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La présente étude a pour but de résumer, d’analyser et d’évaluer la documentation canadienne examinant de façon quantitative les conséquences sociales des inégalités économiques chez les enfants. L’éducation, la santé, la justice sociale et l’emploi constituent les facteurs étudiés.
Une recherche documentaire a été menée dans 12 importantes bases de données à l’aide d’une vaste gamme de termes pertinents. Elle a relevé 828 articles potentiellement liés à au moins un des quatre facteurs susmentionnés. Un examen subséquent du résumé des articles a permis de réduire ce nombre à 45, puis un examen approfondi du texte complet n’a retenu que 34 articles. Les textes ont été exclus lorsque les auteurs n’avaient pas eu recours à une méthode empirique quantitative, qu’ils n’avaient pas étudié de populations canadiennes ou qu’ils n’avaient pas évalué les résultats mesurables de l’inégalité des revenus, ou encore lorsque l’article n’était pas pertinent pour le sujet, même s’il avait été relevé par la recherche.
Les articles retenus font état de l’inégalité économique en fonction du statut socio-économique, et non des revenus. Si seuls les résultats d’études examinant les inégalités de revenus avaient été pris en considération, 14 articles auraient été rejetés. Dans la plupart des études mesurant le statut socio-économique, les revenus constituent un élément de cette variable, alors que, dans certaines, ils ne sont pas pris en compte1. Les variables du statut socio-économique sont décrites dans le résumé complet des études.
Dans la présente analyse, les quatre catégories de résultats ont été subdivisées ainsi : l’éducation a été étudiée du point de vue académique, social et comportemental, et la santé, du point de vue émotionnel et physique. De nombreux articles examinent les répercussions dans plus d’une des catégories principales ou sous-catégories. Dans le présent sommaire, les résultats de l’analyse sont présentés de façon thématique; les différentes conclusions décrites dans un même article sont présentées dans les diverses sections pertinentes. Cependant, le résumé complet des articles présente chaque article tel quel pour des raisons d’efficacité. Le lecteur doit connaître la méthodologie et les constructions employées dans chaque article afin d’interpréter les résultats; répéter ces renseignements chaque fois que des résultats sont présentés serait inutilement redondant. Ainsi, un article dont le résumé complet est présenté dans une catégorie donnée (« Santé », par exemple) peut examiner des données dans une autre catégorie (« Éducation », par exemple).
Le tableau ci-dessous montre les thèmes abordés dans les articles retenus.
Thème
Article
Éducation – aspects scolaires et cognitifs
Éducation – aspects sociaux et comportementaux
Résultats
Justice sociale
Cinq études ont examiné l’angle de la justice sociale. Bagley et Mallick (2000) ont indiqué que les enfants vivant dans un contexte de pauvreté chronique sont plus susceptibles d’être victimes de violence physique, sexuelle ou émotionnelle avant l’âge de 17 ans. Eisler et Schissel (2004) décrivent également les effets de l’inégalité économique sur la violence physique et émotionnelle et ont découvert que, bien que les enfants pauvres risquent davantage d’être victimes de discrimination que les enfants issus de milieux aisés, le degré et le type de risque varient selon la région, le sexe et la race. La race est également un facteur selon Trocme, Knoke et Blackstock (2004). Dans le cadre de leur analyse de rapports de protection de l’enfance, ils ont décelé des indicateurs socio-économiques qui expliquent partiellement la surreprésentation des enfants autochtones dans les familles d’accueil et leur tendance à devenir des cas problématiques « soupçonnés » ou « attestés ». Schissel (2001) décrit par race et par sexe les divers comportements en matière de jeu, une forme d’imposition régressive à laquelle, a-t-il découvert, les hommes autochtones et les femmes non autochtones pauvres s’adonnent de façon excessive. Kuo et Roysircar (2004) ont déterminé que les immigrants chinois dont le statut socio-économique est élevé sont davantage susceptibles de s’adapter au mode de vie canadien et de subir moins de stress connexe que ceux dont le statut est moins favorable.
