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L’enseignement postsecondaire désigne généralement les cours et les programmes théoriques, techniques et professionnels qui suivent le niveau secondaire, notamment les programmes de formation des apprentis.
Dans son rapport de 2006 intitulé L’enseignement postsecondaire au Canada : Un bilan positif – Un avenir incertain, le CCA portait un regard mesuré sur les diverses incertitudes qui risquent d’empêcher le secteur de contribuer pleinement à l’atteinte des objectifs économiques et sociaux du pays. Malgré les multiples efforts déployés par les éducateurs et les établissements du secteur de l’EP pendant de nombreuses années, l’absence d’objectifs pancanadiens clairs, de mesures de l’atteinte de ces objectifs et d’une cohésion entre les divers volets de l’EP nous oblige à exprimer de profondes réserves.
La mission du Conseil canadien sur l’apprentissage consiste notamment à décrire les réalités de l’apprentissage au pays. S’il nous incombe de déceler les problèmes, nous avons aussi la responsabilité de proposer des stratégies propres à assurer la réussite. Dans le rapport de l’an dernier, nous constations que ce que nous ignorons peut nous nuire, et qu’il nous fallait développer des données pancanadiennes sur l’EP qui procureront aux décideurs les meilleurs outils possible pour les aider à élaborer leurs politiques. Nous constations également que presque tous les autres pays industrialisés, en plus d’avoir créé les systèmes d’information nationaux nécessaires à l’optimisation de leurs politiques, s’étaient également dotés—et cela vaut autant pour les États unitaires que pour les États fédéraux—de certains des outils et des mécanismes nationaux essentiels pour s’adapter, agir et réussir. Le Canada ne l’a pas encore fait.
Quelles sont les stratégies de réussite pour l’EP au Canada? Le deuxième rapport annuel du CCA sur l’état de l’enseignement postsecondaire fournit quelques réponses à propos :
Nous savons que le CCA n’est pas le seul à poser de telles questions. Nous sommes conscients également que de nombreux autres intervenants peuvent apporter une contribution précieuse aux réponses à ces questions. En travaillant ensemble, nous serons en mesure de mettre en place les conditions nécessaires à la réussite en enseignement supérieur à laquelle les Canadiens aspirent.
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En 2006, le CCA a produit le tout premier rapport donnant un aperçu de l’état de l’EP au Canada. Intitulé L’enseignement postsecondaire au Canada : Un bilan positif – Un avenir incertain, ce rapport faisait ressortir huit buts et objectifs issus des plans stratégiques des provinces et des territoires pour l’EP, et proposait en outre, pour chacun de ces huit objectifs, une série d’indicateurs. Il invitait à la prudence, rappelant que le Canada fait face à des défis de taille auxquels il doit s’attaquer sans tarder s’il veut rester à l’avant-garde dans l’enseignement et sur le plan économique. Le rapport soulignait que, pour poursuivre le développement du Canada, il est primordial de :
« De bons renseignements constituent le principe vital d’une bonne politique. De bons renseignements, à leur tour, exigent des données exactes, analysées attentivement. La collecte de données exactes et significatives, analysées de manière à générer des renseignements utiles pour l’élaboration de politiques, se doit d’être une importante fonction de la Commission que nous proposons [...]. »
– Extrait d’Avantage Nouveau-Brunswick, rapport produit par la Commission sur l’éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick, septembre 2007
Des stratégies pour réussir, le deuxième rapport annuel du CCA sur le secteur de l’EP au Canada, donne suite aux priorités énoncées l’an dernier.
À l’instar du rapport de 2006, la partie I du rapport Des stratégies pour réussir examine le secteur selon une perspective pancanadienne, s’appuyant sur des statistiques et des indicateurs en lien avec les huit buts et objectifs, recueillis à l’échelle tant nationale qu’internationale. Bien que des gains modestes aient été constatés, les Canadiens ne trouveront guère de réconfort dans les observations de cette année. La plus grande part des données disponibles indique que le Canada continue d’être à la traîne, de nombreux pays ayant entrepris des initiatives concertées dans le secteur de l’EP pour connaître une meilleure prospérité et améliorer leur compétitivité.
Le Canada souffre de lacunes fondamentales sur le plan des données. Par exemple :
Pour obtenir une meilleure vue d’ensemble de l’EP au Canada, la partie II du rapport Des stratégies pour réussir propose une stratégie de données pancanadienne propre à fournir l’information nécessaire pour renforcer le secteur de l’EP du pays. Une collecte des données réalisée à l’échelle pancanadienne constitue la première étape vers l’adéquation de l’EP au Canada avec les besoins de ses apprenants et de la société.
L’accès à de l’information de meilleure qualité :
Les données ne sont utiles que lorsqu’elles sont exploitées. Par conséquent, la partie III du rapport Des stratégies pour réussir donne un aperçu des pratiques de certains des principaux partenaires commerciaux du Canada en matière de surveillance de l’état de leur secteur de l’EP et de production de rapports à son sujet. Beaucoup d’entre eux ont établi des points de repère, et dans certains cas, des cibles en enseignement supérieur, qui leur permettent de guider leurs investissements en éducation et en formation et d’en mesurer les répercussions.
Une trop grande confiance dans le profil positif du Canada en EP serait une grave erreur, étant donné qu’un grand nombre de pays ont établi :
L’adoption par d’autres pays d’approches systématiques pour optimiser les avantages de l’EP ne fait que renforcer l’urgence pour le Canada de prendre des mesures concrètes.
