Funded Research

Expérience cumulée, qualité des services, caractéristiques familiales et développement des enfants de trois ans dans divers modes de garde depuis leur première année de vie

Par Nathalie Bigras, Lise Lemay, Mélissa Tremblay, Liesette Brunson, Université du Québec à Montréal

Rapport (PDF, 253 KB)

Sommaire (PDF, 32 KB)

Objectifs

Cette étude longitudinale poursuit trois objectifs :

  1. examiner l’effet de la fréquentation, initiée au cours de la première année de vie, de trois modes de garde (CPE, service de garde en milieu familial et garde parentale) sur le développement cognitif, moteur et socio-affectif d’enfants à l’âge de 36 mois;
  2. identifier, parmi les caractéristiques de l’environnement familial proximal (activités de stimulation parentales), les variables qui médiatisent la relation entre les variables distales de l’environnement familial (statut socio-démographique) et le développement de l’enfant;
  3. identifier les composantes de la qualité des services de garde fréquentés par les enfants qui sont associées au développement cognitif, moteur et socio-affectif à l’âge de 36 mois.

Constatations

Les résultats indiquent une absence de différences entre les trois groupes d’enfants fréquentant divers modes de garde lorsqu’ils sont âgés de 36 mois, pour les quatre variables dépendantes mesurées dans cette étude (notes cognitives et moteur du BSID-II, notes intériorisées et extériorisées du CBCL).

Cette absence de différence entre les groupes suggère que l’utilisation d’un mode de garde en particulier depuis la première année de vie n’est pas associée à des indices de développement plus faibles ou plus forts.

D’autres variables de l’environnement familial ou un biais de sélection des familles peuvent contribuer à expliquer nos résultats. À ce sujet, nous constatons que les variables familiales ne sont pas associées au mode de garde utilisé. Toutefois, certaines variables familiales sont associées aux notes de développement cognitif et socio-affectif (notes extériorisées) des enfants. Ce sont la fréquence des activités de lecture, le nombre de livres présents à la maison, la scolarité de la mère et le revenu familial qui sont associés aux notes de développement cognitif, alors que le nombre de livres présent à la maison, la scolarité de la mère, le revenu familial et le niveau de risques sont associés aux notes extériorisées du CBCL.

Enfin, on constate que la qualité des services de garde fréquentés par les enfants des groupes CPE et SGMF est peu associée aux notes de développement. Seule la qualité de la structuration des activités et le nombre d’enfants présents dans le groupe sont associés aux notes intériorisées du CBCL.

Ces résultats nous apparaissent plutôt inattendus puisque la littérature rapporte que les notes de développement des enfants sont généralement associées aux notes de qualité. De surcroit, la qualité élevée de la structuration des activités est associée à des notes intériorisées plus élevées, ce qui peut signifier que les enfants qui fréquentent des services de qualité pourraient présenter des niveaux de notes intériorisées plus élevées. Toutefois, comme on ne peut inférer un lien de causalité entre ces deux variables et que le nombre d’enfants dans le groupe est aussi associé à des notes intériorisées plus élevées et expliquant une plus grande proportion de la variance, il est possible que les enfants dont les notes intériorisées sont plus élevées, sans toutefois être problématiques, se retrouvent dans des services de garde dont le niveau de qualité est plus élevé.