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Rapport en entier (PDF en anglais seulement, 313 KB)
Les taux d’abandon élevés constituent un des problèmes les plus étudiés, les plus persistants et les plus récalcitrants auquel est confrontée l’éducation postsecondaire. Malgré les efforts institutionnels bien intentionnés pour s’attaquer à cet enjeu complexe, les taux d’abandon postsecondaires en Amérique du Nord ont persisté aux environs de 30 % à 40 % au cours des 30 dernières années.
Malgré la grande disparité des études, des découvertes et des interprétations dans le domaine, une certaine forme de consensus s’est formée autour d’au moins quatre facteurs qui apparaissent constamment être fortement associés à l’abandon postsecondaire, à savoir : la date d’admission, le choix de programme, la préparation académique et l’implication de l’étudiant. Dans le contexte de la présente étude, il devrait toutefois être noté que la documentation de recherche dérive principalement des études des établissements universitaires et qu’il existe une pénurie significative dans les études traitant de l’abandon dans le contexte des collèges communautaires. De plus, il y a eu beaucoup moins d’attention portée à l’abandon dans un contexte purement canadien comparativement aux nombreuses études américaines dans ce domaine. Donc, cette étude proposait d’aborder ces pénuries de recherche en tentant d’identifier les facteurs-clés affectant l’abandon dans le contexte spécifique d’un collège communautaire canadien.
Des 2 408 étudiants inactifs qui n’étaient plus inscrits après un an, les analyses quantitatives indiquaient des relations statistiquement significatives avec les cinq variables indépendantes. Toutefois, les tests subséquents de signification statistique indiquaient que moins d’un pour cent d’écart dans les statuts d’inscription entre les étudiants actifs et inactifs pourrait être expliqué par le sexe, la date d’admission ou le choix de programme. Particulièrement en ce qui concerne les dates d’admission et le choix de programme, alors que les taux d’abandon relatifs étaient supérieurs parmi les étudiants inactifs qui s’étaient inscrits plus tard que le premier mois disponible d’admission (mai) ou qui n’avaient reçu pas obtenu leur premier ou deuxième choix de programme, en termes pratiques, ces groupes représentaient de petits segments (22 % et 19 % respectivement) du nombre global des étudiants inactifs. Donc, alors que le sexe, la date d’admission et le choix de programme s’avéraient être des facteurs statistiquement significatifs relativement à la décision des étudiants pris individuellement d’abandonner, de la perspective institutionnelle, ces variables n’étaient pas des déterminants importants de l’abandon, puisque la grande majorité des étudiants qui étaient inactifs après un an s’étaient, en fait, inscrits tôt (78 %) ou avaient reçu leur premier ou second choix de programme (81 %).
D’autre part, la non-préparation académique s’est avérée expliquer 15 % de l’écart dans le statut d’inscription, alors que le manque d’implication des étudiants expliquait 37 % de l’écart dans le statut d’inscription, reflétant l’effet important de ces deux variables sur la majorité des étudiants qui étaient inactifs après un an. Par exemple, les étudiants qui ont terminé avec succès leurs programmes de perfectionnement scolaire avaient des taux d’abandon significativement inférieurs (31 %) à ceux de l’ensemble de la cohorte d’étudiants de l’automne 2007 (37,3 %) et des taux drastiquement inférieurs à ceux des étudiants qui ont essayé mais échoué un programme de perfectionnement scolaire (73 % d’abandon), suggérant à la fois une relation statistique et pratique solides entre la non-préparation académique et l’abandon du collège. De même, une corrélation forte (r = 0,611, p < 0,001) a été relevée entre les scores lors de l’Enquête sur l’implication de l’étudiant (menée durant le terme de l’automne 2007) et le statut d’inscription subséquent après un an, suggérant encore une relation statistique et pratique fortes entre une faible implication de l’étudiant et l’abandon au collège.
Donc, en se basant sur les conclusions de cette étude, les intervenants qui cherchent à aborder le problème récurrent de l’abandon dans les collèges canadiens pourraient considérer se concentrer avec l’établissement sur leurs stratégies de rétention et sur les interventions ciblées sur les facteurs qui semblent affecter le plus directement la majorité des étudiants qui étaient inactifs après un an, à savoir : la non-préparation et les faibles niveaux d’implication de l’étudiant.