Accueil > Rapports > Enseignement postsecondaire > L'EP en 2006
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Les Canadiens jouissent depuis longtemps d’un niveau de vie enviable grâce à une économie croissante et productive. La croissance économique dépend des compétences et des talents des travailleurs canadiens. Le secteur de l’enseignement et de la formation postsecondaires (EP), au Canada, joue un rôle vital dans la constitution d’une main-d’œuvre compétente et instruite. Cependant, les tendances démographiques et les pénuries émergentes de main-d’œuvre montrent qu'il est urgent de déterminer le niveau, la répartition et la qualité de perfectionnement des ressources humaines nécessaires au maintien de notre qualité de vie.
Un des problèmes les plus significatifs, à court terme, est le manque prévu de diplômés postsecondaires d’ici 2013, alors que près de 70 % des nouveaux postes et des postes de remplacement exigeront de l’EP.[1] Actuellement, seulement 44 % des Canadiens en âge de travailler possèdent un diplôme d'EP. Cependant, beaucoup sont des baby boomers qui prendront bientôt leur retraite. Bien que le taux d’obtention de diplômes postsecondaires soit plus élevé chez les jeunes Canadiens, la pénurie actuelle de main-d’œuvre ne pourra pas être comblée sans continuer à augmenter les taux de scolarisation et d’obtention de diplômes.
Les pénuries de main-d’œuvre sont actuellement plus prononcées dans les métiers hautement spécialisés comme la construction et la mécanique, mais elles se feront sentir de plus en plus dans d’autres activités professionnelles, à cause du vieillissement de la main-d’œuvre canadienne et la baisse du nombre d’apprentis arrivant au terme de leur formation, malgré la progression constante de la demande. Sans augmentation significative des apprentis qui achèvent leur formation dans les métiers qui offrent un apprentissage, une disponibilité insuffisante de main-d’œuvre qualifiée risque d'entraver la croissance économique dans de nombreuses parties du Canada, ce qui est parfois déjà le cas.
L’aggravation de la pénurie de main-d’œuvre n’est pas limitée aux métiers spécialisés : les employeurs dans de nombreux secteurs, comme le génie et les services de santé, signalent une insuffisance critique dans la disponibilité de candidats appropriés pour remplir les postes vacants. Ces tendances se retrouveront dans toutes les professions au cours de la prochaine décennie avec le départ à la retraite des baby boomers.
L’immigration à elle seule ne suffira pas à répondre aux besoins actuels ou futurs du marché du travail. Pour satisfaire la demande pressante en capital humain, le Canada doit faire en sorte que tous les résidents, nés au Canada ou nouveaux arrivants, puissent réaliser leur plein potentiel, quelle que soit leur situation d’emploi, leur degré de littératie ou leur niveau d’éducation.
Les établissements postsecondaires joueront un rôle critique dans l'augmentation des compétences et de la qualification des Canadiens pour répondre à la demande croissante de main-d’œuvre. Cependant, le secteur postsecondaire doit définir son rôle dans la formation permanente, et sa capacité de remplir ce rôle, maintenant et dans le futur. Pour cela, il faudra disposer d’une information plus complète sur la dynamique de l’offre et de la demande sur le marché du travail. Pour l’instant, l'information disponible dans ce domaine est très incomplète.
Il faut combler les lacunes suivantes en termes d’information :
[1] Bergeron L.P., Dunn K., Lapointe M., Roth W., et Tremblay-Côté N. (2004). Perspectives du marché du travail canadien pour la prochaine décennie, 2004–2013. Ressources humaines et développement social Canada: Direction de la recherche en politiques et coordination. Politique stratégique et planification. SP-615-10-04F. Ottawa.
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