Speeches

Forum économique international des Amériques
(Conférence de Montréal)

Paul Cappon, président-directeur général, CCA

Le 10 juin 2008
Forum 3 : « Éducation et formation : source première de durabilité »
Montréal, Québec

Je vous remercie de votre présence ce matin à l’occasion du forum « Éducation et formation : source première de durabilité ».

Je suis Paul Cappon, le président directeur général du Conseil canadien sur l’apprentissage. Le Conseil a été mis sur pied pour proposer une vision stratégique et pancanadienne de l’apprentissage. Depuis sa création, tout son personnel s’emploie avec passion à trouver des moyens de mettre le système d’apprentissage au service du changement, tant au Canada qu’à l’échelle internationale.

En cernant les quatre piliers de l’apprentissage dans la retentissante étude de l'UNESCO consacrée à l’éducation au XXIe siècle, Jacques Delors a fixé un cadre qui nous permet d’analyser les liens entre apprentissage et développement durable. Les quatre piliers de l’apprentissage sont les suivants :

  • Apprendre à savoir, c’est-à-dire apprendre à maîtriser les outils d’apprentissage que sont, entre autres, la concentration, la mémoire et la capacité de réflexion.
  • Apprendre à faire, c’est à dire acquérir des compétences recherchées de manière à contribuer à la qualité de vie de la collectivité.
  • Apprendre à être, autrement dit, arriver à s’épanouir pleinement sur le plan personnel.
  • Apprendre à vivre ensemble, c’est à dire parvenir à comprendre les autres et leur culture ainsi qu’à acquérir les compétences et les attitudes nécessaires pour prendre part à des projets communs.

Apprendre à vivre ensemble exige aussi l’apprentissage du respect de l’environnement et la prise de conscience de sa valeur. Nous devons absolument cesser de voir dans la durabilité un enjeu strictement lié à l’environnement. Le développement humain durable passe impérativement par la poursuite de trois idéaux interreliés : la saine gestion de la biosphère, l’établissement d’un paradigme économique qui préserve les ressources de la planète, et l’établissement de systèmes axés sur le bien-être de la race humaine, au sein desquels l’harmonie avec la nature et celle entre les hommes constituent des préoccupations essentielles.

L’atteinte de ces trois idéaux ne sera pas chose facile, mais nos systèmes d’apprentissage peuvent jouer un rôle clé. Comme l’affirmait l’UNESCO en 1997, l’éducation est « le moyen de... faire évoluer dans le sens voulu les comportements, les valeurs et les modes de vie et de préparer l’opinion à adhérer aux transformations constantes et fondamentales qui devront s’opérer pour que l’humanité modifie sa trajectoire... L’éducation est, pour tout dire, le meilleur espoir de l’humanité et le moyen le plus sûr au service de sa quête d’un développement durable. »

Pour parvenir au développement durable, il nous faut tenir compte des dures réalités auxquelles l’apprentissage est aujourd’hui confronté, partout dans le monde. Des millions de gens, jeunes et vieux, homme et femmes, du Nord comme du Sud, n’ont actuellement aucun accès à l’éducation, encore moins à celle qui promeut une vision humaniste de la durabilité.

La durabilité de nos systèmes d’apprentissage n’est pas qu’une question d’argent ou de programmes. Elle exige un changement d’attitude et la mise en place d’une nouvelle donne qui garantisse l’éducation pour tous, dans une optique de développement durable. Il faut que soient reconnues à la fois la valeur de l’apprentissage formel, assuré à l’école, et celle de l’apprentissage informel, assuré à la maison, au sein de la collectivité et en milieu de travail.

Je suis optimiste quant à notre capacité de mettre en commun les atouts de ces deux types d’apprentissage afin de relever ce défi. Après tout, nous avons énormément progressé dans notre compréhension du processus d’apprentissage au cours des dernières décennies. Cette progression s’accélère, d’ailleurs. Il s’agit, en fait, d’une révolution semblable à celle provoquée par les nouvelles technologies de communications.

