Systematic Reviews

Examens systématiques

Facteurs influant sur l’augmentation et la diminution des inscriptions aux études postsecondaires

Sommaire

Le présent document cerne et passe en revue d’une manière systématique les données empiriques utilisées pour déterminer les facteurs influant sur l’augmentation et la diminution des inscriptions aux études postsecondaires. Dans le cadre de cette étude, des procédures rigoureuses et transparentes en matière de collecte et d’analyse de données probantes ont été appliquées. Les données ont été tirées d’articles de recherche provenant de divers documents universitaires et éphémères diffusés entre 1985 et 2006.

Toute généralisation se fondant sur cette recherche devrait être formulée avec circonspection. Les résultats de la plupart des études mentionnées dans le présent document ont été obtenus grâce à l’application de techniques économétriques supposant, théoriquement, que les personnes effectuent des « choix rationnels » relativement à l’éducation postsecondaire. Dans le cas qui nous occupe, l’hypothèse est que les étudiants optent pour un programme d’études qui leur rapportera le maximum d’avantages au meilleur coût possible. Comme Scott Swail et Heller (2004) le soulignent, l’enseignement supérieur n’est pas un bien ou service comme les autres : le prix est moins fluctuant, l’offre est plus fixe et la demande peut être déterminée par de nombreux facteurs. Les coûts sociaux et psychologiques associés à l’éducation postsecondaire ne sont pas mesurés en équations économétriques, mais ils peuvent assurément influer sur les décisions des étudiants quant à leur inscription (Rasmussen 2003, Junor et Usher 2004; Looker 2001). Parce que la plupart des études présentées ont pour cadre de référence des établissements américains où la situation de l’enseignement postsecondaire diffère de celle au Canada, il est d’autant plus important d’interpréter les résultats qui suivent avec précaution.

Nous sommes néanmoins d’avis que bon nombre de facteurs ressortent des études mentionnées dans le présent rapport, y compris sans toutefois s’y restreindre, les suivants :

  • Le nombre d’inscriptions est systématiquement lié aux frais de scolarité. Quand les frais augmentent, le nombre d’inscriptions baisse, et lorsqu’ils diminuent, le nombre d’inscriptions augmente, mais dans une proportion supérieure. Il semble donc que les décideurs peuvent influer sur les taux d’inscription de la manière qu’ils jugent nécessaire en augmentant ou en baissant les frais de scolarité. Toutefois, il faut tenir compte du fait que les variations des frais de scolarité peuvent compromettre l’accès à l’éducation postsecondaire selon le statut socio-économique et l’origine ethnique d’une personne.
  • L’accroissement de l’aide financière accordée aux étudiants entraîne des taux plus élevés d’inscription et de persévérance. Toutefois, l’augmentation des inscriptions n’est pas aussi marquée que lorsque des modifications du même ordre sont apportées aux frais de scolarité. Le rôle de l’aide financière diffère selon que celle-ci s’adresse à des étudiants à revenu élevé ou à des étudiants à faible revenu; l’aide financière n’est pas toujours distribuée efficacement pour atteindre l’objectif d’améliorer l’accès des groupes défavorisés à l’éducation postsecondaire.
  • Les taux de chômage élevés semblent correspondre à des taux d’inscription accrus aux études collégiales et postsecondaires chez les étudiants à revenu élevé et les hommes, mais il semblerait que le chômage nuise aux étudiants à faible statut socio-économique et aux femmes, voire les décourage. Les taux de chômage peuvent donc influer sur l’offre et la demande futures de travailleurs compétents.
  • Les taux d’inscription aux études postsecondaires semblent réagir aux fluctuations des salaires : si les salaires des diplômés des écoles secondaires sont plus élevés, les taux d’inscription aux études postsecondaires sont plus faibles, et si les salaires versés aux diplômés d’études postsecondaires sont plus élevés, les inscriptions sont plus élevées.
  • On remarque qu’il est systématiquement moins probable que les étudiants à faible statut socio-économique s’inscrivent à un programme d’éducation supérieure, comparativement aux étudiants à statut socio-économique élevé. Le niveau de scolarité des parents semble être un déterminant social clé à cet égard. Les jeunes dont les parents ont reçu une éducation postsecondaire sont plus enclins à poursuivre leurs études à un niveau supérieur. Cette donnée laisse supposer que le fait d’augmenter le niveau de scolarité dans la société en général et de prendre des mesures incitant les personnes plus âgées à poursuivre des études postsecondaires pourrait avoir des effets bénéfiques à long terme sur les taux d’inscription aux études postsecondaires.
  • La réflexion sur les décisions relatives à la poursuite d’études postsecondaires commence bien avant la fin des études secondaires. Si l’objectif est d’améliorer l’accès aux études supérieures pour les élèves défavorisés et les élèves en général, il serait nécessaire de commencer à intervenir plus tôt dans le cheminement de ces derniers, et ce, sur les plans social, éducationnel et financier.

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