Ces quatre études illustrent les doubles et triples désavantages qui résultent de l’interaction entre la pauvreté et d’autres facteurs imputables. Les jeunes autochtones issus de familles pauvres semblent être particulièrement vulnérables, encore plus que les non-Autochtones (Eisler et Schissel, 2004; Trocme, Knoke et Blackstock, 2004; Schissel, 2001). Les différents risques que courent les hommes et les femmes sont exacerbés par un faible revenu (Eisler et Schissel, 2004; Schissel, 2001). De plus, les jeunes immigrants doivent détenir un statut socio-économique élevé pour conjurer les risques que leur groupe présente habituellement et que les non-immigrants ne courent pas (Kuo et Roysircar, 2004).
Douze études ont examiné les effets sur l’éducation, y compris sous les aspects scolaires et cognitifs ainsi que comportementaux et sociaux. Comme il a été souvent démontré, un statut socio-économique élevé est associé à de meilleurs résultats scolaires. Le statut socio-économique semble avoir des effets plus importants à l’échelle familiale. Ma et Klinger (2000) indiquent que les notes des élèves de sixième année en lecture, en rédaction, en mathématiques et en sciences augmentent de façon modérée avec chaque échelon du statut socio-économique de la famille. Willms (2002) montre que les notes en lecture des élèves âgés de 15 ans inscrits au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA)2 augmentent de façon proportionnelle au statut socio-économique, une affirmation également avancée par Entorf et Minoiu (2005), qui ont noté que pour chaque augmentation de 10 points à l’échelle d’évaluation du statut socio-économique, les notes des élèves inscrits au PISA haussent de 13,5 points. De façon similaire, Schiller, Khmelkov et Wang (2002) ont découvert que l’éducation des parents est liée aux résultats obtenus lors de la Troisième Enquête Internationale sur l’Enseignement des Mathématiques et des Sciences (TEIEMS)3. Dooley et Stewart (2004) mentionnent que les notes moyennes obtenues à la version révisée du Peabody Picture Vocabulary Test (PPVT-R) en lecture et, de façon radicale, en mathématiques, augmentent également en fonction du revenu familial.
De façon inverse et complémentaire, De Civita, Pagani, Vitaro et Tremblay (2004) affirment que les enfants des familles dont la pauvreté est chronique et dans lesquelles les parents dépendent de l’aide sociale ou travaillent, présentent un risque d’échec scolaire avant la fin du primaire supérieur de 228 % et de 59 % respectivement aux enfants qui n’ont jamais connu la pauvreté. De plus, la pauvreté infantile représente 21 % du risque de faible rendement scolaire selon Lipman, Offord et Boyle (1996). De façon comparable, Hou et Ram (2003) considèrent que les enfants des groupes à faible revenu obtiennent de mauvais résultats au PPVT-R et aux Mathematics Computation Tests.
Toutefois, il faut interpréter ces résultats avec prudence. Les mesures du statut socio-économique de Schiller, Khmelkov et Wang (2002), de Ma et Klinger (2000) et de Willms ne tiennent pas compte du revenu. Elles font toutes appel à une combinaison de facteurs tels que l’éducation des parents, le droit de propriété des outils éducatifs, la participation à des activités culturelles et la profession des parents pour le déterminer. Bien que ces indicateurs soient largement reconnus comme étant positivement liés au revenu, ils ne sont pas identiques.
Deux équipes de chercheurs se sont penchées sur le lien existant entre le statut d’emploi et de revenu et les résultats scolaires. De Civita et ses collaborateurs (2004) ont déterminé que, bien que tous les enfants pauvres présentent un risque plus élevé d’échec avant la fin du primaire, ceux qui sont issus de familles dépendantes de l’aide sociale courent un risque encore plus grand que ceux dont les parents travaillent. Kornberger, Fast et Williamson (2001) ont tiré une conclusion semblable; les enfants d’âge préscolaire évoluant dans une famille dépendante de l’aide sociale obtiennent une note plus faible au PPVT-R que ceux de travailleurs pauvres. La note des deux groupes est toutefois inférieure à celle des enfants plus nantis.
Certains chercheurs remettent en question les répercussions liées au fait de vivre ou d’aller à l’école dans un quartier démuni ou aisé par rapport à celles liées au fait d’être né dans une famille pauvre ou riche. Pyryt et Lytton (1998) rapportent que de 39 à 45 % de la différence des notes obtenues aux tests dans diverses écoles primaires est attribuable à leur revenu moyen, chiffres qui éclipsent l’écart de 3 à 6 % que les styles d’enseignement semblent causer. Selon Ma et Klinger (2000), le statut socio-économique moyen élevé des écoles entraîne une augmentation des résultats aux tests de 6 à 10 %, soit davantage que le statut familial.
