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Travailler ensemble pour réussir

Paul Cappon, président-directeur général, CCA

18 oct. 2007

Dans un article publié récemment, Roger Gibbins, président-directeur général de la Canada West Foundation, affirme que l’enseignement postsecondaire (EP) est, et devrait être, un enjeu d’intérêt pancanadien.

Selon M. Gibbins, ancien professeur de sciences politiques à l’Université de l’Alberta, étant donné que les « bénéficiaires » de l’EP, soit les étudiants et les diplômés, franchissent fréquemment les frontières provinciales, l’enseignement postsecondaire devrait être considéré comme faisant partie de « l’espace économique commun » du Canada. En fait, nous vivons à une époque où les capitaux, les étudiants, les professionnels et même les établissements d’enseignement sont plus mobiles que jamais au Canada et ailleurs dans le monde. Une approche fragmentée ne peut traiter adéquatement les questions relatives à la qualité de l’enseignement postsecondaire et à son accès, au transfert des crédits, à la reconnaissance des acquis, à la planification des ressources humaines en santé, à la recherche, au développement et à l’innovation, pour n’en nommer que quelques unes. Elles doivent être soulevées dans une perspective pancanadienne et nécessitent un plan national.

De plus en plus, les provinces adoptent des approches pancanadiennes en matière d’enseignement postsecondaire. Par exemple, en février 2006, le Conseil de la fédération a organisé un Sommet sur l’éducation postsecondaire et la formation professionnelle et, plus récemment, en avril 2007, le Conseil des ministres de l’Éducation a émis un énoncé portant sur l’assurance de la qualité de l’enseignement menant à un diplôme au Canada.

De plus, la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario ont déjà mis en place des organismes d’évaluation de la qualité et comparent déjà leur processus au bénéfice de chacun. Cette coopération interprovinciale témoigne d’une vision prometteuse en matière d’EP dans le cadre d’un « espace économique commun » au Canada.

Les provinces cherchant à améliorer l’EP sur leur territoire en viennent à la conclusion qu’un débat à l’échelle du pays et la prise en compte des questions au sein d’un contexte pancanadien les aideraient à atteindre leurs objectifs. Par exemple, un document de réflexion publié récemment par le gouvernement de la Colombie-Britannique, intitulé Campus 2020: Thinking Ahead, énonce que l’absence de renseignements à l’échelle pancanadienne empêche sérieusement la province d’élaborer des plans pour les 15 prochaines années. Dans le même ordre d’idée, la commission sur l’avenir de l’éducation supérieure au Nouveau Brunswick souligne la nécessité d’obtenir de meilleurs renseignements.

Pour rédiger son premier rapport annuel sur l’EP, qui a été publié en 2006, le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA) s’est appuyé sur huit objectifs communs aux provinces et territoires pour encadrer la question. Rétrospectivement, ces objectifs pourraient jeter les bases d’un cadre national en la matière. De nombreux gouvernements provinciaux et intervenants du milieu de l’enseignement postsecondaire ont appuyé la démarche du CCA en faveur d’un dialogue sur des objectifs et des points de repère pancanadiens en matière d’EP.

La création d’une base d’information et d’une série d’objectifs à l’échelle nationale en matière d’EP ne remet nullement en cause les récentes dispositions liées aux compétences des provinces et territoires, et celles-ci ne font pas obstacle à la planification, à l’établissement d’objectifs et aux progrès. En effet, les provinces auront sans nul doute beaucoup plus de facilité à atteindre leurs objectifs au sein d’un cadre pancanadien plutôt que sans aucun encadrement.

De plus, ces objectifs pancanadiens ne compromettront pas l’autonomie et les responsabilités des établissements d’enseignement postsecondaire; ces derniers sont, et devraient en tout temps, être tenus de rendre des comptes aux collectivités et aux provinces. Toutefois, étant donné l’importance croissante que prend l’EP dans la compétitivité du Canada, il serait nécessaire de mener une évaluation continue de la contribution du secteur sur le plan de la réussite économique et sociale globale du pays.

De nombreux États fédéraux, comme l’Australie, ont élaboré de solides systèmes nationaux les aidant à prendre des décisions fondées sur des données fiables et actuelles en matière d’EP. Même l’Union européenne a élaboré une stratégie d’envergure assurant un EP de grande qualité pour former des travailleurs compétents et des penseurs créatifs dans tous les pays membres.

Le CCA espère que sa récente proposition de stratégie de données pancanadienne en matière d’EP servira à alimenter le débat à ce chapitre. Afin de progresser, il faut mettre en place des mécanismes favorisant des discussions éclairées et fondées sur des données probantes à l’échelle du pays en ce qui a trait aux objectifs en matière d’EP. Ce ne sont pas uniquement les résultats découlant de ce débat qui importent, mais aussi le processus en lui-même.

Cette collaboration fera intervenir tous les partenaires jouant un rôle décisif dans l’enseignement postsecondaire, à savoir les apprenants, les éducateurs, les établissements d’enseignement, les employeurs et les gouvernements, pour répondre aux aspirations des Canadiens à cet égard.

 

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