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Mot de la fin à la conférence CAPLA

18 october 2006

Kathleen Flanagan, Ph.D., coordonnatrice du Centre du savoir Apprentissage chez les adultes, a prononcé le mot de la fin à la conférence de l’Association canadienne pour la reconnaissance des acquis (CAPLA) qui s’est tenue à Fredericton, du 15 au 18 octobre 2006.

Bonjour à vous tous. C’est un très grand honneur pour moi d’être ici pour vous parler du Centre du savoir Apprentissage chez les adultes et faire le lien entre le travail du Centre du savoir et les enjeux de l’évaluation et de la reconnaissance des acquis.

Ces derniers jours ont été, pour ceux qui s’intéressent au groupe de l’évaluation et de la reconnaissance des acquis, une excellente occasion d’échanger et de se renseigner mutuellement.

Je voudrais vous parler de certaines discussions que j’ai entendues. J’ai remarqué un besoin évident et un intérêt particulier pour un système lié à l’élaboration d’un portfolio et à la reconnaissance des titres de compétences. J’ai entendu des délibérations intéressantes sur l’élaboration des politiques (et sur des moyens d’échange innovateurs pour l’élaboration de politiques), sur la recherche concernant l’assurance de la qualité, qui peut mener à des lignes directrices très importantes pouvant être adaptées et améliorées sur le terrain, et sur les lignes de front. J’ai entendu parler du besoin d’autres secteurs de recherche, et de nouvelles façons d’échanger la recherche actuelle, dans des domaines comme les coûts-avantages de l’ERA, l’analyse des possibilités d’emploi et l’apprentissage accru découlant de l’élaboration d’un portfolio. Il faut des examens critiques, éclairés et approfondis de ces dossiers. Il faut de nouveaux partenariats non traditionnels entre les chercheurs et les praticiens, entre les employeurs et les employés, et entre la main-d’œuvre et le secteur universitaire. J’ai entendu parler de la nécessité d’avoir des moyens d’échanger des méthodes exemplaires et prometteuses (et apprenants exemplaires, dont certains j’ai rencontrés pendant les derniers jours). J’ai assisté à des discussions sur le besoin de prouver, de reconnaître et de favoriser de multiples méthodes de participation, de multiples voies d’entrée et de multiples besoins d’apprentissage.

Il est également évident que nous devons reconnaître et comprendre la dynamique humaine qui est intrinsèquement liée au domaine de l’ERA, soit la tragédie des connaissances et des capacités sous reconnues et sous utilisées. Rex Murphy a parlé de ce secteur avec éloquence et passion. Il y a énormément de chagrin humain à la pensée d’une vie non valorisée, d’une vie non vécue pleinement. Ce chagrin a lieu et entraîne d’autres chagrins, sur le plan personnel, familial et communautaire.

L’envers de la médaille, ce sont les possibilités illimitées qu’offre l’ERA pour tirer profit du talent humain qui autrement continuerait de ne pas être reconnu, pour créditer et faire valoir les capacités qui ont été assombries ou obscurcies, pour tirer profit des forces non exploitées et pour maximiser et utiliser les capacités dissimulées.

Tout ce que j’ai entendu au cours des trois derniers jours indique qu’il existe un lien approprié entre l’ERA et les activités et les domaines d’intérêt du Centre du savoir Apprentissage chez les adultes. Les valeurs, le respect de la diversité, les stratégies, les outils et la nécessité de penser nationalement et d’agir localement.

Alors comment tous ces discours se traduisent-ils sur le plan de l’action? Comme je l’ai indiqué dans ma description du Centre du savoir Apprentissage chez les adultes, nous avons certains outils clés à notre disposition, des outils accompagnés de la capacité de créer des réseaux, de favoriser l’échange de connaissances, de diffuser et de mobiliser les connaissances, et de donner des conseils sur les priorités en recherche. Ce sont des outils essentiels pour faire avancer le programme de l’apprentissage continu et l’ERA.

J’aimerais conclure en commentant la conférence de Rex Murphy. Rex a très bien décrit à mon avis le milieu humaniste et a fourni une bonne justification de l’ERA. Il a mentionné que son père a quitté l’école en troisième année alors que lui-même a eu l’occasion d’obtenir un diplôme universitaire. Son père ressentait un profond sentiment de honte en raison de son manque de scolarité et les réalisations universitaires de son fils lui ont procuré beaucoup de fierté. L’histoire personnelle de Rex est touchante et c’est une histoire qu’on connaît bien à Terre-Neuve et dans l’ensemble du Canada.

Ma propre histoire n’est pas très différente. Mes parents étaient d’une génération où il fallait dans les familles nombreuses choisir un seul membre de la famille qui pourrait fréquenter l’université. Les ressources n’étaient tout simplement pas disponibles pour que tous les membres de la famille puissent avoir accès à l’enseignement supérieur. Et souvent, le choix était fondé sur de mauvais critères, p. ex. le sexe était clairement un facteur puisque la perception de la capacité scolaire était très très restreinte. Ma propre génération a eu la vie plus facile. Tous mes frères et sœurs, et je viens d’une famille nombreuse, ont pu fréquenter l’université.

L’argument de Rex est un point important, et il concerne les capacités non reconnues de nombreuses personnes qui n’ont pas obtenu de titres de compétences mais qui ont acquis néanmoins un ensemble de connaissances impressionnant par l’expérience, les possibilités d’apprentissage non formelles et leur quête infatigable du savoir.

Toutefois, j’aimerais utiliser son histoire pour souligner un autre élément, c’est-à-dire :

Durant les années 1960, le nombre de possibilités d’enseignement postsecondaire a augmenté énormément. Des progrès incroyables ont été réalisés dans plusieurs domaines concernant l’enseignement postsecondaire. Les progrès comprennent la construction de nouvelles universités et de nouveaux collèges, l’élaboration de programmes d’accréditation, la formation des enseignants, la mise sur pied d’un programme de prêts et de bourses aux étudiants. Tous ces éléments entrent en ligne de compte dans le développement d’une infrastructure. C’est cette infrastructure qui m’a offert à moi et à mes frères et sœurs, à Rex Murphy et à toute une génération de Canadiens et Canadiennes, un accès accru à l’enseignement postsecondaire. J’aime croire que l’apprentissage chez les adultes est arrivé au même point critique, où nous verrons bientôt la croissance d’une infrastructure comprenant des programmes, des politiques, des lignes directrices et la reconnaissance de la valeur et de l’importance de l’apprentissage de toute une vie.

Pour conclure, je tiens à remercier Bonnie Kennedy et l’Association canadienne pour la reconnaissance des acquis d’avoir organisé une activité extraordinaire. Je pense parler au nom de tous les participants en disant que cette conférence a été magnifique, enrichissante et dynamique. J’aimerais, si vous me le permettez, dédier la conférence à tous les apprenants adultes de l’ensemble du Canada en espérant que grâce à leurs efforts et aux efforts de la communauté de l’ERA, leurs capacités et leurs habiletés seront reconnues, soulignées et développées.

J’espère que vous vous sentez comme moi inspiré, réénergisé et prêt à relever les défis qui nous attendent. Bon voyage, conduisez prudemment, et profitez de votre séjour jusqu’à votre retour chez vous.

Kathleen Flanagan

 

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