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Le CCA veut que des buts clairs et mesurables soient identifiés pour l’éducation postsecondaire

Paul Cappon, President-directeur général, CCA

22 févr. 2006

L’annonce que des représentants des gouvernements provinciaux et territoriaux vont se réunir en conférence au sommet pour envisager les moyens de collaborer en vue d’améliorer l’enseignement postsecondaire au Canada est une bonne nouvelle qui n’a que trop tardé.

Prenons l’exemple de l’Union européenne, dont les chefs d’État et de gouvernement ont adopté en 2002 un ensemble d’objectifs communs de l’éducation et de la formation en Europe et introduit un processus radicalement nouveau de coopération entre les pays membres. Leur stratégie, fondée en large partie sur le renforcement de l’enseignement postsecondaire, vise à répondre aux besoins de l’économie et de la société du savoir.

L’objectif global : faire des systèmes d’éducation et de formation européens la référence mondiale d’ici 2010. La stratégie de l’UE tient compte du fait que l’éducation et la formation figurent au nombre des moyens d’obtenir ce que les citoyens de tout pays désirent par-dessus tout : l’épanouissement personnel, l’emploi, la prospérité et une plus grande cohésion sociale.

Le moment est venu pour le Canada de reconnaître ce que les dirigeants de l’Union européenne ont accepté – des buts et des repères clairs, cohérents et uniformes mettant en jeu tous les partenaires du système contribuent à de meilleurs résultats pour tous – et d’agir en conséquence.

Un pays qui améliore les résultats de son secteur postsecondaire est mieux à même de cultiver la main-d’œuvre spécialisée et de favoriser la recherche novatrice indispensables pour réussir dans l’économie mondiale du savoir d’aujourd’hui.

Le Canada investit beaucoup chaque année dans l’enseignement postsecondaire, quelque 28 milliards de dollars en 2005. Cet investissement pourrait rapporter beaucoup plus si tous les partenaires en éducation – gouvernements, établissements postsecondaires, employeurs, éducateurs et apprenants – pouvaient conjuguer leurs efforts pour établir les buts et priorités stratégiques de l’enseignement supérieur et de la recherche dans tout le Canada. Après tout, la manière dont notre argent est dépensé compte tout autant que la somme que nous investissons.

Du côté positif, les effectifs des établissements postsecondaires augmentent rapidement, ce qui signifie qu’un nombre croissant de Canadiens reconnaissent l’utilité de l’enseignement supérieur. Selon l’Association des universités et collèges du Canada, l’effectif à temps plein des universités canadiennes a augmenté de 23 % environ entre 2001 et 2005, passant de 650 000 étudiants environ à plus de 800 000, et ce chiffre est appelé à augmenter encore. Selon une étude menée par le Conference Board du Canada, l’effectif des collèges communautaires canadiens atteindrait 531 000 étudiants d’ici 2009.

Cette croissance sollicite beaucoup les ressources disponibles. Les étudiants de plus en plus nombreux demandent sans cesse plus d’espace et de personnel enseignant alors même que des milliers de professeurs parviennent à l’âge de la retraite. Si nous ne parvenons pas à répondre à cette demande, les Canadiens ne pourront réaliser leur potentiel et le Canada ne disposera pas des gens de talent dont il a besoin pour réussir dans la société et l’économie du savoir.

L’UE a choisi de créer un espace de concertation sur les politiques d’éducation et de formation au plan européen et de mettre au point un cadre de politique cohérent sans empiéter sur les intérêts nationaux.

Il est plus que temps pour le Canada de suivre l’exemple de l’UE et d’élaborer un ensemble d’objectifs pour le pays tout entier, sans égard aux questions de juridiction, qui permettra d’améliorer la qualité, la capacité, l’adaptabilité et la rentabilité de notre système d’enseignement postsecondaire.

Pour parvenir à cet objectif, il faut entre autres pouvoir assurer un suivi régulier, permettant aux Canadiens de vérifier dans quelle mesure notre système d’enseignement supérieur répond à nos besoins en matière de progrès économique et de bien-être matériel. Le CCA peut contribuer à cette tâche, puisqu’il prévoit publier un rapport annuel sur l’enseignement postsecondaire [au Canada?], dont la première édition doit paraître à l’automne.

Une stratégie pancanadienne pour l’enseignement postsecondaire qui établit un équilibre entre les divers impératifs en présence – un système accessible pour les étudiants, un enseignement qui donne des résultats, des recherches originales, et enfin l’infrastructure indispensable pour faciliter la réalisation de tous ces buts – serait à l’avantage des étudiants, des universités, des collèges, des entreprises, des gouvernements et de l’ensemble des Canadiens. Avec une telle approche, notre système postsecondaire seraient mieux à même d’aider les Canadiens à réussir dans la société et l’économie du savoir.

Le Canada a besoin de buts clairs et cohérents pour l’apprentissage postsecondaire et doit commencer à mesurer à quel point il les atteint.

Espérons que les premiers ministres provinciaux et territoriaux seront du même avis lorsqu’ils entamerons cette semaine leur débat sur une stratégie pancanadienne de l’enseignement postsecondaire.

 

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