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Formation : les entreprises canadiennes tirent de l’arrière par rapport à leurs homologues étrangères

Peu sensibilisées, les entreprises investissent insuffisamment dans les ressources humaines, ce qui influe négativement sur leur productivité

Beth Everson, la directrice des communications, CCA
5 nov. 2007

Les entreprises canadiennes accusent un retard par rapport à leurs concurrents sur la scène internationale en ce qui a trait aux investissements dans la formation et l’éducation en milieu de travail. Si on les compare avec les employeurs américains et européens, les employeurs canadiens y consacrent un investissement de 40 à 50 % inférieur, comme l’affirme Paul Cappon, président directeur général du Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA), une organisation à but non lucratif qui compte un bureau à Ottawa et un à Vancouver.

En conséquence, seulement 30 % des travailleurs canadiens reçoivent de la formation en milieu de travail, ce qui à ce chapitre situe le Canada parmi les derniers des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), dont le siège est situé à Paris.

« Nous participons à l’économie du savoir, mais 70 % des Canadiens [qui travaillent] ne reçoivent absolument aucune formation », s’étonne M. Cappon.

Un rapport du Centre du savoir sur l’apprentissage et le milieu de travail du CCA souligne l’importance de l’éducation et de la formation et analyse ce qui empêche les entreprises canadiennes de consentir des investissements susceptibles de générer des retombées considérables.

Selon le rapport intitulé Un investissement rentable – Mettre l’investissement en formation en rapport avec les résultats d’entreprise et l’économie, la croissance de la productivité au Canada a représenté, entre 2000 et 2005, seulement le quart de celle des États Unis. La productivité est directement liée à la formation et à la capacité des employeurs canadiens d’amener leurs employés à perfectionner leurs compétences, selon Allan Bailey, auteur du rapport.

CALCUL DU RENDEMENT DU CAPITAL INVESTI
Une simple équation mathématique

Pour déterminer le rendement du capital investi, soustraire le coût du programme de l’augmentation des profits (l’effet de la formation sur les affaires). Diviser ce résultat par le coût du programme, puis multiplier par 100 pour obtenir le rendement sous forme de pourcentage.

Par exemple, si un nouveau programme de formation coûte 10 000 $ et produit 30 000 $ de ventes, le rendement est de [(30 000 $ - 10 000 $)/10 000 $] X 100 = 200 %. C’est donc dire que chaque dollar investi dans la formation génère 2 $ de profit.

Pour en savoir plus sur le calcul du rendement du capital investi, notamment pour savoir comment convertir tous les avantages de la formation en valeurs pécuniaires, visitez le www.roiinstitute.net ou le www.learning-designs.com.

« […] [L]a faculté du Canada à soutenir la concurrence dans un marché du travail toujours plus mondial, concurrentiel et basé sur le savoir se trouve compromise », lit-on dans le rapport.

Ailleurs dans le monde, il existe des preuves que la formation peut générer des profits considérables et une réduction importante des coûts. Une série d’études de cas publiées en 2000 en Australie mesurait la productivité, les ventes, le roulement de personnel, la consommation d’essence et les frais de formation engagés par des fabricants, des entreprises de transport et des organisations caritatives ayant investi dans la formation en milieu de travail. Le rendement du capital investi variait de 30 % dans le cas de la Queensland Rail, où la formation a permis une réduction de la consommation d’essence, à 7 125 % au sein de l’organisme caritatif Mission Australia, où la formation a permis de réduire le roulement de personnel.

Pourquoi donc les entreprises canadiennes ne sont-elles pas plus nombreuses à investir dans la formation? M. Bailey attribue ce problème à un manque d’information. La plupart des sociétés canadiennes sont de petites ou de moyennes entreprises; elles ne sont pas dotées d’un service de formation et ne savent donc pas où aller chercher celle dont elles ont besoin, pas plus qu’elles n’en connaissent la valeur.

De l’avis de M. Bailey, les entreprises doivent sélectionner les programmes de formation respectant en tous points leurs objectifs d’affaires. Par exemple, ceux qui permettent une amélioration de la qualité, une réduction des coûts ou des délais et du nombre de produits rejetés améliorent la rentabilité de l’entreprise. Par contre, la formation générale, par exemple, celle qui permet aux employés de découvrir leur style d’apprentissage, ne produit généralement pas de retombées pour l’entreprise.

Certes, les entreprises canadiennes qui investissent dans la formation et en évaluent le rendement n’observent pas des résultats aussi élevés que ceux des deux sociétés australiennes déjà mentionnées, mais elles peuvent s’attendre à des retombées de l’ordre de 15 à 20 %. Une formation accordée aux superviseurs, qui à leur tour transmettent leurs apprentissages à leurs employés, peut entraîner des retombées encore plus importantes en raison d’un effet « boule de neige » que souligne M. Bailey.

Outre le rendement financier de la formation, le rapport Un investissement rentable révèle également des avantages intangibles, dont une satisfaction accrue de la clientèle et des employés et une diminution du stress, de l’absentéisme et du roulement de personnel.

Le rapport, accessible en ligne, énonce la méthodologie employée pour calculer les retombées de la formation. Bien qu’il s’agisse d’une méthode simple (il s’agit d’une analyse conventionnelle de la rentabilité), le rapport indique clairement que le défi réside en fait dans l’évaluation adéquate des retombées observées à différents niveaux de la chaîne de résultats, dans l’isolation des facteurs indépendants et dans le fait de résister à la tentation de surévaluer les retombées intangibles.

Il s’agit simplement de diviser les profits nets résultant de la formation par le coût de la formation (voir encadré). Les entreprises doivent isoler les effets de la formation sur les profits, convertir les données de référence et les données subjectives en valeurs pécuniaires et calculer l’ensemble des coûts des programmes de formation.

Au Canada, l’évaluation des retombées de la formation et de l’éducation en milieu de travail n’est pas encore très répandue. Selon M. Bailey, environ 60 à 70 entreprises canadiennes procèdent actuellement à ces calculs. Mais le vent commence à tourner.

Président directeur général de Learning Designs Online, fournisseur de services d’apprentissage en ligne établi à Mississauga, M. Bailey collabore avec des clients pour mettre sur pied des projets pilotes qui produisent déjà des résultats encourageants.

Firestone Canada a découvert qu’un problème observé au sein de l’entreprise provenait de lacunes au chapitre des compétences. Pour remédier à la situation, la société a réuni 15 superviseurs à l’occasion d’un atelier de résolution de problèmes. Après que ces derniers eurent recours à leurs nouvelles compétences pour résoudre le problème, l’entreprise en a évalué les retombées tant chez les superviseurs que sur le plan de la rentabilité de l’entreprise.

Résultat : une réduction des coûts de 10 000 $ par mois. L’évaluation a également révélé de nouvelles compétences en résolution de problèmes et une pensée analytique plus solide chez les employés, une participation plus dynamique au travail d’équipe et un meilleur contrôle de la qualité. Selon 87 % des superviseurs, la formation a constitué un bon investissement.

L’étude réalisée par M. Bailey pour le CCA ainsi que les projets pilotes auxquels il participe, par exemple celui de Firestone, permettent de convaincre plus facilement les chefs d’entreprise de la rentabilité réelle de la formation en milieu de travail.

Beth Everson est la directrice des communications du Conseil canadien sur l’apprentissage, une organisation à but non lucratif qui compte un bureau à Ottawa et un à Vancouver.

© Tous droits réservés Canadian HR Reporter, le 5 novembre 2007, avec l’autorisation de Carswell, Toronto (Ontario), 1 800 387 5164. Site Web : www.hrreporter.com.

 

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