Funded Research

Modèles de préparation à l’école destinés à des sous-groupes sélectionnés de jeunes Canadiens : les enfants aux besoins spéciaux et les enfants d’origines linguistiques diverses

Magdalena Janus, Debra Hughes, Eric Duku
Offord Centre for Child Studies, McMaster University

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Contexte

La préparation à l’école correspond généralement à la capacité d’un enfant à saisir les occasions d’éducation qui s’offrent à lui en milieu scolaire. Il s’agit d’un concept holistique qui regroupe plusieurs domaines du développement, dont la santé et le bien-être physiques, la compétence sociale, la maturité affective, le langage et le développement cognitif ainsi que les aptitudes à la communication et les connaissances générales. L’instrument de mesure du développement des jeunes enfants (IMDJE) est une liste de vérification canadienne qui permet d’évaluer la préparation d’un enfant à l’école dans ces cinq domaines de développement. Les enseignants remplissent la liste de vérification pour chacun des élèves de leur classe au cours de la seconde moitié de l’année à la maternelle. L’IMDJE contient également des renseignements comme le sexe, la langue maternelle et les besoins scolaires spéciaux de l’enfant.

Description

Depuis 2000, des données normalisées sur la capacité des enfants à apprendre en milieu scolaire ont été recueillies sur plus d’un million d’enfants dans de nombreuses collectivités canadiennes au moyen de l’IMDJE.

Le présent projet vise à répondre à des demandes issues de la collectivité pour des données empiriques sur des populations de petite taille ou présentant des besoins spéciaux. Ce rapport présente des modèles de préparation à l’école chez des enfants canadiens de cinq ans qui appartiennent à deux groupes importants, mais peu représentés au sein de la population, soit les enfants qui présentent des besoins spéciaux et les enfants dont la langue d’enseignement n’est pas leur langue maternelle.

Le présent rapport ne se limite pas à l’analyse de modèles généraux de préparation à l’école par comparaison avec un groupe témoin. Des groupes de taille restreinte présentant des caractéristiques plus détaillées ont été ciblés, et leurs résultats au chapitre de la préparation à l’école dans cinq domaines de l’IMDJE ont été examinés. Dans la description des résultats, chaque groupe fait l’objet d’une mise en contexte s’appuyant sur des données récentes sur les Canadiens. Ces données sont principalement tirées des recensements effectués par Statistique Canada tous les cinq ans.

Résultats

Les enfants qui ont des besoins spéciaux représentent 3,8 % de la population de la base de données normatives II. Les garçons sont plus nombreux que les filles. En règle générale, les enfants présentant des besoins spéciaux obtiennent des notes moins élevées dans tous les domaines de l’IMDJE et l’écart avec le groupe témoin est important. L’écart le plus marqué se situe dans le domaine de la communication et des connaissances générales, bien que des disparités soient observables entre les groupes en fonction du type de besoins. Par exemple, les élèves atteints de déficience visuelle ou auditive ont obtenu des notes inférieures à celles de leurs pairs du groupe témoin, mais s’en sont tout de même mieux sortis que des enfants présentant d’autres types de problèmes.

Certains groupes d’enfants bilingues ont obtenu de meilleurs résultats que le groupe témoin. La portée de cette observation varie en fonction du domaine de développement et des écarts au chapitre des résultats. Le modèle le plus courant laissait voir que les enfants bilingues affichaient des résultats meilleurs que ceux du groupe témoin sur le plan du développement physique, social et parfois émotif, équivalents sur le plan du langage et légèrement inférieurs dans le domaine de la communication.

Dans l’ensemble, les conclusions viennent confirmer les hypothèses fondées sur des groupes de taille moins importante. Les données sur la population à grande échelle ont permis de montrer que les deux groupes visés, bien qu’ils soient souvent considérés comme un tout, présentent des caractéristiques très diverses que seules des données comme celles de l’IMDJE permettent de démêler. Les différences marquées au chapitre de la préparation à l’école chez les groupes linguistiques en ce qui a trait à la maîtrise de la langue d’enseignement indiquent clairement qu’il faut intensifier le soutien linguistique offert aux familles comptant de jeunes enfants.

Mis en contexte, les résultats obtenus peuvent orienter les stratégies d’intervention et de prévention en milieu préscolaire et scolaire et servir de base à des analyses plus poussées auprès de populations ciblées.