Dans ce contexte, la partie IV du rapport Des stratégies pour réussir propose, comme son titre le suggère, de travailler « vers un cadre pancanadien pour l’enseignement postsecondaire ». Elle examine l’impact d’une approche cohésive et systématique sur plusieurs enjeux précis, l’assurance de la qualité et l’agrément, la mobilité étudiante et le transfert de crédits, ainsi que l’évaluation et la reconnaissance des acquis.
Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada ont investi 36 milliards de dollars dans l’EP en 2006–2007. Une somme non négligeable, et pourtant aucun but ou objectif pancanadien n’a été établi pour ce secteur, ni aucun mécanisme permettant d’évaluer le rendement des investissements.
Le CCA reconnaît que toute approche pancanadienne en matière d’EP sera toujours complémentaire au modèle provincial existant et devra respecter l’autonomie des établissements. Des stratégies pour réussir recommande de faire fond sur ce qui existe déjà et de l’améliorer.
« Le gouvernement de la Colombie-Britannique devrait entreprendre des discussions avec les autres gouvernements dans le but de conclure un accord sur la cueillette et la diffusion de normes et de mesures relatives à la collecte et à la présentation de données permettant des comparaisons pancanadiennes et internationales. »
– Recommandation tirée du rapport Campus 2020, Colombie-Britannique, avril 2007
Pourquoi serait-il inconcevable que nos gouvernements parviennent à une entente dans un cadre pancanadien? Le gouvernement fédéral collabore déjà avec les provinces et les territoires dans la prestation de programmes d’aide financière aux étudiants et contribue largement à la R-D universitaire. Il effectue des transferts importants aux provinces et aux territoires dans le cadre du Transfert canadien en matière de programmes sociaux. Enfin, il vient en aide aux apprenants et leur famille en appliquant des mesures fiscales qui allègent le fardeau financier lié aux études.
Le renforcement de l’EP tel qu’il est proposé par Des stratégies pour réussir favorisera grandement la prospérité du Canada et de ses habitants. La concrétisation d’une telle vision en faveur de notre bien-être collectif et individuel exige de déployer les efforts nécessaires pour surmonter les obstacles de façon créative. Une absence de progrès n’est pas une option.
Orientations futures
L’enseignement postsecondaire au Canada : Des stratégies pour réussir est le deuxième rapport annuel sur l’EP publié par le Conseil canadien sur l’apprentissage. Les rapports qui suivront feront le point sur les données et les analyses déterminantes concernant la participation, la réussite, l’accès, la qualité, les résultats ainsi que les avantages de créer une base d’information et de suivre les changements au fil du temps.
Le prochain rapport, prévu pour l’automne 2008, analysera de plus près les principales priorités en matière d’enseignement postsecondaire en vue de contribuer au dialogue pancanadien sur les stratégies de réussite.
Le premier rapport annuel du CCA examinait l’EP d’une perspective nationale, démarche qui n’avait encore jamais été faite au Canada. Nécessairement descriptif, il brossait un portrait de la réalité d’alors en s’appuyant sur des statistiques et des indicateurs recueillis à l’échelle tant nationale qu’internationale. Le rapport concluait que, malgré les multiples efforts déployés par les éducateurs et les établissements du secteur de l’EP pendant de nombreuses années, l’absence d’objectifs pancanadiens clairement énoncés, de mesures de l’atteinte de ces objectifs et d’une plus grande cohésion entre les nombreux aspects de l’EP rendait l’avenir du Canada incertain.
Ce deuxième rapport annuel sur l’EP décrit les conditions nécessaires à la résolution des enjeux et propose des stratégies de réussite. Les deux conditions les plus importantes sont présentées dans les parties portant sur la stratégie de données pour l’EP et sur les efforts à déployer vers un cadre pancanadien pour l’EP. Les termes peuvent sembler obscurs et techniques, mais ils revêtent une profonde signification. En l’absence d’un ensemble complet de données pancanadiennes pertinentes, il sera impossible de créer un secteur d’EP fructueux à long terme, et ce, même si tous les niveaux de gouvernement, tous les citoyens canadiens et tous les établissements comprennent pleinement qu’il est impératif d’exceller dans le secteur de l’éducation tertiaire. Tous ces groupes doivent avoir accès à de l’information et des analyses fiables afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées. La seconde condition consiste à prendre les mesures concrètes et raisonnables nécessaires à l’établissement d’un système pancanadien. L’avenir du Canada en dépend.
L’heure est venue pour tous les partenaires de l’EP de déployer des efforts collectifs vers l’élaboration de stratégies, d’objectifs et de structures d’information cohérentes qui permettront au secteur de l’EP du Canada et à ses apprenants de réaliser leur plein potentiel.
Devant le constat établi par Des stratégies pour réussir, il est difficile de baisser les yeux, d’ignorer les initiatives prises par les autres pays en faveur de l’EP et d’espérer tout simplement que nos bonnes intentions, bien que fragmentées, nous tireront d’affaire. Ensemble, nous devons tracer notre feuille de route en nous appuyant sur des données probantes.
Il est plus facile de mener la barque lorsqu’on voit clairement ce qui nous entoure, lorsqu’on sait où on se trouve et là où on veut se rendre.
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