Nous sommes aujourd’hui en mesure d’exploiter notre meilleure compréhension du processus d’apprentissage pour promouvoir l’adoption de comportements compatibles avec le développement durable, tout en soutenant l’innovation et le progrès technologique. En intégrant le pilier « Apprendre à faire » au pilier « Apprendre à vivre ensemble », nous pouvons créer une structure qui favorisera l’avènement d’une nouvelle ère sur le plan du développement humain. Une ère où l’innovation et la technologie contribueront à guérir les blessures de la planète plutôt qu’à les accentuer.

Nous avons demandé ce matin à d’éminentes personnalités de se pencher sur les divers aspects de l’éducation et de la formation en tant que source de durabilité.

La séance débutera par une allocution d’ouverture prononcée par M. Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE depuis 2006. Signalons qu’avant d’accéder à cette prestigieuse fonction, M. Gurría avait entre autres été ministre des Affaires étrangères ainsi que ministre des Finances et du Crédit public au sein du gouvernement mexicain. En sa qualité de Secrétaire général de l’OCDE, il a renforcé le rôle de  l’Organisation en tant que plate-forme de dialogue et de discussion sur les questions de politique économique, tout en poursuivant un programme de modernisation et de réforme internes. Sous sa conduite, l’OCDE a accepté d’ouvrir des discussions, en vue de leur adhésion future, avec le Chili, l’Estonie, Israël, la Russie et la Slovénie et de renforcer les liens avec d’autres grandes économies émergentes, notamment l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie, en vue d’une éventuelle adhésion.

M. Gurría participe activement aux travaux d’une série d’organismes internationaux à but non lucratif. Ne serait ce qu’au Canada, il est membre du Conseil consultatif international des gouverneurs du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, et a été le premier lauréat du prix du Mondialiste de l’année décerné par le Conseil international du Canada.

À la suite de l’allocution d’ouverture de M. Gurría, trois oratrices d’exception prendront la parole.

Mme Lucie Sauvé est professeure et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement à l’Université du Québec à Montréal, l’UQAM. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des sommités mondiales en ce domaine. En tant que directrice d’un important projet de formation et de recherche, « Éducation relative à l’environnement en Amazonie », Mme Sauvé est au cœur d’un réseau de chercheurs composé de l’UQAM et d’universités du Brésil, de Bolivie et de Colombie. En collaboration avec des établissements de Belgique, de France, du Mali et d’Haïti, elle a par ailleurs mis sur pied une publication de recherche ainsi qu’un programme international d’études supérieures à distance, tous deux axés sur l’éducation relative à l’environnement.

Mme Madeleine Meilleur s’exprimera à sa suite. À la fois ministre des Services sociaux et communautaires et ministre déléguée aux Affaires francophones au sein de gouvernement ontarien, Mme Meilleur est entrée à l’Assemblée législative de cette province en 2003 après avoir été élue députée. Elle est, depuis, membre du Cabinet. En tant que ministre des Services sociaux et communautaires, Mme Meilleur a, entre autres, contribué à la mise sur pied du programme Prestation ontarienne pour enfants. À la fois infirmière et avocate spécialisée en droit du travail et de l’emploi, elle a été lauréate de plusieurs prix dont celui du bâtisseur communautaire 2001, décerné par Centraide, et le Prix d’excellence 2002, que lui a remis le Réseau socio action des femmes francophones pour son remarquable engagement au sein de la collectivité.

La dernière oratrice à prendre la parole ce matin sera Mme Christine Ockrent, directrice générale de France Monde, le service international français de télévision et de radio. Mme Ockrent est l’une des personnalités journalistiques les plus respectées de France. Elle a été l’unique journaliste à décrocher une entrevue avec Saddam Hussein en pleine guerre du Golfe. Après des débuts au sein du service de l’information de NBC, elle a collaboré pendant huit ans à l’émission d’affaires publiques 60 Minutes de CBS. Elle a également été rédactrice en chef de l’hebdomadaire L’Express ainsi que rédactrice en chef et présentatrice vedette des émissions d’affaires publiques de France 3, à la télévision française.

Mme Ockrent siège au conseil d’administration de l’International Crisis Group (ICG), est membre de l’Institut français des relations internationales (IFRI), du European Council on Foreign Relations (ECFR), du Center for European Reform (CER), de Human Rights Watch France, de Reporters sans frontières et du Women’s Forum for the Economy and Society. Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, elle a également étudié à l’Université de Cambridge.
 
 J’invite maintenant M. Gurría à prononcer son allocution d’ouverture.


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