Maggi, Hertzman, Kohen et D’Angiulli (2004) croient que la progression des élèves doués des écoles primaires de Vancouver peut être entravée s’ils vivent dans des quartiers de faible statut socio-économique, qui comptent un plus grand nombre d’enfants à risque et éventuellement d’enseignants surchargés. Les résultats de cette étude doivent toutefois être évalués avec prudence. En examinant des enfants d’âge préscolaire, Kohen, Brooks-Gunn, Leventhal et Hertzman (2002) ont constaté que ceux qui vivent dans des quartiers très démunis obtiennent une note inférieure au Peabody Picture Vocabulary Test (PPVT) que ceux provenant de quartiers aisés, bien que cette différence disparaisse lorsque d’autres variables sont introduites. Ils ont également démontré que les enfants de familles pauvres habitant dans des quartiers défavorisés enregistrent des notes plus faibles que les enfants de familles pauvres vivant dans des quartiers nantis.
Le revenu et le statut social des familles et des quartiers ont également des répercussions sur le comportement, tel qu’il a été démontré par huit études. Le taux de chômage et le revenu moyen des quartiers semblent contribuer de façon prévisible à la fréquence des comportements indésirables (Kohen et coll., 2002), et le statut socio-économique de la famille aurait tendance à être associé de façon négative aux taux de violence physique, mais de façon positive au comportement communautaire, quoique faiblement (Romano, Tremblay, Boulerice et Swisher, 2005; voir également Saloman et Stroebel, 1996). Un faible lien négatif existe entre le revenu familial et l’hyperactivité, les troubles de la conduite et les infractions contre les biens (Hou et Ram, 2003; Kerr, 2004). Par contre, les effets prévisibles d’un faible revenu familial sur les troubles de la conduite et les autres problèmes comportementaux se renforcent considérablement lorsque seul le groupe des 6 à 11 ans est observé et que les 12 à 16 ans sont exclus (Lipman et coll., 1996). La résistance à l’éducation est un problème comportemental souvent associé dans la documentation existante aux classes sociales inférieures. Cependant, Nakahaie, Silverman et Lagrange (2001) ne voient que peu de différences entre les degrés de résistance des diverses classes sociales, à l’exception des enfants très défavorisés, particulièrement ceux dont les parents sont sans emploi ou peu éduqués.
Bien que la corrélation entre le revenu ou le statut socio-économique et les faibles résultats scolaires dans les études susmentionnées soit claire, les facteurs médiateurs associés aux faibles revenus semblent souvent être la source de ces problèmes. Dooley et Stewart (2004) ont démontré que la participation à des activités enrichissantes, selon les moyens des familles, ne compte que pour une partie de la divergence entre les résultats réels aux tests et ceux prévus en fonction du statut socio-économique. Willms (2002) argumente que le style d’éducation parentale, la santé mentale de la mère et la cohésion familiale compensent la vulnérabilité attribuable au faible statut socio-économique et il a démontré que, malgré des notes globales moyennes plus faibles, de nombreux élèves ayant un statut socio-économique peu élevé obtiennent individuellement de très bons résultats dans le cadre du PISA. De façon analogue, Romano et ses collaborateurs (2005) avancent que de bonnes compétences parentales et une dynamique familiale positive contrecarrent les effets délétères d’un faible statut socio-économique, tout autant qu’un degré élevé de maîtrise de soi et de contrôle social, c’est-à-dire parental (Nakahaie et coll., 2001), ainsi que de fortes aspirations maternelles pour l’éducation des enfants (De Civita et coll., 2004). La pauvreté d’un quartier semble avoir moins de répercussions négatives sur les enfants de familles unies et stables (Kohen et coll., 2002; Romano et coll., 2005; voir également Oreopolous, 2003).
Santé – aspects émotionnels
Six études indiquent que les enfants de familles à faible revenu présentent un risque accru de problèmes affectifs (Kerr, 2004; Abernathy, Webster et Vermeulen, 2002; Ma, 2002; Beiser, Hou, Hyman et Tousignant, 2002; Lipman, Offord et Boyle, 1996). Cependant, dans le cadre de nombreuses études, des caractéristiques familiales positives atténuent ou annulent les effets négatifs d’un faible revenu ou statut socio-économique (Kerr, 2004; Abernathy et coll., 2002; Hou et Ram, 2003; Beiser et coll., 2002).
