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George M. Tarabulsy, Michel Boivin École de psychologie, Université Laval, Québec (Québec)
Jean-Pascal Lemelin, Département de psychoéducation Université de Sherbrooke, Sherbrooke (Québec)
Sommaire (PDF, 36 KB)
Rapport entier, en anglais seulement (PDF, 117 KB)
Il est de plus en plus clair que l'environnement prénatal détermine certains aspects du développement cognitif et affectif des nourrissons pendant les premiers mois et les premières années de vie. Ce concept est baptisé « hypothèse de la programmation fœtale » (HPF). Les chercheurs qui l'ont étudié ont montré que des facteurs spécifiques comme le stress maternel ainsi que la consommation d'alcool, de tabac et de drogues pendant la période prénatale sont corrélés aux indicateurs de développement et de fonctionnement cognitifs, affectifs et psychophysiologiques des nourrissons (Huijbregts, Séguin, Zoccolillo, Boivin et Tremblay, 2008; Huizink et Mulder, 2006; Weinberg, Sliwowska, Lan et Hellemans, 2008; Weinstock, 2008).
Le stress maternel est également associé à des niveaux élevés d'indicateurs physiologiques de stress (par exemple le cortisol) qui traversent facilement la barrière placentaire, comme le font l'alcool et certaines substances présentes dans les drogues et le tabac. On a démontré dans le cadre de recherches sur les animaux que pareilles substances influent sur le développement de régions du cerveau liées à la mémoire et au développement affectif (Gunnar et Fisher, 2006; Weinberg et autres, 2008).
Diverses stratégies de prévention ont été mises en œuvre afin de diminuer l'importance de ces variables prénatales, particulièrement auprès des populations à risque élevé. Les résultats de ces initiatives sont incertains et on constate trois lacunes.
Des études expérimentales de ce genre ont le potentiel non seulement d'aider les praticiens à être plus efficaces dans leur traitement des femmes à risque élevé, mais de plus celui de fournir une occasion de mieux estimer l'importance de la programmation fœtale, puisque les variables prénatales sont manipulées et que les variables postnatales covarient.
Les résultats indiquent, contrairement aux attentes, que l'intervention n'a pas été efficace pour modifier les niveaux de stress maternel et de consommation de substances pendant la période prénatale. Ainsi, le protocole expérimental proposé ne pouvait confirmer l'hypothèse de la programmation fœtale.
Par conséquent, nous avons étudié l'hypothèse de la programmation fœtale au moyen d'analyses hiérarchiques de régression. Celles-ci ont donné des indications confirmant la programmation fœtale. En particulier, on a établi un lien entre le niveau de consommation d'alcool prénatal et la concentration de cortisol dans la salive des nourrissons, ainsi qu'une corrélation entre l'anxiété maternelle prénatale et le développement cognitif et affectif des nourrissons.
Les données suggéraient un lien marginal entre les événements de vie majeurs (indicateurs de stress) et le développement affectif des nourrissons, ainsi qu'entre la consommation maternelle de tabac et la concentration de cortisol chez le nourrisson. Les niveaux postnatals de sensibilité interactive maternelle, l'adaptation conjugale et la fréquentation d'une garderie n'étaient aucunement corrélés au développement cognitif ou affectif des nourrissons. Ces résultats indiquent qu'au moment où ont eu lieu les évaluations du développement des nourrissons, les facteurs prénatals priment lorsqu'il s'agit de déterminer le développement.