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Le bénéfice personnel qu’un individu peut retirer de sa participation à des cours d’enseignement postsecondaire ou à une formation est tel qu’il est souhaitable que l’on fasse en sorte que le plus grand nombre possible de Canadiens aient l’occasion d’obtenir un enseignement postsecondaire à un moment ou à un autre de leur vie, peu importe leur milieu social ou économique.
D’un point de vue économique, les prévisions démographiques indiquent que la demande de travailleurs qualifiés sera supérieure à l’offre. Le défaut de relever le niveau d’éducation de tous les apprenants et travailleurs potentiels signifie que bon nombre d’emplois nécessitant des travailleurs qualifiés ne seront pas comblés à l’avenir. Par conséquent, l’augmentation de l’accès à l’EP des membres des groupes présentement sous-représentés et la nécessité de s’assurer qu’ils achèvent avec succès ce niveau d’études sont d’une importance cruciale si l’on veut atteindre l’objectif du Canada d’avoir à sa disposition une main-d’oeuvre qualifiée et adaptable. En outre, cela contribuera à faire en sorte que ces Canadiens puissent participer pleinement à toutes les facettes de notre société.
Le Canada a réalisé des progrès considérables au plan de l’augmentation des taux de participation à l’EP des membres de groupes traditionnellement sous-représentés dans les établissements d’enseignement postsecondaire, principalement parmi les jeunes issus de milieux défavorisés et les jeunes Autochtones. Par ailleurs, on a connu des succès importants dans l’augmentation du nombre de femmes, lesquelles forment aujourd’hui la majorité au sein de la population étudiante au collège et à l’université.
Il n’en demeure pas moins que, selon les résultats d’un sondage d’opinion réalisé en avril 2006 pour le Conseil canadien sur l’apprentissage, 59 % des répondants estimaient que plusieurs Canadiens qualifiés n’ont pas l’occasion d’aller au collège ou à l’université.[1]
Les faibles taux de participation à l’EP ont leur origine à l’école secondaire, là où les taux de décrochage des jeunes des milieux ruraux, des communautés autochtones et des milieux défavorisés sont supérieurs aux taux observés pour l’ensemble de la population. Les taux de décrochage au secondaire au Canada demeurent encore relativement plus élevés par rapport à ceux observés dans d’autres pays. Les Canadiens qui ne complètent pas leurs études secondaires présentent un risque élevé de chômage et doivent composer avec d’énormes défis de transition lorsqu’ils décident par la suite de poursuivre des études postsecondaires.
Les nouveaux arrivants se butent également à des obstacles lorsqu’ils participent à l’EP : quatre immigrants sur 10 qui tentent d’entreprendre des études et une formation ont signalé diverses difficultés à cet égard, les barrières linguistiques et les difficultés financières figurant parmi les problèmes les plus souvent cités à cet égard. [2]
Afin d’être en mesure d’élaborer des politiques et des programmes favorisant l’accès de ces apprenants à l’EP et leur assurant un passage harmonieux du secondaire au collège ou à l’université, le Canada doit acquérir une meilleure compréhension des obstacles en cause, tant au niveau de la population en général qu’en ce qui a trait à des groupes en particulier. Les gouvernements et le secteur postsecondaire canadiens doivent savoir qui entreprend des études postsecondaires et qui n’y a pas accès, et pourquoi il en est ainsi dans un cas comme dans l’autre. La recherche et l’analyse devraient se pencher notamment sur les raisons expliquant pourquoi, par exemple, les taux de participation à l’EP des hommes n’ont pas connu la même cadence que ceux des femmes. Il convient donc de concevoir et de mettre en place des mécanismes de collecte de données chronologiques permettant de faire un suivi des tendances au niveau de la participation à l’EP des membres issus des groupes sous-représentés, ainsi que des données plus exhaustives permettant d’assurer le suivi des taux de décrochage scolaire et les caractéristiques propres aux groupes sous-représentés à cet égard.
Plusieurs pays ont déjà procédé à l’établissement d’objectifs à l’échelle nationale ou des repères en ce qui a trait à l’accès à l’EP chez les groupes sous-représentés. Notamment, au sein de l’Union européenne, on estime que la participation de tous les membres de la société à l’éducation et à la formation est essentielle afin de construire le genre de société souhaitée par les Européens, et incite les pays membres à assurer le suivi du contexte socio-économique des étudiants.
Ainsi, l’Union européenne a établi les repères suivants : 10 % des étudiants au plus quitteront le milieu scolaire trop hâtivement, et au moins 85 % des jeunes âgés de 22 ans de l’UE devront avoir complété des études secondaires d’ici l’an 2010. La Nouvelle-Zélande, à son tour, a fait de l’augmentation des taux de participation à l’enseignement postsecondaire pour les groupes autochtones une priorité. Au Royaume-Uni, on a établi l’objectif d’atteindre « un niveau plus important de participation des groupes sous-représentés », et mis au point des indices permettant d’assurer un suivi à cet égard. Enfin, en Australie, les objectifs établis à l’échelle nationale comportent entre autres [traduction libre] « (...) d’atteindre l’égalité des chances d’accéder à l’enseignement supérieur pour permettre à chaque individu d’atteindre son potentiel, peu importe les circonstances et le milieu dont il est issu. » Le gouvernement a mis en place un mécanisme à cet effet, le Australian Institutional Assessment Framework, disposant de divers indices permettant d’assurer le suivi du rendement individuel de chaque établissement d’enseignement à cet égard.
C’est en examinant les modèles que l’on a élaboré dans d’autres pays, tout en faisant une introspection sur les problématiques particulières auxquels sont confrontés les groupes sous-représentés dans notre propre pays, que le Canada sera en mesure de déterminer la meilleure façon d’augmenter les taux de participation et de diplômation à l’EP des jeunes Canadiens issus de milieux défavorisés, de communautés autochtones ou de régions rurales tout en s’assurant de satisfaire à la demande sans cesse croissante sur le marché du travail.
[1] Pacific Issues Partners (2006). Attitudes des Canadiens à l’égard de l’enseignement postsecondaire, rapport au Conseil canadien sur l’apprentissage.
[2] Statistique Canada. Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada : progrès et défis des nouveaux immigrants sur le marché du travail (2005). Division de la statistique sociale et autochtone. Numéro de catalogue 89-615-XIE, 2005. Ottawa.
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