De plus, un faible revenu semble avoir des répercussions différentes sur la santé émotionnelle des sous-groupes. En analysant les données de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ), Ma (2002) a révélé que le statut socio-économique familial n’a pas d’effet notable sur la santé émotionnelle des immigrants, mais des répercussions mineures sur celle des natifs. Par contre, Beiser et son équipe (2002), qui ont eu recours aux mêmes données, ont déterminé que le dénuement économique représente une plus grande menace à la santé des enfants immigrants qu’une dynamique familiale négative, ce facteur expliquant tous les résultats négatifs sur le plan des émotions chez les non-immigrants. La différence existant entre « statut socio-économique » et « revenus » peut être à la source de cette contradiction. Seuls les enfants de familles démunies âgés de 6 à 11 ans, et non ceux de 12 à 16 ans, présentent un risque accru de troubles psychiatriques selon Lipman et son groupe (1996). Létourneau, Hungler et Fisher (2005) présentent les preuves préliminaires les plus simples que les enfants autochtones pauvres courent un plus grand risque de problèmes émotionnels que les non-Autochtones.
Santé – aspects physiques
Huit études décrivent les risques pour la santé physique des enfants issus de milieux défavorisés ou de faible statut socio-économique. Les jeunes issus de familles à faible revenu fument davantage, font moins d’activités physiques, sont malades pendant un plus grand nombre de jours, évaluent leur santé de façon plus négative et ont moins facilement accès à des médecins que les enfants de personnes nanties (Abernathy et coll., 2002). Phipps, Burton, Osberg et Lethbridge (2006) font la preuve qu’un taux plus élevé d’obésité sévit chez les enfants canadiens pauvres que chez les enfants aisés; ils sont également plus gravement atteints. Fait intéressant, Abernathy et coll. (2002) font également état que les enfants actifs de familles à faible revenu surmontent leurs désavantages en matière de santé émotionnelle.
Les enfants les plus jeunes semblent être particulièrement vulnérables aux risques pour la santé physique associés aux faibles revenus. Guttmann, Dick et To (2004) ont découvert que 35 % des enfants en bas âge qui ont été hospitalisés dans l’année précédant leur étude proviennent de famille à faible revenu, tandis que 20 % des enfants qui n’ont pas été hospitalisés sont issus de ce groupe. Au cours de l’année étudiée, les enfants pauvres étaient 1,7 fois plus sujets à l’hospitalisation que les plus nantis. De la même manière, les mères ayant un salaire de moins de 60 % du seuil de faible revenu défini par Statistique Canada déclarent que la santé de leurs jeunes enfants est « moins qu’excellente » 1,8 fois plus souvent que les femmes de foyers aisés. Ce taux diminue à 1,5 fois chez les mères dont les revenus se situent de 60 à 99 % du seuil défini par Statistique Canada (Seguin, Xu, Potvin, Zunzunuegi et Frolich, 2003). Dubois et Girard (2003) ont déterminé que les femmes ayant un statut socio-économique élevé sont plus que deux fois plus nombreuses que celles ayant un faible statut socio-économique à suivre les trois recommandations sur l’alimentation des nouveau-nés : elles les nourrissent exclusivement par allaitement à leur naissance, elles ne leur donnent aucune autre nourriture avant l’âge de 4 à 6 mois et elles attendent qu’ils aient de 9 à 12 mois avant de leur donner du lait de vache.
Les comportements sexuels à risque contribuent également aux résultats négatifs sur la santé. Le taux de chlamydia génitale chez les adolescents du quintile inférieur en matière de revenu des quartiers de Toronto est 2,9 fois plus élevé que ceux du quintile supérieur (Hardwyck et Patychuk, 1999). La chlamydia représente aussi un risque pour les jeunes de la rue à faible revenu de sept centres urbains, tout particulièrement pour les femmes, les Autochtones et les sans-abri (Shields, Jolly, Moses et Jeddy, 2004).
