Accueil > Recherche > Financement de projets
Sommaire (PDF, 40 KB)
Rapport entier, en anglais seulement (PDF, 1136 KB)
Les membres de la communauté de l’enseignement de l’histoire s’entendent pour dire que la compréhension de l’histoire dépasse largement la simple connaissance des événements et des personnages du passé auxquels les enseignants et les parents attachent de l’importance. Pour comprendre l’histoire, on doit également saisir la façon dont les historiens en viennent à comprendre le passé.
Le projet dont il est question ici avait pour objectif l’acquisition de « connaissances métahistoriques » dans l’environnement stimulant des classes du secondaire. Notre travail était fondé sur la conviction suivante : puisque tout élève qui connaît bien la science devrait être en mesure de comprendre pourquoi les résultats de deux études scientifiques rigoureuses peuvent diverger, alors tout élève qui connaît bien l’histoire devrait pouvoir comprendre les raisons pour lesquelles deux comptes rendus historiques documentés avec soin et rédigés en toute bonne foi peuvent s’opposer. Sans cette compréhension, il ne reste aux élèves qu’une opinion cynique de l’histoire ou l’impression que « tout est permis » qui leur feraient croire que tout compte rendu est défendable, en principe, et que toute personne a droit à son opinion, indépendamment des preuves. De telles conceptions sont incompatibles avec une participation saine à une société multiraciale et démocratique.
Le projet avait deux objectifs d’égale importance :
En collaboration avec trois enseignants d’études sociales chevronnés, nous avons créé pour le programme d’études sociales obligatoire de 11e année de la Colombie-Britannique une unité de cybermentorat qui offrirait la possibilité de parfaire les conceptions métahistoriques des élèves sans nuire au contenu du programme. L’unité, appelée “Compassionate Canada?”, devait durer environ deux semaines.
Un Canada compatissant interpellait les élèves de 11e année en leur posant la question suivante : Le Canada est-il plus compatissant aujourd’hui qu’il y a 100 ans? Sur un forum sécurisé, les élèves ont examiné des documents sources se rapportant à sept « cas » historiques répartis sur un siècle et choisis en raison de leur capacité à susciter chez les élèves une remise en question de la nature des connaissances historiques. En plus des documents, les élèves pouvaient consulter sept cybermentors bénévoles, tous diplômés en histoire d’une université canadienne ou sur le point de recevoir leur diplôme. Ces mentors pouvaient conseiller et orienter les élèves dans l’interprétation des documents et de leur relation avec la question fondamentale de l’unité.
L’unité Un Canada compatissant a été mise à l’essai à Vancouver auprès d’un groupe diversifié de quelque 90 élèves; comme mesure de l’apprentissage, nous avons demandé aux élèves de remplir le sondage DCRH avant et après l’essai. Un groupe de référence présentant les mêmes caractéristiques démographiques a rempli le sondage avant l’essai seulement. L’analyse a permis de conclure ce qui suit :
En matière d’éducation, ces résultats suggèrent, en premier lieu, que les conceptions métahistoriques des élèves sont sensibles aux changements positifs qu’entraîne l’instruction et, en second lieu, que l’instruction ne doit pas nécessairement prendre du temps ou nuire à la réalisation des objectifs obligatoires du programme scolaire. Des études de suivi sont actuellement menées; elles proposent de mettre l’unité Un Canada compatissant à l’essai dans d’autres milieux scolaires, de poursuivre la validation de l’outil DCRH et d’évaluer la durée des modifications ainsi apportées aux conceptions.
Haut de page