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Le Conseil canadien sur l’apprentissage, aussi connu selon le sigle CCA, a été mis sur pied à la suite de consultations sur l’innovation tenues à l’échelle du pays. À la question « De quoi le Canada a-t-il besoin pour réussir dans l’économie mondiale au XXIe siècle? », des entreprises, des syndicats et des Canadiens ont répondu qu’aujourd’hui, plus que jamais, l’apprentissage continu constitue la clé de la réussite d’une personne ainsi que d’une économie prospère et d’une société forte.
Le CCA est un organisme indépendant sans but lucratif financé grâce à une entente avec Ressources humaines et Développement social Canada, et dont le mandat est de promouvoir et d’appuyer les décisions fondées sur des éléments objectifs au sujet de l’apprentissage à tous les stades de la vie, depuis la petite enfance jusqu’au troisième âge.
Bien que le CCA soit un organisme récent, il a déjà publié un certain nombre de rapports importants. Ma présentation d’aujourd’hui portera principalement sur les conclusions de notre premier rapport annuel sur l’enseignement postsecondaire, rendu public en décembre 2006, le premier à présenter une analyse pancanadienne de l’enseignement postsecondaire.
Notre but était de répondre à la question suivante : Dans quelle mesure le secteur de l’enseignement et de la formation postsecondaires contribue-t-il à réaliser les objectifs socio-économiques des Canadiens?
Cette question est liée directement à votre étude des questions d’employabilité, puisqu’on estime qu’au cours des 10 prochaines années, jusqu’à 70 % des emplois nouveaux et existants exigeront des études postsecondaires, sous une forme ou une autre. Aujourd’hui, seuls 45 % des Canadiens possèdent des titres de compétence de niveau postsecondaire.
J’aimerais souligner certaines conclusions du rapport, et je vous invite tous à prendre connaissance de la version complète de cette étude.
En premier lieu, l’enseignement postsecondaire ne concerne pas seulement les étudiants inscrits à l’université ou au collège. Dans une société axée sur le savoir, l’enseignement postsecondaire doit toucher la vie de tous les Canadiens, et ce, sous plusieurs aspects, de l’apprentissage en milieu de travail à l’acquisition de compétences techniques en passant par l’alphabétisation des adultes.
Deuxièmement, les Canadiens sont bien servis par leurs éducateurs et leurs établissements d’enseignement postsecondaire.
Toutefois, si nous examinons plus en profondeur les taux d’inscription élevés aux études postsecondaires au Canada, nous constatons l’absence de correspondance entre les besoins du marché du travail et notre capacité de les satisfaire, que ce soit par la formation d’apprentis dans les corps de métiers ou celle d’ingénieurs et de scientifiques. Si nous ne réussissons pas à mieux comprendre la relation entre l’offre et la demande de la main-d’œuvre, les employeurs, les Canadiens et le pays tout entier en souffriront.
Neuf millions d’adultes canadiens ne possèdent pas les capacités de lecture et d’écriture requises dans une société moderne, ce qui réduit leur aptitude à obtenir un bon emploi et peut même miner leur santé et leur qualité de vie.
Un million et demi d’adultes canadiens ont des besoins d’éducation et de formation liés à l’emploi qui ne sont pas satisfaits. Les besoins des apprenants adultes sur le plan de l’accès à l’enseignement postsecondaire selon des modalités plus souples, plus abordables et plus adaptées ne sont pas non plus convenablement satisfaits.
L’accès à l’enseignement postsecondaire et les avantages qui en découlent sont inégalement répartis au sein de la population canadienne, problème qui doit être résolu.
Le contexte en matière de compétence en éducation au Canada ne devrait nuire en aucun cas à la planification, à l’établissement d’objectifs et aux progrès dans le domaine de l’enseignement postsecondaire. En fait, les provinces elles-mêmes sont davantage en mesure d’atteindre leurs objectifs en évoluant au sein d’un cadre stratégique pancanadien qu’en l’absence d’un tel cadre. Pourquoi? Parce que les travailleurs, les capitaux, les étudiants, les professionnels, et même les établissements d’enseignement sont maintenant mobiles. La qualité, l’accès, le transfert de crédits, la reconnaissance des acquis, la planification des ressources humaines dans les soins de santé, la recherche, le développement et l’innovation, pour ne nommer que ceux-là, sont autant de domaines que l’on ne peut aborder de manière fragmentée. Ils exigent l’établissement d’un plan.
Si le Canada est déterminé à stimuler sa croissance économique, à s’assurer que sa population a accès à des possibilités d’emploi valorisantes, à accroître sa compétitivité à l’échelle internationale et à soutenir l’émergence de communautés solides, il doit mettre au point les outils appropriés pour y arriver.
Le Canada ne dispose pas de mécanismes permettant d’assurer la cohérence, la coordination et l’établissement de mesures comparatives en matière d’enseignement postsecondaire, questions auxquelles s’attaquent la plupart des autres pays développés. Le rapport du CCA regorge d’exemples de mesures prises par d’autres pays et organismes supranationaux comme l’Union européenne. Même aux États-Unis, où les universités dominent le palmarès des 100 meilleurs établissements d’enseignement au monde et où la productivité et le PIB par habitant sont nettement supérieurs à ceux du Canada, une étude fédérale a conclu récemment que sans stratégie nationale d’enseignement postsecondaire, le pays risque de prendre du retard sur le plan économique. Le nôtre peut-il donc se permettre d’être complaisant?
Si un État fédéral comme l’Australie peut élaborer des stratégies nationales et si des pays indépendants membres de l’Union européenne sont capables de se fixer des buts et des objectifs communs, le Canada peut en faire autant. Les sociétés qui établissent les conditions favorables au succès seront celles qui prospéreront, sur les plans économique et social.
Le Canada a besoin d’objectifs : où voulons-nous aller en tant que société? If faut énoncer une série d’objectifs explicites et bien définis sur ce que l’on devrait réaliser au moyen de l’EP pour maximiser le bien-être général du Canada et des Canadiens.
Le Canada a besoin d’une stratégie : comment pouvons-nous réaliser nos objectifs? Notre pays doit instaurer des mécanismes qui permettront aux principaux acteurs de collaborer à l’atteinte des objectifs, tout en respectant les responsabilités provinciales et l’autonomie scolaire des établissements.
Le Canada doit trouver des façons de mesurer le progrès : comment saurons-nous que nous avons atteint nos objectifs? Nous devons élaborer une série d’indicateurs précis pour déterminer si nous atteignons nos buts et objectifs. Pour ce faire, il faut définir une série de mesures constantes, exhaustives et comparables et recueillir des données, ce qui manque actuellement.
Le prochain rapport annuel sur l’enseignement postsecondaire du CCA, qui sera publié à l’automne, évaluera là où des progrès ont été réalisés et identifiera les questions prioritaires supplémentaires sur lesquelles se pencher.
Le CCA a établi cinq principes directeurs comme priorités pour favoriser l’apprentissage en milieu de travail :
En conclusion, veuillez tenir compte de ce qui suit : de nombreuses organisations (gouvernements provinciaux, groupes d’entreprises, syndicats et établissements d’EP) ont fait l’éloge du premier rapport pancanadien sur l’EP publié par le CCA et ont appuyé notre appel en vue d’une optique et d’une stratégie pancanadiennes. Ces organisations représentent l’opinion de millions de Canadiens, qui sont conscients que leur réussite personnelle, de même que celle de leur pays, repose sur un accès continu aux outils qui favorisent une société axée sur le savoir. Les Canadiens veulent que tous les partenaires concernés travaillent de concert à l’établissement de conditions favorables à la réussite.
Merci.
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