La maternité à l’adolescence ne constitue pas un risque pour la santé en tant que tel, mais est largement considérée comme étant indésirable. Le taux d’accouchements chez les adolescentes augmente graduellement avec le statut économique des quintiles de quartiers employés par Hardwyck et Patychuk (1999); chez les jeunes du quintile inférieur, il est près de quatre fois plus élevé que celui des jeunes les plus nantis. Singh, Darroch et Frost (2001) démontrent que les adolescents canadiens les moins éduqués deviennent parents beaucoup plus fréquemment que les plus instruits (42 % contre moins de 10 %), bien que la relation de cause à effet puisse être inversée. De plus, les femmes du groupe à plus faible revenu déclarent avoir eu leur première relation sexuelle avant l’âge de 20 ans significativement, mais non considérablement, plus souvent que celles des classes aisées.
Contrairement aux résultats en matière d’éducation et de santé émotionnelle, les études n’ont fourni aucune donnée prouvant que d’autres facteurs associés au statut économique ou socio-économique influent sur les risques pour la santé physique. Selon Dubois et Girard (2003), les enfants de mères plus âgées semblent bénéficier d’autres avantages que le statut socio-économique, mais la baisse systématique en importance des variables économiques conférée par la structure et les caractéristiques familiales et qui a été constatée dans les autres catégories n’a pas été observée ici.
Emploi
Seules deux études passées en revue dans la présente analyse portent sur les résultats en matière d’emploi. Thiessen et Blasius (2001) ont déterminé que les enfants de la classe ouvrière perçoivent plus souvent l’emploi de leur père comme étant dangereux et salissant que ceux de la classe moyenne, qui considèrent que l’occupation de leur père est respectable, gratifiante et passionnante. Des résultats analogues, mais plus modestes, ont été enregistrés au sujet de la profession des mères. Le résultat le plus intéressant porte sur le fait que les attentes des jeunes de la classe moyenne quant à leur avenir professionnel ne semblent pas être contrecarrées par leur statut socio-économique. Bien que le genre influe sur les aspirations, la majorité des jeunes, peu importe leur classe sociale, souhaitent occuper un emploi généralement associé aux hommes de classe moyenne.
Dans le même ordre d’idées, Oreopolous (2003) a déterminé que le fait de grandir dans un grand ensemble immobilier des quartiers les plus défavorisés de Toronto, comparativement à des ensembles dans les quartiers à revenus faibles ou modestes, n’influe pas de façon significative sur le niveau de revenus réel. L’écart des revenus observé dans l’échantillon de personnes vivant dans les quartiers les plus pauvres est important et comparable à celui des quartiers aisés. De plus, les revenus entre frères et sœurs sont fortement corrélés, alors que ceux entre voisins ne le sont pas. Les facteurs familiaux, et non ceux de voisinage, semblent donc être le meilleur indicateur des résultats futurs sur le marché du travail.
Limites
Il faut faire preuve de prudence en interprétant les résultats. Toutes les recherches qui ont été passées en revue dans le cadre de la présente analyse comportent des limites. De nombreuses études tirent leurs données de sondages, très souvent l’ELNEJ, qui sont des études transversales. Le lien de causalité ne peut donc pas être présumé bien que, dans la plupart des cas, le revenu et le statut socio-économique semblent être plus importants que les facteurs sociaux. De plus, de nombreux sondages, y compris l’ELNEJ, sont sensibles aux effets des intervieweurs et des sujets. Par exemple, les répondants peuvent ne pas répondre de façon impartiale à des questions touchant des sujets délicats, ne pas être en mesure de répondre correctement ou ne pas vouloir répondre correctement à leur intervieweur. Tous les sondages, surtout ceux auxquels les gens répondent de façon volontaire, comportent un élément de partialité dans la sélection. On a dit de l’ELNEJ qu’elle sous-représentait les immigrants et les réfugiés et qu’elle ne tenait pas compte des Autochtones vivant dans des réserves, qui sont considérés comme les groupes les plus vulnérables au Canada. Enfin, la plupart des données de nature cognitive sont des indicateurs limités de cognition, car elles constituent les résultats obtenus à un seul test. Certaines personnes sont d’avis que tous ces tests ne font qu’évaluer la compréhension de lecture.
Conclusions et répercussions sur les politiques
L’analyse effectuée a permis de déceler une forte relation entre les revenus ou le statut socio-économique faibles et les résultats sociaux négatifs. Toutefois, les effets de l’inégalité économique sont clairement atténués et influencés par d’autres variables et sont différents d’un groupe à un autre. Les résultats pourraient avoir les répercussions suivantes sur les politiques :
Rapport intégral - version anglaise (1 MB)
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