Speeches

Lancement du Centre du savoir de l'apprentissage chez les autochtones du Conseil canadien sur l’apprentissage

Robby Qammaniq, Apprenant Autochtone, Université Trent 

14 novembre 2005

Mesdames et Messieurs,

Tout d’abord, je tiens à remercier le Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA) et l’Inuit Tapirit Kanatami qui m’ont permis de participer à cette conférence.

Je m’appelle Robby Qammaniq. J’ai grandi à Hall Beach, aujourd’hui au Nunavut et qui se trouvait alors dans les Territoires du Nord-Ouest. Mes parents se sont séparés lorsque j’avais cinq ans. Cela m’a valu beaucoup de difficultés mais j’ai en revanche appris à voyager pour visiter l’un et l’autre de mes parents, et à me débrouiller tout seul car ni ma mère ni mon père n’avaient d’emploi qui leur aurait permis de financer mes déplacements.

On me demande souvent si j’ai subi un choc culturel lorsque je suis arrivé à Peterborough pour étudier à l’Université Trent. Je parlerais plutôt d’un choc éducatif, car je n’avais jamais autant eu à lire et à écrire de ma vie.

Lorsque j’étais en 9e année, notre directeur d’école nous a demandé ce que nous voulions faire une fois nos études secondaires terminées. J’ai décidé que je voulais devenir médecin.

En 2001, j’ai entamé ma carrière universitaire pendant la session d’été. La première année, j’ai obtenu des résultats décevants et l’université m’a demandé de suspendre mes études. Mais je voulais devenir médecin et j’ai persévéré. J’ai eu l’occasion de m’inscrire à une session d’été du secondaire à Peterborough, à l’été 2002, et j’ai suivi un cours de physique de 12e année qui n’est pas offert dans les écoles du Nunavut. Je suis alors retourné à l’école secondaire à Rankin Inlet pour mieux me préparer à l’université. Je suis revenu à l’Université Trent à l’été 2003 et après mon expérience de la première année, j’étais mieux préparé à assumer la charge de travail. Je suis en troisième année avec une double concentration en anthropologie et en biologie.

À mon avis, il devrait exister au Nunavut une école d’été qui offrirait les cours que les élèves qui se destinent au postsecondaire n’ont pas l’occasion de suivre. En effet, la majorité sont inscrits dans la filière professionnelle et les écoles s’intéressent plus à ceux-ci qu’au très petit groupe d’élèves qui souhaitent poursuivre leurs études. Les écoles du Nunavut devraient également insister davantage sur la lecture et l’écriture, car c’est là que j’éprouve toujours le plus de difficultés.

Merci au CCA d’avoir soulevé des questions reliées à l’apprentissage chez les autochtones. J’espère que le CCA produira d’excellents résultats!

 

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