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Ressources associées au rapport
C’est pour moi un grand plaisir de célébrer avec vous ce matin la Semaine de l’alphabétisation familiale et de prendre part aux événements qui visent à mettre en lumière l’importance de l’apprentissage en général, et de la littératie en particulier.
Comme nous le savons tous, la littératie est indissociable de la prospérité, de la productivité, de la cohésion sociale et de la réussite de tout pays. En outre, elle contribue à la réussite personnelle, au sentiment de fierté et de satisfaction ainsi qu’au bien-être des Canadiens en leur ouvrant tout un éventail de possibilités.
De plus, nous savons tous que les Canadiens n’en sont pas encore au point où ils devraient être.
À l’heure où 9 millions d’adultes au pays ne disposent pas du niveau de littératie adéquat pour fonctionner dans le marché du travail actuel, il va sans dire que d’importants défis se dressent devant nous. Et si l’on ajoute à cela que la moitié des Canadiens actifs ne sont pas à même d’effectuer des calculs de base ou que 55 % de ce groupe ne sont pas en mesure d’assimiler correctement des renseignements médicaux vitaux pour leur santé, il y a tout lieu de s’alarmer.
Or, c’est précisément cette réalité qui donne un sens à votre travail et au travail du Conseil canadien sur l’apprentissage (CCA).
Le Conseil s’est donné une vision : se faire le catalyseur de l’apprentissage des Canadiens tout au long de leur vie. Le CCA n’est pas issu de la réflexion d’un universitaire ou d’un fonctionnaire isolé. Il a plutôt été créé en réponse à une demande émise par des citoyens de tous milieux et de toutes conditions.
Conscients que leur famille, leur région et leur pays ont besoin d’acquérir les outils qui sont les gages de la réussite, les Canadiens ont appelé de leurs vœux un organisme pancanadien qui soit chargé de rendre compte de l’état de l’apprentissage tout au long de leur vie, un organisme indépendant qui soit à même de déterminer des approches efficaces de l’apprentissage ainsi que les mesures à prendre pour améliorer l’apprentissage à chaque étape de la vie.
Depuis sa création encore récente, le CCA s’est attaché à remplir ce mandat. Tels les grands chemins de fer du xixe siècle, le CCA conçoit l’apprentissage comme une force unificatrice pour le Canada au xxie siècle.
Nous avons donc lancé une série de nouvelles ressources destinées à fournir des renseignements essentiels sur l’apprentissage aux éducateurs, aux gouvernements, au public et aux défenseurs de l’apprentissage.
Nous avons par exemple créé l’Indice composite de l’apprentissage, un outil novateur qui permet d’évaluer le rendement du Canada dans toutes les sphères de l’apprentissage, de l’école au foyer, en passant par le milieu de travail et la collectivité. Le mois dernier, nous avons lancé le premier rapport pancanadien sur l’état de l’enseignement postsecondaire au Canada, qui appelle à l’adoption d’une approche pancanadienne susceptible d’accroître l’efficacité dans ce secteur essentiel.
Aujourd’hui, c’est avec un immense plaisir que je m’apprête à vous présenter le tout premier État de l’apprentissage au Canada réalisé par le CCA.
Le rapport État de l’apprentissage propose un portrait exhaustif de l’apprentissage et de l’éducation qui décrit ce que nous savons de l’apprentissage au Canada aujourd’hui, de même que ce que nous devons savoir pour tracer notre évolution.
Le rapport nous convie à un voyage qui commence à la petite enfance, passe par les années scolaires puis par l’enseignement postsecondaire, pour arriver directement à l’apprentissage des adultes, tant à la maison qu’au travail et au sein de la collectivité. Le rapport contient également un chapitre sur l’apprentissage chez les Autochtones qui se penche sur les façons de mesurer la réussite chez les membres des Premières nations, les Inuits et les Métis.
L’État de l’apprentissage n’est pas un document statique. Il sera rafraîchi chaque année au moyen de mises à jour. De plus, un chapitre spécial sera prévu chaque année pour approfondir une facette particulière de l’apprentissage.
Il n’est pas fortuit que notre premier thème spécial soit la littératie. Au nombre des activités très diversifiées qui composent l’apprentissage, la littératie occupe une place unique et déterminante.
Permettez-moi maintenant de vous présenter un bref survol de quelques-uns des faits saillants du rapport. C’est avec plaisir que je répondrai ensuite à vos questions.
