ou régionales s’opposent. Par exemple, les décideurs qui mettent en œuvre des politiques nationales d’immigration en vue de répondre à un besoin économique (comme la main-d’œuvre), mais qui négligent de considérer les effets possibles que cette politique pourraient avoir sur l’harmonie sociale au niveau local, pourraient en fait donner lieu à de nouveaux problèmes et à des conséquences inattendues. De plus, même lorsque les décideurs procèdent à la refonte des politiques d’immigration dans la perspective du multiculturalisme, l’intégration ne se fait pas de manière automatique.
L’éducation constitue l’une des méthodes possibles pour s’attaquer aux obstacles à l’intégration qui sont souvent voilés. Elle peut prendre la forme d’un programme scolaire, de formation à la diversité pour les enseignants ou de programmes communautaires spéciaux. Nous avons abordé cette étude avec ces considérations à l’esprit.
L’objectif de cette étude était de recueillir, d’analyser et de faire la synthèse de manière systématique et transparente de la recherche fondée sur des preuves probantes en matière d’évaluation des meilleures pratiques et politiques en matière d’immigration et d’intégration dans 36 pays différents. Une variété de banques de données, de sites Web académiques et de journaux de recherche clés ont été fouillés, permettant ainsi de recueillir 4 077 articles. L’application de critères spécifiques d’inclusion et de qualité a finalement permis de réduire ce nombre à 20. Les études ont ensuite été codées et analysées afin de produire une synthèse complète de la recherche.
Cette étude a mis en lumière un manque flagrant de recherches visant à mesurer l’efficacité des politiques et des initiatives en matière d’immigration. À l’inverse, il existe un corpus substantiel de documents éditoriaux et théoriques concernant les effets de la mondialisation et de ses conséquences sur l’immigration et l’intégration. Il se concentre principalement sur les inégalités et la discrimination auxquelles font face les groupes minoritaires après avoir immigré dans un nouveau pays et attire l’attention sur la disparité visible Nord-Sud amenée par l’expansion des marchés mondiaux.
Il semble y avoir une distinction claire et évidente dans la documentation sur l’immigration entre les populations adultes et les enfants. Les politiques générales pour les populations adultes semblent poser la stabilité économique comme un indicateur de l’intégration, alors que les politiques ou programmes visant les enfants font de la compétence langagière un indicateur de l’intégration. Selon les spécialistes de l’immigration, aucun de ces facteurs, pris à part, ne saurait constituer un bon indicateur. Plusieurs spécialistes croient que le développement de politiques d’immigration doit être, en vertu du contexte dans lequel l’immigration se produit, un processus holistique dans la mesure où l’intégration n’aura pas lieu sans un effort concerté de la part des décideurs pour s’attaquer aux inégalités et à la discrimination auxquelles sont confrontés les groupes minoritaires après avoir immigré dans un nouveau pays.
Bien qu’il y ait une abondance de recherche théorique indiquant clairement un besoin de se concentrer davantage sur l’élaboration de programmes et politiques anti-discriminatoires, cette étude en est arrivée à la conclusion que les chercheurs doivent se concentrer sur l’évaluation de programmes anti-discriminatoires existants d’une manière empiriquement solide de sorte que les décideurs aient confiance en l’efficacité de tels programmes et politiques avant leur mise en œuvre.
Rapport intégral - version anglaise (713 KB)
Haut de page