Le rapport indique qu’il n’y a pas de temps pour s’illusionner en ce qui a trait à l’état de l’apprentissage au Canada.
Certes, les raisons de nous réjouir ne manquent pas. Dans notre pays, la vaste majorité des enfants naissent en santé et jouissent d’une solide éducation. Un nombre croissant d’entre eux vont au collège ou à l’université, de sorte que le Canada peut s’enorgueillir d’occuper le troisième rang à l’échelle mondiale pour la proportion de travailleurs possédant une formation postsecondaire.
Une fois qu’ils ont grossi les rangs de la population active, nombre de Canadiens poursuivent leur apprentissage au moyen de cours structurés ou dans des contextes d’apprentissage informel pour parfaire leurs compétences et leurs connaissances. À la maison, les adultes prennent souvent des cours par intérêt personnel, et un grand nombre font du bénévolat au sein de leur collectivité ou optent pour d’autres avenues leur permettant d’élargir leurs horizons personnels.
Cela dit, nous avons aussi de graves motifs de nous inquiéter.
Au Canada, un élève sur quatre commence sa première année avec un problème d’apprentissage ou de comportement susceptible de mettre en péril sa réussite future.
À l’école, on observe des problèmes de santé chez un nombre croissant d’enfants et d’adolescents, y compris l’obésité, tandis que d’autres arrivent à l’école le ventre creux. Les cours d’école sont le théâtre d’actes d’intimidation, et trop nombreux sont les jeunes qui n’éprouvent pas de sentiment d’appartenance ou qui n’ont pas voix au chapitre. Le taux de décrochage au niveau secondaire a chuté, mais il demeure deux fois plus élevé que celui d’autres pays, notamment la Norvège.
Au niveau postsecondaire, nous savons que la fréquentation grimpe, mais nous ne disposons pas des outils nécessaires pour mesurer la qualité de l’éducation que reçoivent les jeunes adultes. Nous ne savons pas non plus si leurs études correspondent bien aux besoins du marché du travail.
L’examen de la population active dévoile des raisons supplémentaires de nous inquiéter. Même si de nombreux employés souhaiteraient parfaire leur formation – que ce soit pour améliorer leurs compétences, leur salaire ou leur performance actuelle – les trois quarts d’entre eux n’ont jamais accès à la moindre journée de formation parrainée par leur employeur.
Dans certains cas, la raison en est un manque de temps ou d’argent, ou de trop lourdes responsabilités familiales interférant avec une formation structurée ou informelle liée au travail. Cela ne fait aucun doute, certains des obstacles restreignant l’accès à la formation sont négligés. En effet, quand les employés suivent une formation quelconque, c’est généralement à leurs frais et dans leurs temps libres.
Les peuples autochtones du Canada doivent pour leur part composer avec des défis qui leur sont propres. Les jeunes Autochtones ont un taux de décrochage deux fois et demie plus élevé que les autres élèves des écoles secondaires, ce qui signifie que, d’entrée de jeu, moins de portes s’ouvrent à eux.
Le portrait de la littératie est tout aussi troublant.
Nous savons qu’une solide littératie est essentielle à la réussite dans le milieu de travail, surtout dans l’économie du savoir internationale et concurrentielle qui est la nôtre. Mais ce n’est pas tout. Il existe une corrélation entre la littératie, d’une part, et la santé, l’engagement communautaire et d’autres avantages, d’autre part.
Au Canada, quatre adultes sur 10 ne disposent pas des habiletés de lecture et d’écriture requises pour fonctionner dans une économie moderne. Voilà qui donne à réfléchir. Qui plus est, la moitié de la population adulte ne dispose pas de notions de calcul suffisantes. Ces données sont nettement plus élevées au sein de certains groupes, notamment les Autochtones, les immigrants, les personnes bénéficiant de l’aide sociale et les personnes âgées.
Plus frappant encore, les statistiques ne se sont pas améliorées sensiblement depuis plus de 10 ans.
Et il y a plus troublant, comme le révèle l’État de l’apprentissage.
Cinquante-cinq pour cent des adultes canadiens actifs ne possèdent pas un degré suffisant de littératie en santé. Par littératie en santé, j’entends la mesure dans laquelle les personnes sont capables d’obtenir, de comprendre et de mettre en application les renseignements dont ils ont besoin pour favoriser et conserver une bonne santé.
La littératie en santé est vitale dans d’innombrables aspects de la vie, qu’il s’agisse de veiller à prendre ou à administrer à un enfant la bonne dose de médicament, de comprendre et suivre les instructions de sécurité de la machinerie et de l’équipement lourd, de donner un consentement éclairé à un traitement médical ou de faire des choix de vie judicieux et sains.
Les statistiques sont encore plus alarmantes chez les personnes âgées, qui sont les principaux consommateurs de médicaments, de renseignements de santé et de services médicaux. Près de neuf personnes âgées sur 10 ne disposent pas d’une littératie en santé suffisante. Compte tenu de ce que la population canadienne vieillit, voilà qui ne devrait laisser personne indifférent.
L’État de l’apprentissage pointe du doigt « le bon et la brute » dans le panorama canadien de l’éducation. Au chapitre de l’égalité, il cible également « le truand ».
Par exemple, sachez que les enfants qui grandissent dans les familles démunies sont deux fois plus susceptibles d’accuser du retard dès le départ, non seulement dans l’acquisition des compétences linguistiques, du vocabulaire et des notions de calcul, mais également dans l’ensemble de leur développement cognitif.
Songez à ce que cela signifie pour la population autochtone du Canada, où quatre enfants sur 10 grandissent dans la pauvreté. Nombre de jeunes Autochtones ne sont pas en bonne santé en raison de conditions de vie inadéquates qui minent leur capacité d’apprentissage.
Les données recueillies révèlent d’autres inégalités. Sur le plan sexospécifique, par exemple, les filles et les femmes tendent à devancer les garçons et les hommes sur plusieurs points, qu’il s’agisse de la motricité fine chez les enfants, du taux d’inscription universitaire chez les jeunes ou de l’apprentissage en milieu de travail chez les adultes.
Les immigrants récents ou déjà bien installés accusent eux aussi un retard par rapport au reste de la population. La langue est pour eux un obstacle commun. Nombre d’immigrants sont par ailleurs confrontés à la triste réalité que leur formation et leurs titres de compétences, acquis dans leur pays d’origine, ne sont ni acceptés ni reconnus dans leur pays d’accueil.
« Au lieu de trouver la faute, trouvez donc un remède », aurait dit Henry Ford.
C’est là l’essence de l’État de l’apprentissage. Il s’agit d’un compte rendu lucide de la situation actuelle des Canadiens en matière d’apprentissage. Ce rapport met en lumière des choses que nous savons, mais il nous apprend également ce que nous ignorons et cible ce qu’il nous faut découvrir.
Il s’agit en quelque sorte d’une invitation à passer à l’action. Je le répète, ce n’est pas le temps de s’illusionner. Même si nous devons nous féliciter de nos réussites, il ne fait aucun doute que nous avons du pain sur la planche!
Or, en ce qui a trait à l’apprentissage en général, et à la littératie en particulier, chacun est responsable de la solution.
Les gouvernements ont de toute évidence un rôle moteur à jouer, tout comme les établissements d’apprentissage de tous niveaux, les employeurs, bien entendu, ainsi que les syndicats et les associations d’entreprises. Les institutions sociales, y compris les groupes de défense des droits et autres ONG, jouent un rôle charnière dans la prestation des services et dans la mise en place des capacités nécessaires au sein des collectivités.
Enfin, comme le soulignent les événements ponctuant la Semaine de l’alphabétisation familiale, ici en Colombie-Britannique, et la Journée de l’alphabétisation familiale, partout au Canada, la littératie commence à la maison, entre parents et enfants et au sein des familles élargies.
L’État de l’apprentissage propose une profusion d’idées concrètes visant à améliorer la littératie partout au pays, et c’est avec plaisir que je suivrai les discussions qui en découleront.
Je tiens en terminant à vous assurer que le Conseil canadien sur l’apprentissage continuera à travailler avec les nombreuses personnes et organisations qui partagent notre engagement à l’égard de l’apprentissage, ici dans le cadre du présent événement et partout au pays. Nous mettrons tout en œuvre pour réaliser notre vision : être le catalyseur de l’apprentissage tel qu’il se déroule tout au long de la vie des Canadiens.
Je vous remercie d’avoir bien voulu me prêter une oreille attentive. Je vous cède maintenant la parole pour toute question ou tout